dimanche 8 novembre 2015

Cardinal Burke

« Le rapport final manque de clarté
sur l'indissolubilité du mariage »



par Edward Pentin
SOURCE : Life Site News

Le Cardinal Raymond Burke, patron de l’Ordre des Chevaliers de Malte et ancien préfet de la Signature Apostolique, a partagé avec le National Catholic Register sa réaction initiale au Rapport Final du Synode sur la famille.

Il s’est concentré sur les paragraphes 84-86 sur le divorce et le remariage affirmant que cette section est de « préoccupation immédiate raison de son manque de clarté sur une question fondamentale de la foi : l'indissolubilité du lien matrimonial que la foi et la raison enseignent à tous les hommes ». Il dit aussi que la façon dont la citation de Familaris Consortio est utilisée est « trompeuse ».

Nous reproduisons avec exactitude les paragraphes 84,85,86 dont traite le Cardinal Burke en bas de page.




« L'ensemble du document nécessite une étude minutieuse afin de comprendre exactement quel conseil il offre au Pontife romain, en accord avec la nature de ce qu’est un Synode des Évêques, c’est-à-dire « dans la préservation et la croissance de la foi et de la morale ainsi que dans le respect et le renforcement de la discipline ecclésiastique ». (Canon 342). La section intitulée « Le discernement et l'intégration » (re : paragraphes 84-86) est, cependant, une préoccupation immédiate à cause de son manque de clarté concernant un sujet fondamental de la foi : l'indissolubilité du lien du mariage que la raison et la foi enseignent tous deux à tous les hommes.

Tout d'abord, le terme « intégration » est un terme banal qui est théologiquement ambiguë. Je ne vois pas comment il peut être « la clé de l'accompagnement pastoral des personnes en unions matrimoniales irrégulières ». La clé d'interprétation de leur soin pastoral doit être la communion fondée sur la vérité du mariage dans le Christ qui doit être honoré et pratiqué même si l'une des parties au mariage a été abandonnée par le péché de l'autre partie. La grâce du Sacrement de Mariage renforce le conjoint abandonné à vivre fidèlement le lien du mariage, à continuer à chercher le salut du conjoint qui a abandonné l'union conjugale. J’ai connu, depuis mon enfance, et je continue de rencontrer des fidèles catholiques dont les mariages ont, en quelque sorte, été brisés, mais qui, croyant dans la grâce du Sacrement, continuent de vivre dans la fidélité à leur mariage. Ils se tournent vers l'Église pour cet accompagnement qui leur permet de rester fidèle à la vérité du Christ dans leur vie.

Deuxièmement, la citation numéro 84 tirée de Familaris Consortio est trompeuse. À l'époque des années 1980, le Synode des Évêques sur la Famille, comme dans toute l'histoire de l'Église, il y a toujours eu des pressions pour admettre le divorce en raison de situations douloureuses de ceux en unions irrégulières, c’est-à-dire ceux dont les vies ne sont pas en accord avec la vérité du Christ sur le mariage, comme Il l’a clairement énoncée dans les Évangiles (Matthieu 19 : 3-12 ; Mc 10, 2-12). Alors qu’à ce numéro 84, le Saint Pape Jean-Paul II reconnaît les différentes situations de ceux qui vivent dans une union irrégulière et prie instamment les pasteurs et toute la communauté de les aider comme de véritables frères et sœurs dans le Christ en vertu de leur même Baptême, il conclut : «Toutefois, l'Église réaffirme sa pratique, qui est fondée sur la Sainte Écriture, de ne pas admettre à la Communion Eucharistique les personnes qui sont divorcées remariées ». Il rappelle ensuite la raison de cette pratique : « Le fait que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement cette union d'amour entre le Christ et l'Église qui est signifiée et réalisée par l'Eucharistie ». Il note aussi à juste titre qu’une pratique différente conduirait les fidèles « dans l’erreur et la confusion en ce qui concerne l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du mariage ».

Troisièmement, la citation du Catéchisme de l'Église Catholique (numéro 1735) concernant l’imputabilité doit être interprétée en termes de la liberté « ce qui rend l'homme responsable de ses actes dans la mesure où ils sont volontaires » (CEC,. Pas 1 734). L'exclusion aux Sacrements de ceux en unions matrimoniales irrégulières ne constitue pas un jugement sur leur responsabilité pour la rupture du lien matrimonial à laquelle ils sont liés. C’est plutôt la reconnaissance objective de la liaison. La Déclaration du Concile Pontifical pour les textes législatifs du 24 Juin, 2000 qui est aussi citée est en complet accord avec l'enseignement constant et la pratique de l'Église en la matière, citant le numéro 84 de Familiaris Consortio. Cette déclaration rend aussi claire la finalité de la conversation avec un prêtre dans le for interne qui est, selon les paroles du Pape Saint Jean-Paul II, « un mode de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage » (Familiaris Consortio, n. 84). La discipline de l'Église fournit de l’assistance pastorale continue pour ceux en unions irrégulières qui « pour des motifs graves comme par exemple l'éducation des enfants, ... ne peuvent pas satisfaire à l'obligation de se séparer » afin qu'ils puissent vivre chastement dans la fidélité à la vérité du Christ (Familiaris Consortio , no. 84) ».




