lundi 8 août 2016

Du Professeur Josef Seifert

Critique détaillée de Amoris Laetitia
« Saint-Père, révoquez les énoncés hérétiques ! »


Et ça presse, Saint-Père !





Par : Dr Maike Hickson
Le 8 août, 2016
SOURCE : The Wanderer









Le 3 Août 2016, Guiseppe Nardi, l'expert du Vatican du site Internet Allemand Katholisches.info, a eu l’honneur de présenter l’importante critique de 28 pages du Professeur Josef Seifert (http ://www.katholisches.info/2016/08/03/freuden-betruebnisse-und-ho%ef%ac%80nungen-josef-seiferts-umfassende-analyse-zu-amoris-laetitia/) concernant l’Exhortation apostolique de François, Amoris Laetitia (AL). Dans ce texte, le Professeur Seifert, le fondateur et recteur de l'Académie Internationale de Philosophie (http ://www.iap.li/) et père de six enfants, a déclaré que sa critique publiée précédemment (http : //www.onepeterfive. com / larmes-jesus-amoris-laetitia /) n’avait pas du tout été autorisée par lui et que c’était seulement une version antérieure de son article présentement publié et qui a été d'abord publié en premier chez AEMET (http ://aemaet.de/ index.php / aemaet / index), un journal de philosophie et de théologie.

Dans le rapport qui suit, je vais présenter quelques-uns des principaux arguments du Professeur Seifert dans sa critique incisive et son appel supplémentaire à la correction qu’il adresse directement au Pape François lui-même. (Toutes les emphases sont les miennes dans cet article).

Il insiste sur le fait que sa critique est écrite d'une manière humble et loyale sans aucune tentative d’« attaquer le Pape, pour lui nuire ou pour nier sa légitimité ». L’intention déclarée de Seifert, par conséquent, est de « le soutenir et de l'aider dans sa tâche essentielle d’enseigner la vérité ». Le Professeur Autrichien affirme que « certains passages de AL — et en particulier ceux qui devraient avoir le plus grand impact — sont la cause d’une grande préoccupation et d’une profonde tristesse » ; et il mentionne que certains de ces passages sont au moins en apparence en conflit avec la Parole de Dieu et l'enseignement de la Sainte Église Catholique sur l'ordre moral, sur les actes intrinsèquement mauvais et désordonnés, sur les Commandements de Dieu et notre capacité à les accomplir avec l'aide de la Grâce, sur le danger de la damnation éternelle (de l'enfer), sur l'indissolubilité du mariage et sur la sacralité des Sacrements de l'Eucharistie et du Mariage ainsi que sur la discipline sacramentelle et pastorale de l'Église qui vient de la Parole de Dieu et de la Tradition des 2000 ans de l'Église.

Le Professeur Seifert parle ici en tant que philosophe et en tant que Catholique et il exhorte tous les Catholiques à « « supplier le Pape avec le feu de l'amour pour Dieu et pour les âmes immortelles de clarifier certains passages de AL et de corriger les autres ». Il insiste sur le fait que des « « déclarations papales qui — au moins dans leurs formulations — sont ou semblent seulement être erronées et contraires à l'enseignement de l'Église demandent une correction d’une manière urgente ». Il rappelle aussi au lecteur de la « primauté de la vérité » qui a même exhorté Saint Paul à réprimander publiquement et à critiquer le premier Pape, Saint Pierre. Seifert se concentre dans sa critique surtout sur les passages du huitième chapitre de Amoris Laetitia. Par exemple, il dit :

Certaines formulations de AL semblent être un cri dangereusement ambigu demandant des éclaircissements ; d'autres — et ici je vais plus loin que Mgr Athanasius Schneider, dans sa noble lettre ouverte au Pape — je considère qu’elles sont fausses et je crois qu'elles devraient être supprimées par le Saint-Père lui-même.

