mercredi 29 juin 2016

La montée et la chute du Pape François






par Christopher A. Ferrara
SOURCE : The Remnant
Le 28 juin 2016

Encore une fois, François nous a dit ce qu’il pense, encore une fois l'Église est secouée par le scandale et encore une fois le Vatican a dû émettre une « clarification » dans un effort pour calmer la tempête. Comme tout le monde le sait maintenant, pendant ses remarques décousues à la « Conférence pastorale » pour les prêtres du Diocèse de Rome à Saint-Jean de Latran, le 16 juin, François a déclaré que « la grande majorité de nos mariages sacramentels sont nuls » parce que les conjoints « ne savent pas ce qu'ils disent » quand ils disent : « Oui, pour la vie ».

Mais François est aussi « certain » que les couples, vivant dans la campagne du nord-est de l’Argentine et qui cohabitent ensemble à cause d’une peur superstitieuse du mari devant des vœux de mariage, évitent des noces Catholiques jusqu'à ce qu'ils soient grands-parents, ont « un vrai mariage, ils ont la grâce du mariage, précisément parce qu'ils ont de la fidélité entre eux ».


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Avant d'évaluer le dernier scandale Bergoglien, y compris la transcription révisée et censurée à la hâte de ses remarques, voici une objection initiale : les couples qui échangent des vœux de mariage devant un prêtre vivent également ensemble et présentent généralement une « fidélité » sur une période de plusieurs années par la suite. Même en supposant qu’ils n’avaient en quelque sorte aucune idée de ce que leurs vœux signifiaient quand ils les ont prononcés, du point de vue de François, n’ont-ils pas également « un vrai mariage » et « la grâce du mariage » ? Apparemment non. Comme nous le verrons, François pense que, dans la « grande majorité » des cas, le rite du mariage sacramentel résulte non seulement en une nullité, omettant ainsi de répandre la grâce mais laisse aussi les parties dans une condition spirituelle pire que les gens qui pratiquent la cohabitation dans la « fidélité » parce qu'ils craignent le mariage. ( Et ne nous laissons pas recevoir l'excuse que François faisait simplement la comparaison entre le mariage naturel et les vrais mariages Catholiques nuls parce que la cohabitation, même dans le nord-est de l’Argentine, ne sont pas du tout un type de mariage surtout quand il est motivé par une aversion pour le mariage ).

En bref, ces déclarations étonnantes — si François n'a pas déjà épuisé la capacité d'étonnement —signifient ceci : un Pontife Romain a déclaré que la plupart des mariages sacramentels sont nuls alors que de nombreuses unions sexuelles illicites sont de vrais mariages. Si seulement c’était une blague. Examinons de plus près les remarques papales pertinentes et les tentatives inefficaces du Vatican pour les découdre ( mais en partie seulement ).

François et le Nouveau « Réalisme » Moral

Les remarques de François au Latran a commencé par une reprise de son thème dans Amoris Laetitia (AL) à savoir que les préceptes moraux contre les unions illicites sexuelles ne représentent qu’un « objectif idéal » de conduite vers lequel l'Église doit adopter une approche « réaliste » compte tenu de la « complexité concrète des limitations de chacun » (AL 303). En d'autres termes, c’est l'éthique de situation pour les péchés de la chair, mais ce n’est pas aussi certains pour d’autres péchés que François condamne en permanence. Voici une citation de François au Latran :

« Le réalisme évangélique s’engage envers l’autre, envers les autres et ne fait pas des idéaux et du « devoir être » un obstacle pour rencontrer les autres dans les situations où ils se trouvent. Il ne s’agit pas de ne pas proposer l’idéal évangélique, non, il ne s’agit pas de cela. Au contraire, il nous invite à le vivre à l’intérieur de l’histoire avec tout ce que cela comporte. Et cela ne signifie pas ne pas être clair dans la doctrine, mais éviter de tomber dans des jugements et des comportements qui ne tiennent pas compte de la complexité de la vie..... Cela nous impose de développer une pastorale familiale capable d’accueillir, d’accompagner, de discerner et d’intégrer. [italiques dans l'original].

Ce fut le même thème énoncé dans le « sermon entendu autour du monde » le 9 juin dans lequel François, provoquant une nouvelle vague d'indignation justifiée parmi les fidèles, a présenté à tort l’enseignement en morale sexuelle de Notre Seigneur ainsi : « Mais faites ce que vous pouvez ».

Au Latran, une femme dans le public a posé une question à François sur la façon d’« éviter une double morale dans nos communautés : une exigeante et permissive, une rigoriste et une laxiste ». En réponse à cette balle mouillée flottante impliquant le statragème sophistique et classique de la fausse alternative, François a suscité un tonnerre d'applaudissements et a affiché un sourire radieux satisfait à la femme :

Les deux ne sont pas vrais : ni le rigorisme, ni laxisme. L'Évangile choisit un autre chemin. Pour cela, ces quatre mots [en y mettant de l’emphase] : accueillir, accompagner, intégrer, discerner — sans mettre le nez dans la vie morale, soi-disant, des personnes [il a accompagné d’un geste pour indiquer des guillemets sceptiques].

[Note : le Vatican a supprimé les mots « soi-disant » de cette remarque.]

