dimanche 15 janvier 2017

Un entretien approfondi avec Mgr Schneider

L'Évêque Schneider offre de l'espoir
au milieu de la crise permise
par la « Divine Providence »



Par : Steve Skojec
Le 14 janvier 2017
SOURCE : One Peter Five


Alors que la crise ecclésiastique continue à s'intensifier en 2017, je me suis retrouvé devant un certain épuisement ; un sentiment qu’il n'y a pas de répit concernant la série presque constante d'assauts des ennemis de la vérité de Dieu, tout en sachant que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Église, que le Christ aura la victoire finale. Je sais que beaucoup d'entre vous ressentez la même chose. Alors que nous sommes ici à croire au site One Peter Five que nous avons l'obligation de continuer à couvrir les nouvelles de ce qui se passe au sein de notre Église bien-aimée, même si elles sont désagréables, il est également nécessaire de se réassurer, de redécouvrir les éléments les plus importants d'être Catholiques quoiqu’il advienne. Nous devons toujours nous rappeler pourquoi nous combattons et quels trésors nous avons qui ne peuvent jamais nous être enlevés.

C'est pour cela que je me suis adressé à l'Évêque Athanasius Schneider, qui n'est pas seulement l'un des prélats les plus doctes et les plus courageux de l'Église d'aujourd'hui, mais aussi, à mon avis, l'un des plus saints. J'ai eu le plaisir d’avoir quelques conversations privées avec lui et d’assister à ses Messes ; j'ai aussi eu l'honneur unique de lui faire baptiser mon plus jeune enfant. Dans mes observations de l'homme, j'ai senti non seulement une intrépidité tranquille, mais un amour profond et durable du Christ, de son Église, des Sacrements et des âmes de toute personne confiée aux soins maternels de l’Église. Il est un homme qui respire la paix du Christ, même en étant parmi les plus francs dans son analyse de la gravité de notre situation actuelle. En bref, il semblait l'homme parfait pour nous dire : Comment devrions-nous gérer tout cela ? Et où allons-nous à partir d'ici ?

Dans l'interview suivante, j'ai cherché à lui poser les questions que je pensais que beaucoup d'entre vous voudraient également poser. Ses réponses ne déçoivent pas. Je vous demande en remerciements pour sa fidélité de prier ardemment pour ce véritable Apôtre et pour tous ces vaillants membres du clergé qui, malgré qu’ils soient surpassés en nombre, font tout ce qu'ils peuvent pour préserver la Sainte Foi Catholique.

Steve Skojec :

Beaucoup de fidèles se sentent épuisés et abattus. Il semble y avoir une succession sans fin de scandales ou même d’insultes venant de Rome alors qu’ils étaient habitués à aller y chercher la consolation et l'orientation. Que diriez-vous aux gens qui perdent espoir ou qui commencent à douter de l'Église pendant cette période ?

Évêque Athanasius Schneider : Cette période d'une grave crise extraordinaire dans l'Église est une permission de la Providence Divine. Dieu dans Sa Toute-Puissance permet cette crise afin d’en faire ressortir un plus grand bien. C'est pour nous une épreuve de Foi et d'Espérance surnaturelles. Nous devons espérer apparemment contre l'espoir. Notre Foi et notre Espérance dans le caractère divin de l'Église et dans le fait que le Christ Lui-même guide son Église au milieu d'une telle immense confusion, sont purifiées comme l'or dans le feu (re : 1 Pierre 1, 7). Quand les Catholiques commencent à douter de l'Église pendant ce temps, c'est un signe que leur Foi et leur Fspérance ne sont pas assez fortes.

Steve Skojec :

Beaucoup de Catholiques ont été encouragés par la suggestion du Cardinal Burke que, si le Pape François ne répond pas aux dubia, une correction formelle peut être dans l'ordre à venir. Certains craignent que cette correction ne vienne jamais, ou qu'elle ne sera jamais rendue publique, et qu'ils seront abandonnés par leurs bergers aux loups. Dans ce moment de confusion et de crise, les fidèles devraient-ils espérer une telle correction ou se concentrer ailleurs ? Doivent-ils être patients même s'ils estiment que la situation est une urgence ?

