mardi 13 mars 2018

Vous connaîtrez la Vérité
Le peut-on encore ?


SOURCE : The Remnant
Le 3 mars 2018

L'auteur : Susan Claire Potts, MA, Ph.D., MFT

Les lettres de créances de l’auteur sont les suivantes :
(1) Bachelière en Littérature Française,
(2) Maître et Docteure en Psychologie,
(3) Licenciée en Counseling sur le mariage et la famille,
(4) Accréditée par l’American Psychotherapy Association.



Note de l'auteur : Ceci est le premier des trois articles traitant de l'altération de la Sainte Écriture. La première partie est un aperçu de l'histoire et de la méthode exégétiques. La deuxième partie est la comparaison textuelle et l'analyse. La troisième partie traite des ramifications psychologiques des nouvelles traductions.

Susan Claire Potts

Note du traducteur : Cette première partie est assez universelle dans son application quelque soit la langue. Toutefois, la deuxième partie qui est prévue ne pourrait peut-être pas convenir à la langue Française. Enfin la troisième partie pourrait être, elle aussi, assez universelle pour être traduite… À voir…



Nous sommes dans une situation épouvantable. C'est comme l'apostasie. Les vérités sont détériorées parmi les enfants des hommes, chante le Psalmiste, [1] et les paroles percent le coeur. Que se passe-t-il lorsque la Vérité est abandonnée ? Que devient le monde ?

Je suis une psychologue, formée aux langues et à la littérature ainsi qu'aux processus psycho-dynamiques, mais il n'est pas nécessaire de posséder des diplômes professionnels pour constater qu'il y a quelque chose de terriblement mauvais dans l'esprit des gens. Personne ne semble plus penser droit. Il y a de la confusion partout. Tout le monde est affecté. Le trouble n'est pas une psychopathologie ésotérique causée par le stress de la vie moderne. C'est beaucoup plus sinistre. Le Mystère de l'Iniquité s'est levé, ondoyant comme un nuage toxique, cachant la Lumière. Les esprits sont assombris. Les forces préternaturelles sont en jeu.

Invité ? Cela semble vraiment être le cas.

Les gens n'arrivent plus à poursuivre une conversation décente, et encore moins une discussion en profondeur. Pas même les Catholiques. Comment le peuvent-ils ? Il y a toutes sortes de Catholiques maintenant : Traditionnel. Conservateur. Novus Ordo. Libéral. Progressiste. Tout le monde a une étiquette. Il est difficile de trouver un Catholique régulier. Les gens sont triés ( et jugés ) par leur orientation supposée. Aucune discussion n'est nécessaire ou possible. Leur identité sera connue, leur système de croyance compris avant de dire un seul mot. Il n'y a pas de rencontre des esprits, pas de principes partagés. Les gens doivent formuler leur propre « vérité », forger leur propre voie. Mais où ? Ils ne savent pas. Ils n'ont pas de point de destination, pas d'objectif final surnaturel. Ils ont perdu leur chemin.

La Vérité vous rendra libres, a promis le Seigneur, mais comment les gens sont-ils supposés trouver cette chose précieuse, cette Vérité contraignante ? Comment doivent-ils savoir quoi penser et faire ? Un millier de voix crient dans leurs oreilles.

Cela ne devrait pas être si difficile. L'Église — qui dit la Parole du Maître — l'expose clairement et infailliblement : Quicumque vult... commence le Credo Athanasien, Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la Foi Catholique. Les mots rugissent comme le tonnerre : S'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité.

Eh bien, voilà. Garde la foi et vis ; perds-la et meurs.

Depuis les temps anciens, le chemin vers le Ciel était clairement marqué. Les gens savaient où aller, quoi penser, comment se comporter. Ils pouvaient être sauvés s'ils le voulaient ; ils n'avaient pas besoin d'être perdus pour toujours. Ils pouvaient éviter d'être plongés dans les Abysses avec ceux qui tournent le dos à Dieu. Ils pouvaient retenir le Dépôt de la Foi, ce trésor gardé inviolable dans la Tradition Sacrée et la Sainte Écriture — deux canaux comme des ruisseaux de vérité, chantant l'eau qui coule de la Vérité Elle-Même. Ils pouvaient boire d'eux. Boire profondément et savoir.