Oui, nous avons un Pape qui pense que l'Église n'a pas à enquêter sur la « soi-disant » vie morale des gens. Cela rendrait l'administration du Sacrement de la Confession et la direction spirituelle plutôt difficile, sans parler de l'ensemble de la mission de l'Église Catholique qui est de convertir les pécheurs et de sauver les âmes.

En réponse à la même question, François a répété son refrain familier que l'enseignement de la morale Catholique n’est pas de la « mathématique », un autre argument spécieux qu’il a constamment assailli : « Mais nous voulons, tant de fois, qu’une Doctrine certaine ait une certitude mathématique qui n’existe pas, ni avec le laxisme, ni avec l’indulgence, ni avec la rigidité ». Si la Doctrine n'est pas une « certitude mathématique, « quel genre de certitude possède-t-elle ? Pour François, le chapitre 8 de AL indique clairement que la seule certitude d'une « règle » ou d’un « idéal » à être appliqué est en fonction des différentes circonstances.

Mais encore une fois, comme mentionné ailleurs, ces préceptes Bergogliens s’appliquent uniquement aux péchés sexuels. Ainsi, par exemple, l'indissolubilité absolue du mariage et de l'inadmissibilité absolue de la cohabitation deviennent un « idéal évangélique » qui doivent s’adapter à « la complexité de la vie » sans demandes bruyantes dans le comportement personnel alors que la prévention des combustibles fossiles et l’air conditionné à l’excès sont des missions à toute épreuve et de force obligatoire contraignant « chaque personne vivant sur cette planète ». En prétendant rejeter une double morale, François avance précisément cela ; ce double standard donne forme au reste de ses commentaires au Latran et, de fait, à tout son pontificat.

Une revendication absurde

C’était en réponse à une troisième et dernière question, en ce qui concerne la « crise du mariage » que François a affirmé que la « grande majorité » des mariages Catholiques sont nuls. Comme le Canoniste respecté, Dr. Edward Peters, l’observe, l’affirmation est tout simplement « absurde ». La Loi de l'Église, qui reflète l'ensemble de la Tradition, de la justice naturelle et du simple bon sens, présume la validité des mariages (CIC 1060) et présume en outre « le consentement de l'esprit ... et aussi des paroles ou des signes utilisés dans la célébration d'un mariage ». (CIC 1101.1) François, cependant, présume allègrement exactement le contraire.

Et quelle est la base de la présomption Bergoglienne ? Est-ce que François a mandaté la constitution d’une commission canonique
pour étudier la question ? A-t-il passé en revue les données statistiques des tribunaux matrimoniaux diocésains du monde entier ? A-t-il reçu un rapport sur la prévalence des mariages invalides en fonction d'un examen des décisions de la Rote Romaine ? A-t-il même consulté quelque chose d'aussi douteux que les enquêtes sociologiques des conjoints Catholiques de diverses nations en ce qui concerne leur attitude envers le lien du mariage ?

Rien de cela. François déclare que la grande majorité des mariages Catholiques sont tout simplement nuls parce que c’est ce qu’il pense. Parce que c'est son impression. Mais quelle est la source de cette impression ? Apparemment, rien de plus que son propre slogan : « la culture provisoire ». Voici la citation de François :

... « Nous vivons aussi une culture du provisoire. J’ai entendu un évêque raconter, il y a quelques mois, qu’il avait reçu un jeune homme qui avait fini ses études universitaires, un brave garçon, qui lui a dit : « Je veux devenir prêtre, mais pendant dix ans ». C’est la culture du provisoire. Et cela se produit partout, même dans la vie sacerdotale, dans la vie religieuse. Le provisoire ».

C’est pour cela que la grande majorité [ dans la transcritption officielle, le mot « majorité » a été pas « partie »] de nos mariages sacramentels sont nuls, car ils [les époux] disent : « Oui, pour toute la vie », mais ils ne savent pas ce qu’ils disent, car ils ont une autre culture. Ils le disent et ils sont de bonne volonté, mais ils n’en ont pas la conscience. [le mot « conscience, la consapevolezza, un mot ajouté à la
transcription publiée]

Ainsi, selon François, les couples célébrant une cérémonie de mariage Catholique ne sont pas validement mariés même s’ils reconnaissent que le mariage est pour la vie, s’ils ne feignent pas leur consentement et sont de bonne foi quand ils prononcent leurs vœux devant le prêtre. La seule explication de François pour cela, c'est l’opinion absurde de la « culture provisoire » qui prive les couples de toute connaissance de la signification des paroles qu'ils prononcent à l'autel. Selon François, alors que leurs esprits consentent aux paroles qu'ils ont dit de bonne foi, que la Loi de l'Église, à juste titre, présument avec justesse qu’ils le font, ils « ne savent pas ce qu'ils disent » en quelque sorte quand ils disent : « Oui, pour la vie ».

Comment ça se peut-il ? ? Comment François sait-il que la « culture provisoire » produit un tel comportement style zombie chez des millions de personnes reconnues de bonne volonté qui semblent être conscientes de ce qu'ils disent et font ? Eh bien, bien sûr, il ne le sait pas. Mais c’est ce qu’il pense. Que les mariages tombent où ils peuvent ! Et quand à y être, jetez « la grande majorité » des ordinations sacerdotales, comme François suggère avec son anecdote à propos du jeune homme qui soi-disant contemplait être prêtre pour seulement dix ans. La « culture provisoire » nie clairement le consentement aux obligations spirituelles pénibles telles que le célibat sacerdotal et le mariage à vie.