Rapport final du Synode ordinaire des Évêques sur la famille en 2015
Extraits des numéros 84, 85, 86
portant sur les Divorcés/Remariés
et les Unions libres ou en cohabitation


VOIR LES PARAGRAPHES #84, #85, #86 PLUS BAS







Rapport final du Synode ordinaire des Évêques sur la famille en 2015
Extraits des numéros 84, 85, 86
portant sur les Divorcés/Remariés
et les Unions libres ou en cohabitation


Numéro 84

84. Les baptisés qui sont divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés à la communauté chrétienne selon les différentes façons possibles, en évitant toute occasion de scandale. La logique de l’intégration est la clé de leur accompagnement pastoral, afin qu’ils sachent non seulement qu’ils appartiennent au corps du Christ qu’est l’Église, mais qu’ils puissent aussi en avoir une joyeuse et féconde expérience. Ce sont des baptisés, ce sont des frères et des soeurs, l’Esprit Saint déverse en eux des dons et des charismes pour le bien de tous. Leur participation peut s’exprimer dans divers services ecclésiaux : il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées. Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils doivent pouvoir vivre et grandir comme membres vivants de l’Église, sentant en elle une mère qui les accueille toujours, prend soin de leurs sentiments, et les encourage sur le chemin de la vie et de l’Évangile. Cette intégration est aussi nécessaire pour le soin et l’éducation chrétienne de leurs enfants, qui doivent être considérés comme les plus importants. Pour 41 la communauté chrétienne, prendre soin de ces personnes ne constitue pas un affaiblissement de la foi et du témoignage sur l’indissolubilité du mariage : au contraire, par cette attention justement, l’Église exprime sa charité. |187-72|


Numéro 86

Le parcours d’accompagnement et de discernement oriente ces fidèles vers la prise de conscience de leur situation devant Dieu. La discussion avec le prêtre, dans le for interne, concourt à la formation d’un jugement correct sur ce qui fait obstacle à la possibilité d’une participation plus pleine à la vie de l’Église et sur les étapes qui peuvent la favoriser et la faire grandir. Dans la mesure où il n’y a pas de gradualité dans cette loi (cf. FC, 34) (48), ce discernement ne pourra jamais faire abstraction des exigences de vérité et de charité de l’Évangile proposées par l’Église. Pour que cela se produise, il faut garantir les conditions nécessaires d’humilité, de discrétion, d’amour de l’Église et de son enseignement, dans la recherche sincère de la volonté de Dieu et dans le désir de lui répondre de façon plus parfaite. |190-64|

Numéro 85

Les baptisés qui sont divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés à la communauté chrétienne selon les différentes façons possibles, en évitant toute occasion de scandale. La logique de l’intégration est la clé de leur accompagnement pastoral, afin qu’ils sachent non seulement qu’ils appartiennent au corps du Christ qu’est l’Église, mais qu’ils puissent aussi en avoir une joyeuse et féconde expérience. Ce sont des baptisés, ce sont des frères et des soeurs, l’Esprit Saint déverse en eux des dons et des charismes pour le bien de tous. Leur participation peut s’exprimer dans divers services ecclésiaux : il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées. Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils doivent pouvoir vivre et grandir comme membres vivants de l’Église, sentant en elle une mère qui les accueille toujours, prend soin de leurs sentiments, et les encourage sur le chemin de la vie et de l’Évangile. Cette intégration est aussi nécessaire pour le soin et l’éducation chrétienne de leurs enfants, qui doivent être considérés comme les plus importants. Pour 41 la communauté chrétienne, prendre soin de ces personnes ne constitue pas un affaiblissement de la foi et du témoignage sur l’indissolubilité du mariage : au contraire, par cette attention justement, l’Église exprime Saint Jean-Paul II nous a offert un critère général qui reste la base pour l’évaluation de ces situations : « Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations. Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canoniquement valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide » (FC, 84) (46). Il est donc du devoir des prêtres d’accompagner les personnes concernées sur la voie du discernement selon l’enseignement de l’Église et les orientations de l’évêque. Dans ce processus, il sera utile de faire un examen de conscience, par des moments de réflexion et de pénitence. Les divorcés remariés devraient se demander comment ils se sont comportés vis-à-vis de leurs enfants quand leur union conjugale est entrée en crise ; s’il y a eu des tentatives de réconciliation ; quelle est la situation du conjoint abandonné ; quelles conséquences a la nouvelle relation sur le reste de la famille et la communauté des fidèles ; quel exemple elle offre aux jeunes qui doivent se préparer au mariage. Une réflexion sincère peut renforcer la confiance dans la miséricorde de Dieu qui ne doit être refusée à personne. En outre on ne peut nier que dans certaines circonstances « l’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées » (CEC, 1735) du fait de divers conditionnements. En conséquence, le jugement sur une situation objective ne doit pas mener à un jugement sur « l’imputabilité subjective » (Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000, 2a) (47). Dans certaines circonstances, les personnes rencontrent de grandes difficultés à agir différemment. Tout en maintenant une norme générale, il est donc nécessaire de reconnaître que la responsabilité par rapport à certaines actions ou décisions n’est pas la même dans tous les cas. Le discernement pastoral, en tenant compte de la conscience de chacun formée de façon droite, doit prendre en charge ces situations. Il en est de même pour les conséquences des actes accomplis, qui ne sont pas nécessairement les mêmes dans tous les cas. |178-80|