mercredi 27 juillet 2016

Aux Journées Mondiales de la Jeunesse

Le Vatican publie un programme
d’éducation sexuelle pour les adolescents
qui laisse de côté les parents et le péché mortel


Par : Pete Baklinski
SOURCE : Life Site News




ROME, le 27 Juillet 2016 (LSN) - « Plus d'âmes vont en enfer à cause des péchés de la chair que pour toute autre raison » a averti Notre-Dame de Fatima aux trois jeunes voyants en 1917. Mais ce message, malheureusement, est tout à fait absent de la nouvelle version du programme d’éducation sexuelle du Vatican pour les adolescents. Au lieu de cela, les péchés sexuels ne sont pas mentionnés du tout. Les 6ème et 9ème Commandements sont ignorés alors que des images et des vidéos sexuellement explicites et immoraux sont utilisés comme tremplins pour fins de discussion.

Le programme intitulé « LIEU DE LA RECONTRE — — — Un projet pour l'éducation affective et sexuelle » ( voir le programme ici en français ) a été publié la semaine dernière par le Conseil Pontifical pour la Famille et il sera présenté cette semaine aux jeunes aux Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne.

Bien que le programme ait été en processus de développement par des couples mariés en Espagne depuis un certain nombre d'années, il semble avoir reçu une impulsion à être complété suite à l’Exhortation sur le Mariage et la Famille, du Pape François Amoris Laetitia en avril dernier. Dans son Exhortation, le Pape parle du « besoin d'éducation sexuelle » qui a besoin d’être adressé par les « établissements d'enseignement », un mouvement qui a inquiété l’ensemble des dirigeants pro vie et pro famille du monde puisque l'Église Catholique a toujours reconnu et enseigné — souvent face à l’opposition des puissances mondiales — que l'éducation sexuelle est le « droit fondamental et le devoir des parents ».

Le programme d’éducation sexuelle du Vatican se décompose en six unités à être enseignés sur une période de quatre ans (niveaux 9-12 ans) à des étudiants masculins et féminins dans des classes mixtes.

Le nouveau programme mis de l'avant par le Conseil Pontifical pour la Famille semble être un écart de ce que le Magistère de l'Église a longtemps enseigné sur l'éducation sexuelle. Par exemple :

Le Pape Pie XI, dans son Encyclique de 1929 sur l'éducation chrétienne, Divini Illius Magistri, parle de l'éducation sexuelle dans un cadre privé par les parents, et non pas dans des salles de classe, indiquant qu’« une instruction individuelle devient nécessaire, en temps opportun, et de la part de qui a reçu de Dieu mission d'éducateur et grâce d'état, il reste encore à observer toutes les précautions que connaît si bien l'éducation chrétienne traditionnelle... Il importe donc extrêmement qu'un père digne de ce nom, qui a à traiter avec son fils de matière aussi dangereuse, se tienne pour bien averti de ne pas descendre dans le détail des choses ». Il ajoute : « Généralement parlant d'ailleurs, tant que dure l'enfance, il conviendra de se contenter de ces moyens qui, par eux-mêmes, font entrer dans l'âme la vertu de chasteté et ferment la porte au vice ».

Le Pape Pie XII, dans son adresse en 1951 aux pères de famille, met en garde contre la propagande, même de « sources Catholiques », qui « exagèrent outre mesure l'importance et la portée, dans la vie, de l'élément sexuel... leur façon d'exposer la vie sexuelle est de nature à lui donner, dans l'esprit du lecteur moyen et dans son jugement pratique, le sens et la valeur d'une fin en soi. Elle fait perdre de vue la vraie fin primordiale du mariage, qui est la procréation et l'éducation de l'enfant, et le grave devoir des époux vis-à-vis de cette fin, que les écrits dont Nous parlons laissent par trop dans l'ombre ».

