mardi 15 décembre 2015

La fraude continue





Même un jeune catéchisé de dix ans reconnaîtrait cette prétention comme hérétique

SOURCE : par Christopher A. Ferrara
Fatima Network Perspectives
Le 10 décembre 2015

Le document que vient de publier la Commission du Vatican pour les relations religieuses avec les Juifs (pour laquelle je ne donne aucun lien pour la raison expliquée ci-dessous) est un des autres exemples de fraude en cours auprès des fidèles qui a été perpétrée par l'appareil du Vatican depuis les cinquante ans passés au nom du Concile Vatican II. Par cela, je veux parler de l'utilisation de la pseudo-doctrine pour donner la fausse apparence d'un changement dans les Doctrines réelles de la Foi. La Doctrine Catholique authentique ne peut jamais changer, bien sûr, parce que la Vérité Révélée par Dieu et les Doctrines qui en résultent d’elle ne peut pas davantage changer que Dieu peut changer Son avis - ou, d'ailleurs, pas plus que 2 + 2 pourrait devenir 5.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Contrairement à d'autres tentatives furtives pour suggérer un changement dans l'enseignement là où aucun n’est possible, ce nouveau document, intitulé « Les Dons et l'Appel de Dieu sont irrévocables » (« Dons et Appel »), admet toutefois volontiers dans sa préface que « Le texte n’est pas un document magistral ni un enseignement doctrinal de l'Église Catholique, mais est une réflexion préparée par la Commission pour les relations religieuses avec les Juifs sur les questions théologiques actuelles qui se sont développées depuis le Concile Vatican II ».

En d'autres termes, cette « réflexion » est absolument sans valeur de l'aveu même des auteurs. Ce n’est pas un enseignement de l'Église Catholique ! Alors, pourquoi a-t-il été publié par le Vatican comme si c’en était un ? Je vais vous le dire : pour causer de la confusion à propos de ce que l'Église enseigne effectivement en ce qui concerne le Peuple Juif.

En fait, le but de ce document est de susciter de la confusion au sujet même de l'enseignement de Nostra Aetate du Concile Vatican II, cette brève déclaration conciliaire qui concerne les religions non-Chrétiennes et qui consacre à peine 800 mots au Judaïsme. Basés sur ces 800 mots, les « théologiens », y compris les Modernistes post-conciliaires, à savoir ceux qui infestent de toute évidence l'appareil du Vatican aujourd'hui comme des termites dans une maison faite de bois, ont généré des millions de mots de pseudo-doctrine proclamant faussement que l'Ancienne Alliance demeure valide et est encore en vigueur pour les Juifs. De ce mensonge, il s’ensuivrait que les Juifs n’ont pas besoin de conversion au Christ ou d’un baptême pour être sauvés.

Comme c’est le cas avec tous les autres documents de ce pseudo-Magistère, celui-ci décrit faussement l'enseignement du numéro 4 de Nostra Aetate, qui (dans toute son ambiguïté gênante) statue au moins clairement que l'Église Catholique est le nouveau Peuple de Dieu ou le Nouvel Israël en termes plus traditionnels. Pour citer Nostra Aetate : « S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture ».

L'Église n'a jamais enseigné que les Juifs en tant que peuple était maudit et rejeté pas plus qu’elle n’ait jamais enseigné — pas plus que Nostra Aetate l’enseigne — que l'Ancienne Alliance demeure valide et en vigueur pour eux. Pourtant, les auteurs de « Dons et Appel » laissent faussement croire que Nostra Aetate a enseigné cela : « L’Église est appelée « le nouveau peuple de Dieu » (cf. Nostra Ætate, n. 4), mais cela n’implique pas que le peuple de Dieu d’Israël a cessé d’exister..... L’Église ne remplace pas le peuple de Dieu d’Israël, mais en tant que communauté fondée sur le Christ, elle représente en lui le plein accomplissement des promesses faites à Israël ».

