jeudi 3 décembre 2015

Allez aux périphéries ?

Que diriez-vous de les écouter ?


SOURCE : par Christopher A. Ferrara
Fatima Network Perspectives
Le 2 décembre 2015

L'époque post-Vatican II a été en proie à une prolifération de slogans et de mots à la mode des gens que l'Église n'avait jamais vus auparavant : « collégialité », « dialogue », « dialogue avec le monde », « dialogue interreligieux », « l'œcuménisme », « aventure oecuménique », « dialogue œcuménique »,« communion partielle », « communion imparfaite », « diversité réconciliée », « l'Église du Nouvel Avent », « le nouveau printemps de Vatican II », « la nouvelle Pentecôte », « La nouvelle évangélisation », « la civilisation de l'amour », la « purification de la mémoire », la « procréation responsable », la « solidarité », « la mondialisation de la solidarité », « l'esprit d'Assise », le « cheminement », le « cheminement pénitentiel »,l' « accompagnement », « for interne », « discernement », « Église Synodale », « ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise » et ainsi de suite.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Ajoutez à ce tas de non-sens et de presque non-sens un slogan qui est devenu la véritable devise de ce pontificat : que l'Église doit « aller vers les périphéries » ou « atteindre les périphéries » ou « pour atteindre les « périphéries » » ou encore « aller aux périphéries, non seulement géographiquement, mais les périphéries aussi existentielles » ou quelque chose comme ça. Cette idée semble impliquer des voyages constants du Pape vers les pays du tiers monde, y compris le voyage qui vient de se terminer au Kenya, en Ouganda et en République Centrafricaine.

Ma question à cet égard a déjà été posée par Andrea Gagliarducci : « Quelles périphéries ? » Il me vint à l’esprit — et j’ai appris en écrivant cet article que c’était aussi arrivé à Gagliarducci — que François semble avoir une prédilection pour les « périphéries » qui sont anti-romaines et hostiles à l'enseignement traditionnel de l'Église contre des erreurs comme la théologie de la libération et l'admission des adultères publics (les soi-disant divorcés remariés) à la Sainte Communion.

Comme le note Gagliardiucci : « Son sentiment contre Rome n’est pas partagé par les périphéries de l'Église en Afrique et en Europe de l'Est ... » Parmi les prélats de l'Europe de l'Est tout comme en Afrique, il y avait une farouche résistance à la poussée de François de trier sur le volet des Progressistes Synodaux pour renverser la discipline bimillénaire de l'Église en ce qui concerne les divorcés et « remariés » qui a été maintenue par le Pape polonais dans Familiaris Consortio. Et pourtant, note Gagliarducci : « Aucune de ces périphéries n’a été récompensée par un nouveau Cardinal ».

D'autre part, par exemple, à la périphérie de la distante de la Nouvelle-Zélande, François a tiré l’oreille de l’Archevêque ultra-progressiste Mgr John Atcherley Dew pour qu’il prenne le chapeau de Cardinal. La Nouvelle-Zélande, comme Gagliardiucci l’observe, « est l'un des pays les plus sécularisés dans le monde », là où « l'Église catholique ... a dérivé vers la désacralisation », la « dernière réforme liturgique a laissé tomber l'exigence que les fidèles s’agenouillent lors de la Consécration, les « prêtres » sont le plus souvent considérés comme des « livreurs de sacrements » alors que toute l'Église est aux mains des laïcs » et « l'ordre du jour est principalement axé sur les questions sociales et très maigrement sur la Doctrine ».

Pour prendre un autre exemple, à la périphérie de l'Uruguay, François a fait un Cardinal de l'Archevêque de Montevideo, Daniel Fernando Sturla, qui « vient du pays le plus athée d’Amérique du Sud, et ... pense probablement que l'antidote à l'hémorragie des fidèles est pour l'Église de se rapprocher vers leurs positions ... »

Comme Gagliarducci le présume à juste titre : « Ainsi naît l'idée qu'il existe des périphéries dignes de préoccupation et d'autres qui ne le sont pas ... Il semble que les périphéries préférées du Pape sont celles qui perçoivent toute institution centrale avec suspicion et qui visent à l'autonomie pastorale non liée la Doctrine de l'Église ».

