vendredi 29 juillet 2016

L’éducation sexuelle du Vatican
« se rend » à la révolution sexuelle


Des leaders militants pro-vie et pro-famille réagissent



Par : Pete Baklinski
SOURCE : Life Site News






29 juillet 2016 (LSN) - Trois dirigeants internationaux militant pour la vie et la famille qui ont défendu l'enseignement Catholique sur le mariage, la sexualité et la vie pendant des décennies, ont appelé le programme d’éducation sexuelle pour les adolescents récemment publié par le Vatican de « complètement immoral », d’« entièrement inapproprié » et de « tout à fait tragique ».

« Je trouve monstrueux qu’un organisme officiel de l'Église ne créerait pas seulement un programme d'éducation sexuelle pour les adolescents mais un qui contourne les parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants » a déclaré le Dr Thomas Ward, fondateur et président de l'Association nationale des Familles Catholiques ainsi qu'un membre correspondant de l'Académie Pontificale pour la vie.

Le programme, intitulé « LIEU DE LA RENCONTRE : Un projet pour l’éducation sexuelle et affective », a été publié la semaine dernière par le Conseil Pontifical pour la Famille et il sera présenté cette semaine aux jeunes aux Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne.

Lisez ici une analyse critique détaillée de ce programme ici.

Bien que le programme ait été en processus de développement par des couples mariés en Espagne depuis un certain nombre d'années, il semble avoir reçu une impulsion à être complété suite à l’Exhortation sur le Mariage et la Famille, Amoris Laetitia ,du Pape François en avril dernier. Dans son Exhortation, le Pape parle du « besoin d'éducation sexuelle » qui a besoin d’être adressé par les « établissements d'enseignement », un mouvement qui a inquiété l’ensemble des dirigeants pro vie et pro famille du monde puisque l'Église Catholique a toujours reconnu et enseigné — souvent face à l’opposition des puissances mondiales — que l'éducation sexuelle est le « droit fondamental et le devoir des parents ».

Ward considère que c’est « malhonnête » pour quiconque de penser que le programme ne sera pas utilisé comme une excuse par les différents pouvoirs et autorités afin d’« ignorer et même de rejeter les préoccupations des parents protestataires qui essaient de protéger leurs enfants ».

« Cela pourrait être le programme le plus pur dans le monde mais le fait qu’il se dépolie alors qu’on met les parents de côté, ça ouvre une boîte de Pandore à l'éducation sexuelle de toutes sortes. En écartant les parents, les créateurs du programme ont effectivement enlevé la sauvegarde qui a été mise en place par Dieu pour protéger les enfants des influences corruptrices » a-t-il dit à Life Site News.

À titre indicatif, voyez certaines images et des activités suggestives sexuellement explicites dans les cahiers de cours (déroulez les pages) (ici, ici, et ici).

Le programme d’éducation sexuelle du Vatican pour les Jeunes a été créé pour être utilisé principalement dans une salle de classe par les éducateurs.

Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil Pontifical, a déclaré lors d'une présentation sur le programme d’éducation sexuelle que le « caractère unique du projet » consiste en ce qu'il « combine l’attention des enseignants avec celle de l'adolescent ou du jeune ».

Mgr Carlos Simon Vazquez, sous-secrétaire du Conseil, est allé encore plus loin dans son introduction au programme, en mettant l'accent sur le fait que d’instrumenter l’« éducateur ou l'enseignant » comme étant un « développement exceptionnel ».

« En fait, une articulation pédagogique interne entière est imprégnée par le dialogue enseignant-élève, présenté comme l'un des atouts de ce projet qui peut être introduit à différents stades de la vie des jeunes » a-t-il écrit.

Le Monseigneur manifeste un intérêt de pure forme pour le rôle des parents, déclarant que le cours peut être aussi utilisé par les familles, ce qui « enrichit » les foyers par ce projet .

Dans les 518 pages du programme, la participation des parents survient une fois, à savoir lorsque on invite les élèves à « demander à vos parents et vos grands-parents de vous montrer des photos quand ils étaient enfants et jeunes adultes et de regarder les changements ensemble. Ça peut être une expérience vraiment agréable ».

