lundi 19 mars 2018

Un appel ouvert à l'ensemble des Évêques du monde


« Saint Joseph avec l'Enfant Jésus »
par Guido Reni ( vers 1602 ) [ WikiArt.org ]




par : E. Christian Brugger D.Phil.
Théologien moral

Le 19 mars 2018

SOURCE : Catholic World Report



Sommaire

Seules des interventions épiscopales fraternelles peuvent maintenant espérer éviter ce qui est bien sûr une catastrophe spirituelle pour l'Église Catholique.

Après avoir servi pendant cinq ans comme ministre d’un campus Catholique dans les années 1980, j'ai décidé de commencer des études supérieures en théologie morale. C'était à l'apogée du proportionnalisme lorsque ses pères fondateurs détenaient encore certaines des chaires les plus influentes en théologie morale Catholique au monde : Richard McCormick à l'Université de Notre Dame, Josef Fuchs à l'Université Grégorienne de Rome, Louis Janssens à l'Université de Louvain et Bernard Häring ( émérite ) à l'Alphonsianum de Rome.

Dans Veritatis Splendor, Jean-Paul II avait sévèrement mis en garde l'Église Catholique contre leurs théories morales. Le souci primordial du Saint Pape était qu'en faisant appel à des circonstances complexes, à l'activité de la conscience et à la notion que la loi morale n'est qu'un idéal, ils finissent par justifier des formes de comportement qui ont longtemps été jugées contraires aux Lois Divines et Naturelles ( Veritatis Speldor #56, #76, #103 ).

Puis, 25 ans plus tard, vient ce qu'on appelle maintenant un « nouveau paradigme » tiré d'Amoris Laetitia. Ce paradigme propose que, sur la base de circonstances complexes, de l'activité de la conscience et sur la notion que la loi morale n'est qu'un idéal, certains Catholiques ne sont pas tenus de se soumettre sans discuter aux exigences objectives et concrètes des Lois Divines et Naturelles.

Après avoir longuement étudié cette nouvelle forme de raisonnement moral et d’en avoir discuté avec des philosophes, des théologiens, des canonistes, des Évêques et des Cardinaux, je suis préoccupé par le fait que ce « nouveau paradigme » est contraire à la « Fides et moralibus » Catholique [ Foi et Morale ] ; que son enseignement est nuisible aux âmes ; et que sa dissémination affaiblira grandement la morale Catholique.

Par conséquent, sachant que chaque membre des fidèles doit faire ce qu'il peut pour préserver et promouvoir le Dépôt Chrétien de la Foi ( Code du Droit Canon #212 ), et croyant en conscience que Jésus veut que je fasse ce pas, j'adresse cet appel aux Évêques Catholiques du monde — humblement, directement, en vérité et résolument — en croyant que seuls les Évêques peuvent désormais empêcher de plus en plus de dommages au Corps du Christ et à sa mission apostolique que le « nouveau paradigme » provoquera sûrement si nous continuons sur la voie actuelle .

Je confie cet appel et la réponse des Évêques du monde à l'intercession de notre humble Père, Saint Joseph, Patron de l'Église Universelle.

Appel à l'ensemble des Évêques du monde

Chers Archevêques, Evêques et Frères en Christ,

Certaines voix influentes dans l'Église utilisent un « nouveau paradigme » pour justifier des formes de comportement reconnues depuis longtemps comme contraires aux préceptes des Lois Divines et Naturelles. Comme j'ai récemment écrit :

« Le « nouveau paradigme » — bien qu’on ne le dise jamais explicitement — permet simultanément aux prêtres et aux Évêques d'affirmer qu'ils acceptent l'enseignement moral de l'Église et de libérer les « consciences individuelles » qui ne vivent pas selon cet enseignement alors qu’ils s'approchent de la Table du Seigneur ».

Nous voyons cela dans des endroits où des Catholiques vivant dans des unions objectivement pécheresses sont libérés afin de retourner à la Sainte Communion sans une résolution sincère d’amender leur comportement. Le « nouveau paradigme » rend effectivement des actions admissibles et qui sont rejetées par le Christ et Saint Paul dans le Nouveau Testament et par l'Église depuis 20 siècles. En Allemagne, en Argentine, à Malte et ailleurs, nous avons maintenant le « divorce et le remariage Catholiques » et « l'adultère Catholique ».

