vendredi 1 juillet 2016

Cardinal Sarah

Les ambiguïtés sur la doctrine
peuvent conduire à des opinions dangereuses.



Par : Steve Jalsevac
SOURCE : Life Site News









28 juin 2016 (LSN) - Ceci est un bon compte rendu de nouvelles ( enfin ! ) en ce qu'il présente des extraits d'enseignement clairs, sages et extrêmement bien informés à partir d'une entrevue rapportée dans un livre avec un saint Cardinal de l'Église Catholique.

Le Cardinal Robert Sarah vient d’une vie très simple dans l'un des plus petits villages de Guinée, en Afrique, il a enduré de grandes épreuves, des persécutions et de la violence d'une dictature Marxiste, il a été nommé Évêque de l'Église Catholique à l'âge de 34 ans et s’est élevé pour être une influence et, pourtant, il est encore un Cardinal véritablement humble et intensément axé sur le spirituel au Vatican.

Les premières années de formation de Sarah l’ont particulièrement disposé à comprendre la corruption et les manipulations, l'importance d'une vie spirituelle profonde et la nécessité de dire avec courage et avec simplicité la vérité nécessaire pour surmonter les maux du monde.

Au milieu de la tempête tourbillonnante de confusion qui secouait l'Église en 2015, le livre le plus aidant de Sarah, « Dieu ou Rien », une conversation sur la Foi, a été publié. Les 284 pages d’interviews publiées avec le Cardinal, actuellement Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements et, autrefois, en charge du Conseil pontifical Cor Unum, ce conseil qui supervise tous les organismes d'aide de l'Église dans le monde ; ce livre est donc un trésor de sagesse, de sainteté et d'enseignement clair, sans ambiguïté sur la Foi liée aux questions du jour — c’est un vrai plaisir à lire. Il n'évite pas à aborder les questions même les plus controversées.

Le livre rapporte également le parcours inspirant d'une vie très simple dans un village Africain jusqu’à la nomination d'un homme vraiment saint comme Cardinal influent de l'Église Catholique. Je l’ai lu au cours des quelques dernières semaines et j’ai été tellement impressionné que j’inclus ci-dessous quelques extraits remarquables pour le bénéfice des lecteurs de Life Site News. Je crois que vous apprécierez les extraits. Mieux encore, achetez le livre.

Au cours du Synode sur la Famille de 2014, le Cardinal Walter Kasper a fait quelques remarques désobligeantes envers les Cardinaux Africains qui frustraient ses efforts à lui et à d'autres aux fins d’imposer leurs changements modernistes et relativistes dans le cœur des enseignements moraux de base de l'Église.

Kasper a été enregistré à dire à un journaliste de l’agence de nouvelles Zenit que les Cardinaux Africains « ne devraient pas trop nous dire ce que nous avons à faire » et qu'ils sont « très différents, en particulier au sujet des gays ». Cela s’est traduit dans beaucoup d'esprits comme « ils sont toujours fidèles alors que nous, les Européens, étant plus avancés, ne croyons plus à ce genre d’affaires morales ». Kasper est allé un peu plus loin en indiquant qu’il croyait que les Africains étaient des nigauds dépassés.

Le livre « Dieu ou Rien » révèle que le Cardinal Robert Sarah, un de ces Évêques d'Afrique qui s’est activement opposé aux propositions de Kasper, est un Prince de l'Église très conscient, doux, intelligent et savant. Cet homme, dont l’attitude humble semble similaire à celle du brillant et saint Pape Émérite Benoît, comprend bien les machinations du monde, mais aussi, contrairement à Kasper, il cherche à maintenir un lien spirituel constant avec son Seigneur pour le guider dans chacune de ses actions et paroles.

Après avoir lu « Dieu ou Rien », on ne peut pas s’empêcher de conclure que le Cardinal Kasper est très mal informé concernant l'intelligence et la sagesse des Cardinaux Africains tels que Sarah.

Je commence d'abord avec une série d'extraits des réponse des Sarah à une première question de son intervieweur, Nicolas Diat :

Quels sont les signes les plus inquiétants aujourd'hui et votre opinion sur l'avenir de l'église ?

Les citations qui suivront ne seront pas nécessairement précédées par les questions qui lui furent posées.

En tant que chef de Cor Unum, le Cardinal Sarah a été témoin d’emphases idéologiques et politiques scandaleuses de la gauche dans la plupart des agences d’aide internationale sous la gouverne des Conférences des Évêques de l’Occident telles que l’agence Développement et Paix du Canada et Catholic Relief Services de la Conférence Épiscopale Américaine. Mais il y en avait beaucoup plus comme l’agence des Évêques Allemands qui était tout aussi éloignée de sa mission d'être au service de l'Évangile. Sarah a entrepris des actions importantes pour rediriger ces agences à leur mission Catholique d’origine.

