mardi 27 mars 2018

Le fiasco du Synode de la Jeunesse :
Le Magistère Facebook ?




Le Vicaire du Christ avec un « Prophète de Facebook »

par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 27 mars 2018


Comme décrit ici par John Allen, [ éditorialiste en chef du Catholic World Report ] la réunion pré-synodale des « Jeunes » à Rome pour préparer le prochain « Sommet des Évêques Catholiques sur la Jeunesse » fut un fiasco encore plus grand que je ne le pensais. C'était, en fait, une inversion absurde du bon ordre des choses dans l'Église. Comme Allen écrit :

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.


« Quelque 300 jeunes du monde entier, venant de différents horizons et même de différentes religions se sont réunis cette semaine à Rome pour donner des conseils à un prochain sommet des Évêques Catholiques sur la jeunesse, ont discuté d'un large éventail de sujets et, parmi d'autres, offrir aux Évêques un aveu franc qu'ils ne pouvaient tout simplement pas parvenir à un consensus sur les questions brûlantes de la moralité sexuelle. Jeudi, ils ont débattu d'une première version du document qu'ils vont présenter au Pape François, qui le transmettra ensuite à un Synode des Évêques sur la Jeunesse pour son discernement qui aura lieu à Rome en octobre ».

C'est vrai. Trois cents jeunes, dont certains ne sont même pas Catholiques, ont débattu de questions non discutables de la Loi Divine et Naturelle, réduites pour des fins de discussion à des « questions brûlantes de moralité sexuelle » et ils informeront le Vicaire du Christ qu’ils ne peuvent pas parvenir à un consensus sur la Loi de Dieu tandis que François en informera à son tour les Évêques le « Synode de la Jeunesse » en octobre.

Comme si cela ne suffisait pas, considérez la manière dont ce « débat » absurde a été mené. Pour citer Allen :

« Dans les coulisses, plusieurs dizaines de jeunes femmes et d’hommes du monde entier ont élargi la discussion en modérant six groupes Facebook dans différentes langues, en traitant et en compilant 9 617 commentaires en réponse à 15 questions, les mêmes que celles discutées à Rome ».

« En tout, 26 rapports venant à la fois des petits groupes de travail rassemblés dans la Ville Éternelle et des groupes Facebook privés ont été présentés mercredi et condensés dans un projet de 7 pages auquel le site Crux a eu accès ».

Ainsi, le charisme « prophétique » que François a suggéré qu’il était intrinsèque aux jeunes, juste parce qu'ils sont jeunes ( voir ma dernière chronique ), s'étend à des messages Facebook par des groupes Facebook composés de personnes inconnues.

Un James Kelliher d'Angleterre, photographié ci-dessus avec le Pape François, « était un volontaire chargé d'aider à coordonner l'un des groupes Facebook ». Pour rejoindre le groupe Facebook de Kelliher, soupesant les questions de la Loi Divin et Naturelle, tout ce qui était nécessaire selon Kelliher, était qu'« ils devaient répondre à trois questions », dont aucune n'était trop personnelle mais plutôt liée à leur âge, qui devait être entre 16-29, et leur volonté de suivre les règles, qui comprenaient par exemple la limitation de leur réponses aux questions à 200 mots ».

Le groupe Facebook dirigé par Kelliher et trois autres jeunes « prophétiques » ont obtenu 1 114 commentaires du cyberespace, embrassant « un large éventail d'opinions » a déclaré Kelliher. L'opinion, c'est-à-dire sur des sujets qui n'ont rien à voir avec l'opinion de quiconque, mais qui sont plutôt des questions de la Loi de Dieu.

Mais cette folie insensée ne fait que refléter le thème de cette farce telle qu'elle est exposée dans le document qui sera présenté au Pape, qui déclare avec fermeté : « Les jeunes d'aujourd'hui aspirent à une Église authentique. Par là, les jeunes veulent dire, en particulier à la hiérarchie de l'Église, qu'elle devrait être une communauté transparente, accueillante, honnête, invitante, communicative et accessible ». Comme Allen décrit plus loin du document : « Une Église crédible, écrivent-ils, est celle qui n'a pas peur d'être vue comme vulnérable, qui est rapide et sincère en admettant ses torts passés et présents, et qui est composée de gens capables d'erreur et d'incompréhension ».

Un groupe de jeunes qui se rencontrent à Rome et sur Facebook pour donner des sermons à l'Église sur ce qu'ils attendent d'elle, tout en informant le Pape — le Vicaire même du Christ — qu'ils n'ont pas atteint, y compris les non-Catholiques, de consensus » concernant l'enseignement infaillible de l'Église dans l'obéissance à la Loi de Dieu !

Maintenant, bien sûr, le « Synode de la Jeunesse » manifestera un intérêt de pure forme à l'enseignement de l'Église sur la morale sexuelle et ses documents, probablement avec la verbosité habituelle post-Vatican II, le résumeront pieusement. Mais qui peut douter, après notre amère expérience avec le « Synode sur la Famille » mal nommée, que le « Synode sur la Jeunesse » sera une autre occasion de saper dans la pratique ce qui sera affirmé verbalement.

Ce qui vient de se passer à Rome est une blague. Une blague diabolique. Et un grand signe de la désorientation diabolique qui caractérise ce que nous sommes en train d'assister : la plus grande crise de l'histoire de l'Église Catholique — si grande qu'il semble maintenant que seulement la plus dramatique des interventions Divines puisse mettre fin à cette perversité surréaliste.