mardi 3 janvier 2017

Du pareil au même pour 2017
La politique des gauchistes enveloppée
dans la langage de la Piété Catholique




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 3 janvier 2017

Alors que les Catholiques du monde entier, des Cardinaux aux simples fidèles dans les bancs, observent avec inquiétude et consternation de plus en plus ce pontificat, il n'y a aucun signe que François tournera une nouvelle page avec le début du Nouvel An.

Dans le cadre de son programme de tentative de refaire l'Église à son image, François ne manque jamais l'occasion d’insérer une condamnation des Catholiques orthodoxes dans ses discours, ses sermons et ses remarques informelles, qui défendent sans relâche les points politiques et sociaux de l'agenda qu'aucun Démocrate ne trouverait offensant, souvent véhiculée dans le contexte de pieuses références à Notre Seigneur et à Sa Mère.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

La Veillée du Jour de l’An 2016 n'a pas fait exception. L'homélie de François aux Vêpres et au Te Deum débute de façon prometteuse sur une note de saine piété Catholique avec une citation de l'Écriture : « Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils ». (Gal 4 : 4-5).

Mais nous savons ce qui se passe, compte tenu de près de quatre années d'expérience avec ce mélange latino-américain de piété populiste et de politique de gauche connue sous le nom de Bergoglianisme : l'Évangile sera tordu dans un manifeste de justice sociale et les fidèles Catholiques qui défendent l'orthodoxie seront caricaturés encore une fois. Car l'homme est implacable dans la poursuite de sa « vision » de l'Église. Ainsi nous lisons dans les paragraphes suivants :

« Dans le Christ, Dieu ne s’est pas déguisé en homme, il s’est fait homme et a partagé en tout notre condition. Loin d’être enfermé dans un état d’idée ou d’essence abstraite, il a voulu être proche de tous ceux qui se sentent perdus, mortifiés, blessés, découragés, affligés et intimidés. Proche de tous ceux qui dans leur chair portent le poids de l’éloignement et de la solitude, afin que le péché, la honte, les blessures, le découragement, l’exclusion n’aient pas le dernier mot dans la vie de ses enfants ».

«La crèche nous invite à faire nôtre cette logique divine. Une logique qui n’est pas centrée sur le privilège, sur les concessions, sur les favoritismes ; il s’agit de la logique de la rencontre, du voisinage et de la proximité. La crèche nous invite à abandonner la logique des exceptions pour les uns et des exclusions pour les autres. Dieu vient lui-même rompre la chaîne du privilège qui produit toujours l’exclusion, pour inaugurer la caresse de la compassion qui produit l’inclusion, qui fait resplendir en toute personne la dignité pour laquelle elle a été créée. Un enfant dans les langes nous montre la puissance de Dieu qui interpelle comme don, comme offrande, comme ferment et opportunité pour créer une culture de la rencontre ».

Remarquez le passage furtif du Christ Rédempteur, qui est devenu homme pour délivrer l'humanité déchue du fardeau du péché, de la honte et du désespoir, comme nous lisons dans le premier paragraphe, au Christ militant social du deuxième paragraphe, qui est venu nous inviter à « abandonner la logique des exceptions pour les uns et des exclusions pour les autres », à « rompre la chaîne du privilège qui produit toujours l’exclusion, pour inaugurer la caresse de la compassion qui produit l’inclusion » et à créer« une culture de la rencontre ».

Non, le Christ n'est pas venu abolir les privilèges, condamner « l'exclusion » ou promouvoir « l'inclusion » et une « culture de la rencontre ». Sa mission n'a impliqué aucun de ces slogans de gauche. C'est le faux christ de la théologie de la libération. Le vrai Christ a refusé une telle mission de justice sociale en faveur de son Appel Divin : racheter l'homme déchu par Son Sacrifice de valeur infinie, par lequel il a gagné pour les hommes la grâce d'obéir à ses Commandements afin que, comme Saint Paul a exhorté les Philippiens : « Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement ». (2 Phil 2, 12)

Comme le dit Notre Seigneur lui-même aux disciples qui murmuraient contre la femme qui avait prodigué un onguent cher sur ses pieds sacrés au lieu de le vendre et de donner l'argent aux pauvres : « Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Ce qu'elle a accompli pour moi est beau. Car vous aurez toujours des pauvres avec vous ; mais Moi, vous ne M'aurez pas toujours avec vous. Elle a répandu ce parfum sur Mon Corps afin de Me préparer pour le tombeau » . (Matt 26 : 10-13) ».

