dimanche 17 juillet 2016

Vigile sur le Vatican ...

N’attendez pas tant
de la Commission du Pape
sur la Protection des Enfants



Article écrit par Elisabeth Yore
Le 12 juillet 2016

Elizabeth Yore est une avocate internationale spécialisée en matière des droits de l'enfant et un membre de l'Institut Heartland.

Elle a enquêté sur les abus sexuels de l’Église et elle a assisté les victimes Belges de pédophilie et leurs familles. Elle sait donc ce dont elle parle ici.

SOURCE : The Remnant








Manifestation contre l'Évêque Barros devant la Cathédrale
Le 21 mars 2015, à Osorno, Chili

« C’est l'attitude argentine : réprimer et ignorer »
V.S.Naipaul, Le Retour d’Eva Peron

À l'été 2011, le volcan Puyehue près de la ville Chilienne d’Osorno, a éclaté envoyant un nuage de cendres tourbillonnant dans le ciel du Chili et blanchissant les terres agricoles de cendres. Peut-être que Mère Nature était prémonitoire anticipant la prochaine réaction volcanique par les Catholiques d’Osorno à la nomination du plus méprisé et discrédité Mgr Juan Barros par le Pape François en mars à 2015.

Ce qui est en question, c’est la sélection par le Pape d'un Évêque avec une longue et sordide histoire de couvrir les abus sexuels du clergé. Comme dans toutes les intrigues politiques, la faute initiale est éclipsée par le comportement néfaste ultérieur joué dans les couloirs du Vatican.

Les rebondissements improbables et les détours de cette histoire se lisent comme un thriller du Vatican du style « Anges et Démons » avec de puissants Cardinaux et Évêques qui témoignent en cour, avec un enregistrement secret du Pape dans une de ses diatribes révélatrices et sans surveillance ainsi que le piratage de courriels explosifs entre deux prélats éminents qui complotent, surmonté d'une dose malsaine de sexe illicite et d'exploitation sexuelle de mineurs en série par un prêtre puissant.

En sillonnant cette saga moderne choquante d’intrigues et de politique ecclésiale papale de porte arrière sont les empreintes des Souliers de Saint Pierre, qui émerge non comme le pontife miséricordieux, mais plutôt comme un calomniateur et un opérateur politique revêche. François s'expose comme le courtier de puissance ecclésiale qui en diffère à ses frères Cardinaux plutôt que « d'accompagner heureusement » les victimes d'abus du clergé et se moque des seuls laïcs d’Osorno qui exigent que l'Église se débarrasse des prédateurs.

L'histoire commence avec les Catholiques d’Osorno qui sont sur leurs genoux à prier pour un reversement de décision du Pape. Espérant que leurs pétitions de prière seraient répondues, les Catholiques d’Osorno ont tenu des veillées et processions de prière aux chandelles, ont écrit des pétitions au Pape François le suppliant de retirer la nomination Barros.

Cependant, le 21 mars 2015, Mgr Juan Barros a été installé comme Évêque d’Osorno et le peuple a explosé en colère dans une mêlée furieuse et dans une démonstration à la Cathédrale de San Mateo.

Cette éruption fut entendue dans tout le monde Catholique, mais ignorée de la Cité du Vatican.

La protestation à la Cathédrale

Il est rare que la moyenne des fervents Catholiques allant à la Messe et priant le chapelet prennent d’assaut une Cathédrale. Les fidèles Catholiques d’Osorno ont pris les choses en main. Ils voulaient désespérément empêcher Mgr Barros de diriger le diocèse en tant que leur chef spirituel, lui qui a été identifié par les victimes d'abus sexuels comme un protecteur de prédateur. Avec aucune autre option, des milliers de Catholiques, se sont revêtus de noir, ont pris d'assaut la Cathédrale San Mateo au cours de la cérémonie d'installation de Barros. En dépit de la protestation, la cérémonie est allée de l’avant et Barros a été installé comme Évêque de Osorno.

