samedi 30 juillet 2016

Bergoglio et l'Institut du Verbe Incarné

Indices des choses à venir ?




Écrit par Hilary White
ex-correspondante à Rome
Le 27 juillet 2016
SOURCE : The Remnant

Déambulant sans crainte et seul parmi les pauvres, le Cardinal Bergoglio boit du maté, la boisson traditionnelle de l'Argentine, à Buenos Aires le 3 mars 2013, dix jours avant son élection comme Pape. ( Est-ce que cet homme ne fait jamais quelque chose sans que les caméras tournent ? )

Lorsque Jorge Bergoglio a été élu comme Pape, il y avait étonnamment peu d'informations publiées par le Vatican ou disponibles sur Internet concernant sa longue carrière en tant que responsable de l'Église à Buenos Aires ou comme figure de proue dans la Société Sud-Américaine de Jésus ( Jésuites ). Mais c’était là si vous saviez comment gratter à fond. En fait, les sites et les blogs de langues espagnole et portugaise sont pleins de photos intéressantes de Sa Sainteté du temps qu’il était Cardinal posant avec ses bons amis dans tous les « mouvements sociaux » d'inspiration Marxiste.

Mais c’est une drôle de chose, même si tout le monde a su cinq minutes après son élection de 2005 que Ratzinger avait été une recruté dans les Jeunesses Hitlériennes comme enfant, les liens de Bergoglio avec ces organisations extrémistes de gauche sont restés à peu près inconnus dans la presse de langue anglaise. En fait, à ce jour, à peu près rien au sujet de son histoire ou du sort de l'Archidiocèse de Buenos Aires n’est connu dans le monde Catholique en général.

Cet après-midi, cependant, j'ai eu une conversation avec quelqu'un qui était intéressé par mon analyse du document portant sur les Moniales qui a été quelque peu éclairante. Mon ami m’a demandé : « Alors, qu’est-ce que vous pensez qui a été le déclencheur ? ( i.e. déclencheur des changements radicaux dans tous les couvents cloîtrés… référence : Constitution Apostolique Vultum Dei Quaerere ) La question est celle qui semble beaucoup occuper l'esprit de François. Il a ciblé les religieuses féminines avec beaucoup de ses insultes étranges. Il ne semble pas beaucoup aimer les religieuses. Et ça signifie toujours qu’il y a des cas précis pour le démontrer. Je parie que vous trouverez quelque chose en Argentine sur ce sujet ».

Les gens ont réagi au document « Vultum Quaerere Dei», publié sans avertissement ce week-end —le jour avant que les Journées Mondiales de la Jeunesse captent toutes les nouvelles liées Pape — et les gens disent que cette Constitution Apostolique a été motivée par les Sœurs Franciscaines de l'Immaculée. Il semble clair que François et son régime ont une aversion particulière — ou peut-être une peur — de la branche féminine de l’Ordre religieux au succès énorme et qui penche sur la Tradition qu'ils ont été occupés à crucifier pendant trois ans.

Mais mon ami a suggéré que la méfiance de François envers les Ordres religieux florissants conservateurs (pas Traditionalistes) date du début des années 2000 et son affrontement avec à la fois l'Institut du Verbe Incarné (IVI), un Ordre de prêtres religieux Argentins, des Sœurs et des Moniales contemplatives et le Cardinal Sodano. Mon ami a laissé entendre que la dernière et récente Constitution Apostolique pour les religieuses pourrait être une forme de vengeance.

Cet Ordre « conservateur » de type Novus Ordo n’est pas bien connu aux États-Unis, mais on voit leurs sœurs tout le temps en Italie.

Et, en effet, il y en a beaucoup d'entre elles. Fondée en 1988, la branche féminine de l'Institut est appelée Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matara (SSVM). La branche actives des sœurs est encore plus nombreuse que les sœurs SFI ( Sœurs Franciscaines de l'Immaculée ), avec plus de 1000 sœurs dans 35 territoires de mission. Il y a aussi une branche contemplatives avec des moniales contemplatives et deux moines.

Cet Ordre « conservateur » de type Novus Ordo n’est pas bien connu aux États-Unis, mais on voit leurs sœurs tout le temps en Italie. Et, en effet, il y en a beaucoup d'entre elles. Fondée en 1988, la branche féminine de l'Institut est appelée Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matara (SSVM). La branche actives des sœurs est encore plus nombreuse que les sœurs SFI ( Sœurs Franciscaines de l'Immaculée ), avec plus de 1000 sœurs dans 35 territoires de mission. Il y a aussi une branche contemplatives avec des moniales contemplatives et deux moines.

