mercredi 31 août 2016

On s'est fait avoir...




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 30 août 2016

Lorsque Benoît XVI a brusquement abdiqué la papauté dans des circonstances mystérieuses, il a dit au clergé de Rome, deux semaines avant la date effective de sa renonciation curieusement rédigée concernant l’« exercice du ministère de l'Évêque de Rome », que « même si je suis sur le point de me retirer, je reste proche de vous tous dans la prière et je suis sûr que vous aussi serez proches de moi même si je suis caché du monde ».

Après avoir insisté pour conserver son nom de Pape, sa tenue de Pape, les insignes du Pape et le titre honorifique de « Sa Sainteté », Benoît a cependant tout fait sauf se « cacher du monde ». Bien au contraire, sa vie « cachée » a été une entrevue et une apparition publique après l'autre au cours desquelles il déclare comment il est heureux du règne tumultueux de François.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Benoît exprime son contentement au milieu de protestations et de pétitions alarmées de fidèles Catholiques et du clergé du monde entier qui demande des éclaircissements, des corrections et même le retrait des documents du Vatican, y compris la catastrophique Exhortation Apostolique de François, Amoris Laetitia.

En effet, comme le célèbre vaticaniste Sandro Magister vient d'écrire, loin d'être « caché du monde », Benoît « ne veut pas garder le silence. Ni dans l'écrit, ni dans la parole ». Et maintenant, au même moment que cette chronique paraît, ce que Magister appelle une « biographie monumentale » de Benoît fait son apparition dans les librairies du monde entier, y compris un livre-entretien de Benoît par l'auteur, le théologien Elio Guerriero, et une préface par nul autre que François. Si c’est cela être « caché du monde », alors les mots ont perdu leur sens.

Pendant encore un autre entretien, celui-ci apparaissant dans le quotidien italien L'Espresso en date du 24 août, Benoît explique le motif de son abdication lorsque ce lui fut demandé par l'intervieweur (le même Elio Guerriero). Est-ce que Benoît renonce à la papauté parce que son esprit défaillait ? Était-il incapable de se concentrer mentalement pour écrire des encycliques et autrement défendre les vérités de la Foi comme doit le faire un Pape ? Était-il mentalement ou physiquement incapable de formuler des plans, de donner des ordres et de les faire exécuter ? Sa santé était-elle sur le point de s’effondrer ?

Aucune de ces réponses. Au contraire, on nous demande de croire que ce qui suit constitue une raison suffisante pour un abandon sans précédent de la fonction papale, jetant toute l'Église dans un état de confusion en ouvrant la voie à l'élection de François — pour laquelle la « mafia Saint Gallen » avait comploté depuis 2005 :

« En 2013, cependant, il y avait de nombreux engagements que je ne pensais pas être en mesure dorénavant de mener à bien ».

Quels sont ces engagements ?

« En particulier, la date avait déjà été fixée pour les Journées Mondiales de la Jeunesse auxquelles j'aurais dû participer à l'été 2014 à Rio de Janeiro au Brésil. Maintenant, à cet égard, j'ai eu deux convictions très précises. Après l'expérience des voyages au Mexique et à Cuba, je ne me sentais plus capable désormais d'accomplir un tel voyage exigeant. D'ailleurs, avec l’encadrement donné à ces Journées Mondiales par Jean-Paul II, la présence physique du Pape était indispensable. Un lien vidéo ou autre forme de participation rendue possible par la technologie était hors de question ».

Croyez-le ou non, Benoît n’a offert à son interlocuteur aucune autre raison concrète pour son magnifique et calamiteuse abdication. Rien. Il était tout simplement trop fatigué pour faire de longs et inutiles voyages pontificaux pour saluer une foule en liesse. Un Jumbotron ( note : écran super géant que l’on trouve dans les stades ) n’aurait pas pu faire l’affaire ! Non, il avait juste à être là à faire la vague et à sourire à une foule de jeunes hurlant avant qu'ils ôtent leurs vêtements extérieurs suite à la « Messe Papale » et à plonger dans la mer pour une petite saucette du dimanche à la plage à Rio.

Mais Benoît XVI n’est pas trop fatigué - aujourd'hui encore, plus de trois ans plus tard — à faire des apparitions publiques ainsi qu’à donner des allocutions et de nombreuses interviews, dont une interview de la longueur d'un livre dans le cadre d'une « biographie monumentale ».

En même temps, cependant, François (comme le fait remarquer Magister) contredit Benoît en déclarant dans une interview du « 3 juillet dernier avec La Nación ( note : journal Argentin) ... que l'abdication de Benoît XVI « n'a rien à voir avec quoi que ce soit de personnel » ». Vraiment ? Donc, l'abdication de Benoît n’avait rien à voir avec des raisons personnelles ?

Tout simplement, on s’est fait avoir. On ne nous a pas dit toute la vérité sur pourquoi Benoît XVI est le seul et unique Pape dans l'histoire de l'Église à avoir alors démissionné en pleine possession de ses facultés, n’offrant aucune excuse autre que la fatigue pendant des longs trajets. (Le Pape Célestin a au moins cité sa propre incompétence dans la fonction.)

Ajoutez cela à l'ensemble de l'état des choses sans aucun doute prédites avec une extrême précision dans cette partie du Troisième Secret de Fatima que nous avons encore à voir — la partie dans laquelle la Mère de Dieu, et non pas le Cardinal Sodano, explique ce que la vision publiée mais encore énigmatique signifie.