mardi 9 août 2016

Ne cessez pas de croire


Par : Michael Matt | Editorialiste principal
Le 8 août 2016

SOURCE : The Remnant









« L’espoir naît souvent quand tout est désespéré ». - J.R.R. Tolkien

T-O-R-T-U-R-E
(Qu'est-ce que Jésus a dit à Jérémie Denton dans le « Hilton Hanoi » ?)


Dans son article de 1956, « J’ai trouvé Dieu en Russie Soviétique », John Noble, le survivant du camp de concentration, écrit : « J'ai vu le Christianisme sous la persécution la plus terrible qu'il a endurée depuis l'époque de Néron et j'y ai vu la preuve abondante que la Foi dans le Christ, le Sauveur, est encore vivante aujourd'hui en Russie dans les lieux mêmes où les Communistes ont essayé le plus de l'éradiquer : les camps de concentration. C’est un témoignage triomphant que je dois donner ... et je suis convaincu que c’était la Volonté de Dieu que je fus un membre de cette Église persécutée pendant plusieurs années afin de témoigner que Dieu est avec elle et qu’Il la soutient ». Ce sont des éléments de réminiscence de l’histoire d’Aleksandr Solzhenitsyn sur comment il a trouvé Dieu dans les ténèbres athéistes du Goulag — un endroit qu’il définit comme une manifestation directe de l'abandon de Dieu par l’homme — ce témoignage extraordinaire de celui qui a vécu à travers les pires espèces de persécutions physiques devrait nous donner à réfléchir. Car autant les fidèles Catholiques d'aujourd'hui font face à peut-être plus d’afflictions universelles de l'âme que nos ancêtres ont rencontrées à tout moment dans l'histoire, autant c’est néanmoins vrai que nous avons des raisons d'être reconnaissants pour beaucoup de choses et, en ce moment même, pour le temps et l'occasion nécessaires pour se battre pour ce que nous tenons pour le plus sacré et qui est aujourd'hui attaqué de partout.

« Il y a un certain bien dans ce monde » a aussi écrit Tolkien « et il vaut la peine de se battre pour ». Nous ne sommes pas en prison ... pour le moment.

Loin de justifier le désespoir en nous ou dans nos coreligionnaires, ces attaques que nous voyons tout autour de nous sont un sujet de méditation, vraiment — d’action ! — pour tout autant mauvaises que les choses sont devenues en Europe, dans les Amériques et partout dans le monde, nous pouvons voir à travers elles le refus même de l'enfer à renoncer à la lutte contre la Croix alors que le triomphe du Christ est inévitable. Ce qui devrait être une victoire écrasante pour les forces des ténèbres qui ont détruit la Chrétienté et qui sont maintenant bien en route pour détruire le noyau même de la société — la famille — est un simple avantage temporaire pour eux. Ils sont toujours motivés par la peur et la rage à l'idée même du Corps Mystique du Christ ressuscitant comme Il l'a toujours fait, depuis la Résurrection le troisième jour. La menace croissante de la persécution des Chrétiens dans le monde est la preuve de l'échec de la Révolution. Quand tout le reste échoue, commencez à affamer les lions à nouveau, non ?

Il est vrai que lorsque tant de monde a succombé à l'esprit de l'époque, seul le fou dit : « Ça ne pourrait jamais m’arriver » ; mais ça reste de notre devoir devant Dieu et les hommes de demeurer confiants dans la Croix et le Christ Ressuscité et de veiller à ce que nos oeuvres et nos actions au cours de cette période de persécution ne contribuent jamais au désespoir de ceux qui nous entourent. En fin de compte, le Christ gagne et nous devons garder cette ligne de front et ce centre en tout temps.

Je suis le premier à admettre un sentiment de découragement intimidant sur ce qui se passe dans notre Église présentement. Il semble que nous sommes invités à supporter la confusion spirituelle, les épreuves et les tribulations qui n’ont pas été souvent vues dans l'histoire de la Chrétienté — mais pas tout à fait totalement inconnues ni vues non plus. La souffrance et la persécution ont toujours collé aux talons des disciples du Christ. Porter la Croix n’est pas aujourd'hui plus difficile que c’était il y a deux mille ans quand Sa propre Mère et ses amis regardaient le Christ suffoquer et saigner à mort sur le Calvaire. Était-ce facile pour eux ? Était-ce facile pour les premiers martyrs Chrétiens de regarder les lions déchirer leurs enfants, mettre en pièces leurs épouses ? Était-ce une chose simple pour Saint Thomas More de laisser derrière lui sa famille bien-aimée, avec sa tête, pour l'amour du Christ ? Est-ce que Maximillian Kolbe a joui de ses tourments et de son éventuelle exécution dans un camp de prison nazi ?