Très peu de temps après son élection, la nouvelle a paru à l’effet que le Cardinal Bergoglio s’était « heurté » avec l'Institut du Verbe Incarné (IVI), mais peu de détails étaient immédiatement disponibles alors. Un blogueur a brièvement signalé le 21 mars 2013, une semaine après le Conclave, que « Bergoglio a été le primat au cours de l'enquête sur l'Ordre ».

« Sous sa direction, les Évêques Argentins ont cessé les ordinations, fermé le séminaire et imposé des restrictions sur le fondateur, le Père Buela et d'autres prêtres de IVI ».

Tout cela semble tellement familier, non ? Certes, nous pouvons voir le mode de fonctionnement de Bergoglio ici.

Curieusement, l’« enquête » de 2007 s’est arrêtée abruptement quand le Cardinal Sodano est intervenu abruptement. Le plus puissant - et le plus sinistre — des Cardinaux de la « vieille école » à Rome et le principal protecteur des Légionnaires du Christ, Sodano les a installés en Italie ». Puis, d’après les rapports de l'Argentine, le Cardinal Angelo Sodano, maintenant doyen du Collège des Cardinaux, a aidé Buela et l'IVI concernant leurs problèmes avec les Évêques Argentins. Le IVI a déplacé son siège social au diocèse de Velletri-Segni, qui est en Italie à 37 miles au sud de Rome ».

La cessation brutale des hostilités et les mesures extraordinaires de Sodano qui s’est précipité sur la situation et qui a opéré le sauvetage de IVI est une indication de la pauvre relation qui existait vraiment entre Rome et Buenos Aires à l'époque durant les premières années du pontificat de Benoît XVI.

Le long rapport dans la presse Argentine est révélateur. Il disait que chaque Évêque en Argentine sauf un, Hector Aguer, l'Archevêque de La Plata, se sont opposés à l'IVI. Aguer est connu comme le porte-parole de l'aile « conservatrice » de l'Église Catholique Argentine, s’opposant à l'éducation sexuelle dans les écoles et parlant fermement contre la légalisation de l'avortement en 2006.

Dans la première phrase de son rapport, le journal Argentin Pagina 12 décrit l'IVI comme des « ultraconservateurs » et des promoteurs du « fondamentalisme Catholique » mais décrit également un Ordre religieux florissant avec « le séminaire le plus achalandé dans le pays » accueillant plus de cent séminaristes et avec plus de trente qui s’ajoutent à chaque année. Cela peut être considéré comme un rapport publié peu après que Bergoglio ait été élu Pape sur l'état de ses séminaires par le site d’extrême-gauche National Catholic Reporter.

John Allen a rapporté : « L'année dernière, l'Archidiocèse a ordonné juste 12 nouveaux prêtres par opposition à 40-50 par an lorsque Bergoglio a pris la gouverne ». (Allen rapporte aussi une conversation dans laquelle Mgr Aguer est décrit comme « le chef des faucons » qui s’oppose à Bergoglio sur les questions doctrinales et politiques comme la légalisation des couples de même sexe.)

Le journal de gauche Pagina 12 continue résolument en parlant de l'affrontement entre les Évêques Argentins et l’IVI, appelant leur style missionnaire de « combatif » et les accusant de vouloir « restaurer le vrai Catholicisme qui a connu son sommet au cours de la Chrétienté médiévale ». Pagina 12 note que l'Ordre avait « confronté toujours fortement « l'épiscopat Argentin pour qui un tel militantisme était évidemment une gêne pour ne pas mentionner le succès numérique de l'Ordre.

Mais le principal problème est clairement l'accent de l'Ordre mis sur l'orthodoxie doctrinale et la réticence à mettre en oeuvre « les réformes de Vatican II ».

L’article ne cite personne de l'Ordre sauf Veronica Gimenez Béliveau, une chercheuse en religion qui avait « même vécu dans leurs monastères » et qui a aidé à clarifier :

« Ils vivent d’une façon très austère, dans une pauvreté presque évangélique » a-t-elle dit, ajoutant qu'ils sont sympathiques avec le régime de Franco en Espagne. Gimenez Béliveau a dit que la culture interne de l'Ordre se caractérise par « la construction symbolique de la communauté en tant persécutée et militante ».