Pas maintenant. Quelque chose de terrible est arrivé. Rien n'est clair. Les cours d'eau sont bouchés avec de la boue.

Comment est-ce arrivé ?

Ce n'était pas un accident. C'est l'œuvre de mains humaines, le produit d'esprits humains désordonnés. Fidèles et arrogants, les faux enseignants ont mis la main sur des choses sacrées et ont profané des paroles sacrées. Ceux qui sont en haut lieu portent la responsabilité de l'aveuglement, de la confusion et de la désorientation qui ravagent la Foi ( et la santé mentale ) du Peuple Catholique.

Jetons un coup d'oeil à ce qu'ils ont fait.

D'abord, ils ont supprimé la Tradition. Oh non, disent-ils. La Tradition est maintenue. Ils nous grondent comme si nous étions une bande d’élèves de maternelle. Vous devez différencier la Tradition avec un grand T majuscule et les traditions moindres, les minuscules, . Les petites choses peuvent être changées ou abolies, rejetées comme des vêtements devenus trop grands. Les disciplines, les coutumes, les rituels, tout ce qui est non essentiel, disent-ils. Pas de problème, débarrassez-vous d'eux, puis dites aux gens que rien n'a changé parce qu'il y a les Sacrements.

Mais ils ont changé la Messe ! protestons-nous. Oh, non, nous assurent-ils. La Messe ne peut pas changer ; la liturgie peut changer. Et puis on nous fait un discours sur le développement, les ajouts et toutes sortes de charabia qui n'ont pas de substance ou de sens. Qu'en est-il de l'Extrême-Onction ? Oh, c'est le Sacrement des Malades. Ce n’est pas nécessaire de le donner in extremis. Toute personne malade peut le recevoir. C'est une onction sainte, après tout. Mais qu'en est-il des mourants ? Ils vous regardent comme si vous étiez un idiot. Ce n'est pas nécessaire. Tout le monde est reçu dans les Bras du Père.

Je pourrais continuer, mais je n'ai pas besoin. C'est évident. La Tradition a été piétinée. Maintenant, qu'en est-il de l'autre canal sacré de la Vérité ? De l’Écriture Sacrée ?

Ça a été effiloché. Ils ont posé leurs mains menteuses sur Elle. Nous avons été soumis à une traduction idiote après l'autre. Des mots et des phrases ont été lancés comme des balles pour jongler. Ce n'est pas seulement le vernaculaire. Le Latin aussi a été soumis aux rénovateurs. D'abord, ils ont changé le Psautier. Ils ont arraché la musique des psaumes. Et maintenant, il y a même une Nouvelle Vulgate — une délicieuse refonte de la Sainte Écriture en néo-Latin.

Ils ne déformaient pas, ils collaient au texte...

Le travail de Saint Jérôme a été mis à jour. Par des érudits qui n’ont pas d’oreille. En comité, bien sûr. C'est trop choquant de l’écrire. Je ne peux pas faire ça. Obtenez une copie de la version moderne et comparez-la à la vraie Vulgate. Le Latin est une langue morte. Il ne peut pas changer. C'est pourquoi c'était un véhicule si parfait pour la vérité religieuse. Mais ils l'ont changé. Ils ont simplifié le Latin, changé l'orthographe, changé les rythmes, modifié le chant des paroles pour que la Nova Vulgata se lise comme un manuel de référence pour les technocrates. Croiriez-vous que cette chose fabriquée est maintenant la Bible Catholique officielle ? [2]

Écriture sacrée ? À peine. C'est comme si le Souffle même de Dieu en avait été étouffé.

Comment osent-ils ? Et comment pouvons-nous accepter leur Bible révisée sans insulter le Dieu Tout-Puissant et appeler Sa colère sur nous ? Est-ce que les gens pensent qu'Il s'en fiche ? Qu'Il ne sait pas ce qu'ils manigancent ? Qu'il n'y a pas de conséquences, pas de punitions pour le péché intellectuel ? Tout le monde sait que Dieu est Amour, Dieu est Miséricorde, mais n'est-Il pas aussi Justice Lui-Même ?