Évêque Athanasius Schneider : Une correction fraternelle au Pape, faite au nom de quelques membres du Collège Épiscopal ou Cardinalice, est une mesure extrême et ultime dans l'Église. C’est arrivé dans l'histoire même si ce fut rarement. Le premier cas a été la correction publique formelle faite à Saint Pierre par Saint Paul. Une correction fraternelle est considérée dans la théologie morale comme une partie de l'amour pour le prochain. Dieu nous fait souvent une correction paternelle et la Sainte Écriture dit que c'est un signe de l'amour de Dieu envers nous (Hébreux 12, 6). Le Saint-Esprit dit : « Qui accepte les réprimandes est avisé » (Proverbes 15, 5) et « Les punitions et les réprimandes donnent de la sagesse » (Proverbes 29, 15). Une correction n'a aucun effet positif automatique, mais dépend de l'humilité et de la docilité de la personne à qui la correction est adressée. Les fidèles ne devraient donc pas fixer leurs espoirs sur une telle correction, mais se concentrer sur la prière pour le Pape, parce que seul Dieu peut finalement toucher l'esprit et le cœur d'une personne.

Steve Skojec :

J'ai parlé avec des prêtres qui semblent incapables de savoir comment traiter au mieux les implications d'Amoris Laetitia sur une base pastorale. Certains prêtres sont approchés par des personnes qui vivent dans ces soi-disant « unions irrégulières » et qui se sentent enhardies à aborder les Sacrements parce qu'ils croient que le Pape soutient cela. Certains prêtres craignent qu'ils entrent en conflit avec leurs Évêques s'ils ne se livrent pas à ce nouveau régime de « miséricorde ». J'ai parlé à un prêtre récemment qui ne savait vraiment pas quoi faire, ou ce qu'il pouvait faire. Quel conseil donneriez-vous aux prêtres de vivre leur vocation dans la fidélité au Christ sous l'obéissance d'un Évêque qui voudra peut-être suivre l'interprétation plus hétérodoxe d'Amoris Laetitia ?

Évêque Athanasius Schneider : Admettre les personnes dites divorcées et remariées, qui n'ont aucune intention sérieuse d'arrêter leurs actes adultères, à la Sainte Communion, est contre la Loi Divine. Par conséquent, aucune autorité dans l'Église n'a la compétence de permettre une telle pratique sacramentelle parce qu'elle contredit de facto et évidemment la Loi Divine de l'indissolubilité absolue d'un mariage valide et consommé et contredit en même temps l'interdiction divine absolue de commettre des actes sexuels commis en dehors d'un mariage valide. Il est évident qu'aucun prêtre Catholique ne peut obéir au commandement de son supérieur pour donner la Sainte Communion aux adultères qui n'ont pas l'intention de s'arrêter dans leurs actes adultères. Un tel commandement représenterait un abus flagrant de pouvoir à l'exemple des Pharisiens et des Scribes. Un prêtre doit préférer être puni ou banni plutôt que de collaborer avec l'impiété évidente d'une telle pratique « pastorale », qui en réalité est une pratique extrêmement non pastorale, car elle confirme et laisse le pauvre pécheur adultère dans le malheur du péché et le danger réel de perdre son salut éternel.

Steve Skojec :

C'est une triste réalité qu'en raison de la controverse entourant le Pape François, de nombreux Catholiques ont commencé à exprimer leur conviction qu'il n'est pas le Pape, qu'il a abdiqué pour cause d'hérésie, que le Pape Benoît XVI demeure le vrai Pape, et ainsi de suite . Que diriez-vous à ces gens ? Comment un Catholique fidèle doit-il respecter non seulement le rôle de la papauté, mais l'homme qui l'occupe quand ils sentent que ses actions et ses paroles nuisent à l'Église et aux âmes qui lui sont confiées ?

