dimanche 7 août 2016

Les Évêques Polonais questionnent François
sur la sécularisation radicale

« Accompagnez !
Ne soyez pas un pélagien gnostique !
Désolé, quelle était la question à nouveau ? »






Écrit par Hilary White
ex-correspondante à Rome
Le 6 août 2016
SOURCE : The Remnant

Pour ceux qui désirent consulter l'ensemble de cet entretien du Pape avec les Évêques Polonais,
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Oui, bien sûr ... oui bien sûr, la sécularisation radicale de l'Europe est mauvaise, mais pas aussi mauvaise que d'être un gnostique pélagien ! ... Et de ne pas « accompagner » les pécheurs pour les aider » peu à peu à « abandonner leurs péchés » ... peut-être ... un jour ...

Ainsi a dit François dans son dialogue soigneusement préparé avec les Évêques Polonais lors des Journées Mondiales de la Jeunesse.

Le Vatican a publié la transcription officielle (si elle a été trafiquée au dernier moment, personne ne l’a encore dit) de ses échanges amicaux publics écrits à l’avance à la Cathédrale de Cracovie, le 27 Juillet.

Mgr Marek Jedraszewski de Łodź a ouvert le bal avec la préoccupation de tous les croyants qui subsistent en Europe : la déchristianisation :

« Saint-Père, il semble que les fidèles de l’Église catholique, et en général tous les chrétiens en Europe occidentale, en viennent à se trouver toujours davantage en minorité dans le domaine d’une culture contemporaine athée-libérale. En Pologne, nous assistons à une confrontation profonde, à une lutte impressionnante entre la foi en Dieu d’une part, et d’autre part une pensée et des styles de vie tendant à faire croire que Dieu n’existait pas ».

Oh oui, assurément, le Pape estime que la déchristianisation globale de l'Europe et l'isolement croissant des croyants dans une mer d'hostilité agressive sécularisée est mauvaise ...

Mais ! « Oui, elle est forte, néanmoins on voit des phénomènes de religiosité, comme si le sens religieux se réveillait. Et cela peut être aussi un danger » a dit le Pape.

Plus précisément, nous devons regarder dehors pour la « gnose ». Bien sûr, par cela, le Pape ne veut pas dire ce que l'Église a toujours signifié par cette hérésie théologique de ce nom. Donc, ça n’aidera pas d’en rechercher la définition : « La Doctrine du Salut par la connaissance … ».

« Alors que le Judaïsme et le Christianisme ... soutiennent que l'âme atteint sa fin propre par l'obéissance d'esprit et de la volonté à la Puissance Suprême, à savoir par la Foi et les œuvres, c’est nettement unique au gnosticisme le fait qu’il attribue le salut de l'âme simplement à la possession d'une connaissance quasi-intuitive des mystères de l'univers et de formules magiques indiquant cette connaissance ».

Non, de nos jours, les mots ne signifient pas les choses et le Pape arrive à inventer de la théologie sur son allant, y compris les définitions. Au lieu de l'ancienne définition, François nous avertit que « nous avons aussi l'autre danger qui est celui d'une spiritualisation gnostique ... une spiritualité subjective sans le Christ ».

Avec les Évêques présents se grattant sans aucun doute la tête, le Pape utilement embourbe ( note : en anglais « muddifies », terme inexistant composé des mots « mud », i.e. boue et « modify » i.e. modifier ), davantage en disant : « Le plus grave problème, selon moi, de cette sécularisation est la déchristianisation : enlever le Christ, enlever le Fils. Je prie, je sens… et rien de plus. C’est le gnosticisme ».

Humm ... ?

Pas du genre à laisser la possibilité de se faire critiquer sur ses cibles favorites, François rajoute : « Il y a une autre hérésie à la mode de nos jours, le pélagianisme » mais pour l'instant sa question est le « gnosticisme » qui nous conduit « à trouver » Dieu sans Christ ... ou quelque chose du genre.

« Trouver Dieu sans le Christ : un Dieu sans le Christ, un peuple sans Église. Pourquoi ? Parce que l’Église est la Mère, celle qui te donne la vie, et le Christ est le Frère aîné, le Fils du Père, qui renvoie au Père, qui est celui qui te révèle le nom du Père. Une Église orpheline : le gnosticisme d’aujourd’hui, puisqu’il est précisément une déchristianisation, sans le Christ, nous porte à une Église, mieux, disons, à des chrétiens, à un peuple orphelin. Et nous avons besoin de faire sentir cela à notre peuple ».

Pendant que vous êtes à inspecter cette petite perle, François nous offre la solution : la « proximité ». La proximité au Christ ? Vous demandez-vous , c’est à espérer. Peut-être dans les Sacrements ?