On est mieux de ne pas nous éloigner. Nous devons nous opposer à ces réformateurs perfides, rejeter leur travail de mensonge et affirmer non seulement ce que nous croyons, mais ce que nous savons. Voici donc : nous savons que Dieu s'est révélé dans les Saintes Écritures, inspirant des écrivains depuis l'époque de Moïse jusqu'à la fin de son œuvre, la mystérieuse Apocalypse de Saint Jean l'Évangéliste. Remplissant l'esprit des écrivains et guidant leur travail, Il nous parle de Lui-Même, de nous, de notre monde et du monde à venir. La Bible est vraie. Il n'y a pas d'autre livre comme ça. C'est d'origine Divine.

C'est ce que les ersatz savants avec tous leurs diplômes, leurs certifications et positions exaltées rejettent. Leur attaque n'est pas nouvelle. Cet assaut sur la Sainte Parole de Dieu a commencé bien avant Vatican II, longtemps avant que la Bible de la Nouvelle-Amérique ne soit imposée sur nous, posée comme du béton sur les Paroles Sacrées que nous connaissions si bien et les écrasant.

La trahison est née dans l'esprit des pédants, les Allemands pour la plupart, qui ont inventé une méthode révolutionnaire d'exégèse biblique — la méthode historico-critique de la critique supérieure.

Un autre révisionniste de la Bible Allemande...

Fini la façon traditionnelle d’approcher les Écritures. Rappelez-vous comment cela se faisait ? En premier, on considérait le sens manifeste des mots du fait clair et évident que les mots signifiaient au moins ce qu'ils disaient. De là, on pouvait aller plus loin, méditer sur la signification historique, allégorique et mystique de ce qui a été écrit. Mais on ne s'écartait pas du texte. On s'y plongeait, s'y immergeait, et on permettait à la Vérité de pénétrer l'âme.

Pas pour les érudits/académiciens. Impii non sic, non sic. [3] Le principe sous-jacent des exégètes modernes est que la vérité réside dans le contexte historique, pas dans les mots. C'est la tromperie cachée derrière toutes les traductions, translittérations et explications étranges de la Parole de Dieu. Ils détruisent ce qui est correct devant leurs propres yeux. Pour eux, les mots ne signifient pas nécessairement ce qu'ils disent.

Il faut se méfier !

Leur travail est du poison ; une fois imbibé, c'est la mort de l'âme. Brisons la méthode qu'ils utilisent pour détruire tous les sens et la raison.

1) Ils rejettent le vrai sens formel des mots et appellent leurs « traductions » des expressions de « l'équivalence dynamique ». C'est une façon de dire que la traduction n'a pas besoin d'être exacte. [4] Les mots doivent être réinterprétés dans un contexte plus pertinent.

2) En utilisant des fragments de documents historiques, ils tentent de reconstruire le passé pour « comprendre le monde derrière les mots » — comme si maintenant, des siècles plus tard, ces spécialistes en savaient plus que ceux qui vivaient et écrivaient à cette époque.

3) Par l'application des méthodes critiques littéraires, ils affirment pouvoir découvrir le sens originel de la Bible dans son « contexte historique ». Ils ont inventé une phrase érudite pour cette découverte : le sensus literalis historicus. Cela semble impressionnant, mais tout ce que cela signifie, c'est le « sens historique littéral » — comme si c'était quelque chose de réel.

4) Ils tentent de réinventer la « situation historique de l'auteur ( ! ) Et de la personne qui lit ou entend le texte ». Ils n'hésitent pas à tordre le sens ordinaire des paroles de la Sainte Écriture, en utilisant divers « documents anciens, réinventant ainsi le passé.

La plupart des gens n'ont aucune idée de ce qui se passe, étant coincés comme ils sont, avec des traductions puériles et une exégèse torturée. Ce qui est absolument scandaleux, c'est que les experts vont encore plus loin dans la méthode. Ils utilisent les outils de la critique littéraire ( une manière abominable d'étudier la littérature ) et l'archéologie pour déterminer la paternité des divers livres de la Bible.