Mais la construction anthropologique de François semble suspicieusement de portée limitée. Il ne suggère pas que la « culture provisoire » nie la compréhension des gens sur la signification de d’autres engagements très graves et contraignants dotés de conditions beaucoup plus complexes à comparer à des simples vœux de mariage tels que les obligations contractuelles qui durent souvent pour la plupart d'entre elles pour une durée de vie tels que le service militaire à partir duquel il ne peut y avoir aucune fuite une fois convenu, les règles éthiques de diverses professions, les serments de citoyenneté sous peine de trahison, les serments judiciaires dans les procédures judiciaires, et ainsi suite. Même sous son double standard de la responsabilité morale, il ne ne permet pas que cette « culture provisoire » excuse les gens des engagements contraignants à remplir leurs obligations dont il condamne sans cesse les gens d’ignorer tels que les soins à donner à l'environnement, la justice sociale, la fin du commerce des armes, la peine de mort et la discrimination contre les femmes, la redistribution de la richesse et ainsi de suite en ce qui a trait à la litanie politiquement correcte des causes qui lui sont chères.

Comment se peut-il alors que la « culture provisoire » puisse induire une incompréhension brutale des devoirs les plus élémentaires à Dieu et aux autres seulement quand il en vient au mariage, un engagement qui, de plus, est divinement aidé par la grâce du baptême qui inculque chez les enfants un habitus de la foi ? Il semblerait que, comme AL dans son ensemble, la « culture du provisoire » de François est un dispositif ad hoc rhétorique qui l'aide dans sa volonté obsessionnelle d'ériger un vaste appareil ecclésial d'adaptation aux déviations par rapport au Sixième Commandement tout en réduisant le lien du mariage indissoluble à un « idéal » contrairement à ce que Dieu a ordonné comme étant une exigence absolue sans exception morale pour des relations conjugales licites

Ici, il faut noter, cependant, que les commentaires de François au Latran contredisent catégoriquement sa déclaration formelle d’il y a moins cinq mois dans une adresse aux fonctionnaires de la Rote Romaine. À cette occasion (janvier 22, 2016), François a déclaré ce qui suit :

Il convient de rappeler clairement que la composante essentielle du consentement matrimonial ne constitue pas la qualité de la foi de quelqu’un qui peut, selon la Doctrine immuable, être sapée seulement sur le plan naturel (cf. CIC c. 1055 §§ 1.2). En effet, le fidei habitus est infusé au moment du baptême et continue d'avoir une influence mystérieuse dans l'âme, même lorsque la foi n'a pas été développée et psychologiquement parlant semble être absente. Il est fréquent que les couples sont conduits vers de vrais mariages par l’« instinctus naturae » et, au moment de la célébration, ils ont une connaissance limitée de la plénitude du plan de Dieu. Seulement plus tard dans la vie de la famille viennent-ils à découvrir tout ce que Dieu, Créateur et Rédempteur, a mis en place pour eux. Un manque de formation dans la foi et l'erreur par rapport à l'unité, l'indissolubilité et la dignité sacramentelle du mariage invalident le consentement matrimonial s’ils ont influencé la volonté de la personne. (cf. CIC c. 1099). C’est pour ces raisons que les erreurs concernant la sacramentalité du mariage doivent être évaluées très attentivement.

Cette excellente déclaration reflète l'enseignement orthodoxe à savoir que le consentement donnant lieu à un mariage valide exige seulement que les parties « ne soient pas ignorantes que le mariage est un partenariat permanent entre un homme et une femme ordonnée à la procréation d’une progéniture par certains moyens de procréation » et dont l'ignorance « ne se présume pas après la puberté ». (Canon 1096, §§ 1, 2) Autrement dit, aucune compréhension élaborée de la Doctrine Catholique sur le mariage n’est nécessaire et les parties peuvent même se tromper sur « l'unité, l'indissolubilité et la dignité sacramentelle du mariage » aussi longtemps que leur erreur ne fait pas obstacle à une intention de base, au niveau naturel, d'entrer dans une relation conjugale permanente et d’avoir des enfants ( une intention qui n’est pas niée par l'utilisation de la contraception en autant qu’il y avait une intention d'avoir les enfants à un moment donné ).

Ironie du sort, l'exigence pour un consentement valide de se marier est le même minimum que François prétend maintenant essentiellement discerner dans les cas des simples cohabitations, mais il nie que ça puisse être trouvé dans la « grande majorité » des mariages sacramentels !

Comment faut-il comprendre cette auto-contradiction flagrante ? Une seule réponse semble possible : la déclaration devant la Rota, comme son langage clair et précis le suggère, a été écrit par un expert orthodoxe sur le sujet alors que les commentaires prononcés de façon improvisée au Latran représentent ce que François pense réellement.

