mercredi 3 août 2016

Cardinal Burke

La théorie du genre est « folie »
Les toilettes transgenres, c’est « inhumain »



Par Clare Chretien

SOURCE : Life Site News
Le 26 Juillet, 2016 - 11:15 ET







29 juillet 2016 (LSN) - La contraception est à l'origine de la culture de la mort et la défense de la famille est inséparable de la défense de la vie, a dit le Cardinal Raymond Burke dans un livre-entretien élaboré.

Dans sa longue interview avec le journaliste français Guillaume d'Alançon, intitulé « Entretien avec le Cardinal Burke : Un Cardinal au Cœur de l’Église », le Cardinal Américain appelle la théorie du genre de la « folie », il aborde la question de la Communion pour les divorcés et remariés et offre des remèdes pour les crises dans l'Église.

Burke est le patron de l'Ordre Souverain Militaire de Malte et ancien Préfet de la Signature Apostolique, le plus haut tribunal du Vatican.

« Je ne vois pas comment il est possible de parler de la famille sans parler de la défense de la vie humaine » a dit Burke. « C’est fondamental. La contraception et l'avortement sont deux étapes dans l'attaque de l'amour conjugal. Dans la contraception, il y a une crainte d'une nouvelle vie et cette pratique conduit souvent à l'avortement. C’est d'une importance capitale d'associer des œuvres faites au nom de la famille avec des œuvres pro-vie parce que le mariage est la source de toute nouvelle vie ».

« Le Seigneur a créé l'homme et la femme pour s’aimer l’un l’autre et se marier, et ils expriment leur amour plus pleinement dans l'union conjugale qui est par nature procréatrice » a expliqué Burke.

La « Théorie du genre » est une attaque contre cette vérité, a-t-il dit.

La « Théorie du genre » est une invention, une création artificielle. Il est impossible d'avoir une identité qui ne respecte que la nature propre de l'homme et celle de la femme » a dit Burke. « C’est de la folie qui va causer d'immenses ravages dans la société et dans la vie de ceux qui soutiennent cette théorie. Avec la théorie du genre, il est impossible de vivre dans la société. Aujourd'hui déjà, dans certains endroits aux États-Unis, quiconque peut changer d'identité et dire : « Aujourd'hui, je suis un homme ; demain je serai une femme ». C'est vraiment de la folie. Certains hommes insistent pour entrer dans les toilettes des femmes. C'est inhumain. Dans les écoles, vous pouvez imaginer la confusion. ... Aujourd'hui, il y a une énorme confusion, qui est basée sur la fausse idée qu'il existe pratiquement un nombre infini d'orientations sexuelles possibles. La double expression de la personne humaine n’est pas l'hétérosexualité et l'homosexualité, mais mâle et femelle. C’est la théologie authentique de l'anthropologie : à savoir que Dieu a créé l'homme : « Homme et femme, Il les a créés ».

Burke a averti que les Chrétiens doivent défendre la loi naturelle contre les attaques législatives qui contredisent ce qui « est inscrit dans le cœur de l'homme par la volonté souveraine de Dieu ».

« Ne pas parler de la loi naturelle, c’est nier la raison » a-t-il dit.

De même, les personnes qui souffrent de l’attrait du même sexe méritent des soins pastoraux authentiques, a dit Burke, des soins pastoraux qui ne leur causent pas un préjudice en les encourageant à suivre des « inclinations contre la loi naturelle ».

Les actes homosexuels causent en fin de compte des souffrances, a-t-il dit, parce qu'ils vont contre la « complémentarité naturelle des sexes et le potentiel de la faculté sexuelle pour la procréation ».

Mais l'Église offre à ceux ayant un attrait au même sexe la possibilité de « découvrir ce que le véritable amour signifie » a dit Burke. J'ai cité l'enseignement du Catéchisme de l'Église Catholique que les gens attirés par le même sexe doivent être « accueillis avec respect, compassion et délicatesse ». (CEC 2358).

En plus du démantèlement de la loi naturelle, Burke a parlé de l'incapacité de l’Islam à coexister pacifiquement avec les autres religions et que les attaques du Président Obama sur la liberté religieuse constituent une menace pour l'Église Catholique.

« Le Président Obama veut pousser l'Église derrière les murs de ses bâtiments d'église et l'empêcher d'appliquer sa propre loi pour ses propres hôpitaux et écoles » a mis en garde le Cardinal. « Il affirme que l'Église ne peut intervenir sur la question de l’avortement ni sur l'homosexualité, mais que l'État seul doit gérer ces questions ».

Le gouvernement des États-Unis « veut que ses citoyens obéissent à des lois injustes », a-t-il dit, telles que ses exigences concernant les hôpitaux Catholiques à commettre des avortements et à distribuer des contraceptifs ». À cela, je réponds : « Nous ne pouvons pas le faire » parce qu’« il y a des situations dans lesquelles le Chrétien doit désobéir lorsque les lois civiles ordonnent une action contraire à la loi morale ».

