mardi 1 décembre 2015

Cardinal Sarah et Mgr Schneider

recollent les pots cassés



Par : Diane Montagna
SOURCE : Aleteia



CITE DU VATICAN - Plus tôt ce mois-ci, François a suscité la controverse quand il a exprimé des commentaires sur l'intercommunion tout en adressant un rassemblement de Luthériens à Rome. (Voir l’histoire plus détaillée ici),

Répondant à une question d'une femme Luthérienne non-italienne qui a exprimé son regret qu'elle ne pouvait pas recevoir la Sainte Communion avec son mari Catholique, le Pape a déclaré qu’alors qu'il ne lui donnerait jamais la permission de recevoir l'Eucharistie parce que ce n’est pas de ses compétences ou de sa juridiction, il a dit qu'elle devait « parler au Seigneur et ensuite aller de l'avant ».

En raison de la confusion sur les paroles du Pape, nous avons demandé au Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements et à Mgr Athanasius Schneider d'Astana, au Kazakhstan, de donner leur avis sur la question.

Le Cardinal Sarah a offert ce premier commentaire en disant : « L’intercommunion est interdite entre Catholiques et non-Catholiques. Vous devez confesser la Foi Catholique. Un non-Catholique ne peut pas recevoir la Communion. Cela est très, très clair. Il ne s’agit pas de suivre votre conscience ».

Son Eminence a aussi répondu à plusieurs autres questions :

Est-ce qu’un prêtre pourrait donner la Sainte Communion à un mari et à sa femme s’il sait qu’un est Catholique et l'autre ne l’est pas ?

Non, nous donnons la Communion aux Catholiques. Beaucoup de prêtres m'ont dit : « Je donne la communion à tout le monde ». C’est absurde.

Parfois, un Anglican, qui est très loin de son église pour une très longue période de temps et qui désire recevoir la Communion, peut participer à la Messe et recevoir la Communion dans l'Église Catholique s’il n'y a pas de péché et s’il est bien marié. Parce qu'il croit dans l'Eucharistie même si, dans l'Église Anglicane, il n’y a pas d'Eucharistie parce qu’il n'y a pas de sacerdoce. Mais c’est rare et ça peut se produire dans des circonstances très exceptionnelles. C’est quelque chose d'extraordinaire et non pas ordinaire.

Mais un Catholique ne peut pas recevoir la Communion dans l'Église Anglicane parce que il n'y a pas de Communion ; il n'y a qu'un pain. Le pain n’est pas consacré parce que le prêtre n’est pas un prêtre. Depuis la rupture d'Henri VIII avec l'Église Catholique, les Ordres sacerdotaux dans l'Église Anglicane sont devenus caducs. Donc, la Consécration n’est pas valable et ce n’est donc pas l'Eucharistie.

Et une femme qui est Luthérienne ou Anglicane et qui est mariée à un homme Catholique ? S’ils vont à la Messe le dimanche, n’est-il jamais possible pour elle de recevoir la Communion ?

Le jour de leur mariage, le prêtre a donné la Communion à l'époux Catholique et non à la Luthérienne ou à la femme Anglicane. Il en est de même s’ils vont à la Messe ensemble car il n'y a pas d'intercommunion : entre Anglicans et Catholiques, entre Catholiques et Protestants. S’ils vont à la Messe ensemble, le Catholique peut communier mais la Luthérienne ou l’Anglicane ne le peut pas.

Si nous ne sommes pas unis dans la Foi et dans la Doctrine, pensez-vous qu’en ouvrant les portes à l'intercommunion ça saperait la croyance en la Présence Réelle ?

Je pense que ça promouvrait la profanation. Nous ne pouvons pas faire cela. Ce n’est pas que je doive parler au Seigneur afin de savoir si je dois aller à la communion. ( note : ici c’est une contradiction directe avec ce qu’a dit le Pape) Non, je dois savoir si je suis en accord avec la règle de l'Église. C’est ma conscience qui dit : « Va ». Ma conscience doit être éclairée par la règle de l'Église qui dit que, pour communier, je dois être en état de grâce, sans péché et avoir la foi de l'Église Catholique... Ce n’est pas un désir personnel ou un dialogue personnel avec Jésus qui détermine si je peux recevoir la Communion dans l'Église Catholique. Comment puis-je savoir que le Seigneur a vraiment dit : « Venez et recevez Mon Corps ». Non. Une personne ne peut pas décider par elle-même si elle est capable de recevoir la Communion. Il doit y avoir la primauté de l'Église : c’est-à-dire, être Catholique, être en état de grâce et bien marié [si marié].

Mais certains pourraient dire que l'ouverture des portes de l'intercommunion serait une façon pour les conjoints de devenir plus un ?

Mais le Seigneur nous aide à être un si nous le recevons correctement. Si non, ça ne crée pas l'unité. Nous allons manger notre condamnation. Saint Paul dit : « Que chacun donc s'examine soi-même… Car si quelqu'un mange du pain et boit de la coupe sans reconnaître leur relation avec le corps du Seigneur, il attire ainsi le jugement sur lui-même. (1 Corinthiens 11 : 27-29). Par conséquent, nous ne réussissons pas à devenir un si on participe avec le péché avec un mépris pour le Corps du Christ.

Mgr Schneider répond

Mgr Schneider était également franc au sujet de la question en disant que l'Église doit être « très claire avec les Protestants, elle doit ne rien cacher ».

« Nous lisons dans le document du Concile Vatican II que le vrai œcuménisme n’est pas de l’irénisme *, mais un dialogue sincère dans lequel nous ne cachons rien de notre identité ». Il a ajouté que tout geste qui n’est « pas clair, pas sincère, ambigu n’aidera jamais le vrai œcuménisme » à « tous les niveaux ».

Il a dit que « les pasteurs et les bergers» doivent être « très prudents » dans leurs déclarations pour ne pas « créer d'ambiguïté ni de confusion chez les gens », les amenant à croire que « les doctrines Catholique et Protestante sont fondamentalement les mêmes avec des différences mineures ».

« Ce n’est pas vrai. Ça ne répond pas à la réalité ou à l'Évangile. Toutes les vérités de l'Église Catholique sont les vérités de l'Évangile. Et ces Doctrines Catholiques que les Protestants nient sont contre l'Évangile. Nous devons parler clairement ».

En ce qui concerne les paroles du Pape à la femme Luthérienne, il a aussi dit qu'il est important de ne pas exagérer l'infaillibilité des Papes. Dans ses gestes et expressions habituelles, le Pape n'a pas pour but d’« obliger ou d'imposer » aux fidèles à croire ce qu'il exprime.

« Je suis convaincu que François n’est pas contre quelqu'un qui lui dit : « Saint-Père, je ne suis pas d'accord avec cette expression. Vous ne m’avez pas dit que vous m’obligiez à accepter cela car ce n’est pas votre intention de parler de façon définitive. Je sais que nous pouvons être dans un dialogue respectueux avec vous pour éclaircir ces questions ».

Il a ajouté : « Je pense que nous devons être dans un climat de dialogue qui est libre d'intimidation. Sinon, ce sera une atmosphère de dictature et je pense que François n’aime pas être considéré comme créant une atmosphère d'inquisition, de dictature ou de persécution de quelqu'un qui exprime ses pensées et ses opinions ».

* Irénisme : Attitude de compréhension et de charité, adoptée entre chrétiens de confessions différentes pour l'exposé et l'étude des problèmes qui les séparent.