Si on prend en considération AL, les remarques au Latran appuient la conclusion que, indépendamment de la déclaration préparée devant la Rota, François ne peut pas respecter l'enseignement de Notre Seigneur sur l'indissolubilité absolue du mariage et de l'inadmissibilité absolue de ce que Notre Seigneur a appelé l'adultère — un mot que François refuse d'employer. François insiste pour appeler les relations adultères des « unions irrégulières » mettant toujours cet euphémisme entre guillemets sceptiques. Un exemple dramatique de cette aversion pour la vérité de l'Évangile a eu lieu aussi récemment que le 10 juin 2016. Ce jour-là l' Évangile lu dans le lectionnaire Novus Ordo était Matt 5 : 27-32

Jésus a dit à ses disciples : « Vous avez entendu qu'il a été dit : «Tu ne commettras pas d'adultère ». Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui regarde la femme d'un autre en la désirant a déjà commis l'adultère avec elle en lui-même. Si donc c'est à cause de ton oeil droit que tu tombes dans le péché, arrache-le et jette-le loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre une seule partie de ton corps que d'être jeté tout entier dans l'enfer. Si c'est à cause de ta main droite que tu tombes dans le péché, coupe-la et jette-la loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre un seul membre de ton corps que d'aller tout entier en enfer ».

« Il a été dit aussi : «Celui qui renvoie sa femme doit lui donner une attestation de divorce ». Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui renvoie sa femme, alors qu'elle n'a pas été infidèle , lui fait commettre un adultère si elle se remarie ; et celui qui épouse une femme renvoyée par un autre commet aussi un adultère ».

Pendant sa messe à la Casa Santa Marta ce matin-là, François a ignoré la lecture de l'Évangile, il a lu et a parlé seulement du Livre des Rois (Josué sur la montagne) de l'Ancien Testament, ce qui n'avait rien à voir avec l'Évangile. Autrement dit, le Vicaire du Christ a refusé de mentionner l'enseignement du Christ précisé pour la messe de ce jour.

De toute évidence, François ne peut même pas se résoudre à parler et encore moins à en faire un sermon sur la condamnation impitoyable de notre Seigneur au sujet du divorce, de l'adultère et de la fornication ainsi que de son avertissement du châtiment éternel de ces péchés s’ils ne sont pas repentis. Peut-être que ça a quelque chose à voir avec l'état de la propre famille de François : une soeur divorcée et « remariée » avec un enfant de deux pères différents ; une nièce qui s’est mariée avec un homme divorcé des années avant d'obtenir une nullité et qui a eu la bénédiction de l’oncle Mario ; et un neveu avec une amie en union libre qui espère que son oncle, le Pape, présidera son mariage — si jamais il est assez homme pour faire sa demande à sa petite copine.

La cohabitation comme préparation au mariage

Les remarques au Latran révèlent également non seulement que François refuse de condamner la cohabitation comme intrinsèquement immorale, mais, au contraire, la voit de façon plutôt bénigne. En réponse à la question sur « la crise dans le mariage », François a raconté comment, quand il était Archevêque de Buenos Aires, il avait interdit les mariages religieux en cas de grossesse hors mariage. Ce n’était apparemment pas une détermination pastorale au cas par cas pour vérifier si un couple entreprenait librement l'obligation de mariage au lieu d'être poussé vers lui, mais c’était plutôt une interdiction générale :

« Je leur interdisais de le faire parce qu'ils n’étaient pas libres, ils n’étaient pas libres ! Peut-être qu’ils s’aimaient et, dans ce cas, après deux ou trois ans, ils se mariaient alors ; et je les ai vus venir à l'église, la mère, le père et l'enfant dans la main. Mais ils savaient bien alors ce qu'ils étaient en train de faire ».

Incroyablement, François croit que l'approche pastorale correcte à une grossesse hors mariage est d'exiger du couple, même s'ils aiment, de cohabiter pour « deux ou trois ans » comme une sorte de test de leur « amour » et jusqu'à ce qu’ils « savent bien ce qu'ils font », comme si le simple passage du temps tout en vivant dans un état d'objectif de péché mortel les rendrait en quelque sorte plus favorable à l'engagement du mariage ! En fait, la pratique pastorale du Cardinal Bergoglio a nié même à des couples spirituellement disposés dans une situation périlleuse la précieuse grâce du Saint Sacrement du Mariage alors qu’il augmentait considérablement la probabilité que la relation échoue et que l'enfant soit privé à jamais d'une famille intacte. En outre, même les sociologues admettent que la cohabitation avant le mariage augmente considérablement la probabilité de divorce.

François, cependant, considère la cohabitation comme une sorte de préparation au mariage. Lorsqu’il fut confronté à Buenos Aires avec la prévalence de la cohabitation, l'approche de François fut d’attendre et de voir ( « wait and see » )plutôt que de conseiller à ces couples de mettre fin à leur relation mortellement pécheresse ou de se marier à l'Église. Voici ce qu’il a dit :

« Ils préfèrent vivre ensemble et cela est un défi. Ça nécessite un travail. Ne dites pas immédiatement : « Pourquoi ne vous mariez-vous pas à l'église ? Non, accompagnez-les : attendez et laisser mûrir. Et laissez-les mûrir dans la fidélité ».

François ne voit apparemment aucun danger spirituel pour les couples engagés habituellement dans les relations sexuelles hors mariage ; la menace de la damnation éternelle est évidemment d'aucun poids dans sa notion d’« d'accompagnement » des gens vivant dans le péché ; il semble qu'il n'a jamais songé à ce que cette « approche pastorale » pourrait accompagner des personnes sur la route de l'enfer. Et tandis que la notion que les personnes vivant dans le péché fassent l'expérience d’une maturation de la fidélité avec les années passantes pourrait faire appel à l'éthique de Hollywood, elle ne peut certes pas être conciliée avec l'éthique du Christ.

