samedi 14 novembre 2015

Une raison de frémir


Rédaction : Louie
SOURCE : HARVESTING THE FRUIT OF VATICAN II
Le 12 novembre 2015

Alors que l'Église attend l’Exhortation Apostolique post-synodale ( texte où le Pape indiquera aux Fidèles la voie particulière à prendre suite au Synode ) dans laquelle on peut raisonnablement s'attendre à ce que François décide d’un chemin pour les adultères impénitents publics (et peut-être même les homosexuels actifs) afin qu'ils soient admis à la Sainte Communion, il me semble que, collectivement, nous ne prenions pas la question tout à fait assez au sérieux.

Bien sûr, beaucoup déplorent qu'un tel scénario, si en effet il se déroule, serait une énorme offense contre Notre-Seigneur et même quelques-uns parmi les Néo-Conservateurs commencent à reconnaître que François en serait l’ultime et unique responsable.

Il semble cependant manquer souvent dans toute cette situation le sens de la Sainte Crainte de Dieu.

Pour décrire ce que j’ai à l'esprit, je vais vous partager une histoire vraie.

Il y a plus d'une décennie maintenant, alors que j’étais en voyage d'affaires en dehors de la ville, je suis allé à la Messe (Novus Ordo) dans une paroisse avoisinante.

Au moment de la Communion, je me suis approché du prêtre (debout, bien sûr) qui m’a ensuite présenté l'Eucharistie, non pas en élevant l'hostie comme prévu, mais en la tenant à la hauteur juste au dessus de ma ceinture. C’était évident pour moi (comme je l'ai confirmé plus tard en lui parlant ) que son intention était de me persuader de recevoir l’hostie dans ma main ; quelque chose que je n'ai jamais fait.

Passant par-dessus son geste pas trop subtil, je fis comme d'habitude : les mains jointes, j’ai fermé les yeux, j’ai dit « Amen », j’ai ouvert ma bouche et j’ai attendu le Saint-Sacrement.

Me tenant ainsi, un temps incommensurable a passé ... Ça a probablement duré moins de 10 secondes, mais j’avais l’impression que c’était toute une vie.

Enfin, le prêtre laissa échapper un soupir d'exaspération et a littéralement poussé avec force l'Eucharistie dans ma bouche. Avec le recul, c’est clair pour moi que la rencontre n’a été rien de moins que diabolique.

Quand je suis retourné à ma place et que je me suis agenouillé pour prier, tout mon corps tremblait de façon incontrôlable.

J’ai grandi dans un environnement assez violent. Je n’ai pas peur facilement, même lorsque ce serait utile, mais pas à ce moment-là ; pour une raison que je ne comprenais pas encore pleinement, j’étais absolument terrifié. Je n’ai jamais connu quelque chose d'aussi intense que cela avant ou depuis.

Essayant en vain de toujours me calmer, je demandais : « Sainte Vierge, qu’est-ce qui se passe ? »

Puis ça m’est venu : j’étais en présence de la Colère du Seigneur Tout-Puissant.

Les situations qui se rapprochaient le plus de ce que je venais de vivre étaient du temps où j’étais un gamin quand mon petit frère était sur le point de sentir tout le poids de la lourde main de notre père pour quelque chose qu'il avait fait de mal. Même si je n’était pas celui qui était puni, du seul fait d’être en présence de cette colère était néanmoins effrayante.

Ce sentiment extrême de crainte, vécu il y a une quinzaine d'années, quand un simple prêtre de paroisse a provoqué la fureur du Seigneur en ne protégeant pas avec révérence l'Eucharistie au cours d'une malencontreuse rencontre avec un étranger, est précisément ce que je veux dire par « Sainte Crainte ».

C’est ce que nous devrions envisager à la pensée de François qui pourraient décider éventuellement de voies à la Sainte Communion pour ceux qui ne sont pas disposés de façon appropriée ; ça mettrait ainsi en mouvement ce qui équivaudrait à une irrévérence systématique envers le Saint-Sacrement partout dans le monde, pour ne rien dire du préjudice que cela apporterait aux pauvres âmes.

Je peux imaginer que certains pourraient se sentir obligés de pointer vers l'Indult * concernant la Communion dans la main comme ayant effectivement accompli le même effet, mais vraiment il n'y a pas de précédent pour la situation actuelle.

À regarder plus sérieusement comment le Tout-Puissant prend gravement cette situation particulière très au sérieux, nous ferions bien de nous rappeler ce qui s’est passé dans le jardin d'Eden tout de suite après la chute :

Et le Seigneur se dit : « Voilà que l'homme est devenu comme un dieu, pour ce qui est de savoir ce qui est bon ou mauvais. Il faut l'empêcher maintenant d'atteindre aussi l'arbre de la vie ; s'il en mangeait les fruits, il vivrait indéfiniment ». Le Seigneur Dieu renvoya donc l'homme du jardin d'Éden, pour qu'il aille cultiver le sol dont il avait été tiré. Puis, après l'en avoir expulsé, le Seigneur plaça des chérubins en sentinelle devant le jardin d'Éden. Ceux-ci, armés de l'épée flamboyante et tourbillonnante, devaient garder l'accès de l'arbre de la vie. (Gen 3 : 22-24)

Si Dieu a jugé bon d’empêcher Adam et Ève qui étaient disposés de façon inappropriée pour participer à l'Arbre de Vie au point même de placer des chérubins sentinelles à l’entrée avec une épée flamboyante dans leur chemin et ce, pour leur propre bien, , comment pouvons-nous ne pas frémir à la pensée de ce qui se déroule devant nos yeux en ce moment ?



* Indult : Toute faveur accordée par le Saint-Siège et qui dispense du droit commun de l'Église soit au bénéfice d'une communauté, soit pour le bien d'un particulier.