« Il n'y a pas de justification pour dire qu'un certain pourcentage des mariages sont nuls »

« Il est impossible de dire autre chose que ce que Saint Jean-Paul II » sur la question des couples divorcés et remariés non-abstinents s’ils peuvent recevoir la Sainte Communion, a insisté Burke.

J'ai abordé le sujet controversé qui a été la source d'une vive discussion dans l'Église Catholique en citant l'Exhortation Familiaris Consortio du défunt Pape, qui a réitéré l'enseignement de longue date de l'Église de ne pas admettre aux Sacrements les divorcés remariés civilement à moins qu'ils vivent comme frère et soeur.

« L'état de la vie des Catholiques divorcés et remariés ne concorde pas avec le mystère de l'union du Christ et de l'Église » a dit Burke.

Les prélats libéraux tels que le Cardinal Walter Kasper ont forcé pour que l'Église admette les divorcés remariés à la Communion à deux Synodes controversés sur la Famille. Le Pape François a soulevé la question dans son Exhortation d’avril 2016.

Plusieurs voient l'Exhortation Amoris Laetitia du Pape François comme ayant mis de l'essence sur ce feu avec son apparente suggestion que, dans certains cas, l'Église permettra à ceux qui vivent sans se repentir dans des situations considérées objectivement comme pécheresses pour recevoir la Sainte Communion.

« Dans le récent synode ... la tendance était parfois d'insister longuement sur tous les problèmes de la famille, au risque de ne parler que de ça, me donnant l'impression que la famille que j’ai connue comme enfant ainsi que les [saines] familles que j'ai rencontrées durant les premières années de mon sacerdoce n’existent plus » a dit Burke. « Ce que je peux vous dire, c’est qu'il y a beaucoup de familles magnifiques qui fonctionnent bien ! »

Après la publication de l'Exhortation, Burke a écrit dans le National Catholic Register qu’elle doit être lue à travers le prisme de la Doctrine Catholique.

« Aucun Pape ne peut modifier l'enseignement moral de l'Église même s’il le voulait » a dit Burke à d'Alançon.

« Il est impossible pour l'Église de changer son enseignement en matière d’indissolubilité du mariage » a-t-il dit. « L'Église, l'Épouse du Christ, obéit à Ses Paroles dans le chapitre 19 de l'Évangile de Saint Matthieu, qui sont très claires en ce qui concerne la nature du mariage. Personne ne conteste le fait que ce sont les Paroles du Christ Lui-Même et, après la réponse des Apôtres, la portée de ces Paroles pour ceux qui sont appelés à la vie conjugale sont tout à fait claires ».

En tant que l'un des canonistes de l'Église Catholique les plus solides, Burke a passé une bonne partie de sa carrière au Vatican travaillant sur des cas de validité du mariage. En d'autres termes, Burke a défendu des unions conjugales comme étant des mariages valides et a examiné des cas quand l'Église a déclaré que le mariage n'a jamais existé et donc qui était nul.

Le Pape François a fait des vagues en juin quand il dit que la « grande majorité » des mariages Catholiques sont « nuls ». Le Vatican a modifié par la suite ses remarques dans la transcription officielle de son discours et de nombreux avocats et théologiens en droit canon ont réagi en disant que ses remarques étaient erronées.

Bien que d'Alançon ne mentionne pas les remarques du Pontife explicitement, il a demandé à Burke si « beaucoup de mariages » sont « effectivement nuls dès le début ».

« Il est difficile de dire combien de mariages sont nuls à partir du moment où le consentement est échangé. ... Il n'y a pas de justification pour dire qu'un certain pourcentage des mariages sont nuls » a dit Burke. « Cela ouvrirait la porte à une mentalité favorisant le divorce qui dissoudrait certains mariages valides parce que personne ne chercherait à savoir s'il y a des motifs pour une demande de déclaration de nullité ».

Une pauvre catéchèse et une liturgie « méconnaissable » ont contribué à la crise de l'Église

Tout au long du livre, Burke a parlé avec affection de l'amour pour la Foi Catholique que ses parents lui ont instillé quand il était enfant.

Il a déploré la « sécularisation envahissante de la culture » qu’il trouve qu’elle « est entrée aussi dans la vie de l'Église » comme le plus grand obstacle à son ministère comme Évêque.

Les mauvaises catéchèses et les changements à la liturgie faussement soupçonnés d'avoir été approuvés par le Concile Vatican II ou par l '« esprit » de celui-ci ont contribué à cette crise, a dit Burke.

« Je me souviens que, dans les années après 1968, j’ai assisté à des célébrations liturgiques qui n'avaient rien de ce que pouvait être une Messe » a rappelé le Cardinal. « J'étais allé aux Pays-Bas, à cette époque, et j’ai été témoin d’une Messe où le prêtre est arrivé en vêtements civils. Toute la célébration était totalement méconnaissable en tant que Messe ».

