jeudi 30 juin 2016

Deux modèles de déclin de l'Occident
Bientôt près de chez nous ?





TITRE ORIGINAL : Un avertissement de Amos – À quoi faisons-nous face ?



par Mgr. Charles Pope
SOURCE : Life Site News
Le 29 juin 2016



29 juin 2016 (Archidiocèse de Washington) - Bien qu’il a vécu dans le Royaume du Sud de Juda, le prophète Amos a été envoyé par Dieu pour prêcher au Nord du Royaume du Nord d'Israël. Il n’y a eu peut-être aucun autre prophète qui fut aussi véhément dans sa condamnation et aussi exigeant dans son appel que fut Amos. Ses prophéties de malheur sont devenues en grande partie des réalités sous la forme d'un énorme tremblement de terre qui a frappé la région en ce 760 av. J.-C. (deux ans après sa mort) et, quarante ans plus tard, sous la forme de la conquête et de la destruction totale d'Israël en 721 av. J.-C. Le message est clair : le péché non repenti apporte des conséquences désastreuses. Quand une nation refuse de se repentir, elle scelle son propre malheur.

Ce thème a été clairement annoncé dans la lecture d'Amos à la messe du jour (le mardi de la 13e semaine) dont voici un extrait ici :

Lecture du livre du prophète Amos

Gens d'Israël, vous la famille que le Seigneur a ramenée d'Égypte, écoutez ce qu'il déclare contre vous :

« Je vous ai distingués, vous seuls,
parmi tous les peuples de la terre :
aussi je vous demanderai compte
de tous vos crimes. »
Deux hommes font-ils route ensemble
sans s’être mis d’accord ?
Est-ce que le lion rugit dans la forêt
sans avoir de proie ?
Le lionceau va-t-il crier du fond de sa tanière
sans avoir rien pris ?
L’oiseau tombe-t-il dans le filet posé à terre
sans y être attiré par un appât ?
Le piège se relève-t-il du sol
sans avoir rien attrapé ?
Va-t-on sonner du cor dans une ville
sans que le peuple tremble ?
Un malheur arrive-t-il dans une ville
sans qu’il soit l’œuvre du Seigneur ?
– Car le Seigneur Dieu ne fait rien
sans en révéler le secret
à ses serviteurs les prophètes.
Quand le lion a rugi,
qui peut échapper à la peur ?
Quand le Seigneur Dieu a parlé,
qui refuserait d’être prophète ?
« J’ai tout détruit chez vous,
comme Dieu a détruit Sodome et Gomorrhe :
vous étiez comme un tison
sauvé de l’incendie.
Et vous n’êtes pas revenus à moi !
– oracle du Seigneur.
C’est pourquoi, voici comment je vais te traiter, Israël !
Et puisque c’est ainsi que je vais te traiter,
prépare-toi, Israël, à rencontrer ton Dieu. »
– Parole du Seigneur.

C'est pourquoi, Samarie,
voici ce que le Seigneur Dieu déclare :
« L'ennemi encerclera le pays,
il abattra tes fortifications,
il pillera tes belles maisons ».
(Amos 3 : 1-8 : 4 : 11-12 : 3 : 11-12)

En une génération, l'Assyrie a en fait envahi et détruit les dix tribus du Nord qui constituaient Israël, ne laissant que Juda dans le Sud, avec quelques Lévites et Benjaminites. Les « Dix Tribus Perdues » sont effectivement disparues et on n’en a pas entendu jamais parler à partir de là.

Qu’en est-il donc d'une nation et d’une culture comme la nôtre ? En tant qu'entités politiques, les États-Unis et les pays de l'Europe ne sont pas en alliance avec le Seigneur. Mais la culture occidentale (autrefois appelée la Chrétienté) a sûrement une relation spéciale avec Dieu par la foi en Christ et dans la vision morale qui nous a unis déjà bien qu'imparfaitement. Qu'en est-il de nous ? Est-ce que ces lectures comme celles-là nous parlent ?

