samedi 9 juillet 2016

Comment une révolution sexuelle
incessante écrase la liberté


Le 8 juillet 2016 (MercatorNet) - Lorsque l'écrivaine Allemande et conférencière Gabriele Kuby parle des effets de la révolution des étudiants de l'Occident en 1968, elle connaît son truc. Elle était là, à l'Université libre de Berlin, à étudier la sociologie et tout l’enthousiasme de l'anti-autoritarisme de l'époque.

Il y a eu une révolution dans sa propre vie depuis ce temps et elle consacre maintenant son travail pour sensibiliser le public sur la dévastation culturelle causée par la révolution sexuelle en cours. Voici quelques Questions & Réponses qui suivent et qui sont discutées dans son livre, une édition anglaise qui a été publiée en décembre dernier.



SOURCE : Life Site News

Q. Dans votre livre, The Global Sexual Revolution — Destruction of Freedom in the Name of Freedom ( note : la Révolution Sexuelle Mondiale — la destruction de la liberté au nom de la liberté ), vous rapportez et vous avertissez au sujet de la destruction de la liberté et de la culture par le biais de la révolution sexuelle mondiale. Pourquoi est-ce ainsi ?

R. Comme le sexe va, ainsi va la famille. Comme la famille va, ainsi va la société. Les normes sexuelles ont une influence décisive sur tout l'édifice de la culture. L’anthropologiste J.D. Unwin, un érudit d'Oxford des années 1930, a démontré dans son livre Sex and Culture qu’une haute culture ne peut seulement exister qu’avec des normes strictes sexuelles. La culture européenne Chrétienne repose sur l’idéal de la monogamie. Nous sommes maintenant dans une révolution culturelle qui renverse la morale sexuelle. Les conséquences graves sont évidentes : la destruction de la famille et la crise démographique. Mais les puissances de ce monde continuent à forcer la révolution sexuelle sur chaque nation.

Q. Est-ce que la déréglementation de la morale conduit à la libération sexuelle ?

R. Le fait de se débarrasser de toute contrainte morale associée à l'activité sexuelle est enveloppé dans la tentation de la « libération sexuelle ». Tout le monde sait d'expérience que les désirs ardents et les pulsions du corps ont besoin d’être contrôlés, que ce soit le sexe, la nourriture ou la boisson sinon ils vont vous contrôler. De là, la tempérance qui est l'une des vertus cardinales. L'explosion de la pornographie par Internet crée des millions de personnes sexuellement dépendantes et, tragiquement, de plus en plus d'entre eux sont des jeunes. Les mariages et les familles éclatent si le mari et la femme sont enfoncés dans l'infidélité par leurs désirs sexuels parce qu'ils n'ont pas appris à les rendre serviteurs de l'expression de leur amour.

Q. Qui a contribué à la révolution sexuelle intellectuellement ?

R. Retraçant les idées qui ont alimenté la révolution sexuelle, on peut revenir au philosophe grec Protagoras qui a proclamé que « l'homme est la mesure de toutes choses ». Cette croyance est la base du relativisme qui prétend qu'il n'y a pas de valeurs morales absolues. La Révolution Française a renversé le concept Chrétien de l'homme, créé par Dieu et ultimement responsable devant Dieu. Depuis, beaucoup d'esprits vénérables ont contribué aux idées philosophiques et psychologiques et à l'expertise révolutionnaire culturelle. Ils ont tous sympathisé avec les mouvements politiques libéraux ou communistes. Pour ne citer que quelques-uns : Karl Marx et Friedrich Engels, Sigmund Freud, Simone de Beauvoir, Alfred Kinsey, le pure et simple révolutionnaire sexuel Wilhelm Reich et les philosophes Adorno, Horkheimer et Marcuse, qui sont connus comme étant le Frankfurter Schule (École de Francfort).

Q. Quel rôle a joué le féminisme radical et le marxisme dans le Mouvement de 1968 ?

R. La percée qui a changé la société dans son ensemble était la rébellion étudiante de 1968. Elle a été alimentée par les pensées de l'École de Francfort et a mis en pratique les idées de Wilhelm Reich. Le Marxisme, le féminisme radical et la « libération sexuelle » se sont fusionnés et ont attaqué le système de valeurs Chrétiennes à la racine en se rebellant contre toute autorité. Les enfants ont été l'objet immédiat des révolutionnaires : les soi-disant « ateliers d’enfants » anti-autoritaires (Kinderläden) ont été fondés où les enfants pouvaient faire ce qu’ils voulaient et étaient encouragés dans les jeux sexuels.