Ainsi, il n’est pas surprenant de constater que les « périphéries » choisies de François se sont jointes aux Progressistes Allemands en forçant pour le renversement de la discipline sacramentelle de l'Église aux deux sessions du Synode. Pendant ce temps, les prélats des périphéries Africaines et Européennes de l'Est avaient tout ce qu'ils pouvaient gérer simplement pour éviter une catastrophe pure et simple au Synode 2015.

Quant à l'Afrique, nous savons que le Cardinal Kasper, le « théologien du Pape » — que François a personnellement nommé comme membre votant du Synode en 2015 — a été surpris sur un enregistreur numérique à prendre plaisir dans un ridicule raciste envers les Évêques Africains pour leur « tabou » contre la Sainte Communion pour adultères et l'ouverture aux « gays », remarques qu'il a niées à tort avoir faites jusqu'à ce que l'enregistrement l’a démasqué comme menteur.

Mais la condescendance raciste envers les Africains orthodoxes continue. Comme le rapporte le site Life Site News, il vient de paraître un article sur le site web de la conférence des Évêques allemands où l'auteur est d'avis que l'Église en Afrique est de plus en plus en croissance parce que :

« Les gens sont socialement dépendants et n’ont rien d'autre que leur foi seulement. Elle est en croissance parce que la situation de l'éducation, en moyenne, est à un niveau plutôt bas et que les gens acceptent des réponses simples à des questions difficiles. Des réponses comme celles qui fournit le Cardinal Sarah de Guinée. Et même le nombre croissant de prêtres est le résultat non seulement du pouvoir missionnaire mais aussi le résultat du fait que la prêtrise est l'une des rares possibilités de sécurité sociale sur le continent noir » [ !].

En d'autres termes, les Catholiques de l'Afrique sont des pauvres nigauds, le Cardinal Sarah flatte les simples d'esprit et le clergé africain est principalement intéressé par un emploi sûr. Si de telles injures grossières avaient été publiées concernant les populations Musulmanes de l'Afrique ainsi que de leurs clercs, l'auteur aurait été dépouillé de sa position et banni à destination d’un goulag ecclésiastique. Mais nous voyons ici, encore une fois, que dans l'Église du « dialogue » et de la « rencontre », régie par la dictature de « l'idéologie para-conciliaire », ce sont seulement les Catholiques orthodoxes qui jouent franc jeu concernant la discrimination, la diabolisation et la dérision.

C’est une chose de mettre en scène le Big Show des voyages vers les périphéries de l'Afrique mais tout à fait une autre d’écouter l'Église d’Afrique et d’écouter les conseils de ses prélats quand ils défendent la Foi contre les attaques des périphéries que François semble préférer qui sont dirigées par des hiérarchies décidément non périphériques, modernistes et infestées des nations industrialisées occidentales décadentes dont les prélats ont été autorisés à manipuler le Synode Bidon à chaque étape.

Une voix d'Afrique que François doit écouter avec beaucoup d'attention est celle-là même dont la Conférence des Évêques Allemands corrompus vient de se moquer. Dans son intervention au Synode 2015, le Cardinal Sarah a dignement averti : « Ce que le fascisme nazi et le communisme ont été au 20ème siècle, les homosexuels occidentaux, les idéologies de l'avortement et le fanatisme islamique le sont aujourd'hui ».

Mais c’est la dernière chose que nous pouvons nous attendre que l'appareil du Vatican actuel puisse proclamer. Les ecclésiastiques contemporains considèrent de tels points de vue comme appartenant à la frange lunatique — en d'autres termes, aux périphéries de l'Église d’aujourd'hui, à la fois « géographiques et existentielles », qui sont là où les Catholiques Orthodoxes ont été repoussés. Voilà pourquoi l'Église endure maintenant la pire crise de sa longue histoire.