mardi 26 juillet 2016

Une sinistre saisie de pouvoir - Partie III

François attaque les couvents cloîtrés





par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 25 juillet 2016


Dans la Partie I de ma série sous ce titre, j’ai rendu compte de la création d’une machine par le Pape François qui a des souliers pointus pour limoger des Évêques par le biais d’un motu proprio qui déclare que tout Évêque peut être retiré pour quelque raison que François et ses collaborateurs jugent suffisante. Cette action confirme juridiquement une situation qui a déjà vu le retrait / forcé sommaire de six Évêques conservateurs consécutifs (plus récemment Mgr Aldo di Cillo Pagotto de Paraiba), remerciés pour de présumés scandales qui ne sont rien par rapport à la corruption endémique, y compris l'activité homosexuelle dans les diocèses d'Évêques libéraux du monde entier.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

En effet, François a nommé à la tête même de sa Maison Pontificale un prédateur homosexuel notoire, Mgr Battista Ricca (trouvé pris au piège dans un ascenseur bloqué avec un jeune mâle objet de ses « affections »).

Dans la Partie II de la série, j'ai rapporté un rescrit émanant de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique qui, en substance, pourrait bloquer la formation de toute nouvelle société orientée vers la Tradition en vertu du droit diocésain par les Évêques locaux sympathiques à la Tradition, à la condition — et c’est ça qui est nouveau — que le Vatican soit satisfait de la « spécificité » de son « charisme », qui, à défaut de quoi, une tentative d'ériger la société serait nulle et sans effet.

Maintenant, c’est au tour des religieuses cloîtrées de tomber sous la main dictatoriale. Avec sa Constitution Apostolique Vultum Dei Quaerere ( « À la recherche du visage de Dieu ») (VDQ), tombée comme une bombe à succès pendant ses vacances, François ordonne des changements radicaux dans tous les couvents cloîtrés dans le monde, requerrant l'adoption de nouvelles constitutions et des « formes de cloîtres » qui doivent être approuvés par le Vatican, centralisant ainsi le contrôle sur tous les cloîtres locaux. Le journal Italien libéral La Stampa résume ainsi avec approbation le document dans son ensemble : « François mandate de grands changements pour les femmes religieuses contemplatives, demandent le réexamen de toutes leurs Constitutions ». L’Agence de nouvelles, Catholic News Agency [CNA], salue les « nouvelles normes axées sur la prière et la centralisation ».

Vultum Dei Quaerere abroge également toutes les législations papales qui ordonnaient la rigueur des « clôtures papales » majeures et mineures des religieuses et qui imposaient de sévères sanctions pour laisser aller ou admettre des étrangers à l'enceinte sans permission et motif sérieux, incluant notamment Sponsa Christi de Pie XII, l'Inter Praeclara (1950 ) et le Sponsa Verbi de Jean-Paul II (1999). En se référant à d'autres normes à être promulguées, Vultum Dei Quaerere contemple clairement la nouvelle habitude d’aller et venir des religieuses de leur clôture pour des choses telles que « des cours spécifiques sur la formation en dehors de leur monastère ». Il est également recommandé l'utilisation de l'Internet par des religieuses cloîtrées pour leur « formation » et leur « coopération » avec d'autres couvents, limitée seulement par « une discrétion voulue » quoi que cela signifie.

Vultum Dei Quaerere ordonne de plus que même les clôtures papales soient ouvertes au public pour l'adoration Eucharistique, ce qui est clairement utilisé comme prétexte pour violer l'ancienne sainteté des clôtures : «Chaque monastère dans l’élaboration de son projet communautaire et fraternel, outre la préparation soignée des célébrations eucharistiques, prévoira des temps opportuns d’adoration eucharistique, offrant la possibilité aux fidèles de l’Eglise locale d’y participer. ».