Il est advenu sur l'Occident un esprit d’endurcissement et d’impénitence. Même après avoir été mis en garde de prier (par exemple, par la proclamation de l'Évangile et à travers les apparitions extraordinaires de Lourdes et de Fatima), nous refusons collectivement de nous repentir, nous redoublons plutôt dans le péché. Les niveaux d'incroyance ont grimpé en flèche et il y a eu un énorme éloignement de la pratique de la foi. Le « droit » favorable à l’injustice grave de l'avortement continue à sillonner les tribunaux. Les familles sont en ruines : la promiscuité sexuelle, la confusion et la célébration de toutes sortes de désordres se développent tous les jours.

Dès les années 1940, C. S. Lewis a déploré la perte de la foi en Europe et il a observé que c’était pire qu'un retour au paganisme : au moins les Païens et les Barbares avaient la croyance en des divinités et un certain respect pour la loi naturelle. Alors que l'Europe a déjà ressemblé à une vierge en attente de son époux, l'Europe moderne des années 1940 ressemblait une femme divorcée en colère, une bien mauvaise scène. Et les choses ont seulement régressé davantage dans ce que nous appelons l'Occident.

Amos nous rappelle que nos péchés et nos injustices ne peuvent pas durer éternellement. Dieu entend les cris du pauvre, du bébé avorté, des victimes de la révolution sexuelle, des enfants souffrant du mauvais comportement de leurs parents, de ceux qui souffrent à cause de notre avidité, et bien d'autres.

Je ne suis pas sûr de voir l'avenir en détail mais il est bibliquement et historiquement vrai que de se livrer au mal et au péché ne peut pas durer. Ça porte les germes de la destruction parce que mal et le péché sont enracinés dans l'égoïsme. Et l'égoïsme ne construit pas les familles, les nations ou les cultures. Alors que le mal a son jour, il aura aussi sa fin qui est la destruction.

Il semble y avoir deux modèles (dans l'antiquité et dans l'Écriture) comment survient cet effondrement qu’Amos et d'autres décrivent.

I. Le Modèle de la maladie — Comme le péché non repenti s’accumule dans une personne et dans une culture, ses effets se développent en stades comme dans un cancer ; finalement, l'état irréversible survient. La punition pour le péché est encore plus de péché. Les ténèbres se développent toujours plus profondément. La lumière semble odieuse et est rejetée. L'espoir d'une guérison se dissipe alors que la vraie médecine nécessaire (la foi) est rejetée et bafouée. Les troubles de toutes sortes se multiplient. Des systèmes tels que la famille commence à échouer, tombant sous le fardeau de plus en plus de péché et d'égoïsme. Les taux de natalité et d'avortement reflètent cet égoïsme et détruisent l'un des instincts les plus élémentaires : la survie. Sous la charge du péché, de moins en moins de gens dans une telle culture peuvent s’élever pour effectuer les changements nécessaires.

Les gens et les cultures comme celles-ci disparaissent tout simplement, remplacées par d'autres qui ont encore des vertus de base et des valeurs pour produire une culture. Même si les gens qui les remplacent ont ces vertus d'une manière féroce et non raffinée, ils les ont tout au moins.

À bien des égards, c’est ce qui est arrivé dans le monde Gréco-Romain. Rome n'a pas été tellement conquise alors qu’elle disparaissait. (. Oui, il y a eu des escarmouches avec les Barbares, mais ce n’était pas tellement une épreuve de force finale). Les Romains devinrent indulgents ; ils ont perdu les vertus de la famille et une éthique de travail solide. Ils ont tombé dans l'immoralité sexuelle et l'infanticide. Ils dépendaient du travail des esclaves importés pour faire leur travail et se sont entichés d’un système de loisir de plus en plus décadent. Peu à peu Rome s’est estompée alors que l'Europe était submergée par les Barbares qui, bien que féroces, avaient encore les vertus naturelles nécessaires pour former une culture.