Ainsi, Moïse n'a pas réellement écrit la Torah, disent-ils. David n'a pas composé les Psaumes. Le livre d'Isaïe a été fait dans deux périodes historiques différentes — donc, bien sûr, Isaïe ne les a pas écrites — s'il a même existé. Ils traitent la Bible comme si elle était uniquement l'œuvre de l'homme, ne reconnaissant pas à quel point c'est absurde. Pour eux, les Écritures sont des mythes qui doivent être réinterprétés par des experts. Même les miracles de Notre Seigneur deviennent des métaphores, des constructions littéraires, un truc pour les légendes.

Ces érudits, dédaigneux de la vérité, ont mis de côté la traduction réelle et substitué par des mots « équivalents » ce qu'ils croient mieux correspondre au « contexte historique » des Saintes Écritures. Ils abâtardissent le texte, scrutant les dates, les événements, les récits historiques de l'époque, substituant des expressions modernes et banales à la Parole de Dieu révélée. Ils prétendent que leur travail n'est pas nouveau — que la méthode d'examen des textes pour plus d'historicité et d'authenticité remonte aux Pères de l'Église, à la période Médiévale et à la Renaissance. Ils l'appellent leur « recherche du Jésus historique ».

Mais le blasphème ne s'arrête pas là. De la méthode historico-critique, ils sont passés à la « Critique de la Forme », ce qui signifie que les Évangiles ont été compilés en de petites « unités » qui ont été transmises par la tradition orale et ensuite assemblées par quelqu'un, selon, disent-ils, « les besoins de la communauté ». Bien sûr, ils n'ont aucune preuve de cela. Ils l'imaginent simplement.

Mais cela ne s'arrête pas là. Après la « Critique de la Forme », il y a la « Critique de la Critique ». Cette méthode néfaste prétend souligner les « implications théologiques » du récit. En clair, cela signifie que les Évangélistes faisaient la sélection des documents qui justifiaient leurs revendications pour la « Messianité de Jésus ». Les partisans de cette méthode affirment que les Évangiles ont été écrits — non pour enseigner le Royaume de Dieu, mais pour enseigner aux Chrétiens comment vivre dans le « futur continu ».

Qui peut avaler ce truc ?

C'est l'Ère Nouvelle, l'Ère de l'homme arrivé à la maturité, l'Apothéose de l'Humanité. Les faux enseignants ont abandonné la religion Catholique. Les Nouvelles Traductions ne sont pas la Parole de Dieu. Elles ne sont pas divinement inspirées. Aucun Pape, Évêque ou Concile ne peut altérer impunément les Saintes Écritures. Rappelez-vous les paroles du Psaume : [5] Que Yahweh retranche toutes les lèvres flatteuses, la langue qui discourt avec jactance, ceux qui disent : « Par notre langue nous sommes forts; nous avons avec nous nos lèvres: qui serait notre maitre ? »

Il y a une punition pour ce qu'ils ont fait. Je frissonne juste à y penser.


[1] Psaume 61: 1-2 ( Note du traducteur : je n'ai pas retrouvé ce passage dans le psaume cité par l'auteur. J'en ai fait une traduction personnelle ).

[2] Le Pape Paul VI a établi une commission pour étendre la révision afin de couvrir toute la Bible. Le Psautier révisé a été achevé et publié en 1969, suivi par le Nouveau Testament en 1971. La Vulgate entière a été achevée en 1979. Une deuxième édition a été publiée en 1986.

[3] Ps 1,4. « Mais ce n'est pas le cas des gens sans foi ni loi ».

[4] La mauvaise traduction « pro multis » comme « pour tous » dans le Novus Ordo Missae en est un parfait exemple. Le periti [ expert ] savait très bien ce que « multis » signifiait. En utilisant « l'équivalence dynamique », ils ont substitué ce qui, pour eux, était un mot plus approprié. Note du traducteur : les Paroles de la Consécration étaient donc modifiées pour dire que le Christ verse Son Sang POUR TOUS et non pour LA MULTITUDE. Toute la différence du monde.

[5] Psaume 11: 2-6