« L'homme est devenu se plus en plus son propre idole, faisant de ses impressions subjectives le juge du bien et du mal » a-t-il dit. « Très souvent, il a oublié ou nié le sens du mystère et donc il ne peut plus désormais s’en émerveiller. Parallèlement au sens du mystère, le sens de la Foi et du Sacré a progressivement disparu. Et en même temps, les gens ont cruellement souffert d'un manque de formation et, au mieux, ont maintenu un formalisme déraciné soit dans leurs relations humaines ou dans leur pratique liturgique ».

« Le culte centré sur l'homme est une auto-contradiction et c’est ce qui a conduit beaucoup de gens à cesser de participer à la Messe du dimanche et à d'autres célébrations sacramentelles » a noté le Cardinal.

Burke a dit qu’il a remarqué que la jeune génération aspire plus aux formes traditionnelles du culte et ont « soif d'entendre les Vérités de la Foi ». Le fait de grandir dans une culture sécularisée, plutôt que dans une culture Chrétienne comme celle dans laquelle le prélat a été élevé, a étouffé et, dans de nombreux cas, blessé les jeunes. Le divorce des parents, la pornographie et la « libération » de la morale » contribuent à ces blessures, mais beaucoup néanmoins sont encore « à la recherche de l'amour vrai » et de Dieu.

« Je constate aussi que beaucoup de ces jeunes, qui vivent dans ce monde où Dieu est exclu, sentent un grand attrait pour une belle et sainte liturgie qui est célébrée avec la dignité qui sied au Saint Sacrifice, que ce soit dans la Forme Extraordinaire ou dans la Forme Ordinaire du Rite Romain, à condition qu'il y ait une grande dévotion et un sens de transcendance qui indique que nous sommes tournés vers le Seigneur et que le Sacrifice sur le Calvaire soit renouvelé » a dit Burke.

Il a aussi fait écho au sentiment du Cardinal Robert Sarah, le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin, à savoir que recevoir la Sainte Communion à genoux et sur la langue favorise le respect de l'Eucharistie, que l'Église Catholique enseigne être le Corps littéral, le Sang, l'Âme et la Divinité de Jésus-Christ.

Les femmes ayant avorté « m'ont dit qu'ils entendaient la nuit les cris de leur enfant à naître ».

En plus de la restauration de la liturgie, Burke dit que les gens doivent rejeter « l'individualisme narcissique », redécouvrir le sens de la vie familiale et promouvoir la vertu en vue de régler les crises profondes du monde moderne auxquelles il est confronté.

« Le manque de vie morale » est plus grave que la pauvreté matérielle, a dit Burke, et il a noté la « fragilité émotionnelle » que beaucoup de jeunes gens éprouvent après avoir eu de multiples partenaires sexuels.

« L’instabilité émotionnelle est une forme terrible de pauvreté » a-t-il dit.

Burke a encouragé les Catholiques à ne jamais cesser de défendre la vie et la famille et à se tourner vers des exemples comme la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta qui sera bientôt canonisée, comme le professeur Jérôme Lejeune et des gens comme l’Évêque Austin Vaughan, un Évêque auxiliaire de New York « qui est allé en prison pour son engagement au service de la vie ».

Les témoins pro-vie « calmes et courageux » « portent fruit » a dit Burke, et les militants pro-vie ferait bien de se tourner vers les convertis pro-vie comme l'ancien avorteur Bernard Nathanson et aussi le demanderesse plaignante dans la cause Roe v. Wade ( note : cause de la Cour Suprême des USA il y a 40 ans qui a légalisé les avortements ), madame Norma McCorvey, qui est devenue une militante pro-vie.

Et les défenseurs pro-vie ne doivent jamais oublier de faire preuve de compassion et de miséricorde envers ceux qui ont participé à un avortement, a-t-il dit.

Burke a dit qu’il a rencontré tout au long de son sacerdoce beaucoup de gens qui souffrent de l'avortement et plusieurs femmes ayant avorté « m'ont dit qu'ils entendaient la nuit les cris de leur enfant à naître ».

« Nous devons comprendre et écouter la grande souffrance des femmes qui ont subi un avortement et être à leurs côtés en tant que témoins de la miséricorde divine, de l'amour insondable de Jésus, qui ouvre les richesses de Son Cœur à ceux qui, en dépit de leur péché, osent se tourner vers Lui avec confiance » a-t-il dit.

Burke a aussi révélé dans son livre qu'un médecin a fait pression sur sa mère pour qu’elle avorte de lui après être tombée gravement malade pendant sa grossesse, mais ses parents croyaient que « le Christ leur donnerait l'aide nécessaire » et il est né en bonne santé.