lundi 27 février 2017

François : Le Pape sans Curie






par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Perspectives Network
Le 27 février 2017

Qu'en est-il arrivé de cette « réforme de la Curie Romaine » qui était censée être la raison même pour laquelle José Mario Bergoglio a été élu Pape ? Il semble que la réforme promise cède la place à un abandon de facto de la Curie, qui existe encore sur papier et qui est toujours dotée de fonctionnaires, mais qui a effectivement été remplacée par le cercle des amis qui entoure François alors qu’il opère essentiellement selon son bon plaisir.

Les principaux de ces amis de François sont deux ultra-progressistes : le porte-parole papal et compagnon Jésuite, Antonio Spadaro, et Víctor Manuel (« Tucho ») Fernández, le grand maître-fantôme impliqué dans trois documents Bergogliens dont l'Église n'a jamais vu : Evangelii Gaudium (EG), Laudato Si '(LS) et, bien sûr, Amoris Laetitia (AL).


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

L'élévation de « Tucho » (auteur de « Guérissez-moi avec votre bouche : L'art d'embrasser ») au statut d'Archevêque titulaire d'un diocèse inexistant (le siège titulaire de Tiburnia) a été l'un des premiers actes de gouvernance de François .

Dans Evangelii Gaudium, François révèle son « rêve » d'un « choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation ».

Dans Laudato Si, François prête le prestige de sa fonction aux prétentions pseudo-scientifiques et idéologiques des fanatiques écologistes, condamnant le soi-disant « réchauffement climatique », l'utilisation excessive de l'air conditionné, la disparition des marais, la menace pour le plancton et les vers, l'acidification des océans et l'extinction de diverses plantes et animaux, qui sont dénoncés comme une offense à Dieu. La contraception n'est jamais été mentionnée comme un délit à Dieu alors que le crime abominable de l'avortement n'est discuté que tardivement dans l'encyclique et, alors seulement, en termes d'échec « de protéger un embryon humain » alors qu'en fait l'avortement est le massacre brutal d'innocents êtres humains au moment même de leur naissance.

Et dans Amoris Laetitia, François ouvre largement la porte à la Sainte Communion pour les adultères publics divorcés et « remariés », relativisant la morale elle-même en dépeignant des préceptes négatifs exceptionnels de la loi naturelle, y compris le Sixième Commandement comme étant des « règles générales » et des « idéaux objectifs ». Refusant de répondre aux dubia historiques qu'il a ainsi incités de ce fait aux Quatre Cardinaux à poser, François regarde silencieusement alors que l'Église se divise en se demandant si sa discipline bimillénaire Eucharistique doit être renversée.

La Curie Romaine, et en particulier la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, ne sert plus de contrôle sur les éventuelles erreurs papales ou l'abus de son pouvoir. En ce qui concerne la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en particulier, le respectable Vaticaniste Sandro Magister résume une situation sans précédent :

« La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en particulier, devrait garantir que tous les actes du magistère sont impeccables, les examinant à l'avance mot par mot. C'est ce qui s'est passé entre Jean-Paul II et le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à l'époque, Joseph Ratzinger.

« Mais avec François, cet équilibre est devenu détraqué ».

« Le Pape actuel met de plus en plus ses discours écrits sur des tablettes et préfère improviser. Et quand il doit écrire une Encyclique ou une Exhortation, ici aussi il y va à sa façon avec l'aide de ses écrivains fantômes, Fernández et Spadaro, assemblant comme il veut les matériaux mis à sa disposition ».

« Et puis, comme si c’était une procédure de routine, il envoie le projet du document à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui lui est renvoyé avec des dizaines ou même des centaines d'annotations. Mais il les ignore systématiquement ».

« C'est ce qui s'est passé avec « Evangelii Gaudium », le document de son pontificat qui établissait l’agenda de son pontificat et avec « Amoris Laetitia », l'Exhortation sur le mariage et le divorce qui divise l'Église à cause des interprétations contradictoires qu'elle a déchaînées ».

En effet, comme l'a montré Magister, « des paragraphes entiers de « Amoris Laetitia » ont été copiés à partir d'articles publiés il y a dix ou vingt ans par Fernández, en qui François n'a nullement perdu la foi ». Et c'est Fernández qui « est le critique le plus féroce du Cardinal Gerhard L. Müller, le Préfet mis de côté de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et contre qui il profère l'inouï en affirmant qu’il « veut contrôler la théologie du Pape ».

En vérité, écrit Sandro Magister, la Curie est quelque chose que François « n'a jamais aimé et il n'a que très peu d'intérêt à réformer organiquement ». Il a simplement dispensé la Curie de sa fonction de gouvernance de l'Église à partir de Santa Marta avec l'aide de ses collaborateurs hétérodoxes. Et les résultats lamentables ont inclus les trois documents papaux — Evangelii Gaudium, Laudato Si et Amoris Laetitia — qui sont les seuls dans toute l'histoire de la papauté en termes de nouveautés et d’écarts de l'enseignement constant du Magistère, y compris l'enseignement sur les divorcés et « remariés » par le même Pape [ Jean-Paul II ] que François a lui-même déclaré saint.

François, pour citer le titre de l'article de Magister, est « le seul homme en charge de l'éloge de la foule ». Nous ne voyons rien de moins qu'une tentative de soumettre l'ensemble du Magistère — la fonction d'enseignement de l'Église — aux opinions complaisantes de Jorge Mario Bergoglio pour la foule, les opinions qui ont suscité un essaim de corrections urgentes de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du Vatican elle-même sont maintenant efficacement neutralisées avec le reste de la Curie.

Il faut dire avec toute franchise que ce pontificat constitue la crise d'un seul homme dans la crise ecclésiale du dernier demi-siècle. Seul Dieu sait quand ça finira dans la restauration inévitable du vignoble dévasté.