mardi 21 février 2017

L'Archevêque de Malte

Les séminaristes peuvent partir
s'ils ne sont pas d'accord avec le Pape François

La consigne survient alors qu’il émerge des prêtres qui sont en désaccord avec l'interprétation des Évêques d'Amoris Laetitia et qui sont harcelés et intimidés.



Par : Edward Pentin
Le 20 février 2017

SOURCE : National Catholic Register


L'Archevêque de Malte a confirmé au site National Catholic Register qu'il a dit aux séminaristes du pays plus tôt ce mois-ci que si aucun d'entre eux ne sont pas d'accord avec le Pape François, « la porte du séminaire est ouverte » impliquant qu'ils sont libres de partir.

Les remarques de l'Archevêque Charles Scicluna sont les plus récentes dans ce que les sources de l'Église à Malte disent être une répression lourde sur tout ecclésiastique qui ne veut pas souscrire à l'interprétation des Évêques Maltais de l'Exhortation Apostolique Amoris Laetitia — une interprétation que les Évêques affirment être identique à celle du Saint Père.

Le mois dernier, Mgr Scicluna et Mgr Mario Grech, Évêque de Gozo — les deux seuls Évêques de l'Épiscopat — ont publié leur document intitulé « Critères » portant sur l'interprétation du Chapitre 8 de l'Exhortation Apostolique du Pape sur la Famille dans laquelle ils semblaient affirmer la primauté de la conscience sur la vérité morale objective.

Ces lignes directrices permettent à certains divorcés/remariés de recevoir la Sainte Communion après une période de discernement, avec une conscience formée et éclairée, et s'ils sont « en paix avec Dieu ».

Leur interprétation a provoqué un tollé international parmi les théologiens, les canonistes et d'autres qui ont soutenu que ça contredisait l'enseignement pontifical précédent et aussi que ça violait le droit canonique et le catéchisme. L'Archevêque Scicluna a défendu les lignes directrices en disant qu'ils « adhéraient à Amoris Laetitia » et aussi qu’ils « suivaient l'interprétation que le Pape a approuvée ».

Depuis que les « Critères » ont été publiés le 13 janvier, un certain nombre de sources du clergé de Malte ont contacté le site National Catholic Register en alléguant que les Évêques ne toléreront aucun clerc ayant une interprétation différente de Amoris Laetitia que celle présentée dans les « Critères » parmi le clergé.

Selon les sources, trois prêtres intimideraient supposément toute personne qui ne serait pas d'accord avec les « Critères ». Les trois avaient été des opposants à l'Évêque précédent, l'Archevêque Paul Cremona, mais sont devenus les alliés actuels des Évêques. L'un d'eux est réputé attaquer n'importe quel prêtre qui partage des récits critiques sur Internet.

« Ce groupe de prêtres, avec quelques autres, ont monopolisé la discussion pendant des décennies » a déclaré un prêtre Maltais sous condition d'anonymat. « Personne d'autre ne semble être autorisé à contribuer au débat et ils ont fait des dégâts incalculables à l’établissement de ponts d’échange car ils ne tolèrent aucune opposition ».

Il a dit qu'ils « tombent sur toute dissidence comme une tonne de briques » et « aucun autre prêtre n'a la possibilité de contribuer à la conversation », sauf pour les prêtres qui leur sont « semblables ».

Lorsqu'il fut nommé Archevêque de Malte en 2015, de nombreux clercs de l'île avaient d'abord l'espoir que l'Archevêque Scicluna réinitialiserait le programme théologique et pastoral, mais ils sentent maintenant que ces prêtres ont « détourné » complètement l'Église locale.

« Il y a beaucoup de mécontentement dans le clergé de base, car ils voient qu'après avoir tenu tant de promesses, l'Épiscopat de Scicluna en est devenu un d'intimidation et de trahison » a déclaré le prêtre.

Lors d'une réunion avec les prêtres de Malte le 14 février, l'Archevêque Scicluna a appelé à la compréhension, affirmant qu'il n'avait pas eu le choix de co-signer les lignes directrices. Selon des sources présentes, il a dit en conscience qu'il ne pouvait aller à l'encontre des volontés du Pape. Il a admis que ça avait été une erreur de ne pas consulter le clergé de la nation sur les critères avant leur publication, faisant allusion au fait qu'ils voulaient être la première Conférence Épiscopale à le faire.

Il a toutefois également exprimé un « choc » au fait que le C9 [ note : Conseil restreint des 9 Cardinaux conseillers au Pape ] a estimé qu'il a dû prêter son allégeance au soutien total du Pape. Il a affirmé que, pour être Catholique, on est avec le Pape. Il a également critiqué le fait que les gens remettent en question la miséricorde du Pape. Cette critique est survenue plus tôt ce mois-ci lorsque 200 affiches critiques de ce qu'ils considéraient comme des actions sans miséricorde du Saint-Père sont apparues à travers Rome.

L'Archevêque a également donné l'impression que l'accompagnement des divorcés/remariés dans leur discernement devrait avoir lieu pendant un nombre significatif de sessions et il a considéré dix sessions comme étant trop peu. Il a « totalement exclu » de donner la permission de recevoir les Sacrements après une rencontre, ou après une brève Confession, par exemple avant un enterrement.

L'Archevêque Scicluna a refusé de commenter le contenu de sa rencontre avec les prêtres.

Le Prélat Maltais, ancien procureur général du Vatican, qui était très respecté pour son traitement des cas d'abus sexuels commis par le clergé pendant le pontificat de Benoît XVI, a déclaré à propos de la Communion pour les divorcés remariés que, pour certains, il est impossible de vivre de façon chaste comme frère et sœur (vivre dans la continence sexuelle était une exigence, basée sur l'Ecriture Sainte et la Tradition et clairement stipulée par le Pape Jean-Paul II dans son Exhortation Apostolique Familiaris Consortio). Cependant, il a souligné que cette référence a trait à l'impossibilité humaine et qu’elle n'exclut pas que la grâce puisse entrer en action pour aider ces personnes.

En plus de l'intimidation présumée, certains membres du clergé de Malte sont également préoccupés par le fait que le pays est actuellement sans nonce apostolique. Mgr Mario Cassari, 73 ans, a été incapable de travailler en raison d'une maladie prolongée. Si un Chef de Mission agit à sa place, si un prêtre se heurte à son Évêque ou est harcelé par lui, le clergé se sent « totalement isolé » en l'absence d'un nonce.