Cela semble également être le cas en Europe aujourd'hui alors qu’ils sont simplement remplacés par des Musulmans et d'autres du sud. Et même si malheureusement ils ne sont pas Chrétiens, ils croient vraiment en quelque chose. Bien que souvent féroces, ils sont au moins passionnés et prêts à faire des sacrifices pour leur vision, bien qu’imparfaites. Prions pour que l'Église puisse les convertir à Jésus comme cela est arrivé avec les Barbares d'autrefois.

Ceci est le modèle de la maladie dans lequel Dieu semble s’asseoir et laisser le péché faire son cours, mettant fin à une culture et à une nation impénitente.

II. Le Modèle de la destruction — Dans ce modèle, Dieu apporte une fin plus rapide et plus décisive au péché et à l’impénitence ; en grande partie, c’est ce qu’Amos décrit dans le passage ci-dessus. Il y a une faiblesse générale qui est introduite dans une nation ou une culture. À cause de l’impénitence, cette faiblesse se développe, ce qui rend cette nation une cible facile pour ses ennemis. Une nation pécheresse devient en conflit interne parce que, comme déjà noté, le péché est enraciné dans l'égoïsme. Ainsi, dans une nation de péché non maîtrisé et impénitente, l'unité diminue. Quand les ennemis commencent à attaquer, il n'y a pas de stratégie convenue ou même de résolution à repousser les menaces.

Dans l'ancien Israël, Dieu a envoyé des Prophètes pour garantir la repentance qui renforcerait la Nation. La plupart des réformes entreprises, cependant, ont été éphémères et tièdes. Alors Dieu a envoyé des avertissements de destruction de fin imminente comme nous l'avons vu dans le texte d’Amos ci-dessus.

Au fil du temps, mais aussi avec une soudaineté, Israël et Juda ont subi des défaites étonnantes, d'abord en 721 av. J.-C. et plus tard en 587 av. J.-C.

Jésus a aussi averti le Peuple Juif de son époque de la destruction imminente de leur pays s’ils ne se repentaient pas et s’ils venaient pas à la Foi en Lui. Quarante ans plus tard, Jérusalem fut détruite, le Temple a brûlé (jamais reconstruit à nouveau) et 1,2 millions de Juifs ont perdu leur vie dans la guerre.

Ceci est le modèle de destruction, qui commence un peu comme le modèle de la maladie, mais se termine par une crise soudaine (provoquée par le péché) plutôt qu’une disparition progressive et un remplacement.

À notre époque, le modèle de la maladie semble plus évident. En termes de notre condition morale, c’est « Trente Dark Zero» ( note : film américain (2013) dont le titre au Québec est « Opération avant l'aube ». Voir bande annonce ici ) en Occident. C’est juste quand nous pensons que les choses ne peuvent pas devenir plus étranges qu’elles le deviennent ; les désordres sont multipliés. Mais au lieu d’être traités comme des problèmes, ils sont célébrés. La décadence du loisir et de l'égoïsme du péché sont en progression et les éléments qui contribuent à une solide culture et nation font défaut. Une sorte de remplacement semble être en cours en Europe malgré une certaine prise de conscience par certains en termes de préoccupation pour la faible natalité, etc.

Aux États-Unis, c’est moins clair ce qui se passera. Sur le plan politique, notre Constitution, enracinée dans des valeurs bibliques, nous a jadis guidés. Mais elle est devenue le jouet personnel des Juges et semble vouée à être interprétée comme inexistante. Sur le plan moral, les Américains ne se soucient plus collectivement de l'héritage Judéo-Chrétien qui a donné naissance à notre nation et qui a soutenu dans ses citoyens les vertus nécessaires au support de la république. Une nation ne peut pas résister à de telles tendances. Comment exactement cela va se jouer est moins clair pour moi, mais ça va se jouer. C'est sans aucun doute.

Considérez soigneusement les mots d'Amos comme pertinents pour nous tous, et pas seulement pour l'Église mais aussi pour la nation !