Si seulement nous pouvions en venir à comprendre que notre temps en tant que disciples du Christ (ou quelque chose comme ça) n’est pas très spécial et que tout cela est déjà arrivé, alors peut-être que nous pourrions nous aider mutuellement à réduire le nombre d'excuses auxquelles nous pouvons arriver pour céder au désespoir. Les ténèbres ont toujours cherché à vaincre la Lumière du Christ ... toujours, mais elles échouent aussi toujours à la fin. Comme Jean Ousset l’a écrit, il y a plus de 40 ans déjà :

Considérez les « Pagailles » dans l'histoire de l'Église :
  • La « Pagaille » du Grand Schisme d’Occident. Deux papes et même trois, s’anathématisant l’un l’autre.

  • La « Pagaille » du « concile » de Bâle, déclarant le pape suspect. Le « Pagaille » de nations entières, conduits par leurs prêtres, se tournant vers l'hérésie.

  • La « Pagaille » d’Évêques gallicans et jansénistes.

  • « Pagaille » du procès de Jeanne d’Arc. Ce fut la forte dose. Un évêque, un vice-inquisiteur, plusieurs pères abbés, la fine fleur des docteurs de Sorbonne, « experts », pour la plupart, à l’indigne concile de Bâle qui allait s’ouvrir peu après. Pensons-nous assez à ce que fut, au fond du cœur de la mère de Jeanne et de tous les bons chrétiens de Domrémy, la tentation de révolte ou de désespoir (…) quand parvint, en ces boucles de Meuse l’annonce du bûcher de Rouen ?

Et Dieu permet cela !

Comme il a permis la vie douloureuse et la cruelle passion de Son Fils. Toujours pour la même raison : sa plus grande gloire, la plus grande gloire des élus.

Mystère de la Croix rédemptrice. Mystère de l’Eglise. Mystère des épreuves innombrables de tous les saints. Une seule et même perspective.

Et c’est parce que notre conception de l’Eglise se désurnaturalise, se rationalise, se veut toujours plus dans « le sens de l’histoire », sens d’un messianisme tout humain, que nous perdons l’intelligence et l’amour du mystère adorable de la sainte passion de notre Mère, en et par Jésus-Christ.

Que faire ?


Ce que firent Véronique et le Cyrénéen au passage du Maître couvert de sang, de poussière, de crachats, de vomissures avinées (c’est l’Ecriture qui le dit. Elle n’a pas peur des mots). La couronne d’épines ceignant ses cheveux d’une glue rouge ; le visage tuméfié ; titubant sous la croix ; rudoyé par la soldatesque ; conspué par le peuple ; condamné par les docteurs, prêtres et théologiens du temps.

Notre devoir est clair : D’abord ne pas avoir peur ! (note : Écrit avant le N’ayez pas peur de Jean-Paul II !) Nous moquer des sarcasmes ! Ne pas déserter ! Rendre les rangs de la foule. Avancer résolument vers Jésus. Rester fermes dans la foi.

L'ascendance de François ne change rien de tout cela, ni l'élection d'un certain quelque chose appelé Hillary Clinton !

Saint-Pierre de Samaskos nous parle de cette endurance dans les épreuves qui « tuent le désespoir qui tue l'âme ; elle enseigne à l'âme à se réconforter et à ne pas devenir apathique face à ses nombreuses batailles et afflictions ». En d'autres termes, si nous faisons ce qu'il faut pour faire face à cette adversité et, en fonction de notre temps et de notre lieu, nous avons la possibilité d'être les saints que Dieu a mis sur la terre pour devenir tels, de changer l'histoire, de survivre à la révolution pour gagner le droit d'être appelés disciples de Jésus-Christ.

Pour paraphraser Sainte Catherine de Sienne, « si nous devenions ce que nous devrions être, nous le mettrions le feu au monde entier ».

Comme vous, je suis malade à mort de lire et d'écrire au sujet des derniers scandales de Rome, où notre pauvre Pontife ignorant semble vouloir à tout prix saper tout ce que nous tenons pour sacré. Si l'histoire nous fournit un meilleur exemple d’une voie d'évitement empruntée par un berger avec les loups, je voudrais savoir qui il est. Mais cela ne change pas ce que nous devons faire. La tâche que Dieu place devant nous est maintenant la même que celle qu’il a établie pour Agnès, Barbara, la petite Lucie, Thomas More et tout le reste — garder la vieille Foi malgré la hache du bourreau ainsi que les scandales innombrables du jour et et ne jamais se joindre à la compagnie de ceux qui ont abandonné tout espoir, qui est la définition même des damnés.

