lundi 4 juillet 2016

L’imposteur de miséricorde



Article écrit par Elisabeth Yore le 4 juillet 2016

Elizabeth Yore est une avocate internationale spécialisée en matière des droits de l'enfant et un membre de l'Institut Heartland.

Elle a enquêté sur les abus sexuels de l’Église et elle a assisté les victimes Belges de pédophilie et leurs familles. Elle sait donc ce dont elle parle ici.

SOURCE : The Remnant






«Je les aime innocemment, dit Dieu.
Voilà la façon dont vous devriez aimer ces innocents. »
~ Charles Péguy

De tous les coins de l'Église universelle, des centaines de survivants abusés par le clergé se sont rencontrés récemment à la 16ème Conférence annuelle SNAP ( Survivors Network of those Abused by Priests = Les Survivants de ceux qui ont été abusés par des prêtres ) tenue à Chicago décrivant leurs enfances déchirantes de violences sexuelles par des clercs. Une aura qui nous hantait dominait la conférence : le refus du Pape François de réellement réformer l'Église et de protéger les enfants en punissant les prédateurs et leurs protecteurs.

Est-ce que cette personne est le Pape de la Miséricorde ?

Est-ce que la soi-disant théologie personnelle de miséricorde de François l'a aveuglé à la nécessité de la justice pour la violente trahison des enfants de l'Église ? Est-ce que la miséricorde a remplacé la justice dans le lexique des règles du Pape nécessaires pour protéger les enfants ? Est-ce que les abus sexuels du clergé sont trop gênants et démodés pour les médias populaires globalistes, pour les célébrités fixées sur le réchauffement global et la redistribution des revenus ? Où est-il tout simplement l'imposteur de la miséricorde, ne voulant pas répondre à la crise de la même manière qu’il fit durant ses années en Argentine ?

Les victimes survivantes lors de la conférence ont décrit François comme désengagé et indifférent à ce sujet. Sa position concernant la crise des abus sexuels du clergé est jonchée de demi-mesures frivoles et de paroles vides pour faire face au ce fléau endémique mondial. Plus d'un orateur a décrit le Pape comme le « Pape à la poudre aux yeux » ( note : anglais « Smoke and Mirrors = Fumée et miroirs. Le sens en français est « poudre aux yeux. D’où l’image qui suit ainsi que le texte à la fin qui s’y rapporte. ).

Les sbires de la miséricorde de François peuvent être choqués mais, de l’avis des victimes d'abus, les « périphéries » de François ne comprennent pas les victimes de prédateurs sexuels cléricaux. Plusieurs orateurs ont dénoncé la superficialité et l'insincérité du Pontife envers la crise. « François est le Maître du Changement, sans changement » a observé un orateur. Tandis qu'un autre a baptisé le Pape : « François, le Maître du « Bien se sentir » ».

Selon ceux à qui ça importe, les victimes, François et son mantra hypnotique sur la miséricorde ne peut pas éviter son échec total concernant une réforme systémique et significative des abus sexuels du clergé dans l'Église Catholique.

Les abus sexuels des enfants réverbèrent depuis des générations comme une atrocité monstrueuse contre l'humanité qui crie justice, pas la miséricorde. Lorsque les auteurs sont membres du clergé, la punition demande un châtiment temporel et éternel. La phrase de Jésus apparemment impitoyable et Ses paroles dures captent l’attention de la justice éternelle demandée à ceux dont l’âme a tué des enfants :

« Celui qui fait tomber dans le péché un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attache au cou une grosse pierre et qu'on le noie au fond de la mer ». Matthieu 18, 6

Les puissantes Paroles du Christ dépeignent une image brutale : la miséricorde abandonne l'homme sur le rivage alors que le prédateur est coulé dans les profondeurs de l'océan alourdi par une immense meule, assurant la mort par la noyade. Pourtant, François répond à la crise des abus du clergé avec sa sentimentalité typique : « Dieu pleure ».

Ne pleurez pas pour moi, l'Argentine travaille pour Eva Peron. Le Dieu de la Bible enrage.

