dimanche 13 décembre 2015

C'est tellement visible qu’on ne le voit pas ?

Le Grand Piège pour les Catholiques

La grande inversion au cœur du Néo-Catholicisme


Écrit par Patrick Archbold
SOURCE : THE REMNANT






Visage humain par Salvador Dali
Regardez par deux fois...










Je ne me soucie guère du terme « Néo-Catholique » car il est trop souvent considéré comme péjoratif. Pour cette raison, vous ne trouverez pas souvent ce terme dans mes écrits, pas moins pour la raison que j’ai été souvent accusé d'en être un.

Le terme « Néo-Catholique » a réellement un sens même si cette signification précise est souvent ignorée. Généralement, ce terme se réfère aux Catholiques qui prennent leur foi au sérieux mais qui n’éprouvent généralement pas de problème avec l'Église des 50 dernières années, embrassant même les changements qui se sont avérés désastreux.

Eh bien, ça, ce n'était pas moi, du moins pas entièrement. Avant ma « Traddification » ( i.e. retour à la Tradition de l’Église ), j’ai bel et bien reconnu les problèmes importants dans l'Église. En outre, j’ai bien vu la rupture qui a eu lieu pendant et après de Concile Vatican II et qui a donné lieu à la gymnastique herméneutique Néo-Catholique d’un niveau des sports olympiques. Mais même quand j'ai constaté ces choses, il m’a été difficile de mettre le doigt sur les causes profondes. Comme résultat, j’ai trop été infecté dans une certaine mesure par le même virus des nombreux autres Néo-Catholiques. Cependant, incertain concernant le bon diagnostic à poser, mes efforts à me soigner moi-même ont été parfois utiles et parfois pas.

Si tant est que j’ai passé beaucoup de temps à réfléchir à la question de savoir pourquoi j’étais capable de voir les problèmes de la « NuChurch » ( i.e. la Nouvelle Église d’après Vatican II ), que je ne voulais rien de plus qu’Elle soit orthodoxe et fidèle et que j’ai passé tellement de temps en recherches inutiles.

Avez-vous déjà vu une de ces images qui, à première vue semble une chose, mais après un certain temps une autre image apparaît ? Je me souviens d'une fois que je voyais une image tricotée dans la maison de quelqu'un qui, au premier regard, semblait comme un motif de labyrinthe monolithique. Il m’a fallu plusieurs fois avant que je réalise que les espaces entre les murs du labyrinthe formaient le nom de Jésus. Une fois que j’ai vu Jésus dans le labyrinthe, je ne pouvais plus ne pas voir le nom de Jésus dans le labyrinthe. Dès lors, ça semblait tellement évident que c’était tout ce que je pouvais voir quand je regardais l'image. Je ne pouvais plus voir le labyrinthe.

De la même façon, une fois que j’ai réalisé la véritable différence entre les façons je voyais les choses avant et la façon dont je les vois maintenant, je ne peux plus ne pas les voir. En fait, ça me semble tellement évident maintenant ; et je suis peiné de ne pas l’avoir observé avant. Comme il se trouve, il y a une cause simple à tous les problèmes que nous voyons dans l'Église et les promoteurs de ces problèmes ne sont pas gênés pour nous en parler.

Quand les gens me demandent pourquoi et comment ai-je changé, je leur parle de la grande inversion. C’est la seule chose qui sépare les « Néo-Catholiques » autrement bien intentionnés à comprendre comment ils contribuent à certains égards à ce problème.

Plusieurs commentateurs traditionnels sages ont mis l'accent sur le problème actuel dans l’Encyclique Evangelii Gaudium du Pape François. C’est au numéro # 161 : « ... ce commandement nouveau qui est le premier, le plus grand, celui qui nous identifie le mieux comme disciples : « Voici quel est Mon Commandement : vous aimer les uns les autres comme Je vous ai aimés ».

Il est facile pour les Catholiques formés et nourris par le Catholicisme Moderniste de regarder cette citation au paragraphe précédent et de ne pas voir le problème. En effet, qui est contre l'amour du prochain ?

Mais contrastez cette citation avec la façon dont Jésus a réellement répondu à la même question et le problème commence à se révéler.

« Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? » Jésus lui répondit : « « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ton intelligence ». C'est là le commandement le plus grand et le plus important. Et voici le second commandement, qui est d'une importance semblable : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même ». Toute la loi de Moïse et tout l'enseignement des prophètes dépendent de ces deux commandements ». Matthieu 22 : 36-40 (voir aussi Marc 12 : 28-31)

Le voyez-vous maintenant ? Il y a deux commandements séparés en ordre d'importance. Premièrement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. Ceci est le plus grand et le premier commandement ».


Comme vous pouvez le voir, la « NuChurch » a inversé l'ordre. Tout d'abord, la « NuChurch » a mis l’amour de Dieu sur un pied d'égalité avec l'amour du prochain comme si c’était un seul commandement. Ils voudraient nous faire croire que l'amour du prochain est égal à l'amour de Dieu. Mais, comme on peut le voir à partir du numéro #161 plus haut, même cela ne suffit pas. François, en évitant la réponse directe de Jésus à la question, répond, lui, à la question avec une toute autre citation évitant délibérément l’amour de Dieu, pas seulement comme commandement premier mais l’enfouissant tout à fait en faveur de l'amour de l'homme.

Ce changement simple mais pernicieux est au cœur de la « NuChurch ». Tous les Catholiques d'il y a un siècle comprendraient que l'amour de Dieu vient en premier et que l'amour du prochain, qui découle du premier, est le second. Mais maintenant, aimer l'homme est en premier et aimer Dieu est en second au lieu de l'inverse. Ceci est la grande inversion qui est au cœur de la « NuChurch ».

Mais ne vous fiez pas à ma parole. Écoutez le Pape Paul VI quand il aborde cette même question dans ses remarques de clôture du Concile Vatican II :

«Nous pourrions encore dire sur la valeur humaine du Concile, a-t-il peut-être fait dévier la pensée de l'Eglise en Concile vers les positions anthropocentriques prises par la culture moderne ?

Non, l'Église n'a pas dévié, mais elle s'est tournée vers l'homme ».

C’est là depuis le début. Cette erreur, cette inversion du Commandement de Vérité de Dieu est à la racine de tout cela, y compris notre liturgie centrée sur l'homme, le faux œcuménisme, l'indifférentisme et la fausse miséricorde du pontificat actuel. Ils croient que le seul amour qui importe est l'amour de l'homme. Pourtant, le Concile de Trente prend une approche très différente.

« En outre, aucun honneur, aucune piété, aucune dévotion ne peuvent être rendus à Dieu qui soient suffisamment dignes de Lui puisque l'amour envers Lui admet une augmentation sans fin. Ainsi, notre charité devrait devenir à tous les jours plus fervente envers Lui, qui nous commande de L'aimer avec notre tout cœur, toute notre âme et toutes nos forces. L'amour du prochain, au contraire, a ses limites car le Seigneur nous commande d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. D’outrepasser ces limites en aimant notre prochain comme nous aimons Dieu serait un crime énorme ». — Catéchisme De Trente, Partie 3, Chapitre 5, Question 5

Cette inversion est rendue tellement enracinée dans la « NuChurch » que, lorsqu’un Catholique place l'amour de Dieu et de ses commandements en premier comme il devrait toujours le faire, il est tourné en dérision par pas moins que le Pape lui-même qui le traite de pharisien rigide et impitoyable.

Mais une fois que vous voyez cette inversion et que vous comprenez ce qu'elle est, l'ensemble de votre démarche commence à changer et votre Néo-Catholicisme ne peut plus être soutenu.

Donc, qu’est-ce qui a changé pour moi ? J’ai compris que l'amour de Dieu est le premier et principal Commandement et Jésus dit : « Si vous M’aimez, vous garderez Mes Commandements ». Et j’ai compris que pour aimer mon prochain, je dois les aider à garder les Commandements de Dieu aussi.

Finalement je l'ai vu le piège. Je ne sais pas comment ni pourquoi, mais je l'ai vu. La Grâce de Dieu est tout. Alors que faites-vous ? Eh bien, vous essayez de mettre Dieu en premier dans chaque aspect de votre vie et vous essayez de faire la même chose pour l'Église en le criant sur tous les toits. Et vous vous battez contre le processus continu de faire de l'homme le centre de notre religion. Et vous vous battez contre une fausse pitié qui rejette le Premier Commandement. Vous vous battez parce que vous aimez Dieu. Et c’est seulement quand vous aimez Dieu d'abord que vous pouvez vraiment aimer votre prochain même si votre prochain vous hait pour cela.