Ce fut dans ce contexte que François, allant encore plus loin dans sa tolérance envers la cohabitation, a déclaré que les couples en cohabitation peuvent même avoir la grâce du mariage. Comme il l’a expliqué à son public ravi au Latran :

« Dans la campagne Argentine, dans la région du nord-ouest, il y a une superstition : à savoir que lorsqu'un couple de fiancés ont un enfant, ils vivent ensemble. Dans le pays, cela arrive. Puis, quand l'enfant doit aller à l'école, ils ont une cérémonie civile. Et puis, quand ils sont grands-parents, ils ont un mariage religieux. C’est une superstition parce qu'ils disent que de se marier va effrayer le mari immédiatement [rires]. Nous devons lutter contre cette superstition. Pourtant, je dois vraiment dire que j’ai vu une telle fidélité dans ces cohabitations [convivenze], tant de fidélité ; et je suis sûr que c’est un vrai mariage, ils ont la grâce du mariage, précisément à cause de la fidélité qu'ils ont ... »

Pour François, il semble que le mariage est un état d'esprit et Dieu ne se préoccupe pas de tels détails « externes » tels que leurs vœux de mariage et les relations sexuelles en dehors du mariage. Même ceux qui craignent le mariage peuvent être mariés aux yeux de Dieu avec toutes les grâces du Sacrement de Mariage ! La « fidelité » à l'égard du partenaire dans le péché est tout ce qui compte — comme si la « fidélité » pouvait coexister avec un refus de prendre des vœux de fidélité à vie devant un prêtre. La discussion n’est pas nécessaire pour démontrer que ce petit bout étonnant de non-sens va à l'encontre des Lois naturelles et Divines ainsi que des Paroles du Christ et de l'Évangile, et de tous les enseignements de l'Église sur le mariage depuis les 2 000 dernières années.

L'équipe d’édition d'urgence du Vatican

Au moins certains membres de l'appareil du Vatican savent qu'ils ont un Pape hors de contrôle sur les mains et qu'ils doivent essayer de contenir les dommages qu’il cause. Dans ce cas, face à des manifestations dans le monde entier sur le « décret de nullité universelle » spontané qui a émané du Latran, le Vatican a trafiqué la transcription des propos de François, en remplaçant ses paroles « la grande majorité de nos mariages sacramentelle sont nuls » (una grande maggioranza dei nostri matrimoni sacramentali sono nulli) avec « une partie de nos mariages sacramentels sont nuls » (una parte dei nostri matrimoni sacramentali sono nulli). Contestant le la tentative de John Allen de balayer le scandale sous le tapis, le Dr Peters se moqua de cette affirmation qu'il s'agissait simplement d'une erreur mineure d'édition : « Cela change sa déclaration [François] d'un présage problématique choquant en un truisme que tout observateur connaisseur pourrait prononcer ou être d'accord avec [à savoir que certains mariages ne sont pas valides]. De petits changements, mon oeil ».

Fait révélateur, cependant, il n'y a eu aucune tentative pour corriger une autre « petite » erreur de François : que des Catholiques qui vivent en cohabitation peuvent avoir des « vrais mariages » en raison de leur « fidélité ». Cela aussi est ce que François pense, tout étant contraire à la Divine et à la loi naturelle. Ni non plus il y a eu correction de l'implication liée aux mariages conclus civilement par des Catholiques cohabitant « fidèlement » qui peuvent aussi être considérés comme de « vrais mariages ». Absent dû à la forme canonique, les Catholiques qui se marient seulement civilement, comme le note Peters, « sont ( en dehors de quelques rares exceptions ) pas plus mariés que sont les couples juste cohabitant ensemble ( « fidèlement » ou autrement ) ». De plus, écrit Peters, « en raison de l'inséparabilité du contrat de mariage du Sacrement, si on est invalidement « marié » ( et les « mariages » parmi les Catholiques qui méprisent la forme canonique sont invalides ) alors on ne reçoit pas le Sacrement du mariage ni aucune de ses grâces non plus. Pourquoi ? Parce que, pas de mariage signifie pas d’alliance matrimoniale ».

On nous dit que la transcription révisée reflète ce que François se « destinait » à dire, mais en fait, ça ne reflète que ce que le réviseur sait ce qu’il aurait dû dire. Ce que François aurait dû dire, cependant, n’est pas ce que François pense, même si le Vatican prétend qu’il approuve la « correction » de ses remarques lors de cette occasion spéciale. Car, comme il l’a déclaré sans correction en septembre 2015 pendant son vol de retour à Rome de la « Sa Partie Messe de plage » à Rio (citant son prédécesseur comme Archevêque de Buenos Aires, le Cardinal Quarracino) : « La moitié de tous les mariages sont nuls .... Pourquoi ? Parce qu'ils se sont mariés sans maturité, ils se marient sans se rendre compte que c’est pour une durée de vie entière, ou bien ils se sont mariés socialement parce qu’ils devaient se marier ».

