vendredi 18 décembre 2015

Déclaration de Munich : 200 théologiens signent

pour des changements fondamentaux dans l'Église



par : Maike Hickson
SOURCE : Life Site News


Cardinal Marx

MUNICH, le 17 Décembre 2015 (LifeSiteNews) - Un Cardinal Catholique avec une grande influence sur François s’est adressé à une conférence, en début de ce mois, où environ 200 théologiens ont publié une déclaration commune appelant à des changements fondamentaux dans l'Église — dans l'intérêt, selon eux, de mettre pleinement en œuvre le Concile Vatican II.

Le Cardinal Reinhard Marx de l’Archidiocèse de Munich a agi comme hôte de la conférence les 6-8 décembre de ce mois dont le thème était « Pour s’ouvrir au Concile — Théologie et l'Église à la Lumière du Concile Vatican II ». La conférence a aussi bénéficié d’une allocution du Cardinal Karl Lehmann, ancien président de la Conférence des Évêques Allemands.

La Déclaration de la conférence, se référant aux « impulsions du Concile Vatican II » en cours a proposé des réformes à être réalisées dans de nombreux domaines de l'Église :

DÉCLARATION DE MUNICH
200 Théologiens
Les 6-8 décembre 2015


  • « Tant que la liberté de conscience, la liberté d'expression et les droits de participation des laïcs ne seront pas pleinement reconnus au sein de l'Église Catholique, le caractère de la Foi en tant qu’un acte de la volonté libre ne sera pas pleinement pris en compte ».

  • Par conséquent, les Droits de l'Homme doivent être encore pleinement mis en œuvre dans l'Église Catholique.

  • La théologie doit être capable de revendiquer sa pleine liberté.

  • La théologie — parallèle au Magistère des Évêques — doit maintenant devenir aussi « dans le sens de la Tradition, un Magistère académique indispensable dans l'Église ».

  • « Le Concile Vatican II a mis en œuvre de manière exemplaire la tâche d'un Magistère des Évêques pastoralement défini afin de modérer le processus d'interprétation de la Tradition et de l'expérience vécue de la foi. La théologie joue un rôle important dans ce processus, qui implique lui-même une auto-relativisation [sic] — pour inclure le courage de réviser les déclarations du Magistère ».

  • Le discours entre le Magistère des Évêques et la théologie— qui implique une certaine tension — en ce qui concerne l'interprétation de la Foi doit être « dirigé d'une manière qui est ouverte à ce que le résultat du discours peut être ».

  • La voix du Peuple de Dieu, dans sa diversité, doit être entendue.

  • Dans la perspective d'une « herméneutique qui est attentive aux Droits de l'Homme », l'image d'une « Église comme Peuple de Dieu » et d’une « Collégialité » doivent être remises les deux à la fois au centre de l'attention. En outre, la « Synodalité doit devenir à nouveau le principe de structuration au sein de l'Église ». Ce Synodalité « doit être juridiquement mise en œuvre, applicable de façon fiable et doit être aussi implantée à tous les niveaux ecclésiastiques ».

  • Le Concile Vatican II a fait des développements étonnants à l'égard de l'œcuménisme. Ainsi l'Église elle-même s’est ouverte au dialogue avec d'autres « églises », « après qu'elle ait eu renoncé à son exclusivisme d’auto-conception ». « Cette prise de conscience s’est aussi installée, non pas au sujet d’une unité [parmi les« églises » ] mais, plutôt au sujet de préserver la scission. Les différences confessionnelles « ne jouent plus un rôle important dorénavant ».

  • L'ouverture oecuménique doit aussi influencer la Liturgie et le Droit Canon plus pleinement.

  • La Conférence se distancie explicitement « de toute forme de fondamentalisme religieux ou d’auto-isolement ».

  • Une liturgie vivante exige « une forte participation des Églises locales » ainsi que « une réflexion continue avec l'aide d'une théologie assimilée ».