Les enseignants, toutefois, sont chargés — plus de 40 fois — d’expliquer, de décrire, de discuter, de superviser, de modérer la discussion et de réviser la documentation avec les étudiants.

À un moment donné, le manuel indique aux enseignants de susciter chez les étudiants des réponses aux questions qui seraient semblables aux conseils que les parents pourraient donner aux jeunes en parlant de chasteté. « C’est ici où nous essayons d'obtenir [des étudiants] de dire les mêmes choses que leurs parents disent eux-mêmes : soyez prudents dans votre relation, valorisez votre corps, évitez la tentation et vous échapperez au danger » comme l’énonce le programme.

À un autre endroit, le manuel indique aux enseignants d’inviter dans la salle de classe un « professeur de biologie » qui peut aider les jeunes à identifier les « caractéristiques sexuelles primaires et secondaires en observant la différence entre mâle et femelle ».

Ward a appelé ce programme « complètement immoral » ajoutant qu'il équivaut à une « rupture complète de l'enseignement de l'Église à travers les âges concernant les parents comme premiers éducateurs ».

« Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, notamment en ce qui concerne la transmission de valeurs morales et sexuelles. Eux, et eux seuls, savent quand leur enfant est prêt pour ces renseignements » a-t-il dit, ajoutant que de la « bonne information au mauvais moment pourrait causer des dommages catastrophiques à un enfant ».

« Je dis que si ce programme a confié la formation sexuelle des jeunes aux soi-disant experts et n'a pas impliqué les parents d'une manière significative, alors ce programme a usurpé les droits et devoirs des parents auprès de leurs enfants. Une fois que les parents sont enlevés, qui va protéger les enfants ? »
En 1937, le Pape Pie XI a écrit l'Encyclique Mit Sorge Brennender dans laquelle il dénonçait le gouvernement national-socialiste en Allemagne. Il exhortait les parents Catholiques dont les droits parentaux étaient sapés par la politique nazie, de ne pas renoncer à leur devoir moral d'instruire leurs enfants.

« Les parents ... ont un droit fondamental à l'éducation des enfants que Dieu leur a donné dans l'esprit de leur Foi et selon ses prescriptions. Les lois et les mesures qui, dans les [situations] scolaires, ne parviennent pas à respecter la liberté des parents vont à l’encontre de la loi naturelle et sont immorales » a écrit le Pape.

Le Pape à cette époque a prévenu les parents des conséquences d’abandonner leur devoir donné par Dieu.

« Pourtant, n’oubliez pas ceci : nul ne peut vous libérer de la responsabilité que Dieu vous a donnée sur vos enfants. Aucun de vos oppresseurs qui prétendent vous soulager de vos devoirs peuvent répondre en votre nom devant le Juge Éternel quand Il demandera : « Où sont ceux que Je vous ai confiés ? » Que chacun de vous soit en mesure de répondre « Parmi ceux qui Vous m’avez donnés, je n’en ai perdu aucun ».

Réfléchissant sur le passage ci-dessus, le Dr Ward a commenté que même un Conseil Pontifical ne peut pas relever les parents de leur devoir en tant que premiers éducateurs de leurs enfants en matière sexuelle ni de répondre au nom des parents quand les parents feront face au « Juge éternel ».

« Voilà pourquoi ce sujet est si important » a-t-il dit. « Bien qu'il soit le cas que nous parlons présentement de l'éducation sexuelle, c’est encore plus le cas quand nous parlons du salut des âmes ».

John Smeaton, chef de la direction de la Société pour la Protection des Enfants à naître et co-fondateur de la Voix de la Famille, a dit à Life Site News que le programme du Vatican menace les enfants.

« Dans l'Exhortation apostolique Amoris Laetitia, François comprenait une section intitulée « Oui à l’éducation sexuelle ». Les dirigeants pro-vie et pro-famille ont averti à ce moment-là que la formulation de l'appel du Pape et son incapacité à faire respecter les droits des parents dans cette section, risquaient de jouer dans les mains de puissants organismes internationaux qui poussent des programmes d'éducation sexuelle nuisibles. Maintenant, trois mois plus tard, nous voyons le propre Conseil Pontifical du Pape pour la Famille publié un programme rempli de problèmes ».

