mardi 7 février 2017

À la défense du Cardinal Burke

Un journaliste Italien publie des parties de la lettre
du Pape François au Cardinal
en date du 1er décembre 2016




Rédigé par : Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 6 février 2017


Beaucoup d'observateurs Catholiques en sont venus à voir plus pleinement dans les derniers jours l'injustice disproportionnée faite à Fra Matthew Festing, l'ancien Grand Maître de l'Ordre de Malte, et au Cardinal Raymond L. Burke lui-même, le Cardinal Patron de l'Ordre, les deux ayant maintenant été effectivement punis pour leur tentative de catholiciser plus complètement l'Ordre de Malte. L'indignation exprimée à propos de cette intrusion papale récente dans l'Ordre a même mené à une campagne d'affiches à Rome critiquant également le Pape François pour ses actions manquant ouvertement de miséricorde. Le professeur Roberto de Mattei, dans un commentaire du 3 février, a prononcé les mots suivants à propos de l'affaire de l'Ordre de Malte :

« L'histoire de l'Ordre de Malte s'est terminée par la reddition inconditionnelle du Grand Maître et le retour au pouvoir d’Albrecht von Boeselager avec le puissant groupe Allemand qu'il représente ».

« L'histoire a été résumée dans ces termes par Riccardo Cascioli de La Nuova Bussola Quotidiana : « Le responsable de la dérive morale de l'Ordre a été réintégré et celui qui a essayé de l'arrêter a été renvoyé chez lui ».

Riccardo Cascioli est le même journaliste Italien qui a récemment mené l'important entretien avec le Cardinal Gerhard Müller pour le journal Italien Il Timone. Cascioli révèle aussi dans l'article auquel le professeur de Mattei se réfère qu'il a lui-même pu lire cette mystérieuse lettre du 1 er décembre 2016 écrite par le Pape François où le Pape s'adressait personnellement au Cardinal Burke et qui contient ses « ordres de marche » au sujet de l’Ordre de Malte.

Il est important d'en savoir plus sur cette lettre car elle montre que le Cardinal Burke et Fra Festing ont essentiellement essayé de mettre en œuvre les directives et les recommandations papales.

Par la suite, nous publions certaines parties de l'article de Cascioli tel qu'il a été publié le 2 février 2017. Bien que le Cardinal Burke soit probablement maintenant humilié davantage et mis de côté par la décision actuelle du Pape de nommer l’Archevêque Giovanni Angelo Becciu son propre délégué à l'Ordre de Malte, puisse cet article traduit et cette révélation de la vérité lui soient une petite consolation. Et puisse encore plus de vérité sur le passé récent soit bientôt publié et publié davantage et disséminé.

Andrew Guernsey a de nouveau aimablement et généreusement fourni la traduction des parties importantes de l'article. M. Guersney a mis en caractères gras toutes les citations de la lettre du 1er décembre du Pape François.



Voici cette lettre du Pape au Cardinal Burke

Riccardo Cascioli

Le 2 février 2017, La Nuova Bussola Quotidiana

[...]

Il s'agit de la lettre [écrite par le Pape François adressée au Cardinal Burke] envoyée après la rencontre personnelle que le Cardinal Burke eut avec le Pape François, le 10 novembre 2016, à qui il avait expliqué la situation délicate de l'Ordre concernant la position d'Albrecht Boeselager, dont nous parlons dans une autre histoire. Cette lettre a également été portée à la connaissance de tous les membres du Souverain Conseil de l'Ordre et elle a été jusqu'ici utilisée comme acte d'accusation (sérieux) contre le même Cardinal Burke.

[...]

Burke, en réalité, a toujours nié être l'instigateur de la révocation ou avoir utilisé les paroles du Pape de manière frauduleuse, mais la lettre a en réalité un ton beaucoup moins conciliant que ce que prétend le Cardinal Pietro Parolin.