Dans ces déclarations, vous remarquerez aussi ses réponses à d'autres controverses qui ont été rapportées aux lecteurs de Life Site News dans le passé.

Les réponses du Cardinal Sarah ( la page du livre précède chaque citation ) :

p. 112 — Il y a une tendance missionnaire qui met l'accent sur la participation politique qui est en faveur de la lutte pour le développement social ou économique ; cette approche offre une interprétation diluée de l'Évangile et de la proclamation de Jésus.

p. 114 — Un prêtre qui a intériorisé sa vie sacerdotale prend soin de communiquer sa rencontre avec Dieu d'une manière compréhensible. Il sera capable de parler simplement. Certains ont tellement intellectualisé et compliqué le message Chrétien qu’un grand nombre de personnes ne sont plus touchés ou intéressés par l'enseignement de l'Église.

p. 115 — Les Pères de l'Église savaient s'exprimer d'une manière émouvante et ont réussi à convertir des populations entières au Christ. Grâce à des expressions vives et à des belles images, ils ont simplement communiqué leurs propres expériences spirituelles.

— Une des difficultés importantes à l'heure actuelle se trouve dans les ambiguïtés ou les déclarations personnelles au sujet d’importantes questions doctrinales qui peuvent conduire à des opinions erronées et dangereuses. Ces mauvaises habitudes désorientent beaucoup de fidèles. Parfois, des réponses contradictoires à des questions très graves sont données par le clergé et les théologiens. Comment le peuple de Dieu peut-il être aidé sans être dérangé par de tels comportements ? Comment le Baptisé peut-il être certain de ce qui est bon ou mauvais ? La confusion sur la bonne direction à prendre est la pire maladie de notre époque.

— Contrairement au subjectivisme environnant, l'Église doit savoir dire la vérité, avec humilité, respect et clarté.

- Dieu ne nous a pas demandé de créer des projets personnels pour transmettre la Foi. Les hommes de Dieu sont des porteurs et non des interprètes ; ils sont des messagers et des intendants fidèles des Mystères Chrétiens. Beaucoup sera demandé à ceux qui ont beaucoup reçu.

p. 116 — Les premiers missionnaires ne se sont jamais séparés la proclamation de la Parole de Dieu, de la célébration des Sacrements et du service de charité. Aujourd'hui, nous avons la tendance à insister sur une implication socio-politique et sur le développement économique, tout en excluant l'évangélisation.

— Nous utilisons mal la Doctrine sociale de l'Église sans la comprendre correctement. Elle devient un outil pour l'action politique.

p. 117 — L'Église trahirait Jésus en devenant activement impliquée dans la vie politique.

p. 130 — Les idéologies alourdissent, écrasent et détruisent les hommes.

— L'esprit idéologique est le contraire de l'esprit évangélique. Voilà pourquoi les prêtres qui choisissent de suivre ou de propager des idées politiques, sont nécessairement sur la mauvaise voie car ils rendent sacré quelque chose qui n'est pas censé l’être. L'idéologie est, par nature, déconnectée de la réalité et elle est nécessairement une source de division puisque vous ne pouvez pas obtenir des allégeances durables de la part des gens qui sont encore ancrés dans la réalité, dans les bons temps comme dans les mauvais.

L’idéologie du genre (même page suite)

— Aujourd'hui, [l'Église] doit aborder l'idéologie du genre, que Jean-Paul II n'a pas hésité à qualifier de « nouvelle idéologie du mal ». De plus l'idéologie du genre, le produit de la réflexion par les structuralistes Américains, est un enfant difforme de la pensée Marxiste. Dans son dernier livre, Mémoire et Identité, Jean-Paul II avait déjà écrit : « Je pense ... à la forte pression du Parlement Européen pour reconnaître les unions homosexuelles comme un autre type de famille avec le droit d'adopter des enfants. Il est légitime, voire nécessaire de se demander si ce n'est pas le travail d'une autre idéologie du mal, plus subtile et cachée, peut-être, avec l’intention d’exploiter les Droits de l'Homme mêmes contre l'homme et contre la famille ».

— L'idéologie du genre transmet un mensonge brut puisque la réalité de l'être humain comme homme et femme est refusée. Les lobbies et le mouvement féministe en font la promotion avec violence. Ça s’est rapidement transformé en bataille contre l'ordre social et ses valeurs. Son objectif ne se limite pas à la déconstruction du sujet [humain] ; cette idéologie est surtout intéressée dans la déconstruction de l'ordre social. Le but est de semer la discorde sur la légitimité des normes sociales et d’introduire un soupçon sur le modèle de l'hétérosexualité ; pour les partisans de la théorie du genre, il est nécessaire d'abolir la civilisation Chrétienne et de construire un monde nouveau.