Une victime d’abus sexuels du clergé est changée à jamais. De perdre l'innocence, la Foi et son enfance donne un coup terrible au corps et à l'âme qui ne guérissent jamais complètement. Leur douleur reste palpable de façon crue, ayant été tellement volés lorsque si jeunes. Se taisant à cause de la honte, emprisonnés dans leur souffrance, luttant pour survivre, ils sont les éclopés ambulants des abus sexuels du clergé. Pourtant, en dépit de leur douleur incalculable, la grâce souvent émerge, apportant une clarté de vision, une voix restaurée et un instinct aiguisé à détecter l'hypocrisie et les airs de petit saint.

En écoutant les histoires atroces d'abus sexuels commis et les dissimulations subséquentes par la hiérarchie, courageusement racontées à la conférence, me rappelle les paroles poignantes du grand romancier français Georges Bernanos qui, sur son lit de mort, a rappelé sa fidélité au petit garçon qu’il avait été jadis :

« À quoi ma vie a de l’importance ? Je veux juste qu'elle soit fidèle, jusqu’à la fin, à l'enfant que j’étais. Oui, quel honneur j'ai, et mon peu de courage, je l’hérite de la petite créature si mystérieuse pour moi maintenant ».

Malgré les ruines d'une enfance volée et détruite, les survivants de la conférence SNAP ont juré fidélité à leur enfant blessé avec la sagesse et la fureur d'un ange vengeur. Ces victimes de la négligence hiérarchisée du cimetière de l’Église sont terriblement endommagées, mais déterminées à débarrasser l'Église de ses prêtres pervers, des pratiques prédatrices dissimulées et des prétentieux « arrangements » bureaucratiques.

Alors que le monde est hypnotisé par la manie miséricordieuse de François et ses gestes raffinés, les victimes d'abus sexuels du clergé réunis à la conférence restent très sceptiques quant à l'engagement du Pape à extirper les prédateurs des rangs cléricaux. Le cri de « François, arrêtez vos slogans vides » a reçu des applaudissements retentissants de l'auditoire des victimes qui ont salué cette phrase à partir des États-Unis, de l’Angleterre, d’Allemagne, du Mexique, de la Pologne, de l’Amérique latine et de l'Arménie pour n’en citer que quelques-uns. Tous les orateurs ont exhorté les victimes d'abus sexuels du clergé de signaler les abus et d’appeler la police et non pas les prélats.

Les survivants d’abus regardent de près les signes d'engagement authentiques et de réforme sincère de la part de François. Au lieu de cela, son visage apparaît sur les couvertures du Times et du Vanity Fair et il rencontre sans cesse des célébrités de Hollywood et les élites du monde. Ça devient évident que François consacre peu de temps et une attention fugitive au sort des abus cléricaux des mineurs.

Ces éclopés croient que François avance lentement dans les réformes de protection de l'enfant et, étonnamment, s'entoure de prélats qui dissimulent des prêtres prédateurs. Au Vatican, il n'y a pas de climat pour la protection de l'enfance alors que le réchauffement climatique domine la scène mondiale bien-aimée de François et qu’il préconise avec effusion et vigoureusement l'éco-protection en utilisant son Exhortation apostolique (Laudato Si) et ses vastes ressources du Vatican. Les dangers de dioxyde de carbone et de la climatisation reçoivent plus d'attention que le danger des prêtres prédateurs.

Au cours de ses trois premières années en tant que Pontife, François a limogé une victime d’abus du clergé qui était membre de sa nouvelle commission papale de protection des enfants parce que le membre a osé critiquer la nomination de la part du Vatican d'un Évêque chilien qui a caché un prêtre prédateur en série.

Apparemment, le Vatican insiste sur le fait que le consentement et le silence sont nécessaires pour détenir un siège à la commission de protection de l'enfance du Pape. Pourtant, chaque victime sait que le silence est toxique et, souvent, mortel.

Lorsque la Cour Suprême du Chili a ordonné au Vatican de fournir les dossiers d'un prêtre prédateur en série, le Vatican a refusé d'honorer le subpoena. La coopération avec le système judiciaire et les forces policières est la marque d'une Église transparente.