Nous ne sommes pas damnés. Pensez-y ! Pour nous, il est encore temps —ce temps, notre temps ! — et, par conséquent, toutes les raisons d'espérer, de continuer et de se battre, d'aimer et de rire, et de vivre en compagnie de ceux qui connaissent le Christ. Indépendamment des pitreries de François au milieu de la désorientation diabolique qui afflige si notre Église de façon si évidente, notre travail consiste à faire ce que les Catholiques ont toujours fait — à savoir connaître, aimer et servir Dieu. Et le désespoir n’a aucune part dans cela.

« Attendez le Seigneur » nous dit Saint Bernard de Clairvaux: « soyez fidèles à Ses Commandements ; Il va élever votre Espérance et vous mettre en possession de Son Royaume. Attendez-Le patiemment; attendez-le évitant tout péché. Il viendra, n’en doutez pas ; et dans le jour qui approche de Sa Visite, qui sera votre mort et Son Jugement, Il vous couronnera Lui-Même votre sainte Espérance. Placez tous votre Espérance dans le Cœur de Jésus ; Il est un asile sûr ; car celui qui a confiance en Dieu est à l'abri et est protégé par Sa Miséricorde ».

L'article suivant est paru dans l'édition imprimée de The Remnant il y a quelques années. Il a été écrit par James Hanisch et est paru sous le titre, « À travers le treillage ». S'il vous plaît, lisez-le et qu’il vous console. Dieu et Sa Mère et ses saints sont toujours avec nous tous, même pendant ce temps des ténèbres. Combien de temps durera la nuit appartient à Dieu seul de le savoir, mais nous avons Sa Promesse qu’Il sera avec nous jusqu'à la fin. Et rien ne peut changer cela —même pas un Moderniste assis dans la Chaire de Saint-Pierre. Gardez espoir et ne perdez jamais courage, car ça aussi doit passer et c’est toujours plus sombre juste avant l'aube. Viva Cristo Rey ! Michael J. Matt



À travers le treillage
4 histoires pleines d'expérance


Le roi Saint Louis IX aimait à raconter l'histoire d'un de ses nobles concernant un célèbre miracle Eucharistique qui avait eu lieu en France. Il semble que le Comte de Montfort avait parmi ses sujets dans le sud de la France des Albigeois (qui niaient l'humanité du Christ et Sa Présence sacramentelle) dont un certain nombre avaient décidé d’aller voir eux-mêmes l’hostie miraculeuse qui saignait.

Le Comte a refusé leur invitation à les accompagner et sa réponse —qui a tant plu au roi — était en effet qu’ils devraient se hâter d’aller la voir et de trouver un remède pour leurs erreurs. « Allez voir, vous qui ne croyez pas » dit-il. Quant à lui, il remerciait Dieu pour la grâce de ne pas avoir besoin de telles aides, reconnaissant le plus grand mérite d'une Foi plus pure. « Pas même les anges du Ciel ne peuvent mériter tant » dit-il « ils voient face à face et ne peuvent donc pas choisir sauf de croire ».

Notre Seigneur reste intimement avec nous, comme Il l’a promis et suit les mouvements de nos cœurs avec une sollicitude inimaginable. Mais c’est sa façon, en règle générale, de Se voiler de nos sens, Lui et l’entière compagnie céleste. Nous pouvons nous attendre à cela car Il aspire à récompenser notre Foi libre et docile, n’ayant pas moins de sollicitude pour nos mérites que pour le Comte de Montfort l’a été pour les siens. Pour apparaître dans Sa Gloire à chaque incroyant, le poussant en bas de son cheval, pour ainsi dire, serait voué à l'échec. « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru » (Jean 20, 29). Donc, nous sentons Sa Présence fortement souvent, mais toujours comme si c’était juste de l'autre côté du mur : « Le voici qui s'arrête derrière notre mur, cherchant à voir à travers la fenêtre, jetant un coup d'œil à travers le treillage» (Cantique des Cantiques 2 : 9).

Il arrive parfois, cependant, qu'Il daigne plaire l'un de ses fidèles amis avec une manifestation tangible de Son Amour. En période de grand stress, de douleur ou d’un grand besoin dans la vie d'une personne, il est connu qu’Il a agi d'une manière clairement perceptible et ce mur proverbial est tombé aussi soudainement que ceux de Jéricho.