Q. Comment le Mouvement de 1968 a influencé les temps où nous vivons ?

R. Les objectifs du Mouvement de 1968 sont devenus l'ordre du jour de l'ONU et de l'UE et sont reportés dans l'ensemble de l'application des « droits » des LGBT et de la déconstruction de l'identité masculine et féminine :

* La déréglementation des normes sexuelles. La promotion des privilèges aux LGBT, y compris le mariage de même sexe et les « droits » des transgenres.

* La neutralisation de la famille par des moyens idéologiques et économiques ( les systèmes de sécurité sociale et fiscale qui pénalisent les mères et les familles )

* La collectivisation des enfants de moins de trois ans dans des garderies étatiques de soins de jour

* La sexualisation des enfants par l'éducation sexuelle obligatoire dans les écoles

* L’élimination des « stéréotypes du genre » par des méthodes pédagogiques à la maternelle et à l'école

Ces attaques sur les fondations d'une société saine et durable créent des masses de personnes déracinées qui sont facilement manipulables. C’est non seulement la stratégie de l'ONU [ONU=Organisation des Nations Unies ] et de l'UE [UE=Union Européenne ], mais d'un réseau d'agences des Nations Unies comme l'OMS [OMS=Organisation Mondiale de la Santé ], et l'UNICEF [ UNICEF = Fonds des Nations Unies pour l’enfance ], des ONG [ONG=Organisations non Gouvernementales ] internationales comme l'IPPF [ IPPF = International Planned Parenthood Federation] et ILGA [ ILGA = Association internationale des lesbiennes, gay, bisexuel, transexuels et intersexués ] ainsi que les multinationales comme Apple, Microsoft, Google, Facebook, les fondations milliardaires comme Rockefeller et Gates, soutenues par les médias traditionnels.

Q. L'avortement et la contraception sont justifiés souvent avec les dangers de la surpopulation de cette terre. Pensez-vous qu'ils sont de réels dangers ?

R. Un motif évident pour ces politiques destructrices est de réduire la population de cette terre. Ceci est la politique étrangère des États-Unis depuis les années 1970. Mais le vrai problème est le déclin démographique auquel presque tous les pays industrialisés sont confrontés et qui commence même dans les pays en développement. C’est une conséquence de séparer le sexe de son sens existentiel et de sa fonction, la procréation, par le biais de la contraception et de l'avortement. De puissantes forces aux Nations Unies et à l'Union européenne se battent pour définir l'avortement comme un « droit humain ». Où en est venue l'humanité depuis la proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme en 1948 ?

Q. Quelles sont les conséquences de la notion de « genre » que les lobbies LGBT cherchent à imposer sur les sociétés ?

R. L'objectif de mise en œuvre de l’idéologie du genre dans la société avec des méthodes sophistiquées d'ingénierie sociale est la déconstruction de l'identité de l'homme et de la femme, attaquant ainsi la famille et la morale au niveau le plus profond. Depuis la décision de la Cour Suprême des États-Unis en juin 2015, nous voyons une nouvelle vague de militantisme transgenre en provenance des USA. Obama, Président de la première Nation de ce monde, est à l'avant de la « bataille des salles de bain » autorisant la politique qui permet à une personne transgenre d’utiliser les toilettes et les vestiaires du sexe de son choix. Le fait que 99 pour cent de la population des États-Unis ait un problème lorsque les membres du sexe opposé entrent les salles de bains, surtout quand elles sont utilisées par des enfants, ne semble être d'aucun intérêt pour les dirigeants politiques.

