jeudi 29 mars 2018

Pape François à Eugenio Scalfari
Il n'y a pas d'enfer

Lisez la réflexion de deux éminents Catholiques
Antonio Socci et Phil Lawler


Par: Phil Lawler

Phil Lawler a été journaliste Catholique depuis plus de 30 ans. Il a édité plusieurs revues Catholiques et écrit huit livres. Fondateur de World Catholic News, il est le directeur des nouvelles et analyste en chef à CatholicCulture.org.

SOURCE : Catholic Culture
Le 29 mars 2018






D'abord, la réflexion d'Antonio Socci

Pour Socci, maintenant c'est officiel, le Pape est hérétique...

Lisez la suite de l'opinion de Socci ici...






La réflexion de Phil Lawler
« La confusion — maintenant sur l'enfer — est la marque de ce Pontificat »

Lawler est moins catégorique que Socci. Il n'accuse pas le Pape d'hérésie mais de semer délibérément la confusion, ce qui, en soi, n'est pas une hérésie. Mais marche-t-il trop sur la pointe des pieds ? À vous de juger...

Voici sa réflexion...



D'accord, le Pape François n'a probablement pas dit : « Il n'y a pas d'enfer ». Mais c'est le grand titre pour aujourd'hui — pour le Jeudi Saint. Et tandis que peut-être l'interviewer est responsable d'une citation inexacte, le Pape lui-même est responsable de la confusion qui s'ensuit.

Le Vatican, naturellement, a sorti une autre « clarification ». Remarquez, cependant, que la déclaration du Vatican ne nie pas réellement que le Pape François ait prononcé ces mots. Parce que la vérité est que personne ne sait exactement ce qu'il a dit.

Voici la déclaration attribuée au pontife, dans un article paru dans La Repubblica, concernant le sort des pécheurs impénitents :

« Ils ne sont pas punis. Ceux qui se repentent obtiennent le pardon de Dieu et rejoignent les rangs de ces âmes qui Le contemplent. Mais ceux qui ne se repentent pas, et donc ne peuvent pas être pardonnés, disparaissent. Il n'y a pas d'enfer ; il y a la disparition des âmes pécheresses ».

Cette citation est apparue dans un article d'Eugenio Scalfari, qui a interviewé le Saint-Père plus tôt cette semaine. Suivant sa pratique habituelle, Scalfari n'a pas enregistré l’entretien, ni même pris des notes. Le journaliste chevronné — qui, en passant, approche de son 94e anniversaire — s'est fié à sa mémoire pour reconstituer la conversation. Donc les mots qui étaient entre guillemets dans son article peuvent être ou ne pas être les paroles du Pape François.

Ainsi, la déclaration de Vatican aujourd'hui est certainement vraie : « Aucune citation dans l'article susmentionné ne peut donc être considérée comme une transcription fidèle des paroles du Saint-Père ».

Mais ce non-déni laisse deux questions sans réponse :

  1. Le Pape a-t-il dit ces paroles — ou a-t-il dit quelque chose de suffisamment proche pour que la citation de Scalfari ne soit pas totalement inexacte ?

  2. Pourquoi le Pape s'est-il soumis à une interview avec un journaliste qui ne l'aurait pas cité avec précision ?

Gardez à l'esprit que ce n'est pas la première fois que Scalfari a interviewé le Pontife, ni que ses articles ont pour la première fois produit des titres sensationnels, basés sur des « citations » choquantes du Pontife. En fait, c'est la cinquième interview de Scalfari. Encore et encore et encore, les mécanismes de relations publiques du Vatican ont donné des éclaircissements, rappelant aux Catholiques désorientés que les citations n'étaient peut-être pas exactes.

Là encore, peut-être que les citations étaient exactes. En 2015, Scalfari a fait un rapport similaire que le Pape avait nié la réalité de l'enfer. Si ce rapport était inexact, pourquoi le Pape François ne l'a-t-il pas corrigé lors des conversations ultérieures afin qu'il ne fasse plus la même erreur ? D'ailleurs, pourquoi le Pontife ne publie-t-il pas une déclaration en ce moment affirmant qu'il croit en l'enfer ? À ce stade, il est difficile de nier que Scalfari déforme délibérément les déclarations du Pape — dans ce cas, il ne devrait certainement pas lui être accordé de faire des entrevues — ou bien le Pape fait des déclarations qui justifient la couverture des gros titres.

Le Pape François considère évidemment Scalfari comme un ami, et il a certainement le droit de parler librement avec ses amis. Mais pourquoi lui parlerait-il officiellement s'il sait que le compte rendu sera déformé ? Je ne peux que conclure que le Pape François, le Pape qui a encouragé les jeunes Catholiques à « mettre la pagaille », crée délibérément de la confusion.

Dans mon livre Lost Shepherd, [ Le berger perdu ], j'ai écrit : « La confusion chez Amoris Laetitia n'est pas une anomalie [ en anglais : un « bug » ] ; c'est une caractéristique ». Le Pape François s'est rendu compte qu'il ne peut pas contredire directement l'enseignement éternel de l'Église, si clairement énoncé par Saint Jean-Paul II. Mais il a pu et a créé de la confusion au sujet de cet enseignement, et a ainsi fourni une nouvelle marge de manœuvre pour ceux qui sont mécontents de la position de l'Église.

Par la même logique, le Pape François ne peut nier l'existence de l'enfer sans contredire directement l'enseignement de l'Église. Mais il peut créer la confusion, et il l'a fait encore une fois. A-t-il nié ou du moins remis en question l'existence de l'enfer ? Nous ne savons pas.

D'innombrables milliers de personnes perplexes ont maintenant entendu que le Pape croit qu'il n'y a pas d'enfer. Peut-être qu'il a été mal cité ; peut-être avait-il désiré un message différent. Mais nous savons quel message il n'a pas envoyé. Alors que le monde Chrétien entre dans le Triduum, commémorant la Passion du Christ, les gros titres n’affichent pas : « Le Pape dit que Jésus est mort pour nous sauver de nos péchés ».

Quel but cet interview avec Scalfari aurait-il pu servir, sinon pour semer la confusion sur la Foi catholique ? La confusion est la marque de ce Pontificat : pas un anomalie mais une caractéristique.