Parmi les signataires de cette longue déclaration, il se trouvent plusieurs noms qui sont peut-être déjà connus des lecteurs de LifeSiteNews : le Professeur Eva-Maria Faber de Coire, Suisse — une oratrice controversée au « Concile des ombres » ( Synode parallèlle à Rome avant le vrai Synode) tenu le 25 mai à la Université Grégorienne de Rome ; le Professeur Eberhard Schockenhoff de Freiburg, Allemagne — un autre participant du « Concile des ombres » ; et le Professeur Allemand Michael Sievernich, SJ, qui fut nommé spécialement par le Pape lors du récent Synode des Évêques sur la Famille qui a défendu l'idée d'admettre les « divorcés/ remariés » à la Sainte Communion. Un des organisateurs de la conférence était le professeur Stephan Goertz qui a fait la nouvelle en déclarant publiquement qu’une relation homosexuelle doit même être considérée comme ayant un caractère sacramentel.

Alors que les signataires sont tous des théologiens professionnels, le Cardinal Lehmann a servi comme Président d'honneur de la Conférence. Dans son discours, le Cardinal a salué le Pape François lui-même pour avoir redonné une plus grande liberté au Synode des Évêques, d’après un compte rendu sur le site Web des Évêques allemands. Il a dit que la mise en œuvre et l'extension du principe de la Synodalité sont maintenant plus importantes qu’un Troisième Concile Vatican. Selon le National Catholic Reporter, Lehmann a dit lors de sa conférence que l'un des plus grands échecs de l'Église au cours des décennies récentes a été le fait que « que nous n’avons pas pris les changements sociétaux qui ont eu lieu après le Concile Vatican II et plus particulièrement ceux de 1968, et de l'effet profond qu'ils avaient causé sur les gens, suffisamment au sérieux ». Il pourrait être utile de se rappeler que le Cardinal Lehmann lui-même était un membre dirigeant du « Groupe de Saintt Gallen » qui s’est rencontré régulièrement dans les années 1990 et 2000 et qui est connu pour son désir des changements moraux et doctrinaux dans l'Église.

Le Cardinal Marx, l'actuel président de la Conférence des Évêques Allemands, a déclaré dans son allocution que les textes du Conseil devraient être une « impulsion » pour la réforme dans l'Église. « Ils sont une impulsion à penser plus loin et à reprendre le fil à nouveau » a-t-il dit, selon le National Catholic Reporter.

« Quand nous nous retournons pour regarder les textes du Concile, à l'esprit de Concile et aux débats théologiques qui ont eu lieu, nous devons évidemment être profondément reconnaissants mais nous ne devons pas arrêter là. ... Le Concile nous a donné le don de nouveaux départs que nous pouvons et devons relever d'une manière nouvelle d'aujourd'hui » a-t-il dit.

« L'Église est non seulement une Église Enseignante mais Elle est Apprenante. Elle est ouverte à l'histoire et aux signes des temps » a-t-il ajouté.

Le Cardinal Marx est membre du Conseil de neuf Cardinaux qui a été fondé par François pour l'aider dans ses réformes proposées pour l'Église.

Steve Jalsevac, co-fondateur de LifeSiteNews, a fait un lien éclairant dans son blog entre les développements actuels dans l'Église et certains des mouvements réformistes et révolutionnaires antérieurs des années 1980. Ces mouvements d’alors avaient aussi essayé de modifier fondamentalement les positions morales et doctrinales de l'Église. Jalsevac cite, par exemple, les paroles candides de l'un de ces réformateurs et activistes, et ces paroles sonnent encore très familières, en effet, surtout dans le contexte de cette Déclaration de la Conférence de Munich citée ci-dessus :

« Je déteste et je crains le dogme ».
« Le dogme est l'ennemi de la liberté humaine ».
« Un organisateur travaillant dans et pour une société ouverte est dans un dilemme idéologique. Pour commencer, il n'a pas une vérité fixe — la vérité lui est relative et changeante ; tout lui est relatif et changeant ... Il doit constamment examiner la vie, y compris la sienne, pour avoir une idée de ce que se passe... L’irrévérence, essentielle dans un questionnement, est une condition nécessaire ».