« La notion de persécution [est] associée à la conservation de la vraie Tradition et des valeurs surnaturelles dans un contexte de sécularisation et d'humanisation de la culture ».

Il semble raisonnable de suggérer que cet Ordre, avec son refus de permettre aux gens de recevoir la Sainte Communion sans passer d'abord à la Confession, soit la plus grande source de l’aversion caractéristique de François envers le Novus Ordo « conservateur » religieux.

Il a été largement rapporté qu'il semblait plus ou moins indifférent à la FSSPX qui a un séminaire en Argentine.Avec les chiffres modestes de vocations véritablement Traditionalistes qui vont à la FSSPX et l'énorme afflux d'entrées à l’IVI qui est beaucoup plus embarrassant — particulièrement en tant que groupe qui reste dans le troupeau Novus Ordoiste mais qui refuse d’adhérer au programme Marxiste d’Amérique du Sud — il est facile de voir l'origine de la persécution fanatique de François envers les FFI ( Frères Franciscains de l’Immaculée ), un Ordre qui s’apparente beaucoup à l’IVI.

Ce qui est intéressant, c’est que les accusations des Évêques étaient contre l’IVI en furent d'une sorte décidément différentes de celles contre les Légionnaires, qui ont aussi joui de la protection de Sodano. Ce ne fut pas la litanie d'horreurs sexuelles et criminelles portées contre Maciel, ( fondateur et Supérieur général des Légionnaires du Christ ) mais seulement la « désobéissance » . C’est peut-être une indication de l'état des choses dans l'Église Argentine à savoir que chaque Évêque, sauf Aguer, a signé une lettre à l'époque au Pape Jean-Paul II (qui, à cause de ses infirmités, était représenté à toutes fins pratiques par le secrétaire d'État, le Cardinal Sodano) demandant que les séminaires d’IVI et leurs maisons de formation soient fermés.

Les Évêques ont réussi à fermer brièvement le séminaire d’IVI en 2000, après trois enquêtes distinctes de Rome. Mais alors, le Cardinal Sodano au lieu d’arrêter les fermetures, a annulé les décrets contre eux et a amené l'Ordre dans sa totalité en l'Italie où ils continuent à prospérer.

Est-ce que Sodano embarrasse Bergoglio ou ses amis ? Est-ce que c’est la source de son aversion ces Ordres religieux « conservateurs » prospères en général ? Ça restera un domaine de spéculation, mais c’est peut-être utile de garder un œil sur ça.

Sodano a certainement administré une gifle décisive à la face des Évêques Argentins quand, en 2001, le Vatican a envoyé l'Évêque de Velletri, Andrea Maria Erba, en Argentine pour ordonner 49 prêtres de l'IVI dans la Cathédrale de Aguer à La Plata, la plus grande ordination d’un groupe de prêtres dans l'histoire de l'Argentine.

Maintenant ça va faire mal… et ça a envoyé un message sans équivoque aux Évêques — dont Bergoglio était le primat — à savoir de quel côté le Vatican se situait. Peu de temps après l'ordination de masse, Bergoglio est venu visiter les bureaux des Évêques pour tenter de lisser les plumes ébouriffées.

Mais c’était alors ce temps-là et ceci est maintenant le temps de Bergoglio. Est-ce que l'attaque contre les FFI ( Frères Franciscains de l’Immaculée ) ( note : les FFI ont été pratiquement démolis par un envoyé personnel du Pape et a été ensuite reconnu coupable en cour civile de malversations envers le responsable des FFI --- mais le mal était fait ) était un contre-signe pour les gens du Vatican qui se souviendraient de cet incident et qui savent ce qu’il signifiait ? Sodano reste un personnage puissant, même maintenant. Son titre officiel est le doyen du Collège des Cardinaux mais, plus encore, le Cardinal de 88 ans est encore à la tête de cette dernière faction restante pré-Bergoglienne au Vatican qui n’a jamais détenu aucun pouvoir réel. Sodano a été au centre d'un réseau d'influence et de pouvoir depuis la fin du Concile Vatican II et reste à la fois dans sa personne et dans ses protégés une des figures les plus importantes de Rome.

