jeudi 22 mars 2018

Quo Vadis


Nous nous battrons dans nos paroisses, nous combattrons dans nos diocèses, nous combattrons chaque berger loup déguisé en vêtements de brebis, nous nous battrons dans les média, nous nous battrons avec nos portefeuilles, nous devons nous battre et ne jamais cesser de nous battre. Nous ne nous battons pas dans l'espoir d'une trêve ou d'un terrain d'entente moins impie. Nous nous battons pour le tout.


Par : Patrick Archbold
Le 22 mars, 2018

SOURCE : The Remnant



Récemment, une question m'a été posée par un ami. Cette question, dans son essence, est la suivante : « Quelles sont maintenant nos options compte tenu de la trajectoire actuelle ? Que pouvons-nous faire, nous, les laïcs et les membres du clergé qui voient ce qui se passe, quand les destructeurs ont tout le pouvoir ? Comment pouvons-nous persévérer et nous préserver, comment le pouvons-nous ?

À penser à formuler une réponse politique systématique pour endiguer la marée, je lutte avec l'idée qu'il pourrait ne pas y avoir une telle chose, qu'il n'y a pas de manœuvre encadrante ni de stratégie évasive qui puisse arrêter l'invasion et le rouage de coups qui s’en vient très certainement sur nous.

Il est stupide d'essayer d'imaginer une voie pour sortir de ce désastre sans d'abord regarder le chemin qui nous a amenés ici. Je ne suis pas qualifié pour offrir un traité sur le fléau du Modernisme au cours du dernier siècle et demi et je ne pense pas que de telles connaissances sont nécessaires pour répondre aux réalités de la situation. Je prends plutôt le point de vue de l'Anglais insulaire ordinaire quand le fléau nazi a balayé les derniers vestiges de la liberté sur le continent en sachant que lorsque cette tâche serait terminée, lui aussi aurait à le confronter.

Je suis né en 1967 dans une Église qui s'était déjà rendue à l'ennemi, je ne le savais tout simplement pas. Après cette reddition, c’est devenu la tâche des Pontifes successifs de céder du terrain afin de maintenir quelque chose qui ressemblait encore à ce qu'ils ont hérité. Les Papes qui ont cédé le moindre territoire à l'ennemi afin de « conserver » ce qui restait, ont été salués comme des héros sur la scène mondiale. Ceux qui opposaient peu de résistance et donnaient facilement du terrain devaient se contenter d’être canonisés. Mais chacun à son tour a donné un terrain précieux à l'ennemi.

Les rares fidèles qui refusaient de fuir et d'abandonner complètement l'Église ont été informés par ceux en qui ils avaient confiance que tout le terrain cédé à l'ennemi n'avait de toute façon aucune valeur, que c’était un « fardeau » préférable à jeter par-dessus bord afin de préserver les choses qui importaient vraiment. Alors ces choses qui ont vraiment importé ont été astucieusement déplacées dans la catégorie des « fardeaux » et larguées avec le reste. Mieux vaut le faire, nous a-t-on dit, puis se battre. Les combats n’ont fait qu'aggraver la situation, obligeant le tigre à serrer encore plus fort ses mâchoires. Mieux vaut ne pas gigoter ni se tortiller, cela décourage tout simplement les gens. C'était l'approche « conservatrice ». Que nous devrions seulement nous préoccuper de la vérité moyenne étalée sur cinq ans et ne pas nous concentrer sur ce qui était déjà perdu.

