jeudi 9 juin 2016

Une sinistre saisie de pouvoir




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 8 juin 2016

Dans une nouvelle « lettre apostolique » publiée en italien et signée simplement « Francesco », François a établi dans son motu proprio (de son propre coup de tête) de « nouvelles normes » pour le retrait rapide d’Évêques par décret du Vatican. Présenté par le Vatican et aussi par les médias comme une mesure visant les Évêques qui ont abrité des « pédophiles » (c’est-à-dire des homosexuels dont les proies sont des garçons) ou qui ne parviennent pas à agir contre eux rapidement lorsque leurs crimes sont découverts, la lettre est de bien plus large portée que cela — et bien plus sinistre.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Tout est déclenché dans les deux premiers paragraphes (ma traduction). Le paragraphe 1 prévoit qu'un Évêque gouvernant, « même avec un titre temporaire » « peut être légitimement démis de ses fonctions, s’il a, par négligence, accompli ou omis des actes qui auraient porté un dommage grave à autrui, qu’il s’agisse de personnes physiques, ou d’une communauté dans son ensemble. Le préjudice peut être physique, moral, spirituel ou patrimonial. [c’est-à-dire financiers]

Le paragraphe 2 prévoit que l'Évêque peut être démis sous la formulation vague du paragraphe 1 « s’il a objectivement manqué, d'une manière très grave, à la diligence qui lui a été demandée par son bureau pastoral, même sans grave faute morale de sa part».

Considérez-moi comme trop suspicieux, mais le langage cité me semble une recette pour la suppression de tout prélat dont la gouvernance est considérée comme nocive pour la « communauté » parce qu'elle est « division » — ce qui signifie qu’un tel Évêque aurait pu décider de prendre une « ligne dure » sur l'enseignement de l'Église ou de rétablir la tradition liturgique et a ainsi suscité des protestations de colère contre lui.

Ma suspicion n’est pas sans contexte historique immédiat pour la justifier. Depuis mars 2014, sur la base de certaines prétentions colorées ou d’autres effleurant même le scandale de la part de ces loups tels que Mahony, Gumbleton et divers Évêques libéraux actuellement en poste, François a ordonné le retrait de pas moins de cinq prélats qui correspondent à tous le même profil : doctrinalement et liturgiquement perçu comme conservateurs, favorables à la Messe traditionnelle, capables d'attirer les vocations, et donc sujets à des demandes de mesures punitives par des agitateurs libéraux. Ils sont :

Mars 2014 - Franz-Peter-van Tebartz Elstm, Évêque de Limburg, Allemagne.

Septembre 2014 - Rogelio Ricardo Livieres Plano, Évêque de Ciudad del Este au Paraguay (qui est décédé depuis).

Mars 2015 - Mario Oliveri du diocèse Albenga dans le nord de l'Italie.

Avril 2015 - Robert Finn de Kansas City-St. Joseph, Missouri.

Juin 2015 - Mgr John Nienstedt de Minneapolis.

Mais il y a plus : le Père Lombardi a tout admis sauf un motif idéologique pour le retrait de l'Évêque Livieres. La raison, a dit Lombardi, n'a pas été alléguée comme étant la mauvaise gestion financière ou la nomination d'un pédophile [en accusation] comme vicaire diocésain — un prêtre du Vatican lui-même avait recommandé ce prêtre au diocèse ! — Mais plutôt ce que Lombardi a appelé « des relations dans l’épiscopat et dans l'église locale qui étaient très difficiles ... » Pour une chose, le séminaire de Livieres était plein alors que le reste du Paraguay était privé de vocations…

Nicole Winfield de l'Associated Press a rapporté ce qui était déjà évident aux observateurs traditionalistes :

« Le retrait de l’Évêque Livieres a souligné le changement idéologique profond dans l'Église Catholique avec François en charge. Les observateurs du Vatican disent qu'il est très peu probable que le Pape Benoît XVI aurait démis soit Livieres ou l’« Évêque bling-bling » [Tebartz-van Elstm] puisque les deux avaient de fervents partisans parmi les prélats plus conservateurs à Rome qui ont apprécié leur orthodoxie ferme face à une opposition des parties les plus progressistes de l'Église .... François a rendu clair son mépris pour les Catholiques Traditionalistes, les trouvant des rétrogrades égocentriques qui sont hors de contact avec la mission de l'église évangélisatrice d’aujourd'hui ».

