vendredi 29 juillet 2016

Pourquoi les « Docteurs de la Loi » de Rome

veulent régulariser la FSSPX ?



Par : Patrick Archbold
SOURCE : The Remnant





Les remontrances sont mentionnées tellement souvent dans les discussions au sujet du fonctionnement interne dans l’Église que beaucoup de gens la considèrent même avec l’axiome suivant : ne voyez pas l'Église à travers une lentille politique, l'Église est différente.

Oui, l'Église est différente. Vous ne pouvez pas voir l'Église comme un simple alignement avec votre situation politique locale, mais l'Église est intrinsèquement politique. Là où il y a du monde impliqué, il y a de la politique. Et je me permets de dire que non seulement la période actuelle n’est aucunement une exception, elle établit rapidement même des nouveaux sommets.

Une bonne quantité d'encre a été versée au cours des dernières semaines sur la controverse qui a éclaté après le discours du Cardinal Sarah à Londres qui suggère que les prêtres pourraient essayer le culte « ad orientem » ( prêtre et peuple orientés vers Dieu au Tabernacle pendant la Messe ), pour l’Avent à venir.

Selon toute vraisemblance, la suggestion du Cardinal aurait été assez ignorée par la grande majorité des prêtres. Parmi les rares qui auraient pu être intéressés, la plupart qui dépendent d’Évêques Modernistes sont bien versés sur les conséquences d’une telle chose pour en envisager même une telle démarche. Peut-être, il existe un petit sous-ensemble de prêtres prêts à essayer le culte « ad orientem » qui existe sous les quelques Évêques qui verraient d’un bon œil une telle chose, mais la réponse à la suggestion du Cardinal Sarah aurait été minime. Alors pourquoi même prêter attention à cette suggestion ?

Eh bien, les pouvoirs et les principautés de la hiérarchie ont fait beaucoup plus que faire attention à cette suggestion du Cardinal Sarah. Bien que le Bureau de presse du Vatican s’est montré complètement incapable au cours des trois dernières années de dissiper toute la confusion qui découle de l'ambiguïté calculée du Pape, et pourtant tout à coup, le Bureau de Presse Saint-Siège développe des capacités « de force de réaction rapide » quand quelqu'un dans l'appareil du Vatican parle accidentellement comme un Catholique.

C’est tout aussi étonnant de constater comment ceux qui dénigrent tous les jours les « Docteurs de la Loi » se sont transformés soudainement en stricts liturgistes ne voulant pas tolérer même le moindre écart perçu au IGMR (Instruction générale du Missel Romain). Ce soudain liturgisme réactionnaire semble limité seulement à de fausses interprétations du IGMR, car toute personne qui a passé plus de cinq minutes à regarder la question croit savoir que le « si possible » de la rubrique 299 du IGMR s’applique à la mise en place de l'autel et non à l'orientation du prêtre. Mais la Messe « face au peuple » est la rubrique non écrite prééminente de l'Esprit de Vatican II et donc de se tourner vers Dieu ensemble ( prêtre et peuple ) ne sera pas autorisé et ainsi les ninjas de la NuChurch ( i.e. la Nouvelle Église ) ont été déployés rapidement. Mais, pas de soucis, le Vatican ne montre aucun signe de de hululement au sujet de toute autre violation quotidienne de l’ IGMR si banale aux Messes vides d'aujourd'hui.

Une personne raisonnable doit regarder la situation et la réponse tout en se posant la seule question : « Pourquoi ? Pourquoi une telle réaction ? »

La réponse, en partie, est politique.

Il a été suggéré que le Vatican et le Pape doivent vraiment avoir peur du culte « ad orientem » concernant les gens qui reviennent face à Dieu. Je suppose que ça puisse être vrai, mais ils ne craignent certainement pas que ça se produise à cause des remarques du Cardinal Sarah. Donc, encore une fois, pourquoi ?