Évêque Athanasius Schneider : Le Pape François est sans aucun doute le Pape légitime. Nier cela est simplement prendre ses désirs pour des réalités et c’est une fausse représentation des faits juridiques. Nous devons garder une attitude sobre avec un bon sens commun. Un Catholique ne devrait pas être trop concentré dans sa vie quotidienne sur ce que le Pape dit et fait. Une telle attitude n'est pas saine, mais contribue à augmenter un « Papocentrisme » malsain et un culte de la personnalité mondaine. Nous devons croire que la vraie tête de l'Église est le Christ, que l'âme réelle de l'Église est l'Esprit Saint, que la Mère et le Cœur de l'Église est la Bienheureuse Vierge Marie. Le Pape n'est que le Vicaire visible du Christ. Il y a eu des moments dans l'histoire de l'Église, où, pendant deux ou trois ans, l'Église n'a pas eu de Pape ; par exemple, au début du IVe siècle, il y eut deux périodes de deux ans sans Pape (304-306 et 309-311) : c’est en ces temps que vécurent Saint Antoine le Grand, Saint Athanase dans sa jeunesse ; il n'y a pas eu de Pape de 1268-1271, de 1292-1294, de 1314-1316, de 1415-1417 : en dépit de cela, dans ces périodes de temps, l'Église a existé et a même prospéré. Saint-Antoine le Grand, Saint Thomas d'Aquin, Saint Bonaventure, Saint Louis Roi de France, Saint Raymond de Penyafort, Sainte Gertrude la Grande (de Helfta). Il n'y a pas d'indications significatives de plaintes concernant les années « sans Pape » de la part de ces Saints. Ces Saints ont simplement fait leur travail : ils priaient, ils enseignaient la Doctrine Catholique, ils convertissaient les pécheurs et cherchaient la Sainteté. Il semble qu'ils n'avaient pas le temps d'observer les actes ou les actions des Papes ou de débattre du thème de l'élection pontificale, ce qui était en effet un problème très grave à cette époque. De même, nous devrions rester plus calmes et nous devrions accomplir chacun nos devoirs et prier, enseigner et défendre la Foi Catholique, convertir les pécheurs et vivre une vie en profonde en union avec Notre Seigneur. Le Seigneur va certainement intervenir dans cette crise actuelle.

Steve Skojec :

Vous avez fait des comparaisons entre notre situation actuelle et la crise Arienne du 4ème siècle. Comment était la vie pour les fidèles de l'époque ? Comment votre homonyme, Saint Athanase, les a-t-il consolés ? Qu'a-t-il fallu pour ramener l'Église à ses sens après que, comme le disait Saint Jérôme, « le monde entier gémissait et s'émerveillait de se trouver Arian » ?

Évêque Athanasius Schneider : Il y a une fameuse lettre avec laquelle Saint Athanase consolait les fidèles au milieu de l'immense confusion et de l'infidélité et de du politiquement correct au nom de l'écrasante majorité de l'épiscopat de l'époque. Nous citons une partie de cette lettre : « Que Dieu vous console !... Ce qui vous attriste aussi, c’est que les autres ont occupé les églises par violence tandis que vous, pendant ce temps, vous êtes dehors. C’est un fait, ils ont les locaux: mais vous avez la foi apostolique. Eux, ils peuvent occuper nos églises, mais ils sont hors de la vraie Foi catholique. Réfléchissez: qu’est ce qui est le plus important, le lieu ou la Foi? La vraie foi, c’est évident. Dans cette lutte, qui a perdu, qui a gagné, celui qui garde le lieu ou celui qui garde la foi ? Le lieu, c’est vrai, est bon quand on y prêche la foi apostolique ; il est saint si tout s’y passe saintement... C’est vous qui êtes heureux, vous qui restez dans l’Église par votre foi, vous qui tenez fermement aux fondements de la foi qui vous est parvenue de la sainte Tradition apostolique et si, à maintes reprises, une jalousie exécrable a voulu l’ébranler, elle n’y a pas réussi. C’est ceux qui s’en sont détachés dans la crise présente. Personne, jamais, ne prévaudra sur notre foi, frères bien aimés. Et nous croyons que Dieu nous rendra un jour nos églises ».