Seifert procède à analyser la question majeure qui ressort de Amoris Ce Laetitia, à savoir : qui sont ces « couples en situation irrégulière » qu’Amoris Laetitia souhaite admettre aux Sacrements comme il est proposé dans la note 351 ? Ensuite, il présente quatre réponses différentes proposées pour répondre à cette question. Ce sont :

  • 1. Aucun couple en « situation irrégulière » (les adultères, les couples homosexuels ou de promiscuité) ;
  • 2. Tous les « couples irréguliers » ( les divorcés, les adultères, les couples de lesbiennes et d’homosexuels) ;
  • 3. Quelques (ou plusieurs) « couples irréguliers » qui vivent dans des situations objectivement pécheresses — mais seulement après un examen de conscience (avec l'aide d'un prêtre ou seuls) ;
  • 4. Seulement ceux qui sont entrés un « Mariage de Conscience » puisqu’ils ne sont pas capables de recevoir une déclaration de nullité de leur premier mariage, mais ils croient en leur coeur avoir des motifs pour une telle déclaration de nullité.

Sans maintenant présenter une discussion détaillée du Professeur Seifert sur chacune des quatre réponses possibles, je vais présenter dans le présent article certaines déclarations qu’il a faites tout au long de son discernement. Mais résumons sa conclusion avant d’aller dans les détails : Seifert déclare que François avait l'intention « de changer quelque chose dans l'ordre sacramentel — ce qui est une conclusion logique du fait que la note 351 admet certains couples à la réception des Sacrements qui, jusqu'à maintenant, avaient été absolument exclus de la réception des sacrements ». Avec cela, Seifert rejette explicitement les déclarations du Cardinal Gerhard Müller, du Cardinal Raymond Burke, et de l'Archevêque Charles Chaput sur cette question. Il est, cependant, d'accord avec certains de ces auteurs en disant que, puisque la question en jeu concerne les 2000 ans de l'enseignement traditionnel de l'Église et puisque ça découle aussi directement de la Parole de Dieu, ça ne peut pas être modifié, même si les déclarations erronées dans AL auront toujours de graves conséquences. Il dit : « En effet, pour une couple de raisons, AL n'a pas changé quoi que ce soit de la discipline sacramentelle de l'Église ». En effet, c’est sujet à la « vérité immuable enracinée dans la Révélation » etqui est établie dans le Catéchisme de l'Église Catholique et dans le Code de Droit Canon.

Quant à la deuxième possibilité, à savoir que tous les couples en situation irrégulière sont maintenant admis aux Sacrements, le Professeur Seifert cite plusieurs sources qui défendent cette thèse, à savoir : le Père Antonio Spadaro, SJ, la Conférence des Évêques des Philippines, Mgr Blaise Cupich, ainsi que de même, le Cardinal Christoph Schönborn, parmi d’autres. Seifert appelle cette position « L’opposé radical, contraire et absolu de l'enseignement traditionnel ». Il dit :

Si au lieu d’aucuns, tous les adultères, les homosexuels, et tous les couples de lesbiennes et de promiscuité sont maintenant invités aux Sacrements, il n'y a vraiment plus de limites — comme le Père Spadaro nous l’assure. Pourquoi ne pas donner les Sacrements aux couples — les infirmières et les médecins — qui, par le biais de l'avortement ou à travers leur aide dans les avortements, ont été excommuniés automatiquement ?


Aux yeux de Seifert, si l'on devait suivre ce chemin, « on profanerait le Saint Temple de Dieu, oui, on le transformerait en un temple satanique et on le transformerait en un endroit effrayant pour tout sacrilège Eucharistique possible et de blasphème ». Tout en affirmant que telle interprétation « est une fausse interprétation et une inversion totale du sens de l'AL », le Professeur dit que — étant donné qu'une telle interprétation a été présentée par des Conférences des Évêques et des personnalités comme le Père Spadaro — « une déclaration papale très claire et rapide à l’effet qu’une telle interprétation du texte de AL est un contresens radical, est nécessaire de toute urgence et est hautement urgente — si l'on veut éviter le chaos complet ».

Le Professeur Seifert, en citant AL 297, montre que le texte lui-même semble indiquer que tous les couples doivent être « intégrés » et que « nul ne peut être condamné à jamais — ce qui n’est pas la logique de l'Évangile ». Il insiste sur l'appel à cette clarification et à l’affirmation sinon le silence du Pape François renforce la seconde interprétation scandaleuse et fausse [...] surtout si l'on considère que ce n’est pas du tout la tendance générale du Pape François de laisser aller les choses sans corrections publiques. Par exemple, le Pape a récemment corrigé — immédiatement et publiquement — l'impression créée dans l'esprit de beaucoup concernant la simple invitation du Cardinal [Robert] Sarah, motivée par de nobles considérations liturgiques, que les prêtres [...] pourraient célébrer plus souvent la Sainte Messe vers l'Est (versus Deum), ce qui annonçait ainsi un changement des normes liturgiques de Paul VI à l’effet que la Sainte messe devrait être célébrée normalement face aux fidèles ( ad populum ).