Smeaton partage la préoccupation de Ward à savoir que ce programme a violé le droit des parents Catholiques sur l'éducation de leurs enfants.

« En encourageant les enseignants et autres éducateurs à exposer les enfants à un tel programme, le Vatican ne respecte pas les droits des parents Catholiques d'être les premiers éducateurs de leurs enfants en matière de sexualité. C’est tout à fait inapproprié pour les enfants d'être exposés à des images sexuellement explicites telles que contenues dans ce cours et d'être encouragés à discuter de questions sexuelles dans un environnement de classe ».

Smeaton dit que les parents ne devraient pas sous-estimer la menace du programme pour les enfants.

« Les parents ne doivent pas se faire d'illusions : le pontificat du Pape François marque la capitulation des autorités du Vatican à la révolution sexuelle dans le monde entier et menace directement leurs propres enfants » dit-il.

Christine Vollmer, membre fondatrice de l'Académie Pontificale du Vatican pour la Vie, ainsi que le fondateur de l'Alliance latino-américaine pour la vie, a appelé « problématique » le fait que le programme contourne les parents.

« C’est tout à fait tragique que le Conseil pontifical pour la Famille doive contourner les parents quand cela a été le problème qui a amené les problèmes sexuels des adolescents dont nous souffrons » a-t-elle dit à Life Site News.

Elle a noté que, si le programme a utilisé une bonne base philosophique, il est également « tombé dans le piège de penser que l'utilisation de matériaux d'une variété assez grossière et « sexy » éveillerait l'intérêt des adolescents ».

« Malheureusement, ceux-ci auront soit l'effet d’exciter ou d'éteindre les enfants et de nombreux parents se sentent déçus ou même trahis par cette erreur surprenante dans le programme » a-t-elle ajouté.

L'éducation sexuelle publique pour les jeunes a été décriée par un certain nombre de penseurs Catholiques de renom au fil des décennies.

Le célèbre penseur Catholique Dietrich von Hildebrand, appelé par Jean-Paul II « l'un des grands éthiciens du XXe siècle » et par le Pape Benoît XVI comme étant l'une des figures « les plus importantes » dans l'histoire intellectuelle de l'Église au cours du siècle dernier, a jugé que toute forme d’éducation sexuelle en classe pour les jeunes est dommageable :

« La nature du sexe, elle-même, doit d'abord être saisie si l'on veut estimer les dommages causés à l'âme des enfants par la soi-disant éducation sexuelle dans la salle de classe — des dommages non seulement du point de vue moral, mais aussi de l'intégrité humaine et de la santé spirituelle » a-t-il écrit dans un essai publié en 1969, huit ans avant sa mort »

« Protéger la «sainte pudeur » des jeunes tout en transmettant la « signification morale » et le « caractère mystérieux » du sexe ne peut être fait que par les parents » a-t-il écrit.

« Pour développer la bonne attitude et vision de la personne humaine vers cette sphère du sexe, il existe une seule possibilité : à savoir, l'information à propos du mystère du sexe doit être divulguée dans un grand respect et un dialogue personnel strictement à deux par le père ou la mère avec son enfant. Absolument exclu est l'enseignement pseudo-scientifique sur le sexe dans une salle de classe — c’est-à-dire dans une atmosphère neutralisante et saturée de publicité » a-t-il écrit.

Les parents sont « responsables de l'éducation sexuelle dans son vrai sens d'éducation » a-t-il écrit, ajoutant qu'ils « doivent protéger l'enfant contre toutes les discussions neutralisantes sur ce terrain ».



Le penseur Catholique a terminé son essai citant les paroles de Jésus que l’on trouve dans l'Évangile de Matthieu : « Celui qui fait tomber dans le péché un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attache au cou une grosse pierre et qu'on le noie au fond de la mer ».



Pete Baklinski a un B.A. en arts libéraux et possède une maîtrise en Théologie avec une spécialisation sur le mariage et la famille (STM). Il est marié à Erin. Ensemble, ils ont six enfants.