Mais avec la papauté actuelle, les choses ont quelque peu changé. Oui, plus de gens se réveillent au fait qu'il n'y a plus de terrain entre nous et le tigre et qu’il nous a dans la gueule. Sentant le serrement des dents et la douleur, il y a ceux qui se réveillent finalement à la réalité de la menace posée. Il ne fait aucun doute que c'est une étape nécessaire et cruciale pour monter toute résistance sérieuse. Mais les vieilles habitudes sont difficiles à défaire. J'ai récemment vu un éminent ecclésiastique, jadis fermement attaché à l'approche « conservatrice », maintenant vaillamment résistant à ce qui doit être combattu, se languissant publiquement de l'Église de 2012. Si seulement nous pouvions revenir à cette époque dorée, les choses pourraient revenir mieux. Si seulement nous pouvions faire quelques pas arrière vis-à-vis le tigre, sûrement, nous serions sauvés. Mais c'est le même état d'esprit de soumission qui nous a amenés à ce précipice.

Alors, où en sommes-nous ? Qu'est-ce qu'on fait ?

Ce que nous devons d'abord faire, c'est reconnaître que l'ennemi, le Modernisme et ses serviteurs portant des mitres ne s'arrêteront jamais. Ils ne prendront jamais assez et s'arrêteront ensuite. Ils ne seront jamais rassasiés. Ils continueront sans relâche jusqu'à ce qu'il ne reste rien de la vraie religion. Creuser des tranchées n'est pas une stratégie pour la victoire, mais simplement une tactique dilatoire pour une défaite inévitable. Cela signifie que nous ne pouvons pas simplement combattre ce combat où les lignes actuelles sont tracées, notre objectif doit être de le reprendre, tout de lui. Cela signifie que le but doit être la récupération de toute la vérité et retourner pleinement au Catholicisme Traditionnel dans sa liturgie ainsi que ses formulations de la vérité et chaque mensonge promulgué, qu'il soit direct ou indirect, doit être purgé de l'Église. Oui, le Catholicisme Traditionnel est la seule réponse. Chercher n'importe quel type de terrain mitoyen laisse l'ennemi sur le terrain. Cela ne peut jamais être toléré. Il y avait ces hommes vaillants qui nous ont dit cela au début de l'assaut, mais trop d'entre nous n'étaient pas prêts à écouter.

Nous ne pouvons pas faire semblant que nos dos ne sont pas actuellement acculés au mur. Et même si la plus grande partie de l'Église à tous les niveaux est tombée dans l'emprise de l'ennemi, nous ne pouvons jamais désespérer, même si nous sommes réduits à un état pitoyable, persécutés par les nôtres et même de concert avec des États oppressifs, en quête des Sacrements en secret, ou pire. Nous avons la Promesse de Dieu que l'Église survivra. Et nous avons en outre la Promesse de sa Mère que l'Église sera restaurée après ce terrible Chemin de la Croix.

Mais en attendant, nous nous battons. Il n'y a pas de fuite vers les collines dans l'espoir que nous serons seuls là-bas pour reconstruire le Christianisme. L'ennemi ne le permettrait jamais. Nous devons les combattre sur tout.

Nous lutterons contre toute innovation impie de cette Église sombre et destructrice, pas seulement les nouvelles, mais toutes celles qui nous ont amenés à cet état.

Nous nous battrons dans nos paroisses, nous combattrons dans nos diocèses, nous combattrons chaque berger loup déguisé en vêtements de brebis, nous nous battrons dans les média, nous nous battrons avec nos portefeuilles, nous devons nous battre et ne jamais cesser de nous battre. Nous ne nous battons pas dans l'espoir d'une trêve ou d'un terrain d'entente moins impie. Nous nous battons pour le tout. Et nous ne pourrons jamais arrêter de nous battre jusqu'à ce jour où Dieu nous appelle à la Maison ou Il décide dans Sa sagesse infinie que Son Corps a suffisamment souffert et voit à envoyer cette cassure dans le front qui enverra l'ennemi détaler.

Il n'est pas en notre pouvoir de gagner quelque bataille donnée que ce soit ou la guerre, il ne nous appartient que de nous battre pour ce qui est juste. C'est la stratégie, combattez et n'arrêtez jamais de vous battre jusqu'à ce que la stratégie émerge au bon moment de Dieu. Et combattez encore un peu jusqu'à ce que l'ennemi soit vaincu. C'est nous ou eux.