lundi 20 février 2017

Le Cardinal Müller resserre son bandeau





par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Perspectives Network
Le 20 février 2017

Ce serait drôle si ce n'était pas si fourbe. Le Cardinal Müller continue d'insister sur le fait qu'Amoris Laetitia (AL) est parfaitement orthodoxe même après la publication par le Vatican de la Brochure du chapitre VIII d’Amoris Laetitia du Cardinal Francesco Coccopalmerio, déclarant que les personnes vivant dans des « situations irrégulières » — divorcées et « remariées » ou cohabitants — devraient recevoir l’absolution et être admis à la Sainte Communion s'ils « recherchent sincèrement » les Sacrements après une « période de discernement ». Et Müller continue de critiquer les Évêques pour donner à Amoris Laetitia la même interprétation endossée par le Pape lui-même dans sa lettre aux Évêques de Buenos Aires.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Resserrant son bandeau alors que la discipline Eucharistique bimillénaire se fracture le long de la ligne de faille que François lui-même a ouverte, Müller, tel que rapporté par le site Life Site News, a déclaré dans une interview du 15 février à la publication Allemande Rheinische Post qu’« on ne peut pas donner différentes et même des interprétations contradictoires régionales à la Doctrine de l'Église, formulée par le Pape, doctrine qui est contraignante universellement ».

Ça ne se peut pas ! Et pourtant ça l’est. Seule une solution au dilemme est possible, mais Müller l'ignore : Amoris Laetitia n'est pas « la doctrine universellement contraignante de l'Église » dans la mesure où elle contient des propositions qui se prêtent — en effet, elles ont été écrites pour s’y prêter — précisément à l'interprétation que François et ses collaborateurs épiscopaux, y compris Coccopalmerio, leur ont donné.

De façon tout à fait ridicule, Müller se plaint : « Je ne pense pas qu'il soit particulièrement bénéfique pour chaque Évêque de commenter les documents papaux pour expliquer comment il comprend subjectivement le document ». Je dis « de façon tout à fait ridicule » parce que, comme le sait bien Müller, le duel des interprétations des Évêques a résulté directement du refus de François de répondre aux dubia des Quatre Cardinaux concernant le sens d’Amoris Laetitia afin d’écarter l'interprétation libérale que François lui-même a approuvée de façon « privée » dans sa lettre « confidentielle » aux Évêques de Buenos Aires, qui (comme il le savait sûrement) serait immédiatement divulguée à la presse mondiale.

Müller insiste en outre sur le fait que « Amoris Laetitia doit être clairement interprété à la lumière de toute la Doctrine de l'Église » et que « ce n'est pas correct que tant d'Évêques interprètent Amoris Laetitia selon leur manière de comprendre l'enseignement du Pape ». Mais enfin ! Par « leur façon de comprendre l'enseignement du Pape », Müller signifie la manière dont le Pape comprend l'enseignement du Pape.

Il est douloureux et exaspérant de lire l'assertion suivante : « Le Magistère du Pape n'est interprété que par lui ou par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi... Ce ne sont pas les Évêques qui interprètent le Pape ».

Combien plus de ces absurdités sommes-nous supposés accepter ? François refuse de donner à Amoris Laetitia une interprétation traditionnelle ou même une interprétation officielle du tout tandis que Müller refuse également de fournir l'interprétation officielle et orthodoxe de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi car, comme il l'a admis plus tôt, François ne l'a pas autorisé à le faire. Donc, aucune des deux seules parties qui pourraient remédier au chaos que Amoris Laetitia a provoqué — le Pape et Müller — ne le fera. Au lieu de cela, Müller se borne à des entrevues dans les journaux et les magazines sans poids magistral.

L'entretien de Müller avec Rheinische Post conclut cependant avec la plus légère intonation à l’effet que François ait pu errer bien qu’en même temps il maintienne le prétexte que François ne pouvait pas avoir erré :

« Tout le monde est faible et mortel, Jésus n'a pas choisi les plus sages, les plus riches ni les plus proéminents parmi ses apôtres, mais des gens simples, des artisans, des pêcheurs ... C'est pourquoi il est important de ne pas chercher des surhommes dans le Pape, dans les Évêques ou dans les prêtres et, s'ils ne peuvent pas répondre à ces attentes exagérées, se détourner déçus de l'Évangile et de l'Église ... »

Ainsi, le Pape a promulgué un document qui a fracturé la discipline Eucharistique de l'Église — un développement sans précédent en 2 000 ans. Le Pape approuve alors lui-même « en privé » la lecture libérale qui a causé la fracture alors que le Préfet de la Congrégation Doctrinale du Vatican, ignorant l'intention personnelle déclarée du Pape, déclare que rien ne va mal avec le document et blâme les Évêques de mal le lire.

Quel embarras pour l'Église. L'Épouse du Christ est humiliée par un double discours de la part de la direction à son plus haut niveau sans exclure le Saint-Siège. L'apostasie qui part du sommet, tel que prédit dans le Troisième Secret de Fatima, s'aggrave de jour en jour. Mais cela ne peut que signifier que la résolution de cette catastrophe ne sera pas longue à venir.