jeudi 14 juillet 2016

La montée des Néo-casuistes




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 13 juillet 2016


Parmi les Évêques, on entend seulement le bruit des grillons alors que le Pape François va son bonhomme de chemin. « Je suis par nature inconscient ( italien « incosciente » ) et donc je vais de l'avant ». Le Pape François en a joyeusement informé un groupe d'étudiants au Vatican en mai dernier.

Des laïcs et des prêtres courageux, cependant, sont en nombre croissant à sonner l'alarme au sujet du parcours téméraire de ce pontificat. Une nouvelle voix majeure à cet égard n’est pas moins celle de Mgr Michel Schooyans, un proche conseiller du Pape Jean-Paul II et un confident du Pape Benoît XVI, qui, comme le rapporte Life Site News, « a émis un avertissement pressant à propos de la trajectoire actuelle dans l’Église Catholique ».


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Life Site News a publié un document rédigé par Mgr Schooyans ( voir ici ce document en français ) dont les conclusions ne pourraient pas être plus dévastatrices sur le mythe du pontificat Bergoglien de la « miséricorde » et de la « simplicité » qui laisse derrière le « rigorisme » pharisaïque du passé. Au contraire, Schooyans avertit que le Synode sur la Famille « a révélé ... un profond malaise dans l'Église » dont les symptômes comprennent « les débats récurrents sur la question des personnes divorcées et remariées, des modèles pour la famille, du rôle des femmes, du contrôle des naissances, de la maternité de substitution, de l'homosexualité et de l'euthanasie ». Tout simplement, Schooyans dit : « L'Église est contestée dans ses fondements mêmes ».

C’est bien exact. Et ça a été tellement évident au cours des trois dernières années. Mais l'analyse de Schooyans jette une lumière nouvelle et choquante sur la situation. Il parle « des diktats des nouveaux juristes, successeurs des scribes et des pharisiens », qui signifient, bien sûr, le Cardinal Kasper, le Cardinal Baldisseri, le Cardinal Marx, l’Archevêque ( « The Art of Kissing ») Fernandez, l’Archevêque Bruno ( la « valorisation » de l’« orientation homosexuelle ») Forte et le reste de la bande de cinglés, de sophistes et de super-modernistes desquels s’entoure le Pape François lui-même dans son cercle intime. Autrement dit, c’est le même gang qui a mis en scène le Synode Bidon du début à la fin.

Avec une ironie exquise qui pénètre comme un couteau, Schooyans — sans citer de noms, mais nous savons qui ils sont — écrit :

« On perçoit le retour de la casuistique considérée comme permettant aux moralistes d’examiner et de résoudre les questions de conscience. Certains moralistes ont l'intention d'offrir des solutions qui plaisent à ceux qui ont recours à leur connaissance supérieure. Parmi les casuistes d'hier et d'aujourd'hui, les principes fondamentaux de la morale sont éclipsés par les opinions (souvent divergentes) prononcées par ces conseillers spirituels sérieux ».

Et puis ces observations stupéfiantes du conseiller et confident des deux prédécesseurs immédiats du Pape François :

« Progressivement, les règles de comportement procédant de la Volonté du Seigneur et transmises par le Magistère de l'Église vont languir en déclin. L'évaluation morale des actes peut conséquemment être modifiée. Non satisfaits d’atténuer cette évaluation, les casuistes souhaitent transformer la loi morale elle-même. Ce sera la tâche des casuistes, des confesseurs, des conseillers spirituels et, à l'occasion, des Évêques. Tous doivent avoir le souci de plaire...

Afin de plaire, le conseiller spirituel devra adoucir la rigueur de la Doctrine transmise par la Tradition. Le berger devra adapter ses paroles à la nature de l'homme dont les passions mènent naturellement au péché. D'où le bannissement progressif des références au péché originel et à la grâce. L'influence de Pélage (un moine d'origine britannique) est évidente : l'homme doit se sauver et prendre son destin entre ses propres mains. Dire la vérité ne fait pas partie du rôle du casuiste qui doit captiver, présenter une argumentation qui soit charmante, qui attire les bonnes grâces, qui rend le salut facile, et qui fera plaisir à ceux qui entendront ce qu'ils aiment entendre. (2 Timothée 4 : 3)».

Schooyans fait tout sauf nommer le Pape François comme le chef du gang, mais il n'y a pas besoin de statuer sur l'évidence. Il décrit simplement le programme synodal et post-synodal tout entier du Pape François et — surtout, Amoris Laetitia — qui ont pour but de subvertir l'enseignement et la discipline constante de l'Église En ce qui concerne l'admission aux Sacrements par les divorcés et « remariés », il écrit :

« Les néo-casuistes [ à savoir le Pape François et compagnie ] montrent un grand intérêt dans les cas des personnes divorcées qui sont « remariées ». Comme dans d'autres cas, les différentes étapes de leur approche fournit une bonne illustration des tactiques du salami (Matyas Rakosi, 1947). Selon ces tactiques, ce que l'on n’aurait jamais accordé comme un tout est concédé tranche par tranche. Alors suivons le processus :

Première tranche : au point de départ, nous trouvons, bien sûr, les références à l'enseignement dans les Écritures sur le mariage et sur la Doctrine de l'Église sur cette question. Deuxième tranche : l'accent est mis sur les difficultés de « recevoir » cet enseignement. Troisième tranche, sous la forme d'une question : est-ce que les personnes divorcées « remariées » sont dans un état de péché grave ? La quatrième tranche consiste dans l'entrée sur la scène du conseiller spirituel, qui aidera les personnes divorcées « remariées » à « discerner », c’est-à-dire de choisir ce qui leur convient dans leur situation. Le conseiller spirituel doit se montrer compréhensif et indulgent. Il doit démontrer de la compassion, mais quelle compassion ?

Pour le casuiste en effet, lorsque l'on entreprend une évaluation morale d'un acte, le souci de compassion doit avoir préséance sur l'évaluation des actions qui sont objectivement mauvaises : le conseiller doit faire preuve d'indulgence, s’adapter aux circonstances. Avec la cinquième tranche de salami, chaque individu sera capable de discerner, personnellement et avec sa pleine liberté de pensée, de ce qui lui convient le mieux ». [ Pauses de paragraphe et italique dans l'original ]

Est-ce que ça vous semble familier ? En somme, sous le Pape François, il s’élève maintenant dans l'Église les mêmes choses que le Pape François a lui-même tant ostensiblement condamnées chez les autres, à savoir : le néo-pharisaïsme, la néo-casuistique et, le plus célèbre, le « Néo-Pélagianisme ». Jamais dans l'histoire de l'Église n’y a-t-il eu un tel pape. Comment cette situation effarante peut être considérée comme rien de moins qu’apocalyptique — dans le sens d’« historique ou de catastrophique » — même si l'Apocalypse de Saint Jean n’est pas encore sur nous ?

Que Notre-Dame de Fatima intercède seulement pour nous !