lundi 7 décembre 2015

Voyez si nous avons une compréhension boiteuse de la Miséricorde

Sainte Maria Goretti

et la nouvelle Église de la Miséricorde



Écrit par Tess Mullins
SOURCE : The Remnant

La miséricorde est la règle du jeu de nos jours. Du moins, elle réside dans l’Église Catholique « nouvelle et améliorée » d'aujourd'hui qui a tellement une capacité d’écoute sensible. La miséricorde est bien sûr essentielle mais la nouvelle Église y a mis une résonance différente. Oubliez la nécessité du repentir, la Miséricorde est pour tout le monde qu'ils le veuillent ou non ! Si les années 60 ont porté sur « l'amour libre », alors de nos jours, ce sont les jours de la « miséricorde gratuite ».

Mais est-ce que la Miséricorde n’exige pas un prix à payer ?

Aujourd'hui, le Pèlerinage de la Miséricorde est venu dans ma ville. C’est le nom officiel d'une tournée à travers les États-Unis des reliques de la jeune martyre de l'Église, Sainte Maria Goretti. Pour cette tournée, elle a reçu le titre « La petite sainte d’une grande bonté » parce qu'elle a pardonné à son meurtrier. Sans diminuer cet acte de vertu héroïque, il y a peut-être une autre leçon à tirer de son histoire, une partie de son histoire qui a été négligée dans la promotion de cette tournée : une leçon de la peine du péché et de l'amendement de vie.

Maria Goretti n’avait que neuf ans lorsque son père mourut, la laissant être un peu la mère de cinq jeunes enfants tandis que sa veuve travaillait aux champs. L'esprit de Maria se renforça et répara la famille brisée. Mais deux ans plus tard, le garçon du voisin, un jeune homme dont le père était un alcoolique et dont la mère était folle, a tenté de la violer alors qu'elle était seule à la maison. Elle lui a déclaré qu'elle préférait mourir plutôt que de lui permettre de commettre ce péché et, dans un accès de rage, il l'a poignardée à quatorze reprises et a fui.

Maria a été retrouvée vivante et les médecins ont effectué une opération sans anesthésie par crainte de provoquer un arrêt cardiaque, mais ils ont été incapables de stopper l'hémorragie interne. Elle a offert ces souffrances inimaginables pour la conversion des pécheurs et, avant sa mort, elle a dit à sa mère : « Je pardonne Alessandro Serenelli et je veux qu'il soit avec moi au ciel pour toujours ». Elle a été canonisée 48 ans plus tard par le Pape Pie XII en 1950.

Son meurtrier (vu à gauche en prière devant une image de la petite fille qu'il a assassinée) a été invité à la canonisation. À cette époque, il était un homme changé. La petite innocente de onze ans qui agonisait savait qu'il allait se convertir quand elle a dit qu'elle voulait qu'il soit avec elle au Ciel. Pensez à ce que cela signifie ! Elle a compris la gravité de son péché ; elle est morte pour cela. Et elle savait qu'il ne lui serait pas permis d’entrer au ciel à moins de se repentir de son péché. Maria Goretti, contrairement à l’« écoute » dans l’Église de notre temps, a demandé un changement chez lui. Oui, il y avait la miséricorde mais le facteur déterminant ici était le repentir ; autant dans l'expectative que, plus tard, dans la réalité.

Il est dit qu’Alexander est allé en prison comme l’homme le plus en colère sur terre. Mais la petite Maria lui apparut et, même si elle n’a pas parlé, tout son aspect était fait de pardon et il a compris.

Il s’est converti sur le coup.

Le reste de sa vie a été consacrée à expier son passé. Il a fait la paix avec la pauvre mère de Marie et a rejoint les Frères Capucins comme frère laïc. Il a écrit une lettre ouverte au monde qui a été trouvée par ses Frères Capucins après sa mort. Voici les paroles d'un homme qui a appris comment bien voir le péché et le jugement et qui a trouvé la dignité et l’honneur dans la componction pour ses péchés et l’amendement de sa vie :

« Je suis maintenant âgé de 80 ans. Je suis proche de la fin de mes jours. En regardant mon passé, je reconnais que, dans ma jeunesse, j'ai suivi une fausse route — une voie du mal qui m’a mené à ma perte.

À travers le contenu de magazines, de spectacles immoraux et de mauvais exemples dans les médias, je voyais la majorité des jeunes gens de mon temps suivre le mal sans y réfléchir par deux fois. De façon tout à fait calme, j’ai fait la même chose.

Il y avait des fidèles Catholiques pratiquants autour de moi, mais je ne leur prêtais aucune attention. J’étais aveuglé par une force brutale qui me poussait dans la mauvaise façon de vivre.

À l'âge de vingt ans, j’ai commis un crime passionnel dont le souvenir me fait horreur encore aujourd'hui. Maria Goretti, maintenant une sainte, a été mon bon ange que Dieu a mis sur mon chemin pour me sauver. Ses paroles à la fois de réprimande et de pardon sont encore imprimées dans mon cœur. Elle a prié pour moi, intercédant pour son assassin. Trente ans de prison ont suivi.

Si je n'avais pas été un mineur selon le droit italien, j’aurais été condamné à la prison à vie. Néanmoins, j’ai accepté la peine que je recevais comme quelque chose que je méritais.

Résigné, j’ai expié mon péché. La petite Maria était vraiment ma lumière, ma protectrice. Avec son aide, j’ai bien servi 27 ans de prison. Lorsque la société m'a accepté de retour parmi elle, j’ai essayé de vivre honnêtement. Avec leur charité angélique, les fils de Saint François, les Capucins Mineures des Marches, m'ont accueilli parmi eux non pas comme un serviteur, mais comme un frère. J’ai vécu avec eux pendant 24 ans.

Maintenant, je regarde sereinement le moment où je serai admis dans la vision de Dieu, où j’embrasserai tous mes chers encore et où je serai proche de mon ange gardien, Maria Goretti, et sa chère mère, Assunta.

Que tous ceux qui lisent cette lettre désirent suivre l'enseignement heureux d'éviter le mal et de suivre le bien. Puissent-ils croire que leur religion entendue dans leur l'enfance avec ses préceptes n’est pas quelque chose dont ils peuvent se passer. Au contraire, c’est le vrai réconfort et le seul moyen sûr dans toutes les circonstances de la vie — même dans la plus douloureuse.

Paix et tout bien

Alessandro Serenelli
Macerata, Italie
Le 5 mai 1961



Cet homme a pigé. Ce n’est pas seulement au sujet de la miséricorde. Dans la vie, il y a de la douleur, des conflits, des chutes, mais il y a aussi des occasions de se relever et de recommencer ainsi que l'honneur à gagner à essayer. La honte vient avec le fait de rester dans le péché, ne vous accusant pas vous-même et vous élevant au-dessus. L'Église d'aujourd'hui, cependant, est tout à fait disposée à vous sourire miséricordieusement alors que vous vous vautrez obstinément dans votre propre crasse.

Mais la miséricorde s’appuie sur la justice. Alessandro Serenelli savait que la justice devait venir en premier et il a donc accepté sa peine de prison et fait réparation pour ses crimes. Seulement alors qu'il a été capable dire avec une confiance enfantine : « Je regarde sereinement le moment où je serai admis dans la Vision de Dieu ».

Sainte Maria Goretti (et Alessandro, si vous êtes là-haut !) S'il vous plaît, priez pour votre Église !