Si vous n'intervenez pas pour empêcher que le « nouveau paradigme » ne soit appliqué au corpus plus étendu de l'enseignement moral Catholique, sa logique s'appliquera sûrement aux actes de contraception ( malgré l'enseignement ancien de l'Église réaffirmé dans Gaudium et Spes et Humanae Vitae ), aux comportements homosexuels ( malgré l'enseignement réaffirmé dans Persona Humana et le Catéchisme de l'Église Catholique ) et d'autres comportements traditionnellement rejetés.

Et les défenseurs du « nouveau paradigme » diront : « Tout ce que nous faisons, c'est d’appliquer l'enseignement de l'Église avec une plus grande sensibilité pastorale en accordant une attention accrue à la complexité des « circonstances » concrètes et en respectant davantage la dignité de la conscience ; les doctrines morales établies ne sont pas remises en question en elles-mêmes ».

Les interventions des laïcs et des prêtres fidèles sont importantes, mais sont peu susceptibles d'influencer les décisions du Pape. Seules les interventions épiscopales fraternelles peuvent maintenant espérer éviter ce qui est bien sûr une catastrophe spirituelle pour l'Église Catholique. Car si le « nouveau paradigme » est officiellement appliqué aux actes contraceptifs, toutes les normes de la morale sexuelle Catholique tomberont comme des dominos. Un grand mal se produira. Et beaucoup d'âmes seront perdues. Dieu, bien sûr, en fera ressortir du bien. Mais pas sans perte incommensurable.

Par conséquent, à tous les Évêques Catholiques — de l’Est et de l’ Ouest — qui croient que le « nouveau paradigme » est et continuera d'être utilisé pour justifier des comportements traditionnellement jugés contraires aux Lois Divines et Naturelles, je vous demande respectueusement d'envisager de prendre des mesures selon les quatre façons suivantes :

  1. Écrire en privé au Nonce Apostolique de votre pays et lui demander respectueusement de faire part au Saint-Père de vos préoccupations au sujet du « nouveau paradigme » et surtout de l'exhorter à ne pas l'appliquer à l'enseignement de Humanae Vitae.

  2. Écrire en privé au Pape François lui-même en exprimant fraternellement ces mêmes préoccupations et en lui demandant respectueusement d'enseigner sans ambiguïté les vérités morales de la Foi Catholique, spécialement sur les questions relatives aux Cinquième et Sixième Préceptes du Décalogue, et de corriger les erreurs pastorales auxquels ses enseignements ont donné lieu.

  3. Promulguer officiellement pour votre diocèse un ensemble de normes abordant pastoralement les questions sensibles soulevées dans Amoris Laetitia ( en particulier le chapitre 8 ), des normes qui soient compatibles avec les enseignements de Jean Paul II, Benoît XVI et la Tradition morale et pastorale Catholique.

  4. Être en liaison privée avec des Évêques partageant les mêmes idées et envisager des façons constructives d'utiliser votre Magistère pour mener à bien les devoirs épiscopaux affirmés par le Catéchisme de l'Église Catholique :

    « La mission du Magistère est liée au caractère définitif de l’alliance instaurée par Dieu dans le Christ avec son Peuple ; il doit le protéger des déviations et des défaillances, et lui garantir la possibilité objective de professer sans erreur la foi authentique. La charge pastorale du Magistère est ainsi ordonnée à veiller à ce que le Peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère ». ( Catéchisme #890 ).

Lorsque vous abordez le « nouveau paradigme » dans vos correspondances, vous pourriez envisager une forme similaire à celle utilisée par Jean-Paul II pour aborder le Proportionnalisme dans Veritatis Splendor :

« De semblables théories [ dans ce cas, les« paradigmes » ] ne sont cependant pas fidèles à la doctrine de l'Église, puisqu'elles croient pouvoir justifier, comme moralement bons, des choix délibérés de comportements contraires aux commandements de la Loi divine et de la loi naturelle. Ces théories [ paradigmes ] ne peuvent se réclamer de la Tradition morale Catholique ». (Veritatis Splendor #76 )

Il serait facile de dire : « J'ai fait tout ce que je peux. Tout est dans les Mains de Dieu. Nous devons nous contenter de laisser aller maintenant ». Veuillez considérer que vous êtes les Mains de Jésus pour aborder cette situation très grave.

Je suis prêt à vous aider de toutes les manières possibles — avec des résumés de préoccupations, des points de discussion, des directives diocésaines, etc. N'hésitez pas à me contacter.

Très respectueusement vôtre en Jésus,

E. Christian Brugger D.Phil.
Théologien moral
Jacksonville Beach, Floride
États-Unis
ecb.assistance@gmail.com