Oh, ha, ha ... non, bien sûr que non.

« Qu’est-ce que je conseillerais ? Me vient à l’esprit – mais je crois que c’est la pratique de l’Évangile, où il y a l’enseignement-même du Seigneur – la proximité. Aujourd’hui, nous, les serviteurs du Seigneur – évêques, prêtres, consacrés, laïcs convaincus -, nous devons être proches du peuple de Dieu ».

« Sans proximité, il n’y a que parole sans chair. Pensons – j’aime penser à cela – aux deux piliers de l’Évangile. Quels sont les deux piliers de l’Évangile ? Les béatitudes, et puis Matthieu 25, le ‘‘protocole’’ selon lequel nous serons jugés. Être concret. Proximité. Toucher. Les œuvres de miséricorde, soit corporelles, soit spirituelles ».

En fait, j'ai lu la Bible à plusieurs reprises, et je ne me souviens pas que Notre Seigneur parle beaucoup de « proximité » ou du « toucher » . Juste pour vérifier, j’ai fait une petite recherche rapide de l'Évangile de Matthieu en entier avec le mot-clé « proximité ». Je me suis fait répondre obligeamment par le moteur de recherche Interbible (voir cet engin très précieux ici) : « Oops ! Il semble que nous ne pouvons pas trouver de correspondance avec votre terme « proximité ». Essayez d'affiner vos termes de recherche. Nous pourrions trouver ce que vous cherchez dans une autre section ! » J’ai décidé de donner une passe de recherche avec les mots-clés « toucher » et « concret » .

Est-ce vraiment trop demander au Pape, le Vicaire du Christ sur la terre, d’utiliser des mots à la manière que l'Église, la Bible, les Saints, les Docteurs et tous les autres Papes — et le dictionnaire — qu’ils utilisent les mots ? Y a-t-il une raison qu’à chaque fois que le Pape parle, on doit tous rester là à le regarder pendant que nous tentons de comprendre ce qu’il pourrait bien peut-être dire ?

Ses apologistes vont sûrement me faire la remontrance suivante : « Il parlait métaphoriquement ! Il parlait pastoralement dans un langage que le monde peut comprendre ». Apparemment, ils veulent dire d'autres personnes, des personnes autres que les Catholiques ou des gens qui savent ce que les mots signifient. Ou, plus généralement, en tant que concept ici, les gens qui savent que les mots sont censés avoir un sens. Les gens qui savent qu’inventer votre propre sens des mots va à l'encontre du but de les utiliser pour communiquer.

Mais de fait, il y a une raison parfaitement sensée pour que François refuse d'utiliser des mots de la façon dont les gens ordinaires les utilisent. Voici une petite anecdote, sorte de côté drôle pour les apologistes du Pape — s'il y en a encore — à ruminer. C’est l'échange entre Alice et Humpty Dumpty au cours duquel ce dernier explique précisément et très succinctement ce que François est en train de faire :

« Quand j'utilise un mot » a dit Humpty Dumpty sur un ton assez méprisant, « cela signifie juste ce que je veux que ça signifie, ni plus ni moins ».

« La question » dit Alice « est de savoir si vous pouvez faire des mots pouvant signifier plusieurs choses différentes ».

« La question » dit Humpty Dumpty, « est qui doit être le maître, voilà tout ».

Pas mal ça.

Nous savons que c’est un jeu de fou d’essayer de comprendre ce que le Pape François Bergoglio « signifie » quand il utilise des termes comme « gnostique » ou « pélagien » ou tous les autres termes qu’il lance. En fait, pour chaque mot qu’il utilise, il « signifie » la même chose : « Je suis le maître ».

Peut-être en oubliant la question d'origine, François continue, parle de « toucher » et de « proximité » en la personne de ceux « qui ont tout abandonné et qui ont passé leur vie dans les hôpitaux, dans les écoles, avec les enfants, avec les malades… » .

Après avoir mentionné les « œuvres de miséricorde spirituelle », comme une partie de la solution de cette « proximité » et de ce « toucher », François s’emploie ensuite à les redéfinir. Les Catholiques Traditionalistes savent — comme tous les Catholiques le savaient il y a 50 ans — que les sept oeuvres de miséricorde spirituelle sont : « D’instruire les ignorants. De conseiller celui qui doute. D’admonester les pécheurs. De supporter les torts patiemment. De pardonner les offenses volontiers. De consoler les affligés. De prier pour les vivants et les morts ».

Mais pas plus. Dans la Nouvelle Période Biblique Franciscoienne, les nouvelles « œuvres de miséricorde générales sont : toucher, enseigner, consoler, « perdre du temps » ».

