mercredi 1 février 2017

Pourquoi Saint Thomas d'Aquin s'est opposé
aux frontières ouvertes




Par Thomas D. Williams, Ph.D.

SOURCE : Breibart
Le 31 janvier 2017





Chaque nation a le droit de distinguer, par pays d'origine, qui peut y migrer et appliquer des politiques d'immigration appropriées, selon le grand érudit médiéval et saint, Thomas d'Aquin.

Dans un passage étonnamment contemporain de sa Summa Theologica, Thomas d’Aquin a noté que le Peuple Juif des temps de l'Ancien Testament n'admettait pas les visiteurs de toutes les nations de façon égale puisque les peuples les plus proches étaient plus rapidement intégrés dans la population que ceux qui n'étaient pas aussi proches.

Certains peuples antagonistes n'ont pas été admis du tout en Israël en raison de leur hostilité envers le Peuple Juif.

La Loi « prescrivait à l'égard de certaines nations qui avaient des relations étroites avec les Juifs », a noté le docteur, comme les Égyptiens et les Iduméens, « qu'ils devraient être admis dans la communion du peuple après la troisième génération ».

Les citoyens des autres nations « avec lesquelles leurs relations avaient été hostiles», comme les Ammonites et les Moabites, « ne devaient jamais être admis à la citoyenneté ».

« Les Amalécites, qui leur étaient encore plus hostiles et n'avaient aucune communion de parenté avec eux, devaient être tenus pour ennemis à perpétuité » observa Thomas d'Aquin.

Pour le docteur, il semblait raisonnable de traiter les nations différemment en fonction de l'affinité de leurs cultures avec celle d'Israël ainsi que de leurs relations historiques avec le Peuple Juif.

Dans son commentaire remarquablement nuancé, Thomas d’Aquin distingue également parmi trois types d'immigrants dans l'Israël de l'Ancien Testament.

Premièrement, « les étrangers qui passaient sur leurs terres en tant que voyageurs » tout comme les visiteurs modernes avec un visa de voyage.

Deuxièmement, ceux qui « venaient s'installer dans leur pays en tant que nouveaux arrivants » semblent correspondre à des étrangers résidents, peut-être avec une carte verte, vivant dans le pays mais pas avec tous les avantages de la citoyenneté.

Un troisième cas concernait les étrangers qui souhaitaient « être admis entièrement comme citoyen à part entière et participer à leur culte ». Même ici, traiter avec ceux qui souhaitaient s'intégrer pleinement dans la vie et le culte d'Israël exigeait un certain ordre comme Thomas d’Aquin l’a observé : « Car ils n'étaient pas admis immédiatement à la citoyenneté : comme c’était justement une loi avec certaines nations que personne n'était considéré comme un citoyen sauf après deux ou trois générations ».

« La raison en est que si les étrangers étaient autorisés à se mêler des affaires d'une nation dès qu'ils s'établissaient au milieu d’elle, pensa logiquement Thomas d'Aquin, beaucoup de dangers pourraient se produire puisque les étrangers n'ayant pas encore le bien commun fermement dans leur cœur pourraient tenter quelque chose de dommageable pour le peuple ».

En d'autres termes, Thomas d'Aquin a enseigné que l'intégration totale des immigrants dans la vie, la langue, les coutumes et la culture (y compris le culte, dans ce cas) étaient nécessaires pour la pleine citoyenneté.

Il faut du temps pour quiconque d'apprendre quelles questions touchent la nation et de les faire les leurs propres, a soutenu Thomas d’Aquin. Ceux qui connaissent l'histoire de leur nation, qui y ont vécu et qui travaillent pour le bien commun, sont les mieux placés pour participer à la prise de décision sur son avenir.

Il serait dangereux et injuste de placer l'avenir d'une nation entre les mains d'arrivants récents qui ne comprennent pas pleinement les besoins et les préoccupations de leur pays d'adoption.

Face aux problèmes contemporains, les décideurs politiques modernes peuvent souvent bénéficier de la sagesse des grands saints et des docteurs qui se sont intéressés à des versions de ces mêmes problèmes dans les siècles passés.

Les réflexions de Thomas d’Aquin révèlent que des problèmes similaires ont existé pendant des siècles — en fait, des millénaires — et que la distinction prudente entre les nations et les cultures n'implique pas automatiquement un préjugé ou une discrimination injuste.

Parfois, c'est juste la bonne chose à faire.