Le scandale qui a secoué le Chili

Depuis 2010, quand la nouvelle a envahi les manchettes à propos du scandale sexuel ecclésiastique, les Chiliens ont été inondés avec les révélations macabres et sordides du bien connu Père Fernando Karadima et de son choquant scandale d’abus sexuels ainsi que sa couverture par la hiérarchie. Pendant cinq ans, le pays a observé avec horreur les gens, les survivants et le pouvoir judiciaire, ils ont appris l'ampleur et la profondeur du scandale de l’Église. Le plus choquant pour les Chiliens était le niveau de complicité et de dissimulation impliquant de nombreux dignitaires religieux qui ont été nommés par les victimes comme ayant dissimulé les abus de Karadima y compris l'Évêque Barros.

Contre ce contexte épouvantable, le Pape François a stupéfié les Chiliens en nommant l'un des pires protecteurs de Karadima, Mgr Juan Barros, à la tête du diocèse d’Osorno. Un mois plus tard, plus de 1 300 Catholiques à Osorno, avec 30 prêtres diocésains et 120 membres du Parlement Chilien ont envoyé une lettre au Pape François lui demandant d'annuler la nomination de Mgr Barros qui était prévue pour le 21 mars 2015. La lettre a été donnée au Pape François, pourtant la nomination n'a pas été annulée par François. Comme les Catholiques d’Osorno l’apprendront peu après, la politique interne de l’Église l'emporte sur la volonté des gens dans les bancs d’église.

Les victimes dénoncent Karadima

En 2010, trois des victimes survivantes —James Hamilton, Fernando Batlle et Juan Carlos Cruz — ont révélé que le Père Karadima a abusé d'eux sexuellement au presbytère de l’église du Sacré-Coeur de Jésus à Santiago du Chili dans les années 1980. Au moment des abus, ils avaient 17 ans. Le tapage médiatique sur ces divulgations ont obligé le Cardinal Chilien Errazuriz à envoyer un dossier de 700 pages sur Karadima à la Congrégation du Vatican pour la Défense de la Foi (CDF).

Après une enquête sur les accusations, la CDF, pendant le pontificat de Benoît XVI, a trouvé Karadima coupable d’avoir abusé sexuellement des mineurs au Chili et, en raison de son âge avancé de 80 ans, elle lui a ordonné de se retirer dans « une vie de prière et de pénitence ».

Cruz et quatre autres hommes ont témoigné à la procédure pénale contre Karadima, mais l'affaire a été rejetée à cause des statuts sur les limites de temps ou les prescriptions légales pour poursuivre. Toutefois, en appel, la Juge Jessica Gonzalez a présenté un rapport dommageable et inculpant de 84 pages sur le Père Karadima, trouvant qu'il avait entretenu et manipulé ses victimes. Au cours de l'enquête du Juge Gonzalez, les Cardinaux Ezzati et Errazuriz ont témoigné. La Juge a critiqué Errazuriz pour ne pas avoir agi compte tenu des allégations pendant des années.

La Juge Gonzalez a trouvé que Karadima utilisait de la « violence morale » auprès de ceux sous son pouvoir. Dans le rapport, la Juge a décrit sous forme de détails graphiques les incidents d'abus sexuels par Karadima. La Juge a déterminé que la volonté de l'une des victimes, James Hamilton, « a été annulée, écrasée ou subjuguée par l'autorité exercée par le contrevenant, sans aucune limite, ce qui a amené la victime à se résigner aux abus ».

La Juge Gonzalez a jugé que les allégations d'abus sexuels contre l’éminent prêtre étaient « véridiques et fiables ». Après le rapport de Gonzalez, le Cardinal Francisco Errazuriz, Archevêque Émérite de Santiago, a présenté des excuses publiques pour ne pas avoir cru aux accusations faites par les victimes en 2003 contre Karadima.

Cependant, deux ans plus tard, le Pape François récompensera Errazuriz avec un très prestigieux poste au Vatican.

Les victimes d'abus de Karadima sont maintenant des hommes. Ils ont dit à plusieurs reprises leurs histoires d'abus traumatique et divulgué les détails sordides de violence sexuelle aux tribunaux civils et criminels, aux médias, au public et au Vatican. En raison du passage du temps, le système juridique leur a refusé justice et leur agresseur nie toujours ses abus. La douleur persistante du traumatisme est encore aggravée par le scepticisme et l'apathie du Pape François et ses confidents les plus proches vis-à-vis leurs divulgations.

