mercredi 22 juin 2016

Débâcle au Latran
Partie II


par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 22 juin 2016


Dans ma dernière chronique, j'ai discuté de la controverse explosive — la énième de ce pontificat – soulevée par la déclaration de François en date du 16 juin à Saint-Jean de Latran à savoir que « la grande majorité de nos mariages sacramentels sont nuls » et que les couples qui cohabitent peuvent vivre « un vrai mariage » parce qu’ils ont précisément la grâce du mariage à cause de la fidélité qu'ils ont ».

Le canoniste Dr. Edward Peters considère cette opinion comme « absurde ». Et jusqu’à quel point c’est absurde est présenté par la propre explication de François de son point de vue :

« ... Nous vivons dans une culture du provisoire. J'ai entendu un Évêque dire, il y a quelques mois, qu’il fut présenté à un jeune homme qui avait terminé ses études universitaires, un bien bon jeune homme et il a dit : « Je veux devenir prêtre mais pendant dix ans [rires] ».


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

C’est la culture provisoire. Et c’est ce qui se passe partout, même dans la vie sacerdotale, dans la vie religieuse. Le provisoire. Et, pour cette raison, une grande majorité de nos mariages sacramentels sont nuls parce que les conjoints disent : « Oui, pour la vie », mais ils ne savent pas ce qu'ils disent parce qu'ils ont une autre culture. Ils le disent et ils sont de bonne foi, mais ils n'en ont pas conscience.

Ainsi, selon François, la « culture provisoire » prive en quelque sorte les couples de la « conscience » sur la signification des paroles qu'ils prononcent à l'autel même quand ils les disent de bonne foi sans prétendre simplement d’être d'accord. Or, le droit de l'Église, ainsi que le sens commun, présument « le consentement interne de l'esprit ... les paroles ou les signes utilisés dans la célébration d'un mariage ». (CIC 1101.1) Autrement dit, l'Église présume que les gens acceptent vraiment de se marier pour la vie quand ils disent qu'ils sont d'accord.

François, cependant, a une autre idée. Il semble qu’il pense qu’à cause de la « culture provisoire » des gens qui, même de bonne foi, reconnaissent un « Oui, pour la vie » quand ils se marient ne seraient pas en quelque sorte « conscients » que les paroles « pour la vie » signifient « en permanence ». C'est étrange parce que François ne prétendrait guère que la « culture provisoire » excuse les gens de d’autres déclarations contraignantes d'engagement. Quelques exemples : les obligations contractuelles qui durent souvent pour la plupart d'entre elles pour une durée de vie tels que le service militaire à partir duquel il ne peut y avoir aucune fuite une fois convenu, les règles éthiques de diverses professions, les serments de citoyenneté sous peine de trahison, les serments judiciaires dans les procédures judiciaires, et ainsi suite.

François ne permettrait pas que cette « culture provisoire » excuse les gens des engagements contraignants à remplir leurs obligations dont il condamne sans cesse les gens d’ignorer tels que les soins à donner à l'environnement, la justice sociale, la fin du commerce des armes, la peine de mort et la discrimination contre les femmes, la redistribution de la richesse et ainsi de suite en ce qui a trait à la litanie des causes qui lui sont chères.

Comment se fait-il alors que la « culture provisoire » soit un obstacle à un consentement seulement en ce qui concerne le mariage, là où un consentement valide exige simplement que « les contractants n'ignorent pas pour le moins que le mariage est une communauté permanente entre l'homme et la femme, ordonnée à la procréation des enfants par quelque coopération sexuelle. Cette ignorance n'est pas présumée après la puberté. » (Canon 1096, §§ 1, 2) Il me semble que la« culture provisoire » est tout simplement un dispositif rhétorique pour justifier ce qui est vraiment une opinion non supportée et même absurde : que la plupart des conjoints Catholiques ne sont vraiment pas mariés. Lorsque le Pape propose une telle chose sérieusement, nous pouvons savoir que nous sommes au milieu de la fin de la bataille entre l'Église et le diable dont Soeur Lucie a parlé : celui sur le mariage et la famille.

Plus de détails sur ce scandale dans ma prochaine chronique.