Seifert conclut que cette réaction critique immédiate et publique de François — que Seifert regrette — invite le monde encore plus à croire que le silence du Pape est un consentement papal en ce qui concerne cette seconde interprétation scandaleuse des « couples en situation irrégulière » ( qui vivent objectivement dans un état de péché grave ) et qui aujourd'hui seront tous admis aux Sacrements sans distinction.

La même chose s’applique, selon Seifert, au silence du Pape concernant la récente entrevue menée par della Sera Corriere (http ://www.onepeterfive.com/Cardinal-schonborn-says-amoris-laetitia-binding-Doctrine/) avec le Cardinal Schönborn « que le Pape a déclaré être l'interprète la plus compétent de AL » et qui a aussi fait alors « la déclaration incroyable que AL a complètement éliminé la distinction entre les couples réguliers et les couples « irréguliers ». De plus, le Cardinal a également affirmé que AL « met le mariage sur le même niveau que le concubinage et les couples adultères et homosexuels » selon Seifert. Encore une fois, dit Seifert : « Beaucoup sont portés à croire que ce silence papal en ce qui concerne cette d'interprétation signale un consentement du Pape ». Une autre indication de cette approbation papale apparente peut être vue dans le fait que François a tout récemment nommé l’Archevêque Cupich comme membre de la Congrégation pour les Évêques, un prélat « qui donne publiquement les Sacrements de l'Eucharistie aux politiciens qui ont été excommuniés automatiquement en raison de leur soutien à l'avortement » et cet Archevêque considère également qu’AL est un « changement radical des règles ».

Face à de tels développements graves, Seifert réitère son appel à tous les Catholiques afin qu’ils supplient de toute urgence le Saint-Père, au nom de Dieu et des âmes trompées par ces interprétations scandaleuses de AL, que le Pape puisse bientôt faire une telle déclaration claire afin d'éviter une catastrophe spirituelle et des sacrilèges sans limites dans le Sanctuaire de Dieu et éventuellement annuler ainsi toute confusion chez les prêtres et les fidèles tout autant.

Seifert, dans sa discussion séquentielle des deux dernières réponses possibles à la question de savoir qui sont ces couples qui pourraient désormais être admis aux sacrements, il rejette ces deux possibilités à la fois. Il ne voit pas comment un seul prêtre deviendrait le juge de savoir si une personne est subjectivement incapable de voir le péché qu’elle commet, pas plus qu’il ne voit comment il puisse exister des couples qui pourraient suivre leur propre conscience pour déterminer si leur premier mariage sacramentel était valide ou non. Les deux cas conduiraient à un subjectivisme, au scandale public et à du chaos. Seifert tient fermement à l'enseignement Catholique sur l'état de péché objectif selon lequel on doit s'abstenir de relations sexuelles avec d'autres personnes — personne d’autre que son propre épouse légitime — aussi afin d’éviter le sacrilège, le scandale public et la confusion.

Le Professeur Seifert est profondément préoccupé par le fait que AL « n’a jamais, même pas avec un seul mot, mis en garde contre un danger réel de commettre le sacrilège lorsque des adultères, des bigames ou des couples homosexuels reçoivent la Sainte Communion ». . Il poursuit ainsi :

Pourquoi n’est-il pas fait mention, sur 260 pages, des Paroles de l'Écriture Sainte selon lesquelles le « fornicateur n’entrera pas dans le Royaume des Cieux » ? Dans ce contexte, pourquoi ne trouvons-nous pas également aucun passage confirmant ce que dit Saint Paul, à savoir que celui qui « mange et boit le Corps et le Sang du Christ indignement, mange et boit son propre jugement » ?