À gauche : Le Père Fernando Karadima : le Prêtre criminel

Les prédateurs sexuels présentent souvent un magnétisme personnel, un charme et un charisme, qui leur permet d’entretenir habilement les parents ainsi que les enfants. Le Père Fernando Kardima ne faisait pas exception.

Derrière son vernis de popularité, un monstre prédateur sexuel rôdait qui a pris en proie des mineurs aussi loin que dans les années 1980. Il s’est bâti une suite de prélats puissants dont leur couverture lui a permis d’abuser d’innombrables enfants.

Pendant qu’il prenait en proie des enfants, il était aussi conseiller de nombreux prêtres, dont quatre sont devenus Évêques, y compris l’Évêque Barros.

Les victimes dénoncent Barros

Le 19 mars 2015, deux jours seulement avant la cérémonie d'installation de Mgr Barros, trois victimes du Père Karadima ont publié la déclaration suivante à propos du Père Karadima a et de Mgr Barros. Ça se lit en partie comme suit :

« Le Peuple du Chili et du monde sont déçus en raison de la nomination de l'Évêque Juan Barros à la tête du diocèse d’Osorno, Chili. Un homme que nous connaissons et que nous avons accusé d’être témoin d’abus sexuels, de nos abus, et par conséquent d’encourager la dynamique de la perversion du pouvoir.

Comme survivants des abus par Karadima et de la complicité de l'Évêque Barros, nous sommes habitués aux coups que nous avons reçus de la hiérarchie Chilienne, mais jamais du Saint-Père directement. C’est difficile de croire que c’est le Pape lui-même qui a dit il y a quelques jours : « Les familles doivent savoir que l'Église fait de grands efforts pour protéger leurs enfants qui ont le droit de lui parler avec confiance parce que l’Église est une maison sûre ». Signé Juan Carlos Cruz, James Hamilton et Jose Murillo.

Juan Carlos Cruz, maintenant âgé de 51 ans et cadre dans une entreprise Fortune 500, a maintenu la culpabilité Mgr Barros à plusieurs reprises : « Cet Évêque fut témoin de mes propres abus ainsi que de nombreux autres garçons sur une période de 35 ans. Barros était là et il a tout vu ». Sa déclaration a été corroborée par une autre victime de Karadima, le Dr. James Hamilton, maintenant âgé de 49 ans : « J’ai vu comment Barros a regardé tout cela ». Cruz a également révélé que Karadima et Barros étaient intimes l’un avec l'autre devant les victimes : « J’ai vu Karadima et Juan Barros s’embrasser et se toucher l’un l’autre ».

Le copinage papal : la curieuse et troublante nomination de Mgr Barros

À gauche : le Pape François avec l'Évêque Barros

Pourquoi l'intransigeance et la persistance par le Pape François de soutenir un Évêque discrédité et peu recommandable ? Qu'est-ce qui est arrivé à la « tolérance zéro » de François pour les abus sexuels commis et pour les Évêques qui les couvrent ?

Mgr Barros était certes le protecteur de l'un des pires prédateurs sexuels. Bien que Barros n'ait jamais été inculpé d’avoir couvert les abus de Karadima, les témoignages suggèrent que Barros a détruit la correspondance incriminante et d'autres victimes ont affirmé que Barros était présent lors des abus de Karadima. Bien que les tribunaux Chiliens soutiennent la preuve testimoniale, Barros a nié ces allégations et n'a jamais fait face à une poursuite civile ou canonique. Barros continue de soutenir qu’il « n’a jamais eu connaissance ou aurait pu imaginer ces graves abus que ce prêtre a commis contre les victimes ».

Le Cardinal Chilien Errazuriz — Confident et membre du Cabinet du Pape.

Pendant les affres du scandale Karadima et après que la CDF du Vatican ait reconnu Karadima coupable d'abus sexuels sur des mineurs, le Pape François nomme le Cardinal Francisco Javier Errazuriz au Conseil des Cardinaux, le puissant Cabinet de Conseil Pontifical. Le Pape François a également accordé le chapeau rouge au Cardinal successeur de Errazuriz à Santiago: Ricardo Ezzati Andrello.