Le Saint Pape Jean-Paul II, dans son Exhortation apostolique Familiaris Consortio de 1981, déclare que : « L'éducation sexuelle - droit et devoir fondamentaux des parents - doit toujours se réaliser sous leur conduite attentive, tant à la maison que dans les centres d'éducation choisis et contrôlés par eux.». Il ajoute : « Les parents chrétiens réserveront une attention et un soin particuliers à discerner les signes de l'appel de Dieu pour l'éducation de la virginité comme forme suprême du don de soi qui constitue le sens même de la sexualité humaine ».

La Sacrée Congrégation pour l'Éducation Catholique, dans ses Directives éducatives sur l'amour humain de 1983, écrit que le « fait demeure toujours valide en ce qui concerne les aspects plus intimes [de l'éducation sexuelle] que ce soit biologiques ou affectifs, un enseignement individualisé doit être accordé de préférence dans la sphère de la famille ».

Alors que le nouveau programme du Vatican a plusieurs qualités positives, ses défauts ne peuvent pas être sous-estimés. Ceux-ci comprennent :

     
  • Remise de la formation sexuelle des enfants aux éducateurs tout en laissant les parents hors de l'équation.

  • Un défaut de nommer et de condamner les comportements sexuels tels que la fornication, la prostitution, l'adultère, le sexe protégé par la contraception, l'activité homosexuelle et la masturbation comme des actions objectivement pécheresses qui détruisent la charité dans le cœur et éloignent de Dieu.

  • Absence de mise en garde des jeunes sur la possibilité d’une séparation éternelle de Dieu (damnation) pour avoir commis des péchés sexuels graves. L'enfer n’est pas mentionné une seule fois.

  • Absence de distinction entre le péché mortel et le péché véniel.

  • Absence de parler des 6ème et 9ème Commandements ou de tout autre Commandement.

  • Absence d’enseignement au sujet du Sacrement de la confession comme moyen pour rétablir la relation avec Dieu après avoir commis un péché mortel.

  • Aucune mention d’une saine pudeur ( une sainte honte ) quand il en vient au corps et à la sexualité.

  • Enseignement aux garçons et aux filles ensemble dans la même classe.

  • Demander aux garçons et aux filles de partager ensemble dans la même classe leur compréhension de phrases comme : « Qu'est-ce que le mot sexe te suggére ? »

  • Demander à une classe mixte de « souligner où est située la sexualité chez les garçons et les filles ».

  • Parler du « processus d'excitation ».

  • Utiliser des images et des activités suggestives sexuellement explicites dans les cahiers de cours (ici, ici, et ici).

  • Recommander divers films explicites sexuellement comme tremplins pour la discussion (voir plus de détails ci-dessous).

  • Ne pas parler de l’avortement comme un mal grave, mais qu'il provoque seulement de « fort dommages psychologiques ».

  • Confondre les jeunes en utilisant des phrases telles que : « relation sexuelle » en n’indiquant pas l'acte sexuel mais l'ensemble de la relation centrée sur toute la personne.

  • Parler de l’« hétérosexualité » comme quelque chose à « découvrir ».

  • En utilisant l'icône gay d’Elton John (sans mentionner son activisme) comme un exemple d'une personne douée et célèbre.
  • Approuver le paradigme « dating » ( i.e. « entretenir une liaison amoureuse » ) comme une étape vers le mariage.

  • Aucune mention du célibat comme la forme suprême du don de soi qui constitue le sens même de la sexualité humaine.

  • Absence de mention de l'enseignement du Christ sur le mariage.

  • On traite de la sexualité comme un sujet distinct et non comme quelque chose intégrée dans les enseignements doctrinaux et moraux de l'Église.
Les qualités positives comprennent :
  • Des dessins des enseignements de Saint Jean Paul II de la Théologie du Corps et de l'Amour et de la Responsabilité pour la compréhension de la personnalité, le langage du corps, la dimension conjugale du corps et l'unité corps / âme de la personne.

  • Enseignement que la personne humaine est mâle ou femelle. Aucune théorie du genre ici.

  • L'enseignement que les hommes et les femmes se complètent mutuellement par la différence sexuelle.