Steve Skojec :

Vous avez parlé de vos expériences en grandissant en Union Soviétique et vous avez indiqué que vous voyez la propagation des erreurs de la Russie, même maintenant. Vous avez dit que « Nous devons prier pour que le Pape puisse bientôt consacrer explicitement la Russie au Cœur Immaculé de Marie ». Alors que nous nous lançons maintenant dans cette année Centenaire des Apparitions de Notre-Dame à Fatima, croyez-vous que les avertissements de Notre-Dame se concrétiseront ? À quel point la Consécration est-elle urgente ?

Évêque Athanasius Schneider : Nous devons le prendre au sérieux quand Dieu nous envoie Sa Mère Immaculée pour nous avertir. Si nous écoutons les avertissements de Notre Mère Céleste, Son Divin Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ fera des miracles, comme il l'a fait lors des noces de Cana. Un Acte Solennel de Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie au nom du Pape en union morale avec tous les Évêques provoquera sans aucun doute le déversement de grâces abondantes pour l'Église et pour l'humanité tout entière, comme ce fut prédit par Notre-Dame de Fatima. Il est tragique que les appels prophétiques soient souvent entendus trop tard. Prions et prions le Saint-Père de faire ce que Notre-Dame a demandé à Fatima.

Steve Skojec :

Vous êtes un apôtre de l'Eucharistie et un champion de la Liturgie vraiment Sacrée. Il y a des rumeurs qui s’agitent actuellement à Rome à l’effet que le Vatican a pour objectif de démolir l'instruction de 2001 sur les traductions liturgiques, Liturgiam Authenticam, et peut-être aussi la « correction » de Summorum Pontificum. Dans cette lettre, le Pape Benoît XVI a déclaré que l'ancienne liturgie n'avait jamais été « juridiquement abrogée » et a insisté sur le fait que « ce que les générations antérieures tenaient pour sacré, reste sacré et grand pour nous aussi et que ça ne peut pas tout à coup être totalement interdit ou même considéré nocif ». Les Catholiques qui aiment le vénérable Rite de la Liturgie Romaine sont-ils concernés ?

Évêque Athanasius Schneider : Il n'est pas très réaliste de supposer que le Pape François abolira la forme traditionnelle de la liturgie puisque le Pape Benoît XVI a dit que l'ancienne liturgie n'avait jamais été « juridiquement abrogée ». En dernier recours, on pourrait émettre des normes qui restreindraient pratiquement la possibilité de la célébration de l'ancienne liturgie. Cependant, je ne crois pas à une telle possibilité puisque le Pape François est en faveur d'un pluralisme régional et rituel dans l'Église. En tout cas, les fidèles et surtout les jeunes doivent défendre ce trésor inestimable de l'Église et le répandre de plus en plus. La forme liturgique traditionnelle de la Sainte Messe est devenue déjà la Messe même de la jeunesse. L’establishment libéral au pouvoir administratif dans l'Église de nos jours ne doit pas étouffer ou faire taire la voix de la jeunesse qui demande sérieusement la célébration de la forme traditionnelle de la Messe sinon il perdra toute crédibilité et se révélera comme une manifestation idéologique et rigoureuse, jetant des pierres sur ces jeunes honnêtes et profondément croyants.

Steve Skojec :

Vous avez exhorté l'Évêque Fellay de la Fraternité Saint-Pie X à « ne pas retarder son acceptation » pour amener la Société en pleine Communion Canonique avec Rome. Pourquoi croyez-vous que le moment est venu ? La FSSPX peut-elle faire confiance à Rome en ce moment où tant d'autres choses apparaissent dans l'Église soumises au scalpel de la nouveauté ?

