mardi 5 juillet 2016

HUM ! Déclaration papale troublante

Le Pape François sur l’abdication de Benoît
et sur les « ultra-conservateurs »


Le Pape Benoît XVI n'aurait pas démissionné pour des « raisons personnelles »






Par : Dr Maike Hickson
Le 5 juillet 2016

SOURCE : One Peter Five



Le 3 juillet, le journal Argentin La Nacion a publié un entretien avec le Pape François qui a eu lieu le 28 juin (le même jour où le Pape Benoît a célébré son 65e anniversaire de sacerdoce). Dans ce entretien, le Pape François parle principalement de sujets Argentins. Vers la fin, cependant, il a deux commentaires sur des questions importantes qui sont pertinentes à la situation actuelle dans l'Église. Tout d'abord, il décrit comment il traite avec les présumés « ultra-Conservateurs » dans l'Église ; d'autre part, il décrit la prétendue conduite « révolutionnaire » du Pape Benoît XVI lui-même.

Lorsqu'on lui a demandé comment il s’entendait avec les « ultra-Conservateurs », le Pape François — sans remettre en cause cette description dépréciative de la partie ostensiblement orthodoxe des prélats — affirme que : « Ils disent « non » à tout » par rapport à ses propres réformes proposées. Tel que rapporté par La Nacion, il a dit plus précisément :

« Ils font leur travail, je fais le mien. Je veux une Église compréhensive et ouverte qui accompagne les familles blessées. Ils disent « non » à tout. Je continue mon chemin sans être détourné. Je ne décapite pas les gens [sic]. Je n'ai jamais aimé ça. Laissez-moi le répéter : Je rejette les conflits ». Il [François] a conclu avec un sourire remarquable : « Vous supprimez un clou en appliquant une pression vers le haut. Ou vous les tranquillisez, les mettez de côté quand ils atteignent l'âge de la retraite ». [Je souligne]

Ces paroles utilisées par le Pape François ici sont tout à fait étonnantes car elles auraient pu bien être grossièrement dites par un vieux marin ou par un chef de la Mafia plutôt que par un Suprême Pasteur (Miséricordieux) de l'Église Catholique. Son allusion à la décapitation — ou à « élaguer des têtes » — ne devrait même pas venir à l'esprit ou à la bouche d'un Pape et encore moins être exprimée cavalièrement et publiquement. (Pensait-il alors à ISIS ?)

Quant à son prédécesseur, le Pape François semble aussi entrer à nouveau dans la discussion initialement soulevée par Mgr Georg Gänswein ( voir article ici ) en ce qui concerne le rôle restant spécifique du Pape Benoît en tant que Pape à la retraite qui inclut un « rôle pétrinien » contemplatif des plus respectueux. Le Pape François dit en premier laconiquement au sujet du Pape Benoît : « Il a du mal à se déplacer, mais sa tête et sa mémoire sont intactes, parfaites ».

Interrogé sur sa propre opinion concernant le Pape Benoît, il dit :

« Il était un révolutionnaire. Lors de la réunion avec les Cardinaux, peu de temps avant le Conclave de mars 2013, il nous a dit que l'un d'entre nous allait être le prochain Pape et qu’il ne connaissait pas son nom. Sa générosité était sans précédent. Sa démission a mis en lumière tous les problèmes de l'Église. Sa démission n'a rien à voir ( voir la lettre de démission de Benôit XVI plus bas ) avec des questions personnelles. Ce fut un acte de gouvernement — son dernier acte de gouvernement ». [Je souligne]

Ces quelques remarques soulèvent, cependant, d'autres questions et spéculations quant à la raison pour laquelle, alors, le Pape Benoît a finalement choisi de démissionner si ce n’est pas pour des raisons personnelles ; et des questions aussi sur la façon dont sa démission « a mis en lumière tous les problèmes de l'Église ». Ces questions ne sont pas soulevées dans le reste de l'interview cependant. Est-ce que cela implique, par exemple, que sa démission était due à une quantité énorme de corruption parmi les prélats que le Pape Benoît n’était pas capable de limiter, encore beaucoup moins éradiquer ? Néanmoins, les commentaires laconiques rendent clair que le Pape François continue de faire l'éloge du Pape Benoît pour son abdication et il l'appelle même maintenant un « révolutionnaire » pour l'avoir fait. En outre, en insistant pour dire que le dernier acte de gouvernement du Pape Benoît était sa démission, le Pape François semble aussi essayer de limiter plus de spéculations sur la poursuite du Pape Benoît dans son « ministère pétrinien ».

À la lumière de ces messages soudains et confus dans cet entretien informel — et par contraste — il est encourageant de lire ces dernières paroles limpides et chaleureusement prononcées par le Cardinal Carlo Caffarra à Bologne au sujet de la pastorale ainsi que sur l'importance d'une plus ample connaissance de la Doctrine Catholique. Comme signalé le 17 juin par le site italien Italia Oggi, le Cardinal Caffarra a dit dans son propre ancien diocèse de Bologne et lors d’une présentation publique d'un livre sur le Cardinal Giacomo Biffi (décédé en 2015) : « Une Église qui est plus pauvre en doctrine n’est pas plus pastorale mais seulement plus ignorante ». Caffarra a reçu, selon le compte rendu, des applaudissements spontanés importants. Le Cardinal Caffarra a également dit qu'un tel affaiblissement de la Doctrine de l'Église fera une « chacun sera plus soumis à la forte pression du moment ». Le site italien caractérise ces déclarations comme « un défi pour l'Église de Bergoglio ». Par ailleurs, en référence au Cardinal Biffi récemment décédé — aussi anciennement Cardinal-Archevêque de Bologne — Caffarra raconte que c’était la « responsabilité principale » de Biffi de « proclamer la splendeur de la vérité à tous — y compris les Musulmans ». Les déclarations claires du Cardinal Caffara pourraient aussi être considérées comme un commentaire poli et virilement indirect sur le Pontificat de François.



Lettre de démission du Pape Benoît
Le 11 février 2013

Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien ( le contraire de ce que dit François plus haut ). Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Église de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Église de Dieu par une vie consacrée à la prière.