Le philosophe Autrichien conclut avec des paroles très fortes quand il demande :

Ne serait-il pas être miséricordieux de rappeler aux « couples irréguliers » cette vérité au lieu de leur dire qu'ils sont des « membres vivants de l'Église » ? Quand un changement de la discipline sacramentelle de l'Église permet maintenant à ces couples — qui vivent objectivement dans un tel état grave de péché qu'ils auraient été excommuniés jusqu'à récemment —qu’ils peuvent recevoir les Sacrements, puis un silence complet en ce qui concerne le véritable danger de « manger et boire son propre jugement par une réception indigne de l'Eucharistie », n’est pas compréhensible. [...] Et quand les Paroles de l'Écriture Sainte disent qu'un tel danger pour les âmes existent — ne pas en parler avec une seule syllabe ou même de le nier carrément, c’est d'inviter directement ces couples qui vivent dans une contradiction objective à l'Église à rester dans cette contradiction. Et puis si ensuite quelqu’un les assure en outre que « personne n’est condamnée à jamais », alors cela ne constitue pas, à mes yeux, un acte de miséricorde. Quoi d'autre cela pourrait être sinon un acte de cruauté ?

Le Professeur Seifert nous rappelle ici cette vérité importante que, si quelqu’un vit dans un état de péché mortel, il se coupe de l'Église et, par conséquent, il n’est plus un membre vivant de l'Église. Il ajoute :

« S'il [le pécheur] ne se convertit pas, la même Parole du Père [ note : relation ici à l’enfant prodigue ] au sujet de son fils perdu s’applique à cette personne :« Votre frère était mort » même si le chemin à la confession et à la pénitence lui sera toujours ouvert. Et pour celui qui choisit cette voie, la Parole suivante s’applique : « Votre frère vit ».

Après la sérieuse et importante discussion sur la question des « couples irréguliers » en ce qui concerne les Sacrements, le Professeur Seifert continue à discuter d'autres thèmes très troublants de AL. Il dit qu‘il est convaincu « que certaines déclarations de AL sont erronées et même (dans certains cas) objectivement hérétiques et qu'elles doivent être révoquées par le Saint-Père lui-même, qui est responsable devant nous tous pour le bien de l'Église ainsi que pour la préservation et la protection du trésor incommensurable de l'enseignement irrévocable et infaillible de l'Église ». Puisque François n'a pas conséquemment et continuellement, encore moins solennellement, présenté les jugements faux (ou même hérétiques), le Professeur Seifert lui-même ne le considère pas comme un « Pape hérétique » ou même un Pape illégitime. Il fait encore confiance au Pape quand il dit :

J’ai pleinement confiance que si, en tant que vrai Pape et successeur de Saint Pierre, François devait trouver une contradiction entre ses déclarations et les enseignements de l'Église, il voudrait immédiatement rescinder ses thèses. Et j'espère qu’il le fera en ce qui concerne les présents cas.

Dans ce qui suit, Seifert montre spécifiquement quelles affirmations d’AL qu’il considère comme problématiques, ou même objectivement hérétiques. Il dit :

Il est difficile de nier que AL contient des enseignements ou du moins utilise des formulations qui, dans leur sens verbatim et évident sont en contradiction directe avec les Évangiles, avec Veritatis Splendor et avec la Tradition immuable de l'Église et ne nécessiteraient donc pas d’être clarifiés mais, plutôt, d'être révoqués. Certains passages, bien qu’ils soient dans leur ton semblable à quelques-unes des Paroles des Évangiles, donnent à quelques-unes des plus belles et miséricordieuses Paroles de Jésus un sens complètement différent en les détachant des strictes admonitions de Jésus. D'autres semblent — au moins dans un premier aperçu — rejeter certaines parties éternelles et immuables de la Doctrine et de la discipline sacramentelle de l'Église. Par conséquent, c’est à mon avis un grand danger qu’une avalanche de conséquences très destructrices pour l'Église et pour les âmes pourrait dévaler en raison de ces mêmes phrases.

Dans ce contexte, Seifert présente comme exemple l’affirmation d'AL que ce serait bon pour un couple de partenaires « divorcés/remariés » de conserver leurs relations sexuelles afin d'éviter ainsi une infidélité possible de la part de l'un des partenaires. Un autre exemple cité est celui où AL indique qu'une nouvelle relation entre des partenaires « divorcés/remariés » pourrait même être voulue par Dieu « comme si cette relation pourrait jamais être la Volonté de Dieu que des divorcés/remariés (sans la déclaration de l'Église de nullité) continuent à pécher et à maintenir leurs relations adultères ». Le Professeur Seifert donne ici comme référence de cette affirmation le paragraphe 303 de AL. Cette affirmation - à savoir « que l'adultère peut être la Volonté de Dieu » — « est clairement en contradiction avec certains Canons du Concile de Trente ».

