samedi 14 novembre 2015

Les Catholiques Agnostiques, race méconnue mais répandue

Éditorial radical
Ce que Dieu veut,
pas ce que le Pape permettrait


SOURCE : Rorate Caeli
Octobre 2015

Bulletin à la Communauté Catholique de Vocogno
Diocèse de Novara, Italie

Nous avons écrit le mois dernier que la nouvelle Messe postconciliaire, berceau de l'agnosticisme * et de l'incertitude persistante à propos de la foi car elle entretient un dialogue exténuant entre le prêtre et l'assemblée, n’est plus axée uniquement sur Dieu. C’est absurde mais, dans la nouvelle messe, si humaine et à l'esprit communautaire, même ceux qui croient en presque rien [ou même à rien tout] peuvent y assister et persister dans leurs doutes.

Ceux qui sont incroyants peuvent être là et considérer les meilleures raisons humaines pour continuer à aller à l'église, pensant peut-être aux avantages psychologiques ou sociaux qui peuvent encore s'y trouver. Ceci est du semi-agnosticisme — l'agnosticisme de ceux, même s’ils ne peuvent pas se mettre en présence de Dieu, ne peuvent pas se décider à quitter l'Église complètement. C’est « une sorte d'agnosticisme catholique ».

Cet « Agnosticisme Catholique » nourri par la Nouvelle Messe ne cesse pas avec le Rite, mais envahit tous les aspects du Catholicisme dans toutes les facettes de la vie. C’est l'agnosticisme universel qui implique tout — en fait, il est « catholique ».

L’agnosticisme catholique ne peut pas se décider à être avec Dieu et est extrêmement dangereux pour cette raison — il trompe. Il vous trompe, il vous fait penser que vous êtes encore un Catholique alors que vous ne l'êtes plus ; et, en vous trompant, il rend impossible les larmes et la douleur qui pourraient vous amener à la conversion.

L'Agnostique Catholique a des doutes sérieux quant à la foi il mais veut toujours appartenir à l'Église. Pourquoi est-ce ainsi ? Parce que le péché n’est pas raisonnable, il est contradictoire, il n'a pas de logique. Le péché se nourrit du sentiment, non pas de la raison. L'Agnostique Catholique ne croit plus vraiment mais tient toujours à l'Église. Il y tient peut-être par nostalgie à cause de ses racines ou, peut-être, dans un monde qui est tout au sujet d'être social, il a encore besoin d'appartenir à quelque chose ; il doit y avoir un « club » même pour lui.

Et comment un tel croyant est-il encore capable d’appartenir à l'Église ? Il doit demander à l'Église de s'adapter à l'agnosticisme moderne. Il doit demander, il doit s'attendre à ce que l'Église « devienne plus humaine » afin qu'elle soit toujours intéressante pour des gens comme lui qui ne connaissent plus qui est Dieu et ce qu'Il veut ; à des gens qui, comme lui, font tout dans leur recherche de Dieu mais qui rejettent la Révélation. S’ils croient encore en l'existence de Dieu, ils soutiennent que l'on est libre de Le rechercher et d'avoir la liberté de pensée à Son sujet, étant donné que la Révélation, la Tradition et l'Écriture, sont essentiellement des expressions humaines à être réintégrées dans le pèlerinage continu de l'homme ...

En substance, ils demandent une Église « latitudinaire » ** (large d’esprit), qui rappelle les Anglicans : dans l'Angleterre anglicane, aux côtés de la Haute Église et de la Basse Église, une « Église Élargie » s’est constituée au 19ème siècle, c’est-à-dire « une Église Sceptique, bénie dans son scepticisme dogmatique, limitée à une certaine convenance extérieure, adaptable à tous les autres doctrines » (C. Lovera de Catiglione, Le Mouvement d'Oxford, Morcelliana 1935, p. 42).

Nous sommes aussi arrivés à un « Église Élargie » ; une église sans dogme, sans morale absolue, qui maintient une certaine convenance extérieure et, avec cela, la nécessité de s’adapter peu à peu aux exigences de la société.

