mardi 7 juin 2016

Un Athanase pour notre temps



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 6 juin 2016

Le 26 mai 2016, Mgr Athanasius Schneider m'a fait l'honneur de m’accorder l'autorisation de publier sa réponse à ma lettre ouverte que j’adressais à Son Excellence concernant le scandale d’Amoris Laetetia caractérisé par son ouverture flagrante à l'admission des adultères publics (les divorcés « remariés ») à la Confession et à la Sainte Communion sans amendement de vie, foulant ainsi les Paroles de Notre Seigneur Lui-même et l'enseignement contraire du propre prédécesseur de François, Jean-Paul II.

La réponse de l'Évêque démontre à nouveau ce qui était déjà apparent : à savoir que son nom n’est pas un hasard mais un signe Providentiel que nous avons en lui pour l'Église qui a si désespérément besoin au milieu des crises-sur-crises à caractère d’époque qui sont représentées par l'actuel pontificat.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Comme Saint Athanase d'Alexandrie au cours de la Crise Arienne du 4ème siècle, l'Évêque Athanasius du Kazakhstan est pratiquement le seul dans la hiérarchie à se prononcer contre la vague de désorientation diabolique qui balaie maintenant l'Église. Ce n’est pas que chaque Évêque dans l'Église, sauf lui, soit victime de cette désorientation. C’est plutôt qu’il est le seul qui soit prêt à déclarer publiquement et sans équivoque ce qui est en jeu. Voici comment il l'a écrit dans sa réponse courtoise et d’une noblesse condescendante à une lettre d'un simple profane :

« Je suis d'accord avec vos observations en regard des expressions dans Amoris Laetitia et surtout dans son chapitre VIII qui sont très ambiguës et trompeuses. En utilisant notre raison et dans le respect du sens propre des mots, on ne peut guère interpréter certaines expressions d’Amoris Laetitia selon la Sainte Tradition immuable de l'Église.... »

« Ce qui est en jeu, ce sont les conséquences naturelles et logiques des expressions ambiguës d’Amoris Laetitia. En effet, elles contiennent un réel danger spirituel qui sera source de confusion doctrinale, source également d’une diffusion rapide et facile des doctrines hétérodoxes sur le mariage et le droit moral ainsi que sur l'adoption et la consolidation de la praxis d'admettre les divorcés remariés à la Sainte Communion, une praxis qui banalisera et profanera, pour ainsi dire, trois Sacrements d'un seul coup : le sacrement du Mariage, celui de la Pénitence et celui de la Très Sainte Eucharistie ».

Si seulement une centaine Évêques parlaient de cette façon, si seulement une douzaine de Cardinaux faisaient de même, une grande partie des dommages qu’a déjà causés ce pontificat seraient réparés et les fidèles seraient armés contre le « danger spirituel » dans lequel François les a placés.

En ce qui concerne l'autorité de François pour faire clairement ce qu’il souhaite faire, chaque Évêque dans l'Église devrait émettre une déclaration faisant écho à ce que Mgr Athanasius a écrit dans sa réponse :

« Dans nos temps de ténèbres au cours desquels Notre Seigneur bien-aimé semble dormir dans la barque de Sa Sainte Église, tous les Catholiques, en commençant par les Évêques jusqu’aux fidèles les plus humbles qui prennent encore au sérieux leur vœux de baptême, devraient d'une seule voix ( « una voce ») faire profession de fidélité, en énonçant concrètement et clairement toutes ces vérités Catholiques qui, dans certaines expressions d’Amoris Laetitia, sont sapées ou défigurées de façon ambiguë. Ce serait une sorte de « Credo » du Peuple de Dieu. Amoris Laetitia est clairement un document pastoral ( c’est-à-dire, de par sa nature, il est à caractère temporel ) et n'a aucune prétention d'être définitif ».

« Nous devons éviter de « rendre infaillible » chaque mot et chaque geste d'un Pape actuel. Ceci est contraire à l'enseignement de Jésus et à toute la Tradition de l'Église. Une telle compréhension totalitaire et une telle application de l'infaillibilité papale ne sont pas Catholiques, elles relèvent du monde tout comme dans une dictature ; elle est contraire à l'Esprit de l'Évangile et des Pères de l'Église ».

Comme Mgr Lefebvre avant lui — dont l’objection de conscience aux changements ruineux dans l'Église méritera un jour sa canonisation — Mgr Athanasius Schneider est un Athanase pour notre temps. Si chaque Évêque imitait son exemple de courage, les crises dans l'Église seraient amenées alors à leur terme sans le châtiment qui semble maintenant inévitable.

Le dernier mot doit appartenir à l'Évêque lui-même :

« Je suis convaincu que dans les temps futurs, les Papes seront reconnaissants qu'il y ait eu des voix de certains Évêques préoccupés, des Théologiens et des laïcs à une époque de grande confusion. Vivons pour l'amour de la Vérité et de l'Éternité, « pro veritate et Aeternitate ! »