Q. Quelles sont les principales façons de changer la société selon l’idéologie du genre ?

R. Outre le changement du système juridique et la sexualisation des enfants par la force de l'État, cette idéologie est pénétrée dans le cerveau et le psychisme des gens à travers les médias, le divertissement et l'industrie (cinéma et musique) et la pornographie. La pornographie est une entreprise de plusieurs milliards de dollars. Regarder la pornographie est addictif comme une drogue physique ; il détruit les mariages et les familles et est une pente glissante vers le crime sexuel. Pourquoi n’y a-t-il pas de campagne de l’UE contre la pornographie comme il y en a une contre le tabagisme ? La différence est que le fait de fumer ne détruit pas la famille, la pornographie le fait.

Q. Vous avez passé de participante au Mouvement révolutionnaire de 1968 comme étudiante à l'Université libre de Berlin à une militante courageuse contre les ravages de la révolution sexuelle globale. Vous attribuez votre « réveil » à votre conversion au Catholicisme. Quelle est la contribution de l'humanisme Chrétien dans cette bataille culturelle ?

R. Je me suis convertie au Catholicisme il y a vingt ans et j’ai découvert une richesse de l'enseignement sur les questions de l'homme et la femme, la famille et la sexualité. Jean-Paul II a consacré sa vie et la papauté à ces questions, fournissant une base théologique à l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI, qui s’est adressé à la contraception. Benoît XVI est un analyste éclairé et visionnaire de notre époque historique. Voilà pour le côté intellectuel. Mais il y a aussi un côté spirituel : la conversion conduit à un changement de vie. Jésus dit : « Si vous m'aimez, vous obéirez à mes commandements. (Jean 14 :15). Le fait de garder les Commandements permet à l'Esprit Saint d'éclairer notre compréhension et de changer notre vie.

Q. Qu'est-ce qui nous empêche de réaliser que la révolution sexuelle met l'avenir de notre société à risque ?

R. À ne pas garder les Commandements, c’est-à-dire se séparer de Dieu à cause du péché crée la cécité. Les médias font tout ce qu’ils peuvent pour rendre tout péché comme semblant être acceptable afin que les gens perdent l'esprit de discernement entre le bien et le mal. Dans la Bible, nous lisons : « Je place devant vous la vie et la bénédiction d'une part, la mort et la malédiction d'autre part. Choisissez donc la vie, afin que vous puissiez vivre, vous et vos descendants ». (Deut. 30 :19). Les statistiques de l'éclatement des familles, des troubles psychologiques d'un pourcentage élevé d'enfants et la crise démographique, nous crient, mais nous sommes sourds.

Nous ne savons pas dans quelle phase de l'histoire de l'humanité nous sommes. Mais en tant que croyants, nous savons que l'histoire humaine a une bonne fin. Chacun de nous peut choisir la vie et utiliser ses talents pour travailler pour la vie. Le fait de savoir que vous êtes sur le côté de la vie, et donc sur le « bon côté de l'histoire », vous permet de mener une vie heureuse et paisible.

Q. Vous êtes personnellement attaquée comme étant une « homophobe » et une personne d’« extrême droite » dans une tentative de vous ostraciser du discours public. Il y a eu des manifestations contre vous et, dans une pièce de théâtre à Berlin, vous et quatre autres femmes politiquement actives ont été caractérisées comme des « zombies » qui sont sorties de leur tombe en 1945 et que l’on devrait à nouveau leur tirer dans la tête pour se débarrasser d'elles. Est-ce que cela vous décourage ?

R. Je ne suis pas « homophobe » parce que je n’ai pas peur (phobie = peur) des homosexuels et que je n'ai rien à voir avec l’« extrême droite ». Je suis une défenderesse des droits démocratiques contre le nouveau totalitarisme en ascension. La pièce de théâtre de Berlin est jouée avec des citations manipulées et nous les amenons devant les tribunaux pour protéger le droit démocratique de la liberté d'expression. Les attaques ne me découragent pas. Je fais ce que je sens que je suis appelée à faire.

Q. Pouvons-nous gagner cette bataille culturelle ?

R. Je vais répondre avec David : « Et tous les Israélites ici rassemblés sauront que le Seigneur n'a pas besoin d'épée ni de lance pour donner la victoire. Il est le maître de cette guerre et il va vous livrer en notre pouvoir ». (1 Samuel 17, 47).


Gabriele Kuby est une écrivaine et sociologue Allemande. Elle donne souvent des conférences en Allemagne et en Europe et a écrit pour de nombreuses publications imprimées et en ligne en Europe.