Qu'est-ce que cela signifie ?

François nous aide à comprendre en racontant cette histoire qui lui est tout juste venue à l’esprit d'un homme qui était allé se confesser avec une certaine appréhension parce qu’il en avait été renvoyé plusieurs fois auparavant : « Non, non, allez-vous en ». Parce que dans l'esprit de François, les gens sont « renvoyés » de la confession tout le temps. Ça arrive tout le temps, non ? Parce que les prêtres sont des « petits monstres » apparemment.

Oh, attendez ... Je pense que je comprends. Nous voyons peut-être un indice : l'homme a été « renvoyé » parce qu'il ne pouvait pas être éligible à l’absolution. Quelle serait la raison, je me le demande ?

Mais cette fois, l'histoire a une fin heureuse parce que « le prêtre l'a écouté, a expliqué la situation de l'homme et lui a dit : « Mais toi, tu pries. Dieu t’aime. Je te donnerai la bénédiction, mais reviens, me le promets-tu ?’’. Et ce prêtre ‘‘perdait du temps’’ pour attirer cet homme vers les sacrements. Cela s’appelle proximité ».

Permettez-moi d'aider à traduire cela en utilisant des phrases complètes. « L'homme » avait été « renvoyé » par de mauvais prêtres qui n’avaient pas le temps « à perdre » avec l'homme qui venait se confesser avec aucune intention de changer son, euh ... « choix de vie », mais qui voulait encore parler à un prêtre à propos de certaines choses. Ce dernier prêtre était un bon gars et a « perdu du temps » en le conseillant, en lui demandant de prier, en l’« accompagnant » et en ne l’admonestant pas de ... eh bien, avouons-le ... d’arrêter de pécher. Au lieu de cela, il a donné à l'homme « une bénédiction » — même s’il bénissait effectivement sa décision de rester dans ses péchés. Mais, de toute façon, comme par magie ce comportement a aidé à « attirer cet homme vers les Sacrements… » à cause de la « proximité » !

Vous voyez ? C’est facile.

Ceci est la fantaisie Franciscoienne et Kasperienne qui a été exprimée à maintes reprises par des collaborateurs proches de François aux Synodes : « accompagner » les pécheurs qui pourraient rester dans leurs péchés les convaincraient « progressivement » par la puissance magique pure de votre gentillesse écrasante, de se repentir finalement ... Peut-être ... Un jour. À tout instant maintenant ... Tant qu'ils ne le trouvent ça pas trop « difficile » de changer, il me semble.

Quelqu'un dans le domaine du journalisme au Vatican m'a mentionné que le Pape, lors de sa visite en Pologne, n’a jamais mentionné l’Exhortation apostolique, Amoris Laetizia, une fois. Il a été surpris de cela parce que François avait apparemment promis dans le préambule de sa visite qu’il voulait « apporter » ce document contesté aux Évêques Polonais apparemment récalcitrants. Mon ami a spéculé que peut-être les Évêques avaient dit à Sa Sainteté que leur évaluation du document n’était pas encore terminée et qu'il pourrait être prématuré de le promouvoir.

Mais peut-être que mon ami recherchait seulement les fois où le Pape a mentionné l’Exhortation par son nom. Il me semble que presque chaque parole de sa bouche était à propos de ce document et que le programme l'exposait d’ailleurs.

Eh bien, ça et la nécessité d’accueillir des envahisseurs Islamiques violents en Pologne, bien sûr.

Quoi qu'il en soit ... quelle était la question encore une fois ? Oh oui ! La sécularisation agressive de l'Europe. J'ai répondu, n’est-ce pas ? Eh ? Non ?

« Je répondrais ainsi à cette question. Il n’y a pas de recette, mais nous devons descendre sur le terrain. Si nous attendons qu’il y ait un appel ou qu’on frappe à la porte… Non. Nous devons sortir chercher, comme le pasteur, qui va à la recherche des égarés. Je ne sais pas, voilà ce qui me vient à l’esprit ».

Vrai. Merci pour l'aide, Saint-Père.

Allez-y et lisez le reste. Vous apprendrez que François n’est pas arrivé avec la notion de la miséricorde de Dieu lui-même — Saint Jean-Paul II en apparemment parlé aussi et ainsi a fait le Pape Paul VI. Et c’« est un processus ».

Oh, et cet « accompagnement » doit aller de pair avec la catéchèse pour combattre l'analphabétisme religieux.

« Et là, il faut de la catéchèse, de la catéchèse de vie. La catéchèse qui n’est pas seulement donner les notions, mais accompagner le cheminement. Accompagner est l’une des attitudes les plus importantes ! Accompagner la croissance de la foi ».