Les victimes de Karadima ont été stupéfaites et furieuses sur les sélections mal conseillées, insensibles et irresponsables du Pape. « Pourquoi le Pape François, qui essaie de nettoyer l'Église, choisirait un homme comme Errazuriz qui a fait tant de mal à tant de personnes par ses actions ? » a demandé Cruz. « Errazuriz a dit qu’il nous croyait pas et a minimisé les cas d'abus sexuels. Ezzati a fait la même chose. Pourquoi des hommes comme ça sont des confidents du Pape ? »

L’influence du Vatican et les intrigues : taire les victimes

En 2013-14, au cours de la première année de la papauté de François, François a établi sa Commission de Protection des Enfants tant vantée. À l'insu de Juan Carlos Cruz, les deux Cardinaux Chiliens, Ezzati et Errazuriz travaillaient dans les coulisses pour assurer que Juan Carlos Cruz ne serait jamais un membre de la Commission. Ils ont suivi de très près les nominations potentielles ou les invitations à Cruz et ils ont manœuvré rapidement pour les subvertir.

En septembre 2015, le site Internet chilien El Mostrador a piraté des emails entre les Cardinaux Errazuriz et Ezzati concernant Juan Carlos Cruz :

Les e-mails de Serpent

À gauche : Les correspondants papaux : le Cardinal Ezzati and le Cardinal Errázuriz

Les E-mails entre les Cardinaux Ezzati et Errazuriz (2013-14)

(Ci-dessous sont traduits et édités librement des sélections de l'échange de courriels) :

Ces e-mails ont été échangés lors de l'annonce du Vatican de la nouvelle Commission Pontificale sur la Protection des Enfants en 2013-14. Les courriels ont été rendus publics par les médias en en septembre 2015 après que Barros soit devenu Évêque d’Osorno.

Voici quelques extraits des courriels échangés par les deux Cardinaux Chiliens. Notez la caractérisation choquante de la victime d'abus, Cruz, comme étant un serpent. L'Archidiocèse de Santiago a confirmé l'authenticité des e-mails.

De : Cardinal Ricardo Ezzati (au Chili)

À : Cardinal Francisco Javier Errazuriz (au Vatican)

Posté le 21 avril 2013, 19 :36

Ce matin, j'ai entendu une histoire qui ne m’a pas plu du tout. Un journaliste m'a informé que M. Cruz a été invité par la Conférence Épiscopale Anglophone pour témoigner de l'expérience de ses souffrants abus par le Père Karadima et le comportement de l'Église de Santiago par rapport à ceux-ci. La rencontre aura lieu à Rome dans la dernière semaine de mai. Je sollicite votre avis pour voir qui peut intervenir à Rome en vue d’empêcher cela de se produire. Nous connaissons l'intention de M. Cruz envers vous et envers l'Église de Santiago. J'espère que nous pouvons éviter les mensonges à propos de l'Église. Désolé de mettre fin à votre dimanche avec cette situation.

Francisco Javier Errazuriz a répondu avec emphase, le lendemain de ce e-mail ci-dessus de la part de Ricardo Ezzati. Voici son email du 21 avril, 2013.

De : Francisco Javier Errazuriz

À : Ricardo Ezzati

SUJET : « Le Serpent ne prévaudra pas ».

De : Françoisco Javier Errazuriz

À : Ricardo Ezzati

Publié le 22 avril 2013, 07 :17

Comme il est étrange que ce soit le Dimanche du Bon Pasteur, vous avez également à traiter avec les voleurs et les loups ! Je demande un fait : quels sont les pays Anglophones inclus dans cette Conférence Épiscopale ? Je vois deux chemins qui devraient être suivis simultanément :

1. Le président de la Conférence Épiscopale, à qui nous écrivons, l’avertissant des graves dommages que l’invitation à Cruz va causer. Il est absurde d'inviter Carlos Cruz qui déforme la vérité. En outre, il va utiliser l'invitation pour continuer de nuire à l'Église.

2. J'aurais une haute autorité qui pourrait intervenir à Rome, probablement, le Cardinal Ouellet, mais il serait bon d’envoyer cela au Cardinal Bertone, qui va prendre soin de la question puisque vous avez une bonne relation avec lui. Le Nonce pourrait écrire une lettre ... s’'ils écrivent des lettres.

Je pourrais préparer un bref rapport concernant la plainte de M. Carlos Cruz et des mesures qui furent prises rapidement dans le cas de M. Cruz. Courage ! Ce que nous lisons le dimanche : le Serpent ne prévaut pas.