C’est tout cet accrochage avec le culte « versus populum » ( orienté vers le peuple ) dont on parle ici. Ce n’est pas qu’ils craignent le culte « orientem » ( orienté vers Dieu au Tabernaccle ), c’est bien le contraire : à Rome, ils craignent le pouvoir temporel. Le Cardinal Sarah a été écrasé, non pas parce qu'ils craignent la propagation du culte « ad orientem », ce ne serait pas arrivé, même si le Vatican n'avait rien fait. Ils l’ont écrasé parce qu'ils le pouvaient. Et maintenant, les Évêques et leurs conférences de lèche-bottes se précipitent pour rejoindre la cause car c’est un moyen de jurer publiquement allégeance au régime Novus Ordo sans conséquence. Les seules personnes qui se soucient de telles choses sont rares, distantes du pouvoir et facilement marginalisées. On parle ici de pouvoir, purement et simplement. Ceux qui l'ont, l’exercent, et il y a ceux qui veulent maintenir leur serment d’allégeance à la NuChurch ( i.e. la Nouvelle Église ) en faisant une démonstration publique d’obéissance devant la suggestion non écrite du Cardinal Sarah.

Ils envoient un message politique. Une opposition continue à la NuChurch ne sera pas tolérée. « Si nous sommes disposés à s’opposer et à humilier publiquement un Cardinal haut placé dans l'Église pour avoir dit quelque chose qui est évidemment bon, vrai et traditionnel, pensez à ce que nous sommes prêts à faire aux Évêques dont personne n'a jamais entendu parler. Montez à bord ou sortez. La résistance est futile ».

Je pense que c’est probablement vrai de la nouvelle Constitution apostolique, Vultum Dei quaerere, sur la vie contemplative des femmes (VDQ). Les gens peuvent être tentés de penser qu'ils doivent vraiment craindre ces quelques petites poches d’Ordres Traditionnels puisqu’ils se donnent tout ce mal pour les étouffer. Mais encore une fois, c’est, en partie, au sujet de l'exercice du pur pouvoir politique. Ils n'aiment pas le fait que les Évêques et les petits Ordres de Soeurs sous leur contrôle peuvent résister. Ces poches de résistance sont rares et ne représentent aucune menace réelle à l'immense édifice de la NuChurch, mais la notion que la résistance soit encore possible est intolérable pour eux. Ils ont le pouvoir de l’écraser et ils vont utiliser ce pouvoir parce qu'ils le peuvent.

Tout cela est la raison pour laquelle je pense encore qu’il est tout à fait possible que, même s’il semble que les entretiens avec la FSSPX se soient complètement effondrés, le Pape pourrait encore faire quelque chose pour reconnaître unilatéralement cet Ordre Traditionnel. Vous voyez, quand il en vient à la résistance à la NuChurch, il n'y a pas de plus grande menace que la FSSPX. Dans les circonstances actuelles, la Machine du Vatican peut exercer très peu de contrôle sur eux. Cela ne convient pas très bien pour eux. Ils ont tiré sur l'appât et se sont mis en marche avec la FSSPX deux fois maintenant, les amenant au bord de la réconciliation juste pour essayer et leur faire vendre leurs âmes sur l'autel de Vatican II. Ils ont échoué deux fois. La FSSPX ne cède pas comme le monde de la NuChurch font.

Alors maintenant, quelque chose de nouveau est nécessaire. Ils veulent un certain contrôle sur la FSSPX afin qu'ils puissent écraser l'opposition. Ils peuvent très bien venir à la conclusion que la seule voie pour la contrôler est d'accorder une reconnaissance sans beaucoup de pré-condition dans l'espoir de ne pas perdre ce qu'ils ont. Ne soyez pas surpris si ça arrive. En fin de compte, c’est tout au sujet de la politique dans la NuChurch et la politique concerne le pouvoir et du pouvoir non utilisé, c’est du pouvoir perdu.