  • Enseignement que les hommes et les femmes sont égaux en dignité, mais sont différents physiquement et émotionnellement. Pas de féminisme radical ici.

  • Enseignement sur la pudeur et la chasteté comme des vertus mais bien loin dans les unités étudiées. La chasteté est définie comme la « lumière qui nous guide pour donner un amour inviolé ».

  • Enseignement de l'importance de la liberté dans la vie morale. La liberté est définie comme étant la « capacité de faire ce qui est bon ».

  • On parle de la « concupiscence» comme une « obscurité qui nous empêche de voir la plénitude de la personne d'une manière appropriée et complète ».

  • Brève mention comment l'amour peut être séparé de la procréation, mais pas d'explication sur le mal spécifique.

  • Enseignement sur l'importance du « contrôle de soi » et de la « maîtrise de soi » afin de se donner vraiment à une autre personne.

  • On parle de « l'amour déplacé » qui se manifeste comme un « narcissisme » et la « masturbation » mais aucune mention du péché.

  • On parle de la pureté comme la « vertu qui nous dispose à traiter notre corps avec « sainteté et honneur » ».

  • On mentionne brièvement la « sainteté de la vie ».

  • On parle de la virginité comme d’une façon « répondre à l'appel de l'amour ». On fait la promotion de la chasteté avant le mariage.

Une préoccupation pressante avec ce programme constitue le nombre de films recommandés par le programme comme un tremplin pour les fins de discussion avec les jeunes et qui ne peuvent qu’être interprétés que comme impudiques. Par exemple :

  • L’Unité 4 recommande le film de 2013 coté R ( accès aux seules personnes âgées de 18 ans et plus ) « À la Merveille » pour discuter de l’« Appel au don de soi-même ». Le site Focus on the Family décrit le contenu sexuel de cette façon [AVERTISSEMENT-EXPLICITE] : « Ainsi, alors que l'amour est le centre d’attention principal de « À la Merveille », le sexe devient une partie intégrante de son expression. Les deux Neil et Jane, et Neil et Marina, se livrent à des rapports sexuels explicitement rendus. La nudité arrête juste sur le bord de son plein accomplissement ; les mouvements et les sons sont passionnés, érotiques, titillants et prolongés — le mélange des corps suggère une intimité complète. Il y a la suggestion visuelle que Neil et Marina ont des rapports sexuels dans le compartiment d’un train. Une (presque) scène de sexe oral est utilisée pour exprimer de la distance et de l'insatisfaction ».

  • L’Unité 6 recommande le film de 2010 coté R « Love & autres drogues » pour « Réfléchir sur la formulation par laquelle un homme et une femme expriment leur consentement mutuel à contracter un mariage ». Le site Focus on the Family décrit le contenu sexuel de cette façon [AVERTISSEMENT-EXPLICITE] : « Pour une bonne partie du film, Jamie et Maggie semble être dans un état constant de copulation Ils se fracassent dans les armoires, se tordent sur le sol, halètent et gémissent, se livrent à des relations sexuelles orales et expriment bruyamment leurs réponses orgasmiques. Les auditoires voient les deux complètement nus. ( seules leurs régions pubiennes échappent au cadre ) C’est assez explicite ... Plus tard, après Maggie et Jamie enregistre une de leurs escapades sexuelles, Josh trouve l’enregistrement et le regarde. C’est sous-entendu qu’il se masturbe tout en regardant ainsi. Et il passe le reste du film en faisant des commentaires grossiers à propos de l'anatomie de son frère ».

  • L’Unité 2 recommande le film de 2013 « Stockholm » afin de soulever la question : « Est-ce vraiment la peine de me donner à la première personne qui m’approche ? » Le site Hollywood Reporter décrit le film comme un jeu « du chat et de la souris » où l'homme « habille habilement son désir sexuel pour elle avec un sentiment qui semble réel » tandis qu’elle « le pistonne à propos de ses motifs réels de son intérêt pour elle ». Après « s’être engagés sexuellement », ce qui semble être représenté graphiquement dans la bande-annonce, les deux commence à savoir « qui ils sont vraiment et qu'ils recherchent différentes choses entièrement ».

