mardi 30 août 2016

Le Pape François accueille Mark Zuckerberg
Président fondateur de Facebook
Manifestement, le Pape n'a pas lu « L'HOMME NU »

* * * * NOUVEAU Mardi, 30 août 2016. Greg Burke, nouveau directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a annoncé que le Pape François a reçu Mark Zuckerberg au Vatican dans la matinée du 29 aout.

Mark Zuckerberg est le fondateur et le PDG de Facebook. Les deux hommes ont évoqué la manière dont les “technologies de la communication” peuvent “soulager la pauvreté”, “encourager une culture de la rencontre” et “faire advenir un message d’espérance, spécialement envers les personnes les plus démunies”.

Avant de recevoir Mark Zuckerberg, le Pape aurait eu tout avantage à lire “L’homme nu” de Marc Dugain et Christophe Labbé (éd. Plon). Il y aurait appris ce qui sous cache sous Facebook et quels sont les véritables objectifs de Mark Zuckerberg : hâter l'avènement d'un monde où chaque mail, texto, note numérique, message privé via les réseaux sera expédiés dès leur écriture au-delà des frontières nationales, étudiés, archivés, par des inconnus sans visage ni légitimité ; un monde où les élections présidentielles se joueront in fine entre les algorithmes choisis par les candidats pour influencer les indécis ; un monde où la vie privée sera annihilée.

Marc Dugain et Christophe Labbé montrent, documents à l’appui, que le numérique est devenu l’outil efficace d’une dictature invisible, intrusive, globale, cynique, dissimulée derrière des smileys abêtissants, des icônes infantilisantes, des prétentions louches à nous “simplifier la vie”...

Un exemple parmi cent : Facebook, numéro deux mondial de la pub en ligne, Facebook et ses 1,4 milliards d'utilisateurs (20 millions en France), Facebook, ses 'amis', ses cœurs et ses identifications sympathiques (tout est sympa sur FB) à qui nous avons cédé l'accès à notre intimité, nos listes, nos pensées, nos photos, en signant “j’accepte ces conditions d’utilisation”, vient de se doter d'un outil de tracking acheté à Microsoft, encore plus efficace que les cookies mouchards. A la trace, la firme de Mark Zuckerberg suit donc près d’1,4 milliards d’humains n’importe où et n’importe quand sur la toile.

Quand aux millions de dollars que palpe Zuckerberg, ils dépassent l’entendement : le chiffre d’affaire du secteur du data (traitement de cette masse de données intimes pour mieux cibler les consommateurs) atteindra 24 milliards de dollars en 2016.

“Le meilleur des mondes” ? George Orwell en parlait dans “1984” ; Mark Zuckerberg nous le promet. Le Pape François participerait-il à sa construction ? Offrons-lui “L’Homme nu” : sa lecture ne pourra manquer de l’intéresser. Et, souhaitons, de l’effrayer.


SOURCE : Pro Liturgia dans l'onglet « Actualités du 30 août 2016 »