(En juillet 2014, le nom de Juan Carlos Cruz demeurait un sujet de préoccupation pour les deux Cardinaux.)

De : Francisco Javier Errazuriz

À : Ricardo Ezzati

Publié : Mardi 1 juillet 2014, 13 :04

Le Président de la Commission Pontificale de Protection des Enfants est le Cardinal O'Malley. Il veut avoir les noms de tous les membres potentiels avant leur nomination par le Saint-Père et qu’ils passent dans les mains des nonces en consultation avec les Évêques respectifs. Je lui ai donné le matériel. Il est clair qu’il ne sera pas nommé. Quoi qu'il en soit, j’ai averti le nonce dimanche. À travers différents canaux, on leur a proposé que JCC (Juan Carlos Cruz) soit nommé à la Commission. Pour l'instant, salutations chaleureuses alors que j’implore pour vous tous les dons de l'Esprit de joie, de sagesse, de force et de paix.

De : Francisco Javier Errazuriz

À : Mgr Ricardo Ezzati.

Posté le : 3 juillet 2014, 15 :52

Il est déjà clair qu’il ne sera pas membre de la Commission. Nous nous souvenons avec joie et gratitude de nos anciens règlements.

De : Ricardo Ezzati

À : Francisco Javier Errazuriz

Posté le jeudi 3 juillet 2014, 18 :06

Cardinal. Je vous souhaite beaucoup de bénédictions, terminant vos travaux avec le Saint-Père. Pour lui, mes salutations fraternelles. Merci pour la communication. J'espère que nous pourrons parler à votre retour.

La vidéo vue autour du monde

Le 2 octobre 2015, ici dans une station de nouvelles Chilienne, il fut publié l'enregistrement de François du 6 mai 2015 défendant sa nomination de Mgr Juan Barros, malgré les allégations que Barros ait couvert les abus sexuels faits par le Père Karadima dans les années 1980 et 1990.

Observez sa pique gratuite et irrationnelle, la nomination de Barros semble très personnelle à François. Qu’est-ce qui est arrivé à l'image publique du Pape François miséricordieux ? Pourquoi le Pape réprimande les bonnes personnes du diocèse d’Osorno, qui sont outrés par la nomination d'un homme prétendument corrompu et immoral en tant que leur Évêque ? Les harangues personnifient la marque distinctive de cette papauté.

Serait-ce que François n'aime pas que son pouvoir soit contesté par des laïcs « stupides » d’Osorno ?

Note du traducteur : Le Pape ne se tient certes pas à Osorno tous les jours, n'est-ce pas ? Qui donc le tient informé de la situation pour qu'il puisse affirmer sans ambages que le peuple d'Osorno est stupide et qu'il se fait mener le bout de nez par des éléments « gauchistes » ? Réponse : les Cardinaux Chiliens peut-être dont le Cardinal Errazuriz qui, lui, est à tous les jours au Vatican et qui est un pote du Pape ? Voyez comment ce Cardinal et les autres se sont battus dans l'eau bénite pour que Cruz ne soit pas membre de la Commission Pontificale de la Protection des Enfants. Ces Cardinaux auraient depuis lâché le morceau ?

Habituellement, pour tâter le pouls des fidèles et posséder une version de l'« autre côté de la médaille », le Vatican dépêche son adjudant propre à lui qui est dans le pays pour faire ce boulot : le Nonce Apostolique qui est indépendant de la hiérarchie du pays et qui est nommé par le Vatican.

Mais, dans cette situation, le Nonce Apostolique est du côté des Cardinaux Chiliens. Souvenez-vous que les Cardinaux Chiliens songeaient à utiliser ce Nonce pour bloquer Cruz à la Commission Pontificale de Protection des Enfants.

Le client a toujours raison...
Mais est-ce que le fidèle a toujours raison ? Hum !

C'est simple : le Pape est meilleur au Département des Ventes à faire des homélies, des allocutions et des envolées oratoires que d'être Directeur Général de l'entreprise qui s'appelle Église Catholique. Il ne sait pas gouverner... Il se fait bourrer par les éléments internes de son organisation.

L'Église Catholique est rendue une grosse bureaucratie qui bouge seulement à coups de rapports de 700 pages. Autrement, cette bureaucratie se protège elle-même et se nourrit d'elle-même. Le Client ? le Fidèle ? Bof ! S'ils ne sont pas contents, qu'ils aillent ailleurs, on en a d'autres !

