dimanche 15 janvier 2017

AMORIS LAETITIA
LE VAISSEAU MALTAIS REJOINT LA FLOTTE DU PAPE




Source :Sandro Magister, l’Espresso

Lu chez : Diakonos






Archevêque Maltais Charles Scicluna

« Dans le cas où, au terme du processus de discernement, accompli avec ‘humilité, réserve, amour de l’Eglise et de son enseignement, dans une recherche sincère de la volonté de Dieu et dans le désir de rejoindre une réponse plus parfaite à celle-ci’ (Amoris laetitia, 300), une personne séparée ou divorcée qui vit une nouvelle union arrive – avec une conscience formée et illuminée – à reconnaître et à croire qu’elle est en paix avec Dieu, on ne pourra pas l’empêcher de s’approcher des sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie (cfr. Amoris laetitia, note 336 et 351) ».

En bref : oui à la communion des divorcés remariés qui vivent more uxorio.

Voilà le point-clé des instructions que les évêques de Mate et de Gozo, Charges Jude Scicluna et Mario Grech, ont envoyées à leurs prêtres le 13 janvier pour la mise en pratique du controversé chapitre VIII d’ Amoris laetitia, instructions intégralement traduites en italien dans l’Osservatore romano du 14 janvier.

Jusqu’à présent , les évêques qui ont donné des recommandations sur l’exhortation synodale sont encore peu nombreux et, quand ils l’ont fait, c’est souvent de façon discordante entre eux.

Par exemple, dans le camp de ceux qui ont dit non à la communion aux divorcés remariés vivant more uxorio, on retrouve aux Etats-Unis l’archevêque de Philadelphie, Charles J. Chaput et en Italie le cardinal Ennio Antonelli, chargé par l’archevêque de Florence, Giuseppe Betori, d’instruire les prêtres de son diocèse.

Dans le camp du oui, on retrouve le cardinal-vicaire de Rome, Agostino Vallini ainsi les évêques de la région de Buenos Aires, dans les deux cas avec l’approbation personnelle du Pape François, aux Etats-Unis l’évêque de San Diego, Robert W. McElroy et aujourd’hui sur l’île de Malte les évêques Scicluna et Grech.

L’un comme l’autre ont justifié leurs positions respectives sur base de ce qui se trouve dans Amoris laetitia, preuve s’il en est que les « dubia » soulevés publiquement par quatre cardinaux qui demandent au pape de « faire la clarté » ne reposent pas sur rien.

Si donc le pape ne répond pas aux « dubia » c’est parce qu’il est le premier à souhaiter cette pluralité d’interprétations et d’applications se référant toutes au un style d’Amoris laetitia qui est volontairement ambigu et ouvert à différentes interprétations.

Quant à l’interprétation que le pape préfère, elle ne fait aucun doute. C’est celle qui admet la communion aux divorcés remariés qui vivent more uxorio. C’est d’ailleurs ce qui ressort d’une lecture au premier degré de l’exhortation post-synodale elle-même dans laquelle cette admission ne se trouve nulle part explicitement tout en étant abondamment suggérée par de nombreuses allusions.

Ce n’est pas donc pas un hasard si, quand les évêques de Malte en arrivent à écrire - comme dans le paragraphe mentionné ci-dessus - qu’on « ne pourra empêcher les divorcés remariés qui vivent more uxorio de s’approcher des sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie », ils ne trouvent aucune citation d’Amoris laetita adaptée sinon deux notes de bas de page sibyllines dont même François a affirmé ne pas se rappeler.

Et justement, vu le nombre de citations d’Amoris laetitia qui se trouvent dans les instructions des évêques maltais, on peut penser que leur lecture soit bien une interprétation fidèle « sine glossa » de l’Exhortation.

Entretemps, le compteur de « Settimo Cielo » sur les prises de position publiques sur le dubia de la part d’évêques ou de cardinaux a augmenté de deux unités.

Le cardinal sud-africain Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban s’est prononcé en faveur des dubia tandis que le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode des évêques s’est prononcé contre dans un entretien accordé à l’Osservatore Romano ce 12 janvier :

« Plusieurs réponses ont déjà été données. De nombreuses personnes habilitées et compétentes se sont déjà exprimées. (…) Je ne pense pas qu’il faille ajouter quoi que ce soit d’autre à part répéter que toutes les réponses demandées se trouvent déjà dans le texte de l’exhortation apostolique elle-même. »