Bien sûr, les Chrétiens ont le devoir d'aider les pauvres et d'alléger leurs souffrances ; et l'Église a toujours enseigné que les biens de cette terre ont une destination universelle et n'appartiennent pas exclusivement et absolument à leurs possesseurs immédiats. Mais le Christ n'est pas venu pour éradiquer la pauvreté — ce qui est indéracinable — pour redistribuer la richesse ou pour promouvoir « l'inclusion » — c'est-à-dire des frontières ouvertes et une société pluri-religieuse que François exige pour sa « culture de la rencontre ».

Ensuite, inévitablement, vient une condamnation des Catholiques orthodoxes, que François semble maintenant inclure dans pratiquement chaque énoncé sur n'importe quel sujet — et qui retourne en quelque sorte toujours sur le même sujet. Voici une citation de François ici :

« Alors qu’une année de plus arrive à son terme, arrêtons-nous devant la crèche, pour remercier de tous les signes de la générosité divine dans notre vie et dans notre histoire, qui s’est manifestée de mille manières dans le témoignage de nombreux visages qui, anonymement, ont su risquer. Remerciement qui ne veut pas être nostalgie stérile ou vain souvenir du passé idéalisé et désincarné, mais bien mémoire vivante qui aide à susciter la créativité personnelle et communautaire parce que nous savons que Dieu est avec nous. Dieu est avec nous ».

La nostalgie stérile ou vain souvenir du passé idéalisé et désincarné — c'est ainsi que François caractérise sans cesse les défenseurs de l'orthodoxie Catholique et des disciplines traditionnelles qui protègent la vérité salvatrice du Christ des compromissions mortelles aux âmes. Et quels sont ceux qui « ont su risquer » pour promouvoir « la créativité personnelle et communautaire » et, selon François, sont ceux dont le « témoignage » est vraiment Chrétien ? Comme si nous ne le savions pas : ceux qui sont avec lui concernant la réception de la Sainte Communion par les adultères publics en « seconds mariages » — la grande obsession de ce pontificat bizarre.

Se tournant vers les jeunes, François conclut avec encore plus de cet « Évangile social » qui ignore le bien-être éternel des âmes :

« Nous avons créé une culture qui, d’une part, idolâtre la jeunesse cherchant à la rendre éternelle ; mais, paradoxalement, nous avons condamné nos jeunes à ne pas avoir d’espace de réelle insertion, parce que nous les avons lentement marginalisés de la vie publique, les obligeant à émigrer ou à mendier des occupations qui n’existent pas ou qui ne leur permettent pas de se projeter dans un lendemain. Nous avons privilégié la spéculation au lieu de travaux dignes et honnêtes qui leur permettent d’être des protagonistes actifs dans la vie de notre société. Nous attendons d’eux et exigeons qu’ils soient ferment d’avenir, mais nous les discriminons et les « condamnons » à frapper à des portes qui de plus demeurent fermées ».

C'est donc l'espoir de François pour les jeunes pendant l'année qui vient : non pas que, par la grâce de Dieu, ils soient délivrés d'une culture corrompue et tournent le dos au péché en cherchant leur destin éternel mais qu’ils trouvent de bons emplois. Le Christ n'a pas établi son Église sous la direction terrestre du Vicaire du Christ afin que le Pape puisse exiger le plein emploi des jeunes, « l'inclusion » et une « culture de la rencontre ». L’Office Pétrinien est la pierre sur laquelle reposent la Foi et la morale et par lequel elles sont conservées intactes — comme elles ont été transmises à travers les siècles — pour le salut des âmes. Mais François, il faut le dire, ne semble pas très intéressé par cette description d'emploi.

Et il semble que nous nous dirigeons dans du pareil au même concernant la création de slogans vides en matière de justice sociale en 2017. Hormis un changement de coeur miraculeux, jusqu'au jour où ce pontificat finira, François continuera à employer le langage de la piété Catholique et même les noms du Christ et de Sa Mère Bénie, pour avancer des objectifs socio-politiques qu’Hillary Clinton trouverait tout à fait de mise, tout en condamnant les Catholiques qui ne cherchent rien d'autre qu’à persévérer dans la Foi non reconstruite de leurs pères.

Les prédictions sont périlleuses. Mais même d'un point de vue humain faillible, ce non-sens ne peut pas continuer encore longtemps sans une correction dramatique de Là-Haut. L'Année 2017 de Notre Seigneur promet d'être remplie de ce genre de drame.

Notre-Dame de Fatima, défendez Votre Église !