vendredi 13 janvier 2017

L'OCCIDENT EST DEVENU LA TOMBE DE DIEU
LE "J'ACCUSE" DU CARDINAL SARAH






Source : Il Foglio

Lu chez : Diakonos




« La culture Occidentale s'est organisée comme si Dieu n'existait pas. C'est nous qui l'avons tué. L'homme ne sait plus ni qui il est ni où il va ».

« La véritable crise qui traverse aujourd'hui notre monde n'est pas de nature économique ni politique, il s'agit d'une crise de Dieu et en même temps d'une crise anthropologique » écrit le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements dans une réflexion publiée dans le dernier numéro de la revue "Vita e Pensiero" paru aujourd'hui en Italie. « Certes, aujourd'hui nous ne parlons que de la crise économique: dans le développement de la puissance de l'Europe - malgré ses orientations originelles plus éthiques et religieuses - l'intérêt économique est devenu déterminant, de façon toujours plus exclusive ».

« La culture Occidentale — écrit le cardinal Sarah — s'est progressivement organisée comme si Dieu n'existait pas: nombreux sont ceux qui ont décidé de se passer de Dieu. Comme l'affirmait Nietzsche, pour beaucoup en Occident, Dieu est mort. Et c'est nous qui l'avons tué, nous sommes ses assassins et nos églises sont les cryptes et les tombes de Dieu. Un bon nombre de fidèles les délaissent, ils ne vont plus à l'église pour éviter de sentir la putréfaction de Dieu; mais alors l'homme ne sait plus ni qui il est ni où il va: nous assistons à une sorte de retour au paganisme et à l'idolâtrie; la science, la technologie, l'argent, le pouvoir, le succès, le liberté à outrance, les plaisirs sans limites sont devenus nos nouveaux dieux ».

Selon le Cardinal guinéen, il est donc nécessaire de changer de perspective : « Nous devons rappeler que c'est en Dieu que nous avons la vie, le mouvement et l’être. (Actes 17, 28). C'est en lui que tout subsiste. Il est le Principe, le siège de toute Plénitude nous dit Saint Paul; en-dehors de lui, rien ne subsiste: toute chose retrouve en Dieu son être et sa vérité, c'est-à-dire que c'est Dieu ou rien. Certes, il existe des problèmes énormes, des situations souvent douloureuses, une existence humaine difficile et angoissante; pourtant nous devons reconnaître que c'est Dieu qui donne sens à toute chose. Nos préoccupations, nos problèmes et nos souffrances existent et nous inquiètent mais nous savons que tout se résout en Lui, nous savons que c'est Dieu ou rien et nous le percevons comme une évidence qui s'impose à nous non pas de l'extérieur mais depuis l'intérieur de l'âme parce que l'amour ne s'impose pas par la violence, il séduit le coeur avec une lumière intérieure ».