dimanche 24 juillet 2016

Éditorial : Radicati nella fede, Juillet 2016
Lettre d'information à la communauté Catholique
de Vocogno, Diocèse de Novara, Italie



SOURCE : Rorate Caeli
TRADUCTION : remerciements à Francesca Romana

Si le coeur vous en dit : voir cette autre lettre de ce diocèse ici
Toujours la même belle cohérence


Ce 'miséricordisme' qui est tellement à la mode n’est rien d'autre que du moralisme.


Nous pouvons tous voir que c’est très à la mode aujourd'hui de présenter l'Église Catholique comme étant toujours indulgente, accueillante et ne jugeant pas. Ceux qui souhaitent rester à l'intérieur de la nouvelle évolution de l'Église modernisée doivent être comme ça. Il y a beaucoup de prêtres dans l'Église qui n’osent même plus faire une condamnation du péché — sauf si cette condamnation suit les préceptes de la culture laïque dominante. Ils se reprogramment ensuite comme des types miséricordieux silencieux et semblent alors bénir les péchés les plus horribles qui sont devenus les libertés civiles en vertu de ce « miséricordisme ».

Ce 'miséricordisme' n’est rien d'autre que du sombre moralisme : cette 'déviation Catholique' qui amène l’Église à être préoccupée seulement de la morale, négligeant presque complètement les vérités de la Foi.

Certes, la morale est importante — à Dieu ne plaise ! Mais si la morale ne provient pas du Dogme, de Dieu lui-même, il finit par se transformer en de sombres « modes d'emploi ».

En bref, une Église comme celle-ci, au lieu d'être un signe de Dieu, s’étire longuement dans des proclamations très ennuyeuses à propos de la société et de ses règles, en essayant de plaire à l'homme moderne d’aujourd’hui ; elle essaie de plaire à ceux (et ils sont nombreux) qui, sans être intéressés par les choses de Dieu, ont besoin dans l'avenir immédiat, d’une église « utile » pour accommoder les hommes et leurs affaires. Une Église comme cela semble convenir aux Ecclésiastiques, qui se jettent eux-mêmes tête baissée dans des discussions sur les « valeurs » dans l'espoir de récupérer la position qu'ils ont perdue dans la société agnostique et athée moderne. Trop de pasteurs de cette façon, se sont transformés en agents de la morale moderne et, avec l’inférence du 'miséricordisme', cherchent désespérément à être aimés dans leur utilité sociale retrouvée.

Quelle illusion de penser que la morale est plus intéressante que Dieu ! Quelle illusion de penser que la moralité humaine a un certain attrait si elle n’est pas liée à Dieu !

C’est une situation qui est extrêmement pitoyable et qui a créé un climat asphyxiant : une église apparemment plus « pratique » puisqu’elle est immergée dans l'actualité qui est présentée à tout instant comme étant répétitive et inutile alors qu’elle a abandonné l'homme à une solitude sans Dieu.

Ce 'miséricordisme', à l’intérieur du moralisme, est l'un des « fruits » les plus ténébreux du Naturalisme : l'Église en ne se référant plus à Dieu, à la Révélation, à la vie surnaturelle et à la grâce sanctifiante, est en fait en train de vaciller sur ce qui semble être des genres de « modes d’emploi » moraux.

Alors, que doit faire l'Église ? Elle doit être un signe de Dieu.

Elle doit être un signe de Dieu aux hommes, Elle doit être un signe du miracle de la grâce qui vient du Christ, le Seul qui peut changer les cœurs et faire des volontés fortes dans leur obéissance à l'ensemble de la Loi de Dieu. La grande pédagogie de la Tradition Catholique et des Saints pendant 2000 ans de Christianisme a toujours enseigné Dieu d'abord, puis a demandé une morale correspondant à Sa Sainteté.

À l'inverse, l'église modernisée entièrement centrée sur l'homme ne peut plus faire ceci désormais. Elle est une église qui a perdu son Centre Divin et se doit de remplir son vide terrible par une moralité chancelante. Cette morale sans Dieu, cette église moderne, sera de plus en avilie parce que sa morale n’est possible seulement que par des efforts humains.

Le 'miséricordisme' a pour but précisément cela : donner au nouveau christianisme naturalisé une morale qui est facilement accessible, à savoir simplement humaine.

Les saints, d'autre part, en vivant en Dieu, étaient un signe de Sa Sainteté, demandant pour eux-mêmes et pour tout le monde, sa propre sainteté à partir de la Sainteté de Dieu : voilà la morale Chrétienne ! En outre, ils étaient un signe du miracle de la Grâce, de la force de Dieu Lui-même, qui, lorsqu’Il entre [ dans nos âmes ] provoque tout aussi le grand miracle de notre conversion.

Ceci est la raison pour laquelle nous ne sommes pas intéressés par ce 'miséricordisme', tout comme nous ne sommes pas intéressés par le « rigorisme » puisque les deux sont faussés et trompeurs : les deux laissent Dieu dehors et, pourtant, le seul besoin de l'homme, c’est Dieu.

La vigilance contre le moralisme sous toutes ses formes est essentielle si nous voulons voir nos vies prospérer et continuer à demeurer Catholiques.

C’est la raison pour laquelle nous sommes de plus en plus soucieux de sauver la Messe Traditionnelle Catholique et pourquoi nous n’avons pas commencé [notre travail] avec des débats sur la morale. Nous l'avons fait parce que l'Ancienne Messe est toujours un signe de Dieu et de la vie surnaturelle, de façon décisive, ce qui est absent dans la réforme de la liturgie bâclée de ces dernières décennies. La Messe Catholique de tous les Âges est l'antidote de premier choix et le plus grand contre l'hérésie naturaliste qui a pour résultat, l'hérésie du moralisme.

Nous aimerions dire quelque chose à tout le monde : que ce soit les fanatiques de l'église accueillante qui passent la gravité du péché sous silence ; que ce soit les conservateurs néo-rigoristes, qui, à juste titre effrayés par l'écart immoral à l'intérieur et hors de l'Église, se livrent à une bataille qui semble s’arrêter seulement sur des règles : chers amis, soucions-nous de garder nos yeux fixés sur Dieu, soucions-nous de l'intégrité du Rite de la Messe, alors ensuite l'enseignement moral sera récupéré.

Nous ne pouvons pas se faire d'illusions cependant, l'inverse ne se produira jamais sauf si la bataille pour la morale remonte à la source qu’est Dieu. Si elle ne commence pas de là, elle est destinée à s’enliser dans les marais du moralisme qui tue l'homme en le piégeant en lui-même.