lundi 20 juin 2016

Débâcle au Latran
Partie I


par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 20 juin 2016


Il semble que François soit déterminé à être de plus en plus provocateur avec chaque semaine qui passe, comme pour révéler les couches de plus en plus profondes de ce qui semble être un dédain constitutionnel envers la « rigidité » supposée des Catholiques orthodoxes de la part d’un Jésuite Latino-Américain de l’ère libérale des années soixante-dix.

A présent, tout le monde entier sait que le 16 juin, au cours de ses remarques décousues habituelles, cette fois à une « conférence pastorale » à Saint-Jean de Latran, François a déclaré que « la grande majorité de nos mariages sacramentels sont nuls » parce que les époux « ne savent pas ce qu'ils disent » quand ils disent :« Oui, pour la vie ».


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Il a aussi laissé tomber la bombe qu'à son avis, les couples dans la campagne du nord-est de l’Argentine qui cohabitent à cause de la peur superstitieuse du mari face à des vœux de mariage, évitent des noces Catholiques jusqu'à ce qu'ils soient grands-parents, qu’ils aient alors « un vrai mariage, qu’ils aient alors la grâce précisément du mariage à cause de la fidélité qu'ils ont ».

En d'autres termes, selon François, c’est assez littéralement le cas que, pour lui, la plupart des mariages entre Catholiques ne sont pas vraiment des mariages alors que de nombreux non-mariages le sont. Avec ces remarques, François sape simultanément la confiance dans le Sacrement du Mariage tout en légitimant les relations impies que l'Église, à la suite Notre Seigneur Lui-même, ne peut voir que comme adultère ou simple fornication. La « correction » frénétique post-conférence du Vatican de la transcription des remarques de François a changé les mots « grande majorité » par « une partie », mais elle laisse inchangée l'affirmation ahurissante et vraiment tout à fait absurde de François que les couples ayant peur de se marier peuvent avoir un « vrai mariage » dans le cadre d’une cohabitation

Le fait de modifier la transcription de cet emportement hétérodoxe spécifique ne change pas ce que François croit vraiment. Car, comme il l’a déclaré sans correction en septembre 2015 pendant son vol de retour à Rome de la « Sa Partie Messe de plage » à Rio (citant son prédécesseur comme Archevêque de Buenos Aires, le Cardinal Quarracino) : « La moitié de tous les mariages sont nuls .... Pourquoi ? Parce qu'ils se sont mariés sans maturité, ils se marient sans se rendre compte que c’est pour une durée de vie entière, ou bien ils se sont mariés socialement parce qu’ils devaient se marier ». Voilà ce que François pense vraiment.

Dans ma dernière chronique, j’ai fait l'éloge de Dr Jeffrey Mirus pour avoir l'honnêteté intellectuelle de protester contre le « sermon entendu autour du monde » le 9 juin dans lequel François, provoquant encore une autre tempête de controverses, a faussement représenté ainsi l’enseignement de Notre Seigneur sur la moralité sexuelle : « Mais faites ce dont vous êtes capables ». Cette semaine, compte tenu de la débâcle au Latran, les autres commentateurs Catholiques « grand public » ont atteint leur limite. Philip Lawler (site CatholicCulture.org), pour un, n’est plus disposé à faire des excuses pour le scandale continu de ce pontificat. Pas impressionné du tout par la « correction » d'urgence de certaines des remarques de François, il a écrit :

« Faut-il conclure alors que tout va bien et qu’aucun mal n’a été fait ? Absolument pas ! Tout d'abord, parce que ces déclarations choquantes ont été largement diffusées par les médias de nouvelles pour être entendues ou lues par des millions de personnes qui ne verront jamais la transcription officielle ».

« Deuxièmement, les remarques du Pape étaient cohérentes dans leur ton — un ton qui encourageait les auditeurs à remettre en question l'autorité des enseignements de l'Église ».

« Troisièmement et plus important parce que ce pattern est devenu récurrent : les déclarations étonnantes, les titres, la confusion, suivis par des explications et des clarifications qui n'arrivent jamais à déblayer les retombées. Quand est-ce que François réalisera — alors que d'autres prélats lui ont clairement dit — à quel point il fait des dégâts avec ces remarques impromptues ? »

Encore plus cinglant est le commentaire du célèbre Canoniste Dr. Edward Peters. François, a-t-il écrit, a provoqué :

« Une crise (au sens grec du terme) sur le mariage ... qui, je le pense, débouchera sur la discipline matrimoniale et la Loi .... Je pense que la crise du mariage qu’il occasionne va descendre sur l'enseignement de l’Église sur le mariage, que tout le monde prétend honorer, ou bien ce sera concrètement et effectivement protégé par la Loi de l'Église ou bien, si les catégories canoniques traitant de la Doctrine du mariage deviennent tellement déformées ( ou tout simplement ignorées) que c’en sera au point d’abandonner essentiellement le mariage et la vie conjugale au domaine de l'opinion personnelle et de la conscience personnelle ».

Quelle dévastatrice évaluation d'un commentateur habituellement réservé ! De toute évidence, les crises ecclésiales sont entrées dans une nouvelle phase d'intensification dans laquelle toute personne de bonne volonté peut voir que quelque chose est allé terriblement mal.

Peters discerne à juste titre que les remarques du Pape au Latran sont pas de simples glissements de langage, mais font plutôt partie d'un modèle de « quelque chose de plus profond » qui émerge. Ce quelque chose de plus profond, présume-t-il, est une tendance à réduire l'institution du mariage à une question d’ « opinion personnelle et de conscience personnelle » plutôt que à un état objectif qui soit qu’il existe ou soit qu’il n'existe pas.

Mais je dirais que le problème qui émerge est plus profond encore : nous avons un Pape qui est convaincu que, dans tous les domaines, et pas seulement le mariage, l'Église doit être conforme à la façon dont il pense que les choses devraient être, indépendamment de tout enseignement et des disciplines préalables. Dans Evangelii gaudium, il nous l'a tellement dit : « Je rêve d'une « option de missionnaire ». C'est un élan missionnaire capable de tout transformer de sorte que les coutumes de l'Église, ses façons de faire les choses, les temps et les horaires, le langage et les structures peuvent être convenablement canalisés pour l'évangélisation du monde d'aujourd'hui plutôt que pour son auto-préservation ».

François vit littéralement son rêve ; pour l'Église, le rêve est devenu un cauchemar alors que de plus en plus Catholiques commencent à voir. Dans ma prochaine chronique, je regarderai de plus près les implications dévastatrices des opinions de François sur le Sacrement du Mariage.