En référence à cette femme proche d’être lapidée — à qui Jésus Christ a dit : « Moi aussi, je ne veux pas te juger » — le philosophe de 71 ans souligne que le Christ a ajouté ensuite les Paroles suivantes : « Va et ne pèche plus ! ». « Cependant » ajoute Seifert » François comme son Vicaire sur la terre dit à la femme adultère — en référence au Synode [des Évêques sur le Mariage et la Famille] — elle peut, dans certaines situations, continuer à pécher et qu'elle ne devrait non seulement ne pas se sentir excommuniée mais, plutôt, se considérer comme un « membre vivant de l'Église » — Oui, elle pourrait même peut-être reconnaître que c’est la Volonté de Dieu qu'elle pèche [ici la citation d’AL # 299 suit] ». C’est important de noter l'explication du Professeur Seifert que c’est seulement après le nouveau Code de Droit Canonique (1983) que les « divorcés/remariés » ne furent plus excommuniés en raison d'un acte civil de « remariage ». Dans le contexte de cette discussion —et avec une référence remarquable que même le nouveau Code de Droit Canonique (1983) insiste lui-même encore que ces « divorcés/remariés » » sont « bigames » à savoir, engagés dans des formes de bigamie — Seifert fait une autre fort commentaire :

Si les mots cités de AL signifient — comme beaucoup d'interprètes le supposent — que les couples divorcés/remariés peuvent savoir que leur acte est adultère et un grave péché et pourtant, en même temps, ils peuvent vivre en état de Grace — alors ceci serait en contradiction avec l'Écriture Sainte et l'enseignement dogmatique de l'Église.

Une autre déclaration AL qui contredit l'enseignement traditionnel de l'Église est, selon Seifert, l'affirmation selon laquelle « les Lois Divines contre l'adultère sont de simples idéaux et des objectifs que tout le monde ne peut pas atteindre ». Cependant, le Professeur Autrichien montre que « le Concile de Trente a enseigné dogmatiquement que chaque Chrétien, avec l'aide de la Grâce et des Sacrements, reçoit la force pour accomplir les Commandements de Dieu ». Ainsi Seifert soulève un peu plus tard cette ferme l'objection :

Par ailleurs, il est vraiment impossible que le Pape puisse enseigner des hérésies qui ont été condamnées par le Concile de Trente. Cependant, il est presqu’impossible d'interpréter ses paroles d'une manière différente ; voilà pourquoi je pense qu'il est absolument nécessaire qu’il révoque ces phrases de AL.

Seifert affirme clairement qu'on peut jamais faire le mal pour le bien qu’il peut ressortir ; cela revient à dire, qu’un couple de « divorcés/remariés » ne peut pas poursuivre leur relation sexuelle afin d'éviter le danger de l'infidélité de l'un des deux partenaires. Ainsi, à la fin de la discussion sur cet aspect, Seifert réitère son plaidoyer à tous les Catholiques :

Je pense que toute l'Église devrait, au nom de Jésus-Christ, en appeler au bien aimé François pour qu’il révoque ces fausses interprétations de AL et ces formulations qui violent les Saintes Paroles du Christ — qui ne passeront jamais sous silence — et les saints enseignements et principes de l'Église.

Dans la partie suivante de sa propre analyse, le Professeur Seifert discute l’affirmation dans AL que « nul est condamné pour toujours ». Il souligne que Jésus Christ lui-même met en garde 24 fois explicitement et personnellement ( et qu'on en trouve deux fois plus de ces avertissements dans le reste du Nouveau Testament et dans l'Ancien Testament ) « contre le danger de la damnation éternelle si nous restons en état de péché grave ». Seifert montre ensuite les paroles de François dans AL # 292 où il est écrit que « nul ne peut être condamné pour toujours parce que ce n’est pas la logique de l'Évangile ! » Ici Seifert voit qu'il est « presqu’inévitable de comprendre ce texte dans le sens où il n’y a pas, selon lui, ni d'enfer, ni de danger de la damnation éternelle ». Dans un autre ensemble de paroles fortes, Seifert conclut :

Par conséquent, si François ne déclare pas ceci comme étant une erreur d'interprétation dans AL, on peut à peine faire autrement que de voir dans cette formulation citée ci-dessus comme un déni de la réalité et du danger de l'enfer comme cela a été proclamé dans les Évangiles et dans la enseignement dogmatique de l'Église. Seifert répète qu'il n'y a qu'une seule interprétation de ce passage de l'AL à savoir « que ce passage exclut [la possibilité de] la damnation éternelle — qui serait en opposition directe avec les Évangiles et qui a été rejeté comme une hérésie par différents Dogmes et Canons de l'Église ».