Ces agnostiques dans notre Église, puisqu’ils pensent qu'ils sont toujours Catholiques, demandent pour une telle « Église Élargie». Et à qui le demandent-ils ? Au Pape, bien sûr !

À l'heure actuelle, nous sommes témoins de cette folie tragique : les agnostiques Catholiques latitudinaires, voulant encore appartenir à l'Église, demandent au Pape « d'élargir » sur tout — la doctrine et la morale. Ils demandent au Pape de faire de l’Église une grande « maison » où absolument tout le monde peut y vivre. Tout le monde, ce qui veut dire, tous à l'exception des non- latitudinaire — les Catholiques Traditionnels.

Et étant agnostiques, ils ne demandent pas ce que Dieu veut, mais ce que le Pape peut permettre ! C’est pure folie.

Les mois à venir seront le théâtre de ces Latitudinaires de tout ordre et de niveau : laïcs, Prêtres, Évêques et Cardinaux. Ils vont se battre pour obtenir du Pape le plus de concessions que possible, mais tout ce qu'ils atteindront n’aura aucune valeur car ils ne demandent jamais ce que Dieu veut.

L'Église est à Dieu ; Son seul Seigneur est Jésus-Christ et seulement ceux qui demandent la Vérité et ce qu’est la Volonté de Dieu, appartiennent à l’Église. Les concessions des Ecclésiastiques plus ou moins « larges » et plus ou moins en tendance avec l'immoralité du monde ne valent rien. Elles ne valent rien puisque les Ecclésiastiques ont seulement le pouvoir de réaffirmer la Volonté de Dieu et d’aider les âmes à accomplir Sa Volonté.

Dieu a parlé ; Il s’est révélé Lui-Même ; Il n’est plus désormais un Dieu inconnu : Il n’est pas un Dieu pour les agnostiques. S’il l'était, nous n’aurions pas l’Église, ni le Pape, ni les Évêques, ni les Prêtres.

Nous avons le Pape qui doit sauvegarder ce qui existe déjà, à savoir les choses de Dieu. Le Pape ne construit pas un Dieu pour les « agnostiques du moment » ; ce serait monstrueux, en effet, ce serait de l'athéisme.

Le Pape n’est pas une sorte de « Roi Midas » qui, du bout du doigt, rend quelque chose bon qui n’est pas bon du tout.

Le Pape a le pouvoir seulement à réaffirmer ce que Dieu a révélé et a demandé, rien de plus.

Pour cette raison, dans les mois à venir, nous devons demander la grâce de ne pas être scandalisés, pour ne pas faiblir dans la foi en voyant tant de catholiques agnostiques applaudir les concessions possibles de la hiérarchie à l'esprit du monde concernant la doctrine et la morale.

D'ailleurs, nous ne serons pas scandalisés si nous tenons fermement à cette question : Est-ce que Dieu veut tout cela ? Dieu veut-Il nous élargir nos points de vue sur les religions non-chrétiennes, sur les divorcés remariés, sur la discipline des sacrements ? Est-ce que Dieu veut toutes ces douces paroles sur l'immoralité « à la mode » ? Dieu a-t-il jamais parlé comme ça ? Que dit le Magistère bimillénaire de l'Église — qui fait écho à l'Ecriture Sainte ?

Non pas ce que le Pape pourrait permettre mais ce que Dieu veut : Voilà ce que nous devons nous poser comme question.

Notre âme sera sauve seulement de cette manière, l'Église elle-même ne sera sauvée que de cette manière ; et le Pape, les Cardinaux, les Évêques, les Prêtres et les laïcs de même.

À la fin de notre vie, nous allons paraître devant Dieu et nous serons jugés si nous avons fait Sa Volonté, pas par ce que nous avons réussi à obtenir des concessions du Pape.




* Agnosticisme : doctrine qui considère que l'absolu est inaccessible à l'esprit humain et qui préconise le refus de toute solution aux problèmes métaphysiques.

** Latitudinaire : • Partisan d'une doctrine qui cherche à élargir le plus possible la voie du salut.

• Protestant anglais qui a opposé au fanatisme des puritains ou des épiscopaliens une doctrine admettant la possibilité du salut pour quiconque garde la foi au Christ et cherche la vérité dans la Bible.