Évêque Athanasius Schneider : Plus la confusion Doctrinale et Liturgique générale augmente, plus nous avons besoin de la force combinée et unie de toutes les bonnes forces à l'intérieur de l'Église. C'est l'ordre du jour dans ces heures très critiques de l'histoire de l'Église. C'est ce que fit Saint-Athanase quand, en 362, il assembla un synode d'union à Alexandrie, auquel il invita même les semi-ariens bons et sincères, les soi-disant homoïsois, pour combattre l'Arianisme généralisé et l'hérésie semi-arianisme. Certains opposants radicaux de l'Arianisme, comme par exemple Lucifer, Évêque de Cagliari, ami de Saint Athanase, intrépide combattant de la vraie Foi et qui souffrait en exil, déclina l'invitation de Saint Athanase. Contrairement à l'attitude de Saint Athanase, Lucifer de Cagliari n'acceptait pas d'autres explications que celle des « homo-ousios » du Concile de Nicée et voulait « sauver » l'Église avec son groupe qui s'isolait en se considérant comme la seule partie « saine » de l'Église. Lorsque la FSSPX suivra le principe de « confiance à Rome », il démontrera par là une attitude tout à fait humaine et un manque de vision surnaturelle de l'Église. Nous ne devons pas faire confiance à la personne d'un Pape concret et à ses collaborateurs qui changent tous plus ou moins rapidement (même le temps de 30-70 ans est un temps très court aux yeux des 2 000 ans de l'Église et aux yeux de Dieu d'autant plus). Le célèbre historien Ludwig von Pastor, l'expert et pieux auteur du chef d'œuvre « Histoire des Papes » a déclaré : « Quelle que soit la personnalité des Papes, c'est toujours le même Pierre que nous vénérons ». On peut trouver dans les catacombes la peinture suivante : une lampe en forme de navire ; dans le navire est assis le Seigneur qui commande l'orage et les vagues ; Saint-Pierre reste au gouvernail du navire ; et il y a cette inscription : « Pierre ne meurt pas ».

Steve Skojec :

Vous avez récemment observé que l'objectif maçonnique de corrompre la morale pour vaincre l'Église Catholique est redevenu très pertinent. L'Instruction Permanente de l'Alta Vendita a été écrite il y a plus d'un siècle. Ont-ils atteint leurs objectifs ? Ont-ils infiltré l'Église au plus haut niveau ? Comment pouvons-nous nous battre ?

Évêque Athanasius Schneider : Il semble que la bien connue et historiquement prouvée Instruction Permanente de l'Alta Vendita du 19ème siècle a atteint ses objectifs déclarés dans une très grande mesure. Pourtant, la Franc-Maçonnerie, l'ennemi ultime du Christ et de son Église, ne tient pas compte de cette seule Vérité : « Les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre l'Église ». Les Francs-Maçons ne tiennent pas compte de cela parce qu'ils ne croient pas aux Paroles du Christ. Même les prêtres, les Évêques et même les Papes sont incapables de détruire l'Église, car ils sont finalement impuissants face au Christ qui est toujours le Commandant en chef dans le navire de son Église. Nous pouvons combattre en fin de compte et, avec la plus grande efficacité, munis des armes spirituelles de prière, de pénitence, de jeûne, avec la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et la dévotion et invocation spéciale des Saints Anges, en premier lieu de Saint Michel Archange en utilisant souvent la prière et l'exorcisme général contre Satan et les mauvais esprits que composa le Pape Léon XIII.

Steve Skojec :

En 2014, vous avez prononcé un discours dans lequel vous avez dit que vous pensiez qu'il y aurait « une division intérieure dans l'Église de ceux qui sont fidèles à la Foi de leur Baptême et à l'intégrité de la Foi Catholique ». Mais vous avez aussi dit que « nous avons toute la beauté des Vérités Divines, de l'Amour Divin et de la Grâce dans l'Église. Personne ne peut nous enlever cela, aucun Synode, aucun Évêque, pas même un Pape peut emporter le trésor et la beauté de la Foi Catholique, de Jésus Eucharistique, des Sacrements. La Doctrine immuable, les principes liturgiques immuables, la Sainteté de la vie constituent le véritable pouvoir de l'Église ». La division est-elle maintenant sur nous ? Les fidèles devraient-ils s'inquiéter de cette scission ou devons-nous nous concentrer, comme vous l'avez dit, sur les belles choses d'origine divine que personne ne peut nous enlever ? Comment un Catholique doit-il survivre à cette tempête ? Où devrait-il se réfugier ?