Après avoir discuté des effets des plus néfastes des affirmations de François —à savoir que même la Foi en Dieu et en Jésus-Christ n'est plus nécessaire pour le salut —le philosophe Catholique conclut la discussion de cet aspect de AL avec ces paroles emphatiques :

Les fidèles s’attendent à ce que François n'enseigne pas un autre Évangile que celui de Jésus-Christ et qu’il nous dise soit dans des termes clairs avec les Paroles de Jésus-Christ ou dans ses propres paroles qu'il existe le danger de la damnation éternelle et qu'il n’est pas vrai que « nul n’est condamné pour toujours ! »

A la fin de sa critique sincère, attentive, très détaillée et sans équivoque charitable, le Professeur Seifert discute une fois de plus de ce qui maintenant doit être corrigé. Il dit :

À mon avis, il est impossible — contrairement à quelques excellents Cardinaux et Évêques (par exemple les Cardinaux Burke et Müller) et des laïcs (comme Rodrigo Guerra et Rocco Buttiglione) qui le proposent — d’interpréter ces quelques passages mais très clairs d’Amoris Laetitia en harmonie avec les Paroles du Christ ou les enseignements de l'Église. Mais si François donne en effet un sens très différent à ces passages comme ça semble être et si le Pape comprend son magistère être en conformité avec la Tradition et l'enseignement de l'Église — comme les Cardinaux et les laïcs mentionnés ci-dessus le pensent — alors il peut s'il vous plaît le dire clairement et sans équivoque et rejeter les fausses formulations et les nombreuses fausses interprétations de AL et expliquer sans ambiguïté que ce sont en effet des erreurs d'interprétation !

Seifert ajoute à ces demandes très succinctes encore une autre proposition encore plus strictes, en disant que si, cependant, les formulations et les affirmations mentionnées ci-dessus de AL sont en effet ce que François avait l'intention d'écrire —quelque chose que Robert Spaemann a vu comme une violation des Évangiles, Familiaris Consortio, et Veritatis Splendor — nous ne pouvons alors que lui demander avec supplication de suivre l'exemple glorieux de son prédécesseur, Jean XXII qui, un jour avant sa mort, a rejeté et condamné avec la Bulle Ne Super ses faux enseignements qui disaient que les âmes séparées du corps (les « animae separatae » ), dans l'au-delà, ne connaissaient ni la béatitude céleste, ni les peines de l'enfer avant l’événement du Jugement Dernier — un enseignement qui a été condamné comme hérésie par son successeur Benoît XII dans la Bulle Benedictus Deus [...] Que François ne laisse pas cela à son successeur ou à un Concile de condamner ces déclarations, mais, plutôt, qu’il puisse les révoquer lui-même.

Le Professeur Seifert aborde en outre cette réprimande insistante du Pape François à la fin de son étude avec la question de savoir si un profane peut critiquer un Pape ; et il donne ensuite un aperçu historique de d'autres exemples de l'histoire où les laïcs de l'Église ont aidé à combattre des hérésies au sein de l'Église. Il insiste que le Pape n’est pas infaillible s’il ne parle pas ex Cathedra. Plusieurs Papes (par exemple John XXII, Honorius I) ont préconisé des hérésies ou ont pris des décisions pastorales dommageables. Et c’est, comme dit Saint Thomas, notre devoir sacré — par amour pour Dieu, pour le prochain et par miséricorde pour tant d'âmes — de critiquer nos Évêques et même notre Pape si nous les voyons s’écarter de la Vérité ou faire dommage aux âmes. Cette obligation a été reconnue par l'Église depuis ses tous débuts.

Ainsi Seifert termine ses 28 pages de critique de Amoris Laetitia — une critique qui aura sa place dans les futurs livres d'histoire comme l'une des critiques les plus puissantes, différenciées et claires et rigoureuses de cette texte pontifical — à la demande de tout coeur que l'Église de Dieu puisse proclamer « la joie, l'amour et la miséricorde in veritate ».