La sélection des films révèle un étonnant manque de boussole morale chez les créateurs du programme d’éducation sexuelle, quelque chose qui devrait inquiéter tout parent qui penserait permettre à leur enfant d'être formé par ce programme.

Un militant pro-famille qui milite contre la version explicite du programme d’éducation sexuelle de Planned Parenthood ( plus grande organisation d'avortements au monde ) a donné ce commentaire, sous couvert de l'anonymat, au sujet du programme d’éducation sexuelle du Vatican : « J'ai eu un mal difficile à me décider pour savoir si les auteurs ont essayé de dissimuler habilement un mauvais programme ou s’ils étaient juste bien incompétents. Ils ont essayé d'entrelacer des films modernes pour soutenir des concepts vagues qu’ils tentent de faire passer mais comment se fait-il que ça soit si peu efficace. Pourquoi les photos érotiques qui frisent la porno ? Je pense que tout cela est une source de confusion pour les jeunes et franchement une perte de temps ».

Dans une activité, les jeunes sont invités à regarder une image d'un couple de personnes âgées qui sont assises en face d'une image d'un « jeune homme et d’une femme unissant leurs corps demi-nus dans une étreinte ». On demande alors aux jeunes : « Lequel des deux couples est en train d'avoir une relation sexuelle ? » Le guide du formateur indique : « L'objectif ici est pour le jeune de se sentir « provoqué » en face de ces deux images ou même confondu par le titre du sujet et de l'image présentée ». Et c’est le problème essentiel avec ce programme : les jeunes gens vont tout simplement être confondus par les messages contradictoires, les images et les films explicites et le manque de directives morales.

En fin de compte, le programme d’éducation sexuelle du Vatican pourrait être décrit au mieux comme un mélange d’un peu de tout et, au pire, comme un effort malavisé qui tombe très loin en bas de la coche. Alors que le lecteur occasionnel peut souligner différents textes qui suggèrent que le programme vise à promouvoir la modestie, l'abstinence et de garder les relations sexuelles pour le mariage, il y a quelque chose qui se passe d’assez troublant néanmoins entre les lignes.

En raison de l'échec du programme d’honorer le rôle donné par Dieu aux parents en tant que premiers éducateurs, en raison aussi de son incapacité totale de nommer et de condamner divers péchés sexuels et à cause de son utilisation de matériels sexuels explicites et de films, le programme échoue non seulement à atteindre son objectif, mais il pourrait sans doute avoir l'effet inverse d’un éveil de désirs sexuels désordonnés chez les jeunes en leur donnant l'impulsion d’agir à partir de leurs fantasmes sexuels. Le programme tente d'instruire les jeunes sur l'importance de la modestie, de la chasteté et de l'intimité et en fait il viole les valeurs mêmes qu'il essaie d'inculquer. De cette façon, il est auto-destructeur. En bref, le programme pourrait ne pas conduire les jeunes plus près de Dieu, mais plus loin de Lui.

On pourrait aller aussi loin que conjecturer que si Sainte Maria Goretti avait été formée par le programme d’éducation sexuelle du Vatican, il est peu probable qu'elle aurait eu des paroles de vertu héroïque à dire à son agresseur sexuel. Elle n’aurait pas été formée à dire : « Non ! C’est un péché ! Dieu ne veut pas ! » Elle n’aurait pas appris que ce que son agresseur voulait était d’offenser Dieu. Pas plus pour Saint Dominique Savio, dans la même veine, qui n’aurait été en mesure de dire : « Plutôt la mort que le péché » parce qu’il n'aurait pas appris l'horreur du péché. Un programme de morale sexuelle qui ne parvient pas à apprendre aux jeunes à vivre l'Évangile sans compromis est indigne d'être enseigné.

Pete Baklinski a un B.A. en arts libéraux et possède une maîtrise en Théologie avec une spécialisation sur le mariage et la famille (STM). Il est marié à Erin. Ensemble, ils ont six enfants.