Voilà ce que François pense. Au Latran il a simplement relevé la barre partant de « la moitié de tous les mariages » à « la grande majorité », tout en élargissant sa déclaration générale de nullité du mariage pour inclure non seulement les couples qui se marient pour des raisons sociales et qui feignent le consentement, mais même pour ceux qui sont de bonne foi et qui ont dit : « Oui, pour la vie ». Tout ce que le Vatican a fait dans ce cas, c’est de passer l’efface sur ce que François pense vraiment et ce qu’il a dit dans un seul et même lieu. Mais François va encore penser à ce qu’il pense et va encore dire ce qu’il pense même si, comme avec sa déclaration devant la Rota en janvier, ce qu’il dit de façon improvisée et « du cœur », il aime à le dire, contredit catégoriquement certaines déclarations formelles que l’on ne trouve ailleurs par personne sauf des chercheurs tenaces, comme les chroniqueurs du Remnant, et que les gens ne liront jamais.

Par ailleurs, un autre exemple éloquent de la censure d'urgence requise dans la débâcle du Latran est la suppression de la transcription de la boutade suivante, prononcée après que François se soit moqué son professeur de théologie de morale au séminaire : « A cause de cette chose, n’allez pas voir le Cardinal Müller pour m’accuser [rires hilarants] ! » Quel spectacle devant l'Église et le monde : un Pape insouciant faisant le clown devant une foule en rires dans l'un des lieux les plus saints de l'Église et qui concerne un membre de la Curie Romaine largement perçu comme le seul contrôle sérieux sur son hétérodoxie.

Un autre embarras qui a dû être censuré est la caractérisation de François de Jésus dans son silence initial devant la foule qui se préparait à lapider la femme surprise en adultère : « Il a joué un peu au fou [fa un po’ lo scemo] » que le Vatican révisé pour que nous lisions : « Il a fait le muet un peu ». Cette insulte de Notre Seigneur consiste à seulement retenir le Jésus « humanisé » Bergoglien, typique des années libérales Jésuites des soixante-dix, qui « fait semblant d'être en colère » avec ses disciples et a peut-être « demandé pardon » pour sa « petite escapade » dans le Temple tandis que Joseph et Marie étaient à sa recherche.

Impressionné par la transcription (en partie seulement) « corrigée », même Phil Lawler du site religieux résolument grand public CatholicCulture.org en avait assez de ses bêtises :

« Faut-il conclure alors que tout va bien et qu’aucun mal n’a été fait ? Absolument pas !Faut-il fermer commercial, puis un, que tout va bien, et aucun mal a été fait ? Absolument pas ! »

« Tout d'abord, parce que ces déclarations choquantes ont été largement diffusées par les médias de nouvelles pour être entendues ou lues par des millions de personnes qui ne verront jamais la transcription officielle ».


« Deuxièmement, les remarques du Pape étaient cohérentes dans leur ton — un ton qui encourageait les auditeurs à remettre en question l'autorité des enseignements de l'Église. À un moment donné, avec un cœur léger, François dit : « N’allez pas parler de moi au Cardinal Müller ».

« Troisièmement et plus important parce que ce pattern est devenu récurrent : les déclarations étonnantes, les titres, la confusion, suivis par des explications et des clarifications qui n'arrivent jamais à déblayer les retombées ».

Un peu plus surveillé que cela devait l’être, mais le glissement dans les commentaires que nous voyons ici est tout à fait spectaculaire, ce qui reflète le drame de la situation avec ce pontificat bizarre.

Conclusion : une agression papale sur le Saint Sacrement du Mariage

Dr Peters discerne à juste titre que par « la débâcle des affirmations massives de nullités supposément comme un fléau sur les mariages Chrétiens qui retentit encore, quelque chose de plus profond peut être en train d'émerger ici... » Le problème plus profond, bien que Peters ne l’amène pas de cette façon, est que nous avons un Pape qui pense que l'Église doit être conforme à la façon dont il pense que les choses devraient être, indépendamment de tout enseignement et des disciplines préalables ainsi que de la discipline bimillénaire de l'Église.

Là où le mariage est concerné, François ressent juste ( pour citer Peters ) que « la plupart des mariages ne sont pas des mariages, mais beaucoup de non-mariages sont des mariages ». Seulement cela, Peters en déduit raisonnablement, expliquerait « la réforme des nullités » de François, qui est conçue pour offrir une dispense à tous les mariages canoniques qu’il voit comme nuls et sa poussée implacable, culminant avec AL, pour l’« intégration pastorale » des Catholiques vivant dans des « seconds mariages » que l'Église, à la suite de Notre Seigneur, doit voir comme de l'adultère public.

François, bref, a peu d'intérêt pour le mariage comme un fait objectif, par opposition à ce que les gens, François inclus, sentent subjectivement à propos du statut des relations que l'Église ne peut jamais reconnaître comme des mariages. Le résultat, conclut Peters, est grâce à François :

« Une crise (au sens grec du terme) sur le mariage ... qui, je le pense, débouchera sur la discipline matrimoniale et la Loi .... Je pense que la crise du mariage qu’il occasionne va descendre sur l'enseignement de l’Église sur le mariage, que tout le monde prétend honorer, ou bien ce sera concrètement et effectivement protégé par la Loi de l'Église ou bien, si les catégories canoniques traitant de la Doctrine du mariage deviennent tellement déformées ( ou tout simplement ignorées) que c’en sera au point d’abandonner essentiellement le mariage et la vie conjugale dans le domaine de l'opinion personnelle et de la conscience personnelle L'histoire a toujours favorisé la première avenue ; la catastrophe se cache derrière la dernière...»

