mercredi 11 janvier 2017

Plus d'informations concernant
le bandeau du Cardinal Müller




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 11 janvier 2017



L'excellent Edward Pentin, écrivant pour le National Catholic Register d'EWTN, vient de publier (9 janvier) un récit révélateur de derrière les coulisses qui explique peut-être le mystère entourant la capitulation apparente du Cardinal Gerhard Müller face à la crise sans précédent provoquée par Amoris Laetitia — une capitulation qui va jusqu’à la critique publique des Quatre Cardinaux qui se sont adressés à la crise en publiant les dubia qu'ils ont soumis à Müller, en tant que responsable de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) ainsi qu'au Pape François.

Pentin rapporte qu'« il est ressorti que la CDF avait des appréhensions évidentes concernant le document [Amoris] avant sa publication — des préoccupations qui n'ont jamais été entendues. Un officiel bien informé a récemment dit au National Catholic Register qu'un comité de la CDF qui a examiné un projet d'Amoris Laetitia avait soulevé des dubia « similaires » à ceux des Quatre Cardinaux.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Notez bien : Pentin révèle que Müller lui-même a présenté l'équivalent des dubia des Cardinaux avant même qu'Amoris Laetitia ait été promulgué. Maintenant, il prend la position qu'il n'y a rien de mal dans le document — qu'il ne présente aucun danger pour la Foi et qu'il est « surpris » par les actions des Cardinaux.

Pentin rappelle également, comme le révèle en premier le journal français Le Figaro d’avril, que la CDF — c'est-à-dire Müller — a soumis pas moins de 20 pages de corrections à Amoris avant sa publication. Vingt pages de corrections à un document que Müller prétend maintenant être parfaitement en harmonie avec l'enseignement de l'Église ! Il semble que François et son équipe d’écrivains fantômes n'aient adopté aucune de ces corrections.

Comme le révèle encore Pentin, un haut fonctionnaire du Vatican vient d'informer le National Catholic Register que la CDF « a soumis beaucoup, beaucoup de corrections, et aucune des corrections n'a été acceptée ... » En outre, ajoute ce fonctionnaire, la position actuelle de Müller, telle qu’il l’a exprimée lors de son entrevue que j'ai discutée ici, « est exactement le contraire de tout ce qu'il m'a dit sur la question jusqu'à maintenant ». Le même fonctionnaire croit que la volte-face de Müller suggère que c’était « quelqu'un qui ne parlait pas de lui-même, mais répétait ce que quelqu'un d'autre lui avait dit de dire ».

Mettez tous ces faits ensemble avec l'ordre de François que Müller renvoie sur-le-champ trois prêtres-théologiens-orthodoxes qui pendant de nombreuses années ont été des contributeurs clés à l'œuvre de la CDF, mais qui ont été connus pour être critiques d’Amoris Laetitia et de d’autres décisions de François. Tel que rapporté par le respectable Vaticaniste Marco Tosatti, Müller, consterné par cet ordre — pour lequel aucune raison n'a été donnée — a cherché et obtenu une audience avec François qui l'a informé : « Je suis le Pape, je n'ai pas besoin de donner des raisons pour n'importe laquelle de mes décisions. J'ai décidé qu'ils devaient partir et ils doivent quitter » et puis il a brusquement terminé la rencontre avec un geste de sa main.

Il semble donc qu'aucun autre que François ait placé le bandeau du Cardinal Müller sur sa tête. Ou bien Müller ne verra pas de mal ou bien il verra la fin de son mandat comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, rejoignant toutes les autres victimes des différentes purges Bergogliennes. Pendant ce temps, la CDF est rendue sans pouvoir dans la défense de la Doctrine. De même, la Congrégation pour le Culte Divin est rendue sans pouvoir par la purge de tous ses membres sauf sa tête dirigeante, le Cardinal Sarah, qui, avec le Cardinal Müller, se tient dans un isolement impuissant tandis que François — qui parle sans cesse de décentraliser l'autorité dans l'Église fait tout ce qui lui plaît quand ça lui plaît.

Les Doctrines de la Foi et de la Liturgie Sacrée sont désormais entièrement à la disposition de François et d'une coterie d'ultra-progressistes triés sur le volet. Il ne doit y avoir aucune résistance. Comme l'a noté le site Life Site News : « Tosatti parle d'une « fièvre autocratique qui semble avoir éclater au Vatican ». Il est intéressant de noter que cette démarche autoritaire [le renvoi des trois prêtres] est en apparence contradictoire avec la « miséricorde » si louangée et ses soi-disant douces manières de traiter avec les gens ».

« Je suis le Pape, je n'ai pas besoin de donner des raisons à mes décisions ». Ce ne sont pas des paroles du « Pape miséricordieux » que l'appareil des relations publiques du Vatican a créé pour la consommation publique avec l'aide des médias de masse adorateurs. Ce sont les paroles d'un autocrate pour qui l’Office Pétrinien n'est pas une fiducie sacrée mais un outil pour l'imposition de sa volonté.

Personne ne peut déposer un Pape car il n'a pas de juge sur terre. Mais un tyran peut être résisté — même un tyran papal, comme certains des plus grands théologiens de l'Église, à commencer par Saint Thomas d'Aquin, ont clairement indiqué. Tout ce qu'il faudrait dans ce cas, c'est qu'un nombre suffisant de Cardinaux rejoigne les Quatre qui se sont avancés pour déclarer publiquement que François est sur le mauvais chemin et qu'il doit reprendre le droit chemin — le chemin de la Tradition — pour le bien de l'Église et le bien-être éternel des âmes.

Même un Pape se trouvera incapable d'abuser de son autorité quand ses subordonnés s'unissent pour résister à juste titre à l'abus. Il n'y a que tant de têtes que François peut couper avant de détruire sa propre crédibilité en tant qu'homme pasteur proche du peuple. Et, finalement, l'Église est la maison des fidèles, pas un camp de prisonniers dirigé par un gardien.

Que les Princes de l'Église, invoquant l'assistance de la Médiatrice de toutes les grâces, trouvent le courage de dire au Roi qu'il ne peut plus continuer ainsi !

Notre Dame de Fatima, venez à notre secours !