En effet, à ce jour François n'a pas ordonné de retrait ou exigé la démission d'un seul libéral théologique ou liturgique dans l'ensemble de l'épiscopat mondial, même si beaucoup sont beaucoup plus profondément impliqués dans des scandales que les cinq dont les têtes ont roulé.

Bien au contraire, au grand dam de son propre « comité sur les abus sexuels » au Vatican, François a nommé comme Évêque d’Osorno, au Chili, le célèbre Juan Barros, un proche collaborateur de l'encore plus notoire Père Fernando Karadima, reconnu coupable dans un procès au Vatican en 2011 d’abus sexuels auprès de jeunes garçons et condamné à une vie de prière et de pénitence. Barros (déjà un Évêque) a été nommé malgré de multiples allégations qui le relient aux crimes de Karadima, y compris être témoin de séances et n’avoir rien fait à leur sujet. Tel que rapporté par le New York Times, François ne dissuaderait pas de sa décision même par des « semaines de manifestations, des veillées aux chandelles et des lettres au Pape François » ou par une tentative par les membres des fidèles d’empêcher physiquement la nomination de Barros dans les locaux de la Cathédrale. Au contraire, François s’est moqué des objecteurs à cet outrage comme « stupides ».

Pire encore, si cela était possible, François a nommé à son infâme et ridiculement mal nommé « Synode sur la famille » le déshonoré Cardinal Godfried Danneels — un membre de la « mafia Saint Gallen » qui a fait pression pour l'élection de François comme Pape. François a ainsi fait malgré des preuves massives, y compris une bande d'enregistrement, de la dissimulation délibérée de Danneels de centaines de cas de molestation homosexuelle de garçons par Mgr. Roger Vangheluwe lorsque Danneels était Archevêque de Malines-Bruxelles et Primat de Belgique à partir de 1979 jusqu'en 2010.

La nomination de Danneels à un Synode sur la famille doit se classer comme l'une des principales farces disciplinaires de l’époque post-conciliaire, ce qui en dit beaucoup. Danneels, a déclaré le blog Rorate Caeli, « est un symbole d'un homme de tout ce qui est mauvais et méchant avec la Hiérarchie, la quintessence du pire sens du mot « cléricalisme », à l'opposé de tout ce qui pourrait représenter une réforme authentique et la restauration — un homme qui a abusé de l'esprit, qui a anéanti les familles Catholiques Belges et qui a protégé ceux qui ont abusé les corps des enfants, un homme qui, après avoir mis à terre le Catholicisme dans son pays devrait encore être relégué à la dégradation et à la pénitence pour le reste de sa vie et il reçoit encore l'honneur du Pape pour influencer un Synode sur la famille ! »

Peut-être que mon soupçon est mal fondé, en dépit de la preuve de double standard décrite ici, preuve que même la presse laïque a noté. Peut-être que François prendra des mesures contre les Évêques libéraux qui pourraient facilement tomber sous le large langage de sa nouvelle disposition en matière de retrait. Mais je parie que nous ne verrons pas une telle chose et que ce nouveau document papal n’est rien d’autre qu’une autre étape dans la consolidation d'une stratégie globale qui équivaut à gouverner l'Église Catholique comme si elle était une république bananière : la protection et même l’avancement pour les amis d’El Supremo, peu importe à quel point ils sont mauvais, mais la persécution pour ceux qui sont sur la « liste des ennemis », peu importe à quel point ils sont bons.

En effet, il y a une autre nouvelle mesure de Rome qui soutient cette inférence. Ce sera le sujet de mon prochain article.