François préfère la manière Argentine en dansant le tango à travers le scandale, en l’ignorant et en niant l'existence d'abus sexuels du clergé, ce qu’il a fait durant de nombreuses années pendant qu’il était Évêque et Cardinal à Buenos Aires.

Que voulez-vous attendre de François qui n’a rien fait pendant 15 ans pour faire face au scandale des abus sexuels du clergé comme Évêque et Cardinal en Argentine?

Dossier épouvantable de Bergoglio en matière de protection de l'enfance en Argentine

Le site Internet qui suit au millimètre près les abus sexuels du clergé appelé « Clergy Abuse Tracker », si l’on va au dossier de ce site portant sur les responsabilités des Évêques, voici ce que l’on retrouve au sujet du Cardinal Jorge Bergoglio :

« Jorge Mario Bergoglio de Buenos Aires était Archevêque 1998 à 2013 et Président de la Conférence des Évêques Argentins de 2005 à 2011. Pendant ces 15 années, au cours de la même période où les responsables de l'Église aux États-Unis et en Europe ont commencé à aborder la catastrophe des abus sexuels des enfants par le clergé — lors même que les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont fait des déclarations publiques à cet effet :

• Bergoglio est resté silencieux sur la crise en Argentine.

• Il n’a publié aucun document,

• Il n’a sorti aucun nom des prêtres accusés,

• Aucun décompte des prêtres accusés,

• Pas de politique pour le traitement des abus, pas même des excuses aux victimes.

• Dans ses nombreuses homélies et déclarations ( archivées sur le site Web de l'Archidiocèse de Buenos Aires), il a attaqué la corruption du gouvernement, les disparités de la richesse, et le trafic sexuel humain, mais il n’a rien dit sur la violence sexuelle par des prêtres
»

.

En outre, ce même dossier portant sur la responsabilité des Évêques suit à la trace les cas d’abus du clergé dans le monde et maintient une base de données des prêtres prédateurs. Ce dossier décrit un dossier déplorable pour Bergoglio :

« L'implication de Bergoglio, qui n’a traité aucun cas de prêtres abusifs, est peu plausible. Buenos Aires est le plus grand diocèse de l'Argentine et Bergoglio a été l'un de ses cadres supérieurs de 1992 à 2013 — une période où des dizaines de milliers de victimes dans le monde entier ont rapporté leurs abus à l'Église. Nous estimons de manière prudente que, pour la période de 1950 à 2013, plus de 100 prêtres de l'Archidiocèse de Buenos Aires ont offensé des enfants et que des dizaines d'entre eux étaient connus par les superviseurs diocésains, y compris Bergoglio.

Pour plus de détails concernant le dossier d'inaction du Cardinal Jorge Bergoglio, consultez la conclusion de « Bishop Accountability » de ce site concernant le comportement et l'héritage de Bergoglio comme le Cardinal du plus grand diocèse de l'Argentine :

«La stratégie de Bergoglio pour supprimer la crise à Buenos Aires — son refus derrière les coulisses d’aider les victimes combinées avec un manque total de transparence — continue à être l'approche d'un grand nombre des Évêques de l'Argentine et de Supérieurs religieux ».

Bergoglio laisse derrière lui un héritage tragique en Argentine. Ce n’est pas étonnant qu’il continue la même attitude myope comme Pontife. Il se cache derrière le vernis de la miséricorde tout en s'enveloppant lui-même dans le vêtement sans couture de la pauvreté du modernisme global.

Papa Francisco domine la scène politique mondiale avec son pouvoir de star. Son temps, son énergie et sa bonne volonté papale sont consacrés aux causes des célébrités et de l'élite politique et non pas aux souffrances des victimes d'abus du clergé.

Au milieu de la fumée, jetez un coup d’oeil dans le miroir, François.

Les victimes n’ont pas besoin d'un populiste, ils ont besoin d'un protecteur.

Les enfants ne pas besoin d'un embrasseur d'arbre, ils ont besoin d'un père.

L'Église Catholique n'a pas besoin d'une rock star, elle a besoin d'un Saint-Père.