Tout d'abord, nulle part Nostra Aetate n’affirme que « l'Église ne remplace pas le peuple de Dieu d'Israël ». Seule la « réflexion » des auteurs de « Don et Appel » fait cette revendication ainsi que tous les autres documents dans cette catégorie pseudo-théologique. En effet, les auteurs admettent eux-mêmes que l'idée que « L’alliance de Dieu avec Israël, son peuple, perdure et n’a jamais été révoquée... ne figure pas explicitement dans Nostra Ætate (n. 4) ». Alors, d’où vient cette idée originale ? Comme les auteurs l’affirment : « Cette affirmation a été faite pour la première fois de façon très claire par Saint Jean-Paul II, le 17 novembre 1980 à Mayence, quand il déclara à l’occasion de sa rencontre avec des représentants des communautés juives que l’Ancienne Alliance n’avait jamais été révoquée par Dieu ».

Donc, nous sommes censés adopter une nouveauté théologique totale, non prise en charge même par Vatican II — à savoir que l'Ancienne Alliance reste en vigueur — en raison de quelque chose que Jean-Paul II a dit à certaines personnes juives à Mayence en 1980 ? Est-ce une blague ? Eh bien oui, c’en est une ! C’est aussi une fraude théologique.

Deuxièmement, remarquez le double discours : l'Église est le nouveau peuple de Dieu, mais il y a encore « le peuple du Dieu d'Israël ». Alors maintenant, nous sommes censés croire — au moins depuis 1980 — qu'il y a deux peuples de Dieu: le peuple Chrétien de Dieu qui suit le Christ et le peuple Juif de Dieu, qui n’a pas besoin de suivre le Christ. Même un jeune catéchisé de dix ans reconnaîtrait cette prétention comme hérétique.

Il y a un seul peuple de Dieu et c’est l'Église fondée par le Christ avec ses Apôtres Juifs qui étaient tous des convertis à la nouvelle religion qu’il a inaugurée dans la Nouvelle Alliance de Son Sang, la perfection de l'Ancienne Alliance qui venait déchue. Tous les hommes, y compris les Juifs, sont appelés à appartenir au Peuple de la Nouvelle Alliance de Dieu. Voici ce que Pierre, le premier Pape, annonçait à ses compatriotes Juifs à Jérusalem dans les jours suivant la Pentecôte :

« Tout le peuple d'Israël doit donc le savoir avec certitude : ce Jésus que vous avez cloué sur la croix, c'est lui que Dieu a fait Seigneur et Messie ! »

Les auditeurs furent profondément bouleversés par ces paroles. Ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » Pierre leur répondit : « Changez de comportement et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Vous recevrez alors le don de Dieu, le Saint-Esprit. Car la promesse de Dieu a été faite pour vous et vos enfants, ainsi que pour tous ceux qui vivent au loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. » Pierre leur adressait encore beaucoup d'autres paroles pour les convaincre et les encourager, et il disait : « Acceptez le salut pour n'avoir pas le sort de ces gens perdus ! » Un grand nombre d'entre eux acceptèrent les paroles de Pierre et furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes s'ajoutèrent au groupe des croyants. (Actes 2 : 36-41)

Ignorant cependant tout de la Tradition à commencer par Pierre, les auteurs de « Dons et Appel » commentent allègrement qu'il existe aujourd'hui un « principe de rejet d'une mission institutionnelle Juive ... » Vraiment ? De quelle autorité ? De l'autorité de personne. Comme les auteurs l’admettent eux-mêmes, ils ne présentent pas l'enseignement Catholique. Plutôt, ils le sapent cet enseignement — comme tout le monde qui écrit dans ce genre de fiction.

Enfin, ne faites pas attention à la conférence de presse hystérique de « Dons et Appel » où John Allen a exclamé à bout de souffle que « la révolution est la nouvelle routine ». Ne faites pas attention non plus au document lui-même. Je l’ai examiné ce rebut sans valeur uniquement pour que vous n’ayez pas à le faire. Mais depuis, toute mon allure journalistique va sur la « désorientation diabolique » actuelle dans l'Église. Vu de la perspective de Fatima.