Quand même un commentateur réservé comme Peters, qui est à peine un « traditionaliste radical » atteint une conclusion de cette ampleur, il devrait être évident pour tous les Catholiques, Traditionalistes ou non, François pose une menace sans précédent pour l'intégrité de l'Église. Et cette préoccupation n’a été que renforcée par son aveu public, deux jours après la conférence de Latran, à un groupe d'étudiants de l'Université Villa Nazareth :

« Les Chrétiens qui n’ont pas vécu de « crise de la Foi manque quelque chose ». « À de nombreuses occasions, je me suis trouvé dans une crise de la Foi. Parfois, j’ai interrogé Jésus et j’ai même douté. Est-ce vraiment la vérité ? Est-ce un rêve ? » C’est ce qui lui est arrivé quand il était « garçon, séminariste, religieux, prêtre, Évêque et même maintenant [il est] Pape. Un Chrétien » qui n'a pas de doutes, qui n’a pas eu une crise de la Foi, est un Chrétien qui manque quelque chose ... il est un Chrétien qui s’installe dans un peu de mondanité et qui traverse la vie comme ça ».

« Ils me disent que le mot « crise » en chinois est fait avec deux idéogrammes : l'un idéogramme veut dire « risque », l'autre « opportunité » [une légende urbaine que François a cité avant]. Cela est vrai, hein ? Lorsque que quelqu’un entre dans une crise, comme Jésus l’a dit à Pierre, le diable te mettra en crise comme on fait avec le blé .... il y a toujours un danger, un risque — le risque pas dans le bon sens — et une opportunité. J’ai alors appris : tu n’as pas à avoir peur d'entrer dans une crise. C’est un signe pour aller de l'avant, que tu n’es pas ancré à la rive de la rivière qui ouvre sur la mer, et va de l'avant ....» [Note : ma traduction de la vidéo parce que celles des médias sont fragmentaires et inexactes.]

Nous avons un Pape qui, devant un auditoire de jeunes impressionnables, ne pense à rien d'admettre les nombreuses crises de foi qu’il a eues même comme Pape, il rabaisse les Chrétiens qui n'a pas eu son expérience de doute et voit comme une occasion lorsque le diable essaie de passer au crible une âme comme du blé. Il semble impossible de croire, même après trois ans de ce genre de chose — même après un demi-siècle de révolution dans l'Église — que le Vicaire du Christ pourrait parler et agir comme François fait. En mettant de côté toutes les déclarations absurdes, fausses et carrément hétérodoxes de l'ancien Archevêque Bergoglio depuis son élection — si nombreuses qu’elles pourraient remplir un livre —les deux dernières semaines d'éruptions suffisent à elles seules à discréditer complètement ce pontificat.

En effet, si seulement ce n’est pour donner à François le bénéfice du doute quant à ses motifs, ce que nous devons faire, la question de la compétence mentale doit être considérée. Il y a des signes que François habite une sorte de monde de rêve dans lequel les réalités ne pénètrent pas très bien. François lui-même s’est vanté que « Dieu est bon pour moi, Il m’a donné une bonne dose d'inconscience. Je fais juste ce que j’ai à faire ». Peut-être qu’il y a un aspect aggravation clinique à cet état de rêve.

Un exemple révélateur d'un manque alarmant de conscience de la réalité est la défense de François de son Exhortation AL, lors de la Conférence de Latran, comme étant « thomiste du début à la fin » selon « les paroles d'un grand théologien qui était secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Schönborn, qui l’a présentée ... » Schönborn n'a jamais été Secrétaire de la CDF, mais seulement un membre, car même des laïcs bien informés le savent. Pourtant, François n’en avait aucune idée. Et c’était la deuxième fois qu’il a donné ce titre au Cardinal Schönborn à l'appui de l'orthodoxie inexistante dans AL ( est-ce que quelqu’un ne le corrigera-t-il pas ? ), la première fois étant lors de la conférence de presse en vol pendant le retour à Rome de Lesbos.

Ceci est seulement une d'une longue série de gaffes, de légendes urbaines et de maladresses factuelles et décousues assaisonnées par François, avec souvent des discours incohérents en divers lieux, tous tendant à indiquer une dégradation importante de l'acuité mentale qui ne serait pas inattendue à quiconque de son âge.

La situation est détériorée au point que même le commentateur de Fox News, en suite des remarques du Latran, a appelé François à démissionner — une forme de protestation, pas une attente réaliste pour répondre à la banale objection anticipée afin de prévenir d'autres dommages à l'Église :

« De temps à autre, les Catholiques pouvaient être coincés avec un mauvais Pape, mais depuis que le Pape Émérite Benoît a ouvert la porte pour qu’un Pape puisse démissionner quand il ne peut plus faire son travail, il est temps pour les fidèles de considérer François et de se demander — « Est-ce que cet homme est capable de diriger la Sainte Église Catholique ?