Après avoir exhorté le Cardinal Burke à la vigilance « dans l'accomplissement de sa mission de « promotion des intérêts spirituels de l'Ordre et de ses membres ainsi que des relations entre le Saint-Siège et l'Ordre » (Charte constitutionnelle, art.4 paragraphe 4) », le Pape affirme d'abord que « les manifestations d'un esprit mondain qui sont contraires à la Foi Catholique ou qui sont de caractère relativiste doivent être empêchées d'être introduites dans l'Ordre, y compris les affiliations et les associations, les mouvements et les organisations ». La référence est à l’effet de l’infiltration de la Franc-Maçonnerie parmi les Chevaliers de Malte que le Pape, dans des conversations privées, a rappelé à plusieurs reprises. « Si tel est le cas, poursuit le Pape François, les Chevaliers qui seraient éventuellement membres de tels groupes, mouvements et organisations seront invités à retirer leur soutien puisqu'ils sont incompatibles avec la Foi Catholique et l'appartenance à l'Ordre ».

Le deuxième chapitre concerne le problème de la distribution des contraceptifs dans les pays pauvres : « On se souciera particulièrement, dit la lettre papale, que les méthodes et les moyens contraires à la loi morale ne soient pas employés et distribués dans des initiatives caritatives et des efforts d’aide humanitaire. Si, dans le passé, certains problèmes se sont posés dans ce domaine, j'espère qu'ils pourront être complètement résolus. Je serais franchement mécontent si, en fait, certains hauts fonctionnaires — comme vous me l'avez vous-même dit — tout en connaissant l’existence de ces pratiques, en particulier en ce qui concerne la distribution de contraceptifs de toute nature, ne sont pas intervenus jusqu'à présent pour y mettre fin ».

De toute évidence, l'objectif avait été fixé par le Pape. Mais qu'en est-il de la façon de traiter avec les responsables du scandale ? « Mais je ne doute pas, écrit le Pape François, que, selon le principe paulinien de « pratiquer la vérité dans la charité » ( Eph. 4 : 15 ), il sera possible d'entrer en dialogue avec eux et de réaliser les corrections nécessaires ».

Il y a une directive claire ici, mais surtout un souhait. Que se passe-t-il si, au lieu de cela, les responsables n'ont pas l'intention de résoudre le problème ? En effet, comme nous l'avons expliqué dans notre article principal, il ne s'agit pas d'un petit problème isolé, mais plutôt de pratiques qui ont été menées au moins jusqu'à des temps très récents et surtout partagées idéologiquement par des responsables comme Boeselager qui, jusqu’à 2014, était directement responsable de ces projets. De tous les adaptations des récits de cette histoire, il semble clair qu'il y a eu la tentative du Grand Maître de rappeler Boeselager à ses responsabilités, ce qui a été rejeté, incitant le Grand Maître alors à renvoyer Boeselager et le Conseil Souverain d'élire son successeur en tant que Grand Chancelier .

Comment les choses se sont déroulées, c’est de l’histoire récente mais à lire les directives claires du Pape François, on ne peut que se demander si le résultat final est que celui qui est objectivement responsable des projets condamnés par le Pape a été rétabli et s'est avéré être le vainqueur tandis que ceux qui ont essayé de suivre les ordres du Pape ont été congédiés, humiliés et soumis aux attaques des médias.

La lettre confirme également que le Pape et son Secrétaire d'État ont eu des positions différentes sur le cas de l'Ordre de Malte, avec le Cardinal Parolin qui était assez résolu à soutenir Boeselager comme le véritable commissaire à l'Ordre. Un fait qui suscite une certaine curiosité a été complété par un autre détail non encore rapporté. En effet, le Saint-Siège a décidé d'annuler et d'invalider tous les actes du Grand Maître et du Souverain Conseil depuis le 6 décembre dernier. De cette façon, non seulement le renvoi de Boeselager est rendu nul, mais aussi — et c’est ici le détail — la nomination d'un comité d'enquête interne mandaté par le Grand Maître pour enquêter sur le mystérieux héritage de 120 millions déposés en Suisse — dont on a tant parlé ces dernières semaines et dont le Grand Maître a été essentiellement laissé dans l'obscurité. Les parties informées (et intéressées) pensent, au contraire, que c'était Boeselager. Maintenant, cette commission d'enquête ne se tiendra plus.