Aussi rares que ces événements puissent être, nous pourrions tous être étonnés si nous savions avec quelle fréquence ont eu lieu ces choses, même de nos jours. Ce serait peut-être d'intérêt et opportun, alors que l'Église militante dirige si vivement maintenant notre attention vers l'Église triomphante et la Souffrance de l’Église, que le lecteur se rappelle quelques histoires de ces percées célestes que plusieurs personnes ont partagé avec moi.

J'eu le privilège de devenir très proche de ma grand-mère pendant les dix dernières années de sa vie. Elle me confia, quelques années après l'événement, un événement clairement remarquable dont elle n’avait parlé à personne d'autre.

Dans un certain moment de grande solitude et de douleur émotionnelle, elle a cherché du réconfort de Notre-Dame. Ce n’était rien d'inhabituel pour cette femme d’au moins soixante-quinze ans d’encore prier plusieurs chapelets quotidiennement sur ses genoux. Comme elle se mit à genoux près de son lit, incapable désormais de tant de prières que de larmes, elle fronda une accusation à la Sainte Mère. « Je pensais que Vous m’aimiez ». Elle entendit distinctement d'un peu derrière elle, sur son épaule gauche, une réponse gentille d'une voix qu’elle pouvait à peine décrire : « Je pensais que tu M’aimais ! »

Elle doit avoir été au moins un peu surprise d’entendre cette réponse audible, mais elle m'a dit que ce qui la secoua le plus fut la soudaine prise de conscience de la façon dont elle avait durement abordé la Reine du Ciel. Quelques années plus tard, lorsque le temps de sa fin fut venue pour elle, nous, les petits-enfants (pour qui elle avait prié tous ces Chapelets), ont pu voir comment un saint meurt et comment Notre-Dame est fidèle à sa promesse qu'Elle vient personnellement aider Ses enfants dévoués à leur mort.

Ma grand-mère, alors, avec sa famille en prière du Rosaire tout autour de son lit d'hôpital, et elle-même finalement incapable autant de donner les réponses aux Ave, tout à coup se redressa. Elle regarda attentivement et tendit ses deux bras devant elle vers quelque chose et a appelé avec une force étonnante : « Sainte Marie, Mère de Dieu ! » Puis elle se renversa dans son lit et mourut.

Le Sénateur Jeremiah Denton a raconté ses sept ans et demi d'emprisonnement dans le nord du Vietnam dans son livre : « Quand l'enfer tenait séance ». Quelques années après sa publication, cependant, tout en répondant à un groupe de frères Catholiques, il a parlé d'un incident qu’il n'a pas mentionné dans le livre.

Il confia ce souvenir intime à son public qu’il décrit au temps où il fut le plus enclin au désespoir. Il a admis que, plusieurs fois dans les instruments de torture, il avait prié pour qu’il puisse mourir, mais une fois seulement ce sentiment de désespoir l’avait accablé en dehors de ces séances.

Il est arrivé qu’il était resté éveillé au milieu de la nuit dans sa cellule du « Hilton Hanoi », lui-même tourmenté par les cris et même les pleurs des hommes qui étaient alors torturés. Impossible de communiquer avec toute autre prisonnier de quelque manière avec au surplus la garde appuyée contre sa porte, il s’est senti s'effondrer intérieurement.

Avec le plus grand effort, il « s’est rendu », pour ainsi dire, avec une prière de désespoir complet : « Seigneur, je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas comment prier à ce sujet ». La réponse est venue dans la plus belle voix masculine magnifiquement modulée, à environ une distance de huit pieds (2,43 m) de lui ». La Voix disait : « Sacré-Coeur de Jésus, je me donne à Toi ». Depuis ce jour, il n'a jamais passé une journée, et à peine une heure, au cours de laquelle il n’a pas dit cette prière.

Était-ce son ange gardien qui lui a parlé ? Ils traversent parfois la paroi.

Le prêtre qui m'a influencé le plus profondément dans ma jeunesse, m'a parlé d'un incident qui concerne une manifestation angélique dans sa propre famille. Ce n’est pas survenu à un moment de crise manifeste mais à un moment mystérieusement choisi, peut-être explicable seulement en termes des desseins miséricordieux de Dieu pour nos vies.

Quand la mère de ce prêtre était un petit enfant, elle tomba une fois endormie sur le canapé du salon et elle a été laissée là pour la nuit par ses parents qui avaient choisi de ne pas perturber son sommeil. Mais tard dans la nuit, elle s’est réveillée et fut surprise de voir une lumière inhabituelle venant de la cuisine. Elle se cacha sous sa couverture au premier abord, mais bientôt se hasarda à enquêter.