Évêque Athanasius Schneider : La scission à l'intérieur de l'Église existe déjà depuis plusieurs décennies. Elle est devenue plus aiguë et manifeste dans ces derniers jours après la publication du document papal Amoris laetitia. Il n'y a pas une scission ou un schisme extérieur formel, mais une séparation intérieure entre ceux qui gardent encore l'intégrité de la Foi Catholique et Apostolique et ceux qui ont déjà nié cette Foi au sujet de certaines vérités essentielles, comme par exemple : la validité universelle et absolue du Sixième Commandement de Dieu et de l'indissolubilité du Mariage, de l'unicité du Salut par le Christ et son Église. Ces hérétiques ne sont pas canoniquement schismatiques parce que certains d'entre eux occupent de puissantes positions ecclésiastiques. Ils portent cependant l'hérésie et le schisme dans leur âme. Quand un futur Pape ou un Concile Oecuménique exigera de ces schismatiques intérieurs, une profession sans ambiguïté et intégrale de la Foi Catholique, ils pourraient se sortir eux-mêmes de l’Église et devenir schismatiques formels. Notre refuge, nous devrions le prendre en attendant auprès de la Sainte Vierge Marie, notre Mère céleste, qui est la Victorieuse sur toutes les hérésies.

Steve Skojec :

Notre Sainte Mère semble être la clé de tant de choses qui nous troublent. Elle se tenait auprès de Jésus à chaque instant, y compris lors de Sa Passion et de Sa mort sur la Croix. Est-ce un temps où l'Église semble se joindre à la Passion de son Époux Mystique, est-ce peut-être aussi un temps pour le Triomphe promis du Cœur Immaculé ? Comment implorer son intercession ? Que devrions-nous prier ?

Évêque Athanasius Schneider : Nous devons prier et répandre avec un zèle renouvelé la prière du Saint Rosaire, la dévotion à Son Cœur Immaculé et nous devons replacer Jésus dans la Très Sainte Eucharistie au centre de notre vie et de la vie liturgique de l'Église. L'Église ne peut se renouveler authentiquement qu'avec Marie, Mère de l'Église, et avec l'Eucharistie, fondement et cœur de l'Église.

Steve Skojec :

En guise de mot de la fin, quelles seraient vos paroles d'encouragement pour les fidèles ?

Évêque Athanasius Schneider : En cette période d'une crise de Foi extraordinaire à l'intérieur de l'Église, nous devrions être toujours plus convaincus et être fiers de l'intégrité et de la beauté de la Foi Catholique et de la Liturgie Catholique. Nous devons être fiers de la Sainteté et de la puissance des petits dans l'Église, des saints cachés de nos jours, des victimes cachées de tous les niveaux : religieuses, célibataires dans le monde, mères et pères de famille, jeunes et même les enfants. De ces trésors de la beauté de la Foi, de la Liturgie et des âmes victimes qui vivent au milieu de nous, personne ne peut nous en séparer, ni même la persécution et la mort (Romains 8,39). Dieu est la Vérité et nous servons Sa merveilleuse Création, l'Église, l’ultime et la meilleure par sa Vérité intégrale, pure et parfaite. Cette fidélité nous garde, par la grâce de Dieu, libres et forts aux yeux de Dieu. Seul le point de vue de Dieu importe. Et nous dirons : mon plus grand honneur ne sont pas les louanges de ce monde, ni les titres ecclésiastiques, mais de vivre et de mourir comme un vrai Catholique.