Dans un coup dévastateur à l'autonomie des cloîtres, à laquelle autonomie Vultum Dei Quaerere apporte un soutien de façade cynique, le document leur ordonne de rejoindre immédiatement une des « Fédérations » à être régies par des Présidents et des conseils. La législation papale antérieure sous Jean-Paul II et Pie XII permettaient simplement aux cloîtres de se fédérer, tout en insistant que leur autonomie personnelle en aucun cas ne devait être diminuée par l'existence d'une telle fédération volontaire de leur part. La plupart des fédérations existantes ( de nouvelles doivent être formées au besoin, évidemment ) sont des gouffres de corruption Moderniste, des organisations de « justice sociale » alignées avec des politiciens libéraux, ou les deux à la fois. Mais c'est précisément le point : les quelques couvents Traditionalistes récalcitrants tels que les Sœurs Françiscaines de l'Immaculée, qui ont déjà été placées sous un commissariat libéralisant du Vatican, seront tenues de se plier à l'« esprit » des fédérations libéralisées qu’elles sont maintenant obligées de joindre et les nouveaux Ordres Traditionalistes de religieuses seront étouffés dans leurs berceaux.

Incroyablement, le Pape des Périphéries interdit désormais que les monastères admettent des candidats d'autres pays (comme l'Afrique ou les Philippines) afin d'assurer leur continuité : « On doit absolument éviter le recrutement de candidates venant d’autres pays dans le seul but de préserver la survie du monastère. Des critères seront établis pour en assurer l’application ». Le mot « seul » ne signifiera rien dans la pratique. Ceci est simplement une interdiction de recrutement de facto à l'étranger. Maintenant, qu'est-ce que l'origine nationale a à voir avec l'aptitude d'une candidate pour le noviciat ? Absolument rien. Pourtant, le Pape des Périphéries, qui est constamment à nous rabâcher l’« inclusion », insiste maintenant sur l'exclusion, sous la forme de discrimination fondée sur l'origine nationale des candidates. La mort de nombreux couvents cloîtrés ainsi est assurée. Dément !

Encore plus incroyable, le Pontife âgé exige une discrimination par l'âge dans les cloîtres, déclarant : « À l’autonomie juridique doit correspondre une réelle autonomie de vie, ce qui signifie : un nombre minimum de soeurs pourvu que la majeure partie ne soit pas d’un âge trop avancé ... » Qu'est-ce que l'âge des religieuses a à voir avec leur autonomie dans le cloître ? Encore une fois, absolument rien. Ceci est juste un autre stratagème pour assurer la libéralisation des récalcitrants conventuels avec un penchant vers la Tradition.

Si les exigences ne sont pas remplies — y compris la majorité des membres non âgés ! — pour une réelle autonomie du monastère, la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Société de Vie Apostolique étudiera l’opportunité de constituer une commission ad hoc formée de l’Ordinaire du lieu, de la Présidente de la fédération, de l’Assistant fédéral et de l’Abbesse ou de la Prieure du monastère. En tout état de cause, une telle intervention aura comme objectif de mettre en route un processus d’accompagnement pour une revitalisation du monastère, ou pour engager sa fermeture ».

Le sage Catholic Herald décrit cette clause comme « un règlement définissant les critères nécessaires à un monastère pour conserver l'autonomie juridique ou bien être à être absorbé par une autre entité ou faire face à la fermeture ».

En voilà assez pour l'Église des Périphéries. François est encore une fois à consolider tout le pouvoir dans ses propres mains. Comme tout dictateur, il prêche la liberté alors qu’il pratique la tyrannie en renversant tout ce que ses prédécesseurs ont fait et qui se dresse sur son chemin — non seulement dans le présent cas, mais en ce qui a trait à l'enseignement de ses prédécesseurs sur les divorcés et « remariés », en particulier Familiaris consortio de Jean-Paul II

Oui, bien sûr, le Pape a le pouvoir plénier dans l'Église. Mais le Pape ne tient aucun compte des limites de ce pouvoir énoncé par le même Pape qu’il a remplacé de façon inattendue dans des circonstances mystérieuses :

« Le Pape n’est pas un monarque absolu dont les pensées et les désirs sont la loi. Au contraire : le ministère du Pape est une garantie de l'obéissance au Christ et à Sa Parole. Il ne doit pas proclamer ses propres idées, mais sans cesse se lier lui-même ainsi que l'Église à l'obéissance à la Parole de Dieu face à chaque tentative de L'adapter ou de La diluer sous toute forme d'opportunisme ».

Chez François, que Dieu nous aide, nous avons un Pape qui ne tient pas compte habituellement de presque aucune parole d'avertissement de Benoît. Que Dieu sauve Sa Sainte Église !

Post-scriptum : Le Vatican avise qu’aucune mesure similaire n’est envisagée sont pour les Ordres masculins. Ne comptez pas sur ça.