Le fait que Sodano ait été hors des nouvelles pour un certain temps — environ trois ans en fait — ne signifie pas que lui ou ses partisans soient hors de considération. Il a donné une allocution à la commémoration au Vatican du 65e anniversaire de l'ordination du Pape Benoît XVI, il y a environ un mois et il a été, semble-t-il, la seule personne dans la salle à ne pas être surprise par l'annonce de la démission de Benoît.

Est-ce que Vultum Dei Quaerere est tombé sur les Moniales contemplatives pour envoyer un message à propos de qui est en charge et quel genre de pouvoir que François détient sur les organisations vulnérables comme Moniales contemplatives ? Si oui, c’est un affichage clair de cruauté pour laquelle Bergoglio était connu en Argentine. Détenir des petits vieilles dames en otage, menaçant de les jeter dans la rue dans leurs postes si certaines personnes ne se tiennent pas dans la ligne, ça s’accorde certainement avec les rapports du caractère de l'homme qui sont discrètement ressortis à propos de son affectation précédente.

Le site Vatican Insider de septembre 2013 a rapporté que François avait organisé un rapprochement avec l'IVI mais avait en même temps émis un avertissement clair. Le magazine affilié La Stampa a déclaré que la « relation de l'IVI avec le Vatican n'a pas été facile », mais ça a rapporté faussement la situation. Les difficultés n’ont jamais été avec le Vatican, mais avec les Évêques de l'Argentine, dirigés à l'époque par Bergoglio.

Le Vatican Insider a écrit que l'IVI avait été « au centre de controverses et pose un problème » pour François, ajoutant que l' IVI avait besoin d’une « normalisation » avec Rome. Mais encore une fois, cela est dans l'erreur. Le IVI est une Congrégation religieuse de droit diocésain, approuvé par l'Évêque de Velletri-Segni, dans son intégralité, et incontestée dans son union avec Rome avec pas le moindre soupçon d’une simple difficulté canonique. Peut-être le Vatican Insider a échoué à suffisamment fouiller Google pour connaître les différences canoniques entre un institut diocésain et un créé par le Saint-Siège.

L'article non signé continue à citer François parlant à la Conférence des Évêques Latino-Américains (CELAM), émettant un avertissement à IVI qui va sembler tellement familier aux Traditionnalistes.

« Dans son message, le Pape a parlé au sujet de la tentation idéologique des Chrétiens qu’il a décrit comme du « Pélagianisme » qui se manifeste apparemment dans la notion de « restorationisme ».

« Dans le traitement des problèmes de l'Église, une solution purement disciplinaire est recherchée, par la restauration des mœurs et des formes désuètes qui, même au niveau de la culture, ne sont plus significatives » a-t-il ajouté.

« Bergoglio a prévenu les Évêques :« En Amérique Latine, ça se trouve habituellement en petits groupes, dans certains nouvelles congrégations religieuses, dans des tendances (exagérées) en faveur d’une « sécurité » doctrinale ou disciplinaire.

L'article cite un commentaire révélateur « improvisé » : « Dans la première année du pontificat de Benoît XVI [2005], j’ai dû intervenir personnellement dans une affaire impliquant le fondateur d'un mouvement qui était lié à ce point de vue apocalyptique ».

L'homme n’est rien de moins que cohérent.

Peu de temps après son élection à la papauté, Pagina 12 a interviewé un de ses collègues sur son style de gouvernance entre autres choses. Le Père Eduardo de la Serna, directeur de l'agenceCuras en Opción por los Pobres, a dit : « Jorge Bergoglio sait bien comment gérer les ficelles du pouvoir ».

De la Serna, a poursuivi, en tant que Pape, Bergoglio ne va pas être un « conservateur » sur des questions comme l'avortement ou l'homosexualité. Fait révélateur, le Père de la Serna, bien avant que ce soit devenu la question clé du pontificat de François, a spécifiquement mentionné la communion aux divorcés et « remariés ».

« Au lieu de cela, nous pouvons nous attendre de lui des gestes de proximité. Pour imaginer un exemple : ça ne me surprendrait que le Jeudi Saint qu’il lave les pieds à un groupe de travestis. Je ne dis pas qu'il va le faire, mais il serait capable de quelque chose comme ça afin de rendre clair que [Ces personnes ne sont] en rien des excommuniées, mais qu’il ne faut pas applaudir leurs actions. Donc, je ne pense pas que [il y aura] des changements majeurs pour promouvoir le niveau doctrinal, mais il pourrait y avoir des gestes significatifs sur le plan pastoral ».

