mardi 30 août 2016

Pape Émérite...

Soutien inconditionnel à François
Soutien aveugle ?
Est-ce que l'Église a vraiment besoin de cela ?




Par Dr Maike Hickson
Le 29 août, 2016
SOURCE : One Peter Five









Note : l'auteur de cet article, Dr Hickson, fait référence avec beaucoup d'éloges à l'analyse critique d'Amoris Laetitia du Professeur Seifert qui fait partie de l'Académie Pontificale pour la Vie ( peut-être pas pour longtemps avec ce qu'il a écrit... hum ! ). Vous pouvez consulter ce document en français ici.

La semaine dernière a vu encore un autre exemple du Pape Émérite Benoît donnant une interview et insistant sur son soutien inconditionnel au Pape François et à son travail. EWTN (note : plus importante chaîne télé religieuse aux USA>) a rapporté le 28 août 2016 cette nouvelle déclaration de l'ancien Pape comme suit :

En parlant de François, Benoît XVI a dit que l'obéissance à son successeur « n'a jamais été remise en question » mais que, depuis l'élection de François, un sentiment de « profonde communion et d'amitié » a surgi entre les deux.

« Au moment de son élection, j'ai vécu, comme plusieurs, un sentiment spontané de gratitude envers la Providence » a-t-il dit, expliquant que, après avoir eu deux Papes [sic] de l'Europe Centrale, « le Seigneur tourne, pour ainsi dire, son regard vers l'Église universelle et nous a invités à une communion plus large, plus Catholique ».[je souligne]

Le Pape Benoît est très clair dans cette déclaration, telle qu’initialement publiée le 24 août 2016 par le journal italien La Repubblica, à savoir qu'il soutient pleinement le Pape François. Il n'y a aucune trace de toute critique polie ou réservée à y voir. Plus tôt cette année, le Pape Benoît avait déjà donné deux fois son soutien total et sans réserve à François et à son travail, en particulier pour son Année de la Miséricorde et pour l’emphase générale de François sur la partie qui professe la Doctrine de l'Église. Tout d'abord, Benoît XVI a dit en mars 2016 :

Je crois que c’est un « signe des temps » que l'idée de la Miséricorde de Dieu soit en train de devenir de plus en plus centrale et dominante — en commençant par Soeur Faustine dont les visions de différentes manières réfléchissent profondément l'image de Dieu parmi l'humanité d'aujourd'hui et son désir de bonté divine.

Puis, à l'occasion de son 65e anniversaire de son ordination sacerdotale, le 28 juin 2016, le Pape Benoît prononça ces paroles à consonance un peu étranges adressées directement au Pape François :

Tout d'abord, je vous remercie, Saint-Père ! Votre bonté, évidente à partir du moment de votre élection, m’a toujours impressionné et soutient grandement ma vie intérieure. Les Jardins du Vatican, même pour toute leur beauté, ne sont pas ma vraie maison : ma vraie maison est votre bonté. Là, je me sens en sécurité. Je vous remercie aussi pour les aimables paroles de gratitude, pour tout. Nous espérons que vous allez continuer à aller de l'avant avec nous tous sur cette route de la Divine Miséricorde, nous montrant le chemin de Jésus, vers Jésus, vers Dieu. [Je souligne]

Ainsi, dans tous ces cas, le Pape Benoît se montre apparemment être en collaboration efficace avec l’agenda de la « réforme » du Pape François, qui met assez souvent la Miséricorde au-dessus de la Justice. Benoît donne sa bénédiction à un travail qui a conduit à l'Exhortation Apostolique Amoris Laetitia (AL), qui a rassemblé une telle critique forte des théologiens et des philosophes que « l'hérésie » a souvent été mentionnée dans ce contexte. Ça a été spécialement constaté après que le philosophe Autrichien, Josef Seifert, ait écrit une critique rigoureuse et convaincante qui met à nu les déclarations objectivement hérétiques qui se trouvent dans Amoris Laetitia. Seifert — qui est membre de l'Académie Pontificale pour la Vie - liste dans son analyse de 28 pages de Amoris Laetitia de nombreuses erreurs graves que l'on trouve dans le texte du Pape. Par exemple, il réfute l'allégation de AL que l'on peut avoir des relations sexuelles avec une personne autre que son propre vrai conjoint même dans les cas où cela aiderait en quelque sorte à préserver une telle relation adultère pour le bien des enfants dans ce nouveau lien. Seifert critique également l'affirmation selon laquelle « nul ne peut être condamné pour toujours » qui est « un déni de l'existence de l'enfer ». Tout en appelant certaines de ces déclarations de AL hérétiques, Seifert, dans sa charité, montre sa confiance dans le Pape actuel en disant :

J’ai pleinement confiance que si, en tant que vrai Pape et successeur de Saint Pierre, François devait trouver une contradiction entre ses déclarations et les enseignements de l'Église, il voudrait immédiatement rescinder ses thèses. Et j'espère qu’il le fera en ce qui concerne les présents cas.

A la fin de sa critique historique aiguë, qui va sûrement avoir une place dans les futurs livres d'histoire, Seifert demande au Pape François d'annuler ces déclarations hérétiques. Il dit :

Ensuite, nous ne pouvons alors que lui demander avec supplication de suivre l'exemple glorieux de son prédécesseur, Jean XXII qui, un jour avant sa mort, a rejeté et condamné avec la Bulle Ne Super ses faux enseignements qui disaient que les âmes séparées du corps (les « animae separatae » ), dans l'au-delà, ne connaissaient ni la béatitude céleste, ni les peines de l'enfer avant l’événement du Jugement Dernier — un enseignement qui a été condamné comme hérésie par son successeur Benoît XII dans la Bulle Benedictus Deus [...] Que François ne laisse pas cela à son successeur ou à un Concile de condamner ces déclarations, mais, plutôt, qu’il puisse les révoquer lui-même. [Je souligne]

Comme nous l'avons signalé précédemment, la réponse quelque peu indirecte du Pape François à ces vives critiques de Amoris Laetitia — venant de plusieurs directions — était de nommer Mgr Vincenzo Paglia à plusieurs postes importants au sein de la Curie avec le souhait explicite qu'il puisse « continuer le travail de Amoris Laetitia ». Ainsi, il devient évident que l'attente gentille et charitable du Professeur Seifert était erronée de penser que le Pape se précipiterait immédiatement pour corriger et révoquer les déclarations objectivement hérétiques de AL. François insiste apparemment sur la rétention de ses erreurs et de ses faux enseignements.