Et vous pensez qu'une telle bureaucratie humaine va perdurer ? Ne vous faites pas d'illusions...

Mais quand le Fils de l'homme viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Luc 18, 8

Et Katherine Emmerick [ voir sa vision des deux Papes ici ] en remet sur ce que Jésus pose comme question : « En ces jours, la foi tombera très bas, et elle ne sera conservée que dans quelques endroits, quelques maisons et quelques familles que Dieu a protégés des désastres et des guerres. » (1820)

Il n'y aura donc plus de structure bureaucratique comme le Vatican actuel. Cette structure passera à la « Fausse Église » qu'elle décrit affreusement d'ailleurs.

Et, malgré tout, Jésus sera plus honoré de faire affaire avec moins de monde mais avec du monde qui ont du coeur et de la Foi en Lui. Deux ingrédients absents au Vatican présentement.

Autre chose qui se passe ?

Ses paroles grossières ne sont pas seulement sous la dignité de la fonction, mais elles sont également complètement erronées. Est-ce que François croit encore que ces Catholiques concernés sont des gens « stupides » et des accessoires aux politiciens de gauche, même après que son confident le plus proche, le Cardinal Errazuriz, ait admis qu'il connaissait les abus et les a couverts pendant des années ?

François qui a dit de façon célèbre : «Qui suis-je pour juger », juge apparemment le laïcat Catholique d’Osorno, mais pas ses prélats Chiliens qui ont admis couvrir un prédateur d'enfants en série pendant des décennies.

Le Pape François appelle les Catholiques d’Osorno « stupides » parce qu'ils veulent un bon et fidèle berger pour leur Évêque, pas celui qui aurait regardé les abus et les aurait couverts pendant 35 ans.

Le Pape François appelle les Catholiques d’Osorno « stupides » parce qu'ils exigent un Évêque qui n'a pas prétendument embrassé de façon lascive et peloté un autre prêtre devant des victimes d'abus mineurs.

Peut-être, les Catholiques d’Osorno sont « stupides » parce qu'ils n'ont pas lu le livre, « L’art du baiser » écrit par Mgr Victor Manuel Fernandez, le proche collaborateur et l’écrivain fantôme de l'Exhortation du Pape.

La Vidéo des « stupides » provoque un subpoena de la Cour Suprême Chilienne qui confirme le dicton : « Des lèvres trop bavardes peuvent couler des bateaux » ( note : c’est une traduction littérale qui veut dire que l’indiscrétion peut amener plus de dommages. Dans la présente situation, la volubilité du Pape dans le vidéo a excité l’oreille de la Cour Suprême Chilienne ) — Le navire est la Barque de Saint-Pierre.

En novembre 2015, peu de temps après la sortie de la vidéo sur les « stupides » dans lequel le Pape François se vante qu'il n'y a « aucune preuve » de la complicité Barros, la Cour Suprême du Chili a pris l'initiative inhabituelle d'assigner le Vatican pour obtenir tous les documents à l'appui de l'affirmation du Pape sur la Place Saint-Pierre :

L'assignation se lit : « Livrez une copie complète et exacte de tous les rapports que vous avez concernant l'enquête ». Ça se réfère au Pape en particulier et à ses commentaires lors de l'incident sur Place Saint Pierre.

Le Vatican a refusé de se conformer à l'assignation.

Le Pape François a choisi son camp et l’a choisi à tort. Pourtant, les braves Catholiques Chiliens, dirigés par les victimes et aimant leur Église, cherchent désespérément des dirigeants qui sont des prêtres saints et moraux qui protégeront les enfants.

Cruz continue de se battre pour la justice et observent avec indignation que « Osorno est la communauté de fidèles que le Pape François a appelé « stupides » et « gauchistes » l'année dernière en raison de leur refus d'accepter l'imposition d'un Évêque impliqué dans le cas le plus emblématique d’abus sexuels d’enfants en Amérique latine ».

Les retombées de l'éruption d’Osorno se répandent dans toute l'Amérique Latine. Et, non, Papa Francisco, ce n'est pas en raison du réchauffement de la planète.

Les gens ne sont pas stupides.