En approchant de la cuisine, elle vit un personnage lumineux agenouillé en prière devant une simple représentation de la Dernière Cène que la famille affichait sur le mur. L'ange se tourna vers la jeune fille et lui a fait un sourire qui a inspiré une ferveur et une vitalité de sa Foi qui trouverait un jour une résonance profonde dans l'âme de son fils.

Sûrement la plus douce des consolations telle que nous est offerte à nous, pèlerins de cette vallée jonchée de peines, est celle où nous sommes autorisés à voir ou à entendre à nouveau les êtres chers que nous avons perdus dans ce monde.

Un ami proche m'a parlé de l'une de ses membres de la famille qui était veuve et qui a été grandement affaissée, non seulement par la douleur de perdre son époux, mais surtout par la douleur résultant des profonds regrets au sujet des troubles inutiles qu'ils avaient vécus dans leur mariage. Elle a souffert intensément, jusqu'au jour où elle entendit de façon audible à nouveau la voix de son mari bien plus douce que jamais dans la vie, transformée par un Amour dont l'action sur nos âmes dépasse la compréhension. Il lui a dit : « Ne t’inquiétes pas de ces choses, Kate. Nous n’étions qu’en train d'apprendre à s’aimer l’un l’autre ».

Des histoires comme celles-ci peuvent nous stimuler à réfléchir sur beaucoup de choses. Je suis frappé par le fait que de telles faveurs sont données aux Catholiques « ordinaires », s'il y a une telle chose. Autrement dit, dans la vie des gens de notre temps, avec qui nous pouvons avoir des liens facilement, ils ont bénéficié de ces percées étonnantes du « mur » qui semble nous séparer des autres parties de notre Église Universelle. Et étant ainsi rappelés l'Amour de notre Seigneur pour Son troupeau tout entier — qu’il soit Triomphant, Souffrant ou Militant au 21ème siècle — nous sommes encouragés à espérer que, lorsque viendra le temps pour nous de passer individuellement au travers du mur, pour être toujours de l'autre côté, peut-être qu’il pourrait y avoir un lieu comme tel pour nous-mêmes, à qui Notre Seigneur a seulement demandé un service qui avait l’air ordinaire.

Une telle espérance semble moins bien fondée quand nos pensées de l'Église Triomphante nous amènent pas plus loin que le catalogue des plus grands héros de l'histoire de l'Église. Mais, dans les exemples ci-dessus, nous entrevoyons la gloire du Christ ressuscité ennoblir la vie « ordinaire » de nos contemporains. Et si nous sommes capables de mériter le Ciel par ces apparentes bagatelles, ces histoires de ces êtres cachés indiquent aussi l'économie cachée de la Grâce.

Fr. Garrigou-Lagrange écrit à Providence à propos ce que les autres écrivains Catholiques ont appelé le sacrement de l'ordinaire :

... À chaque instant il n'y a pas seulement qu’un devoir à effectuer, mais aussi il y une grâce d'être fidèle dans l'accomplissement de ce devoir. Lorsque des nouvelles circonstances arrivent, avec leurs obligations qui les accompagnent, un nouveau courant de grâces nous sont offertes afin que nous puissions tirer le plus grand profit spirituel d'elles. Au-dessus de la succession d'événements extérieurs qui font notre vie, il y a une série parallèle de grâces réelles offertes pour notre acceptation .... Cette succession de grâces actuelles qui, soit nous sommes d'accord pour les utiliser à notre profit spirituel ou, soit que nous négligions de le faire, constitue l'histoire de chaque âme unique comme il est écrit dans le Livre de la Vie, en Dieu, qui nous sera ouvert un jour pour notre inspection.


Ce qui semble, alors, une succession peu glorieuse de sacrifices quotidiens et de luttes subis à Son service, peut être après tout le fondement essentiel de notre future gloire éternelle. Il est difficile d'imaginer comment il pourrait y avoir une telle récompense pour des offrandes si simples, mais Saint Paul nous assure — que même nous, les petits, dont le cours de la vie peut ne pas apparaître comme quelque chose de spécial — Notre gloire est celle-ci : « comme notre conscience en témoigne, nous nous sommes conduits dans le monde, et particulièrement envers vous, avec la simplicité e et la sincérité qui viennent de Dieu, en étant guidés par sa grâce et non par la sagesse humaine ». (2 Co 1, 12).