À ce stade, il est clair que Bergoglio a prouvé à plusieurs reprises qu'il était incapable de mener cette Barque et il fait des dommages incalculables à l'Église qui prendra des décennies à s’en remettre.


François devrait démissionner et les Catholiques devraient l’exiger afin que l'Église puisse commencer à recouvrer des ravages que sa papauté mal avisée et arrogante a provoqués ».

Incroyablement, avec François, on assiste au scénario Humanae Vitae en sens inverse : les laïcs Catholiques défendent le mariage et l'enseignement sur la procréation contre le Pape ! À cet égard, vous vous souvenez que François a également déclaré que l'utilisation de la contraception pour prévenir la transmission de maladies est licite comme étant « le moindre de deux maux » et que le Père Lombardi a insisté que c'est exactement ce que François a voulu dire.

Nous avons atteint un point tournant dans l'histoire de la papauté, de l'Église et du monde. Pour la première fois en 2 000 ans, l'Église est affligée par un Pape qui a démontré hors de tout doute qu’on ne peut simplement pas lui faire confiance pour dire la vérité en ce qui concerne les questions de moralité portant sur le sort éternel dont d’innombrables âmes dépendent. Bien au contraire, quel que soit son motif, dont Dieu seul est le juge, François a montré qu’on peut s’attendre à ce qu’il torde l'Évangile, s’abaisser à de la démagogie et se livre à des sophismes pour avancer une grandiose « Révolution de tendresse ». Et cela, ce n’est même pas pour parler de tous les autres paroles et actes du Pape qui semblent conçus pour réduire l'Église à ce que Antonio Socci a appelé « une assistante sociale » pour le Nouvel Ordre Mondial.

Mais au moins François réveille de plus en plus de Catholiques sérieux à l'ampleur de la crise ecclésiale dont son pontificat, avec son attaque contre le dernier bastion de la morale elle-même qui représente l’étape finale et la plus spectaculaire. Comme Robert Spaemann vient d'écrire ce qui concerne l'approche appropriée en ce qui a trait à la critique d’un Pape : « Même dans l'Église Catholique, il y a une limite à ce qui est supportable ». François est allé bien au-delà de cette limite et nous avons une obligation de gratitude aux nombreux commentateurs en dehors de la cercle traditionaliste tels que le Dr Peters et Phil Lawler qui voient maintenant cela et qui disent la vérité au sujet de notre situation sans tenir compte de l'impact sur leur carrière ou leur prestige au sein de la communauté ecclésiale « grand public ». Leur témoignage sera critique pour alerter les fidèles en général d'une manière que les sources traditionalistes seules ne peuvent pas faire, compte tenu de l'idéologie anti-traditionaliste si répandue dans l'Église d'aujourd'hui.

Pourtant, il y a encore des commentateurs Catholiques qui se cramponnent à l'argument vraiment stupide que le fait d'être en désaccord avec François, c'est se livrer à un « jugement privé » à la Luther. Mais c’est précisément Luther, le plus grand ennemi de la papauté que l'Église n'ait jamais rencontré, dont François entend commémorer la vie en Suède à l’occasion du 500e anniversaire de la « Réforme », lui qui a détruit l'unité de la Chrétienté. Comme ils pourraient le dire, cependant, une personne est coupable d’un « jugement privé » Protestant si elle s’objecte à ce que le Pape ne doive pas honorer l'auteur du jugement privé Protestant !

Ces nominalistes ecclésiaux, oblitérant toute distinction significative entre l'exercice de l'autorité et l'objectivité de la vérité, affirment en toute confiance que les fidèles ne sont pas compétents pour juger si François a quitté l'orthodoxie ou la pratique raisonnable, peu importe ce qu’il dit ou ce qu’il fait et, que même s’il semble contredire tous ses prédécesseurs dans une matière, il est impossible pour nous de juger même qu'il y ait une contradiction ! Pour eux, la Foi est comme une boîte noire mystérieuse en possession seule et exclusive du Pape que, lui seul, peut en déchiffrer les lectures. Et maintenant, la boîte noire impénétrable déclare que la plupart des mariages ne sont pas des mariages alors que de nombreux non-mariages le sont. L'Église est retournée sur sa tête si bien qu’ils devront obligeamment se tenir sur la tête pour déclarer que l’Église est encore à l'endroit. Cette suspension volontaire de la raison, nous disent-ils, c’est cela ce que signifie d'être un fidèle Catholique. Si Luther est dans un endroit où le rire est possible, il doit rire présentement. Les vrais Catholiques qui pensent qu'ils s’opposent à « jugement privé » ont adopté la caricature Protestante de la papauté infaillible dans ses oracles que Saint Robert Bellarmin a réfutée au cours de la Contre-Réforme.

Nous devons laisser ces gens à leur illusion intraitable. Leur sophisme n'a plus besoin de nous occuper. La tâche importante à accomplir est de dire la vérité en union avec tous les autres Catholiques qui ont le sens d'exiger qu'elle soit défendue plutôt que d’être rabaissée et subvertie par le successeur de Pierre. Plusieurs ont dit que nous méritons ce terrible pontificat à cause de nos propres défaillances. Alors, amendons-nous maintenant, avec la prière et l'action Catholique, afin que la folie qui a descendu sur nous comme un châtiment divin puisse, par faveur divine, être amenée à sa fin.