dimanche 24 juillet 2016

Imaginons un autre type de conférence de presse papale



Par Steve Skojec
Le 14 juillet, 2016

SOURCE : One Peter Five



Sur le site Catholic World Report, Nick Bottom s’est amusé à imaginer ce qui se passerait si le Pape François appliquait ses normes morales — telles qu’explicitées dans Amoris Laetitia — à certaines de ses propres déclarations. Le résultat est assez intelligent... On pourrait même aller jusqu’à dire brillant. La juxtaposition des équivoques dans Amoris Laetitia dans un autre contexte crée vraiment une clarté par le contraste :

Pape François : Bonjour tout le monde. Merci d'être venus.

Je vous ai invité aujourd'hui parce que j'ai fait un changement de cap que je dois rendre public. Dans une homélie récemment, j’ai parlé plutôt avec véhémence au sujet des employeurs qui refusent de payer leurs travailleurs un juste salaire.

J'ai eu l'occasion de réfléchir à cette homélie à la lumière des principes avancés dans mon Exhortation Apostolique, Amoris Laetitia. J'ai apporté une copie afin que je puisse y référer lorsque vous me poserez vos questions. S'il vous plaît, soyez patients avec moi quand j’aurai à trouver les passages appropriés, hein ?

Je crois que j’ai été trop sévère envers les employeurs quand je les ai décrits comme des exploiteurs « gérants d'esclaves » et des « vraies sangsues ». Moi aussi, je dois me souvenir que le nom de Dieu est Miséricorde ! Amoris Laetitia critique avec justesse ceux « qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité ». Car « il ne suffit pas simplement d'appliquer les lois morales. . . comme si elles étaient des pierres à jeter à la vie des gens » (AL 305). Comme le paragraphe 308 de Amoris Laetitia nous le rappelle : « l'Évangile lui-même nous demande de ne pas juger et de ne pas condamner » (AL 308).

Aussi je regrette une autre remarque que j’ai fait au cours de cette homélie. Le prêtre doit être humble, il doit être honnête, non ? Un peu précipitamment, j’ai dit que de tricher les travailleurs était « un péché mortel ! C’est un péché mortel ! » Je dois maintenant exprimer cela d'une manière plus nuancée.

Dans Amoris Laetitia, j’ai rendu clair que « je ne me réfère pas seulement aux divorcés engagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent ». (AL 297). Cela, bien sûr, comprend des employeurs qui se trouvent dans la situation de gérer leurs travailleurs en esclaves.

Pour eux aussi, il faut garder à l'esprit la distinction entre le péché objectif et la culpabilité subjective. Comme il peut y avoir dans la vie des employeurs de nombreux « facteurs atténuants. . . il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite « irrégulière » — telle que l'exploitation de leurs employés - « vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante ». (AL 301).