Il semble que si vous étiez un prêtre du diocèse de l'Argentine, rien du pontificat Bergoglien ne vous serait une surprise.

Le protégé de Bergoglio a démontré sa récitation plus que parfaite de la scène favorite de François : « La Doctrine Officielle de l'Église dit que ceux qui vivent ensemble sans être mariés par l'Église ne peuvent pas recevoir la Communion ; mais pour beaucoup de théologiens, c'est sans fondement. Bon. Je ne serais pas surpris si Bergoglio nommerait une commission de théologiens pour étudier ces arguments. Au niveau pastoral, ce serait un geste de proximité avec ceux qui aujourd'hui ne peuvent pas recevoir la Communion. Mais le fait de créer une commission en elle-même n’impliquerait pas un changement dans la Doctrine de l'Église à ce sujet ».

Une telle vision claire de ce qui allait arriver en ce qui concerne les Synodes sur la Famille donne plus de poids aux commentaires du Père De la Serna sur la relation de Bergoglio avec l'IVI : « Bergoglio sait comment gérer les ficelles du pouvoir. Et il serait naïf de penser qu’en tant que Pape, il ne va pas prendre en mains les décisions concernant l'Église de l’Argentine.

« En fait, il a exprimé une attitude critique à l'égard des mêmes groupes tels que l'Institut du Verbe Incarné (IVI). Mais à l'époque, il fut ralenti par la Curie qui ne devrait pas être en mesure de l'arrêter maintenant ».

Historiquement, les relations entre les religieuses et les Évêques en général et souvent le Vatican ne sont pas faciles à vivre. Les histoires de la plupart des Ordres religieux, en particulier ceux des femmes, ont souvent été des luttes pour le contrôle sur les nouvelles idées et les orientations souvent menaçantes.

Lorsque l'Évêque de Genève — à l'époque de la forteresse du Calvinisme — a demandé au Saint-Siège d’approuver la Constitution d'un nouvel Ordre religieux, Rome n'a pas dit non, exactement. L'Évêque François de Sales avait collaboré avec la veuve Baronne Jeanne de Chantal pour démarrer une nouvelle communauté de religieuses qui sortiraient de leurs couvents pour servir les pauvres, les malades et les personnes âgées dans leur quartier. Mais à cette époque, c’étaient des choses délicates, la Révolte Protestante faisait rage violemment à travers l'Europe et l'Église elle-même rassemblait ses propres morceaux cassés après un pillage par des mercenaires Suédois et ensuite le Concile de Trente. Jusqu'à ce moment, aucune religieuse n’avait jamais quitté le cloître, aucune n’a jamais eu à l'esprit de participer, dans le cadre de la Constitution de leur Ordre, à des œuvres apostoliques de bienfaisance organisées. Finalement, Rome a approuvé la Constitution révisée pour l'Ordre de la Visitation, mais seulement après que leurs saints fondateurs aient convenu d'adopter un style plus traditionnel de vie cloîtrée.

C’est plus ou moins habituel pour les personnes pieuses de vouloir fonder de nouvelles communautés religieuses pour faire les choses qui doivent être faites à la fois dans les domaines corporel et spirituel. C’est aussi normal pour Rome de mettre les freins à ces efforts et cette tension a été souvent vue par les théologiens comme une façon que Dieu utilise pour éprouver et affiner la sainteté et les intentions des fondateurs et fondatrices.

Mais c’est la première fois que l'Église a eu un Pape qui semble vouloir écraser tout simplement les expressions authentiques et anciennes de la vie religieuse contemplatives, tout simplement parce que ça tend apparemment à être difficiles à contrôler. À notre époque, bien sûr, nous savons tous que les nouvelles communautés se forment précisément comme une réponse à la catastrophe dans le monde causée par des politiques comme celles bien aimées de François et de ses amis. C’est devenu commun pour de tels groupes d'avoir beaucoup de disciples laïcs et de presque présenter le mouvement tout entier comme loin du paradigme post-Conciliaire.

C’est peu surprenant alors qu’il les considère ... eh bien ... disons, une priorité.