Pour aggraver les choses, François augmente encore aujourd'hui les ambiguïtés — et le relativisme culturel pratique — de ce document papal. Il dit aux Évêques Polonais lors de son voyage aux Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne qu'ils peuvent interpréter Amoris Laetitia d'une manière qui convient à leur propre culture. Mgr Stanislaw Gadecki, le responsable de la Conférence Épiscopale Polonaise, a relaté les paroles du Pape aux Évêques Polonais lors d'une conférence de presse — selon le site Life Site News — comme suit :

Le Pape raconté que, dans une Église décentralisée, les conférences épiscopales « pourraient de leur propre initiative non seulement interpréter les encycliques papales, mais aussi examiner leur propre situation culturelle afin qu’elles puissent aborder certaines questions spécifiques d'une manière appropriée » a déclaré Gadecki. [Je souligne]

François a également mentionné explicitement dans ce contexte — selon Gadecki — la question des divorcés remariés putatifs » « et de leur accès possible à la Sainte Communion. (En conséquence, Gadecki a déclaré publiquement le 28 juillet 2016 – quelques heures après la rencontre avec le Pape ce jour-là — que les Évêques Polonais ne donneront pas la Sainte Communion aux « divorcés remariés » à moins qu'ils « vivent comme frère et sœur ».)

Néanmoins, François a tout récemment permis de publier — peu de temps après son discours aux Évêques Polonais mentionnés ci-dessus — un article paru le 23 août qui est incontestablement contradictoire — dans son propre journal, L'Osservatore Romano — qui dit exactement le contraire de ce qu'il venait de dire en Pologne.

Comme le rapporte le site Catholic News Service :

L’Exhortation Apostolique sur la Famille du Pape François est un exemple de « magistère ordinaire » — d'enseignement du Pape — auquel les Catholiques sont tenus de donner leur « soumission religieuse de la volonté et de leur intelligence » a déclaré cet article dans le journal du Vatican.

Le Père Salvador Pie-Ninot, un professeur bien connu de l'ecclésiologie, a déclaré que, bien que le Pape François n'ait pas invoqué son autorité d'enseignement d'une manière « définitive » dans le document, il répond à tous les critères pour être un exemple du « magistère ordinaire » auquel tous les membres de l'Église doivent répondre avec « une attitude fondamentale de son acceptation sincère et de sa mise en œuvre pratique ». [je souligne]

Dans ce contexte, l'auteur, le Père Pie-Ninot, inclut explicitement dans la liste de « la plupart des mots significatifs » de Amoris Laetitia la possibilité pour les « divorcés remariés » de recevoir la Sainte Communion :

Le fait d’accepter de façon autoritaire Amoris Laetitia comme enseignement de l'Église, a dit le Père Pie-Ninot, ça s’applique également à « la plupart des mots importants » du document sur la possibilité de personnes divorcées et remariées sans nullité de recevoir la Communion dans des circonstances limitées.

Les ambiguïtés en ce qui concerne Amoris Laetitia et la question controversée de savoir si l'on doit maintenant suivre son contenu — et y adhérer entièrement — vont évidemment s’intensifier. Ce n'est pas pastoral. La confusion – particulièrement les faux-fuyants subversifs — n’est jamais pastorale. Et un enseignement ambigu n’est pas du tout obligatoire à la conscience Catholique. Comme le Cardinal Carlo Caffarra a dit au site One Peter Five dans une interview en juillet 2016 en ce qui concerne les enseignements moraux ambigus :

La logique nous enseigne qu'une proposition est ambiguë quand elle peut être interprétée avec deux significations différentes et / ou contraires. Il est évident qu'une telle proposition ne peut recevoir ni notre assentiment théorique ni notre consentement pratique parce qu'il n'y a pas de sens sûr et clair.

Dans cette situation où tant d'âmes sont à risque en raison de cette ambiguïté de ces déclarations — et certaines objectivement hérétiques —provenant du Pape François, chaque prélat Catholique, j'ose dire, a un plus grand devoir maintenant, dans la charité, d’aider le Pape lui-même à corriger ses erreurs et même certaines de ses erreurs sensiblement endurcies. Dans ce contexte, ce serait le rôle expérimenté du Pape Émérite Benoît en tant qu'ancien Pape, et dans son rôle en tant que théologien connu, d'élever la voix pour clarifier et aider les Catholiques confus à trouver le chemin loyal du salut. (Avec une telle intervention, Benoît apporterait également un soutien moral à tous ces prélats — tels que le responsable de la Doctrine, le Cardinal Gerhard Müller — qui, du temps qu’il était Pape, l’a appelé à Rome et certains autres d'entre eux qui essaient maintenant même désespérément de préserver l’enseignement moral traditionnel de l'Église.)

Il semble, cependant, qu'en donnant à François à plusieurs reprises son soutien sans réserve, Benoît maintenant choisit sereinement d'être un « joueur de l’équipe » au point même d'être complice